Check please

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Aujourd’hui je vais parler d’un  webcomic que j’apprécie (pour changer) dont le titre est : check please !*applaudissement*  Plus sérieusement, si j’en parle ce n’est pas uniquement parce que c’est un sympathique comic mais aussi parce qu’il fait marcher le transmedia storytelling, mais j’y reviendrai. Commençons par le début : de quoi ça parle ?

Check please ! est donc un webcomic sur tumblr (mais qui a désormais son site) écrit et dessiné par Ngozi Ukazu. Dans cette série nous suivons Eric Bittle, aka Bitty, aka Bits, lors de ses 4 années à l’université (fictive) de Samwell  à Samwell dans le Massachusetts et surtout au sein de l’équipe universitaire de hockey. Globalement, ça va parler sport, amitié, amour et cuisine.

 

Avant ça, l’autrice

Pour parler de l’auteuse je dois dire que je connaissais rien d’elle avant de tomber sur Check Please. Ce que je sais d’elle vient quasi uniquement du tumblr où elle précise être d’origine nigérienne, avoir été diplômée de Yale en 2013 et qu’elle a un Master of Fine Art en art séquentiel (en BD quoi…) du Savannah College of Art and Design. Même si Check Please ! parle de  hockey, Ngozi, de son propre aveux, ne sait pas en faire -elle ne sait pas patiner- et n’était en rien spécialiste avant de commencer l’histoire (sauf si on considère ses recherches pour Hardy). Faut-il être fan de hockey pour lire ce comic ? Heureusement non, l’histoire se lit sans peine. Le lecteur à droit à quelques explications sur certaines pratiques qui tournent autour du monde du hockey (le concours des plus belles paires de fesses ! Très important!). Donc si vous aimez le hockey ou si vous vous y connaissez, cela ne peut qu’augmenter votre plaisir de lecture dès qu’on évoquera la NLH (ou vous pourrez noter les erreurs de l’auteure…).
Avant de créer Check Please !, l’autrice avait écrit une courte fiction en 15 pages, jamais finit (Ngozi ne sait d’ailleurs pas si elle la finira un jour), intitulée Hardy (toujours trouvable) que l’on peut considérer comme les prémisses de Check Please. L’histoire se passe toujours à Samwell dans l’équipe de hockey mais les personnages y sont complètement différents, bien que l’on puisse voir certaines caractéristiques  qui se retrouveront chez les personnages de Check Please !. C’est surtout à cette période que l’auteuse c’est intéressée au hockey et a avalé tout ce qu’elle a pu trouver sur le sujet. Hardy est d’abord différent car ce n’est que du texte mais la différence se ressent aussi dans l’atmosphère dégagée, beaucoup plus anxiogène et homophobique que ne l’est sa version 2.0. Mais comme je l’ai lu à plusieurs reprises : sans Hardy (qui est aussi le nom du personnage principal) pas de Eric Bittle. Les deux personnages sont aux antipodes mais la création de l’un a permis la maturation de l’autre et la volonté de créer ce comic.
L’autre point à souligner, c’est la forme du texte en elle même. Un format scénario avec des indications sur les personnages, leurs actions, les plans voulus…un peu comme si nous étions au cinéma. Une volonté de mise en scène que l’on retrouve également dans Check Please avec l’effet « face caméra », les ralentis (enfin surtout un ralenti), les choix de cadrages, les découpages de scènes…

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Pour en revenir à l’histoire…
Nous allons suivre le personnage principal, Eric donc, à travers ses 4 années de collège (pas le collège français hein). Ce qu’il faut savoir sur Eric, c’est qu’avant d’entrée dans l’équipe de hockey de Samwell, il était champion de patinage artistique et a été capitaine de son équipe de hockey dans le sud (et qu’il adore cuisiner…surtout des pies). Seulement voilà, malgré un talent certain sur la glace, il est rapide et précis, jouer avec une équipe de jeunes hommes plus grands et plus costauds n’est pas une mince affaire surtout que le hockey peut être un sport violent. Jusqu’à présent Bitty avait toujours pu échapper au « checking », technique de hockey qui consiste à désarçonner l’adversaire en possession du palet et le sort du jeu. D’où le titre du comics. La première année de Bitty va donc d’être de surmonter sa peur et son angoisse du contact physique pour pouvoir pleinement faire partie de l’équipe alors que certains membres, notamment le capitaine Jack Zimmermman, ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de ce freluquet, qui, pour eux, n’a rien à faire sur la glace. C’est donc une première lecture que l’on peut faire de ce comics : comment faire ses preuves dans un sport « viril » alors que l’on est gaulé comme une crevette ?
Le comic ne s’arrête pas là puisque le lecteur apprend rapidement que Bitty est gay. Il faut dire que Bitty adore faire la cuisine (il parle même au four qu’il a appelé Betsy !) surtout les pies, pies EVERYWHERE, est tout le temps fourré sur les réseaux sociaux (mais j’y reviendrai j’ai dit), adore la pop musique, chante Beyoncé sous la douche, décide de remettre de l’ordre dans cette porcherie pour garçons qu’est « The Haus » (là où les divers membres de l’équipe de Hockey résident), est conseiller vestimentaire pour l’équipe lors de grande occasion, crée les goodies de l’équipe (avec des minies pies !!), etc…je pourrais presque dire que l’auteuse pousse au cliché. Cette partie a son importance car même si l’histoire se passe de nos jours, il s’agit aussi pour Bitty de s’assumer, d’être pleinement lui même et d’être accepter par les autres surtout quand on pratique un sport réputé assez machiste. Et puis il y a aussi en filigrane les relations humaines et les histoires d’amuuuur.
Pour être honnête l’orientation sexuel ne Bitty n’est pas importante en soi, ce n’est pas ce qui le défini principalement dans le groupe, et les révélations sur ses préférences n’ont pas d’incidence majeur sur le scénario. Pour preuve, quand il l’annonce à Ransom et Holster, qui lui cherchent désespéramment un rencard, ça ne changent rien à leur plan, de plus ce passage ne fait pas partie du scénario principal (contrairement à la première fois où il l’annonce tout haut à Shitty) mais est juste une image annexe trouvable sur le tumblr. Bien que la question de l’homosexualité (comment vivre au grand jour, comment être un sportif professionnel et assumer ouvertement son homosexualité) sera remise plusieurs fois sur le devant de la scène à partir d’un certain moment du comics, elle ne fait pas tout le comics. Mais tout cela rejoins des questionnements et des problématiques plus « globales » comme le fait de gérer une relation longue distance, gérer une relation avec une « star »….

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Passons aux autres personnages sans qui check please ne serait pas check please… évidemment une équipe de hockey possède plusieurs membres mais le webcomic se contente de n’en développer que quelques uns (et les oubliés viendront se manifester d’une manière assez comique).

Jack Zimmermann aka Jack. Le capitaine de l’équipe de hockey de Samwell. Il est important d’en parler car la personnalité de Jack va évoluer au fur et à mesure, ses problèmes faisant partie de l’histoire. Jack a des « daddy »s issues » comme on dit. C’est le fils d’un ancien champion de hockey dont il essaie de suivre les traces et a donc un lourd héritage à supporter (en plus c’est le portrait cracher de son père version jeune). Jack c’est l’archétype du mec marié à son boulot : il vit hockey, il pense hockey, il respire hockey. Toute sa vie tourne quasiment autour de ce sport, ce qui fait que ses centres d’intérêts sont limités (bon il aime la seconde guerre mondiale…avec un major en histoire c’est normal aussi) et qu’il est une quiche en ce qui concerne la pop culture. A priori, il n’est pas quelqu’un de très amical, ni très social (il n’est pas très porté sur l’alcool et les soirées), ce qui lui vaut le surnom de « robot ».  Il est pro, s’entraîne comme un dingue, et prend ce sport très au sérieux. Pour lui, l’université de Samwell est l’occasion de faire ses preuves et de rentrer à la NLH, alors voir Bitty débarquer dans son équipe ne lui fait pas plaisir car ça risque de gâcher toutes ses chances. Leur relation de départ est assez houleuse, Jack ne cachant pas son animosité envers Bitty. Néanmoins, ce n’est pas quelqu’un de méchant. Il est très exigeant envers les autres mais surtout envers lui même. Sa relation avec Bitty est importante et nous allons la voir évoluer au fil du temps, pas forcément directement à travers les vlogs de Bitty mais aussi en arrière plan lorsque l’autrice met en éclairage certains personnages. Et c’est aussi en ça que Check please est intéressant, car même si nous faisons des bons dans le temps, l’auteuse ne lâche pas ses personnages et ses cases fourmillent de détails qui en disent longs.
J’avoue que je n’aimais pas spécialement Jack au départ, pas forcément à cause de son attitude mais surtout à cause de son design. J’ai une sainte horreur des yeux qui tombent c’est plus fort que moi…c’est également le seul personnage à avoir des pupilles et parfois il donne l’impression de regarder dans le vide. Bref pour moi c’était une tête à claque. Heureusement c’est passé…un peu.

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B. »Shitty » Knight aka Shitty. Je ne sais pas trop par où commencer… Shitty c’est un personnage qui a de la présence alors qu’il n’est même pas au premier plan et qui mériterait une BD pour lui tout seul. A première vu, on se retrouve avec un moustachu (il en prend grand soin de sa pornstache) aux allures de bûcheron qui jure, aime faire la fête, fume pas mal (et pas du tabac), souvent stone et à poil (oui shitty est très à l’aise avec son corps). Sauf que s’arrêtait à cela ce serait rater tout un autre versant du personnage. Shitty est un bon joueur sans être exceptionnel, c’est surtout un bon copain, quelqu’un qui écoute, ne juge pas, intelligent, très cultivé, qui s’intéresse à tout un tas de choses, c’est le seul du groupe à avoir un double major ( s’il avait pu, il en aurait pris un 3ème). C’est le seul personnage masculin que j’ai vu, pour l’instant, impliqué dans les questions de genres et qui se définit comme féministe. Shitty c’est simple, on aimerait l’avoir comme pote, c’est déconne assurée mais pas que. On sent qu’il est possible d’avoir de looooongues conversations passionnantes avec lui. Citer Shitty sans Lardo ça serait aussi oublier une partie importante. Quand les autres joueurs parlent de Lardo, on se dit qu’on affaire à un bonhomme, un « vrai » et au final c’est un petit bout de bonne femme qui débarque. Lardo n’apparaît pas au début du comic mais est importante dans le sens où c’est la manager de l’équipe. Un peu comme dans Haikyuu, elle ne pratique pas le sport qu’elle encadre et on sait pas trop en quoi consiste exactement son rôle de manager mais c’est un des rares éléments féminins régulier du webcomic, alors autant le noter. Sa dynamique avec Shitty est juste magique.  Elle ne parle pas beaucoup mais a aussi une certaine présence. Je suis partagée entre voir ce « couple » comme une super paire de bros (c’est la plus « bro » de tout les « bros » de moins d’1m) ou deux personnes qui n’osent aller plus loin (cf Lardo lors de son exposition de fin d’année). Le comic se chargera de répondre plus ou moins à cette épineuse question…
A part ça, Shitty prend un malin plaisir à ne pas répondre aux questions concernant son vrai prénom et surtout d’où lui vient ce surnom. Mais au final on s’en fout, sans ça Shitty ne serait pas Shitty (à cause de lui j’ai du Miley Cyrus dans la tête…wrecking ball!)

Et enfin la crème de la crème… je ne pouvais pas évoquer check please sans parler d’eux : Ransom et Holster ! Des bros, des vrais de vrais, des partenaires à vie, jamais l’un sans l’autre. C’est juste un plaisir de les voir déblatérer de tout et de rien. C’est une vrai alchimie qui fait plaisir à voir. Ils sont aussi cons que sérieux avec chacun une personnalité bien distincte qui se complète avec l’autre. Ils interviennent régulièrement dans une sorte de side comic explicatif sur le vocabulaire du monde du hockey, toujours ludique avec de la bonne humeur. Pour le coup, rien que pour eux je vous encourage à lire Check please et à voir par vous même, si vous êtes en mal de bromance.

Il y a bien sur d’autre personnages, je ne pourrais pas tous les citer évidemment (le reste du casting est restreint, certains on ne les voit que très peu), comme Chowder que j’apprécie pour ça bonne humeur et son « sourire d’enfer ».

 

Le transmedia storytelling

Je vais enfin aborder un point qui me semble central dans Check please et que j’évoque depuis le début : Le transmedia storytelling (Il y a même eu un MOOC sur le sujet).

Bon déjà, je vais commencer par définir ce que c’est pour ceux qui ne savent pas (les autres vous pouvez passer au paragraphe suivant). Alors grosso modo, le mot transmedia storytelling a été amené par Henry Jenkins en 2003. Il le définit comme suit :

“un processus à travers lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur plusieurs plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée”

Pour donner des exemples, le premier qui me vient en tête est celui de The Matrix. The Matrix (pour ceux qui sortiraient d’un sac de congélation) est une trilogie de films se passant dans un futur dystopique où les machines ont pris le pouvoir. En plus de ces films, vient « Animatrix » qui regroupaient plusieurs courts métrages d’animation permettant de compléter l’univers et d’apporter des réponses à certains passages présent dans les films (et qui à l’époque m’avait fait tilté parce que j’avais l’impression d’avoir raté des épisodes). Les deux se complétaient (film et série d’animation). C’est un peu le même principe qui c’est retrouvé avec certaines séries comme Heroes qui se complétait avec les comics en ligne, Lost et ses jeux de pistes…je suis sûre que vous avez quelques exemples en têtes.

Check Please n’a évidemment pas le monopole de cette pratique. J’ai croisé plusieurs webcomics qui laissaient la part belle à leurs personnages en leurs créant des blogs, twitter ou autres réseaux sociaux fictifs. Seulement dans les cas rencontrés, cela n’affecte en rien l’histoire principale. Les personnages se contentent de répondre à des questions de fans,  de reposter des choses qu’ils aiment, en gros on en apprend plus sur les personnages et leurs goûts mais ça s’arrête globalement là. Check please prend un autre niveau. Déjà un seul twitter, celui de Bittle, régulièrement envahie par ses co-équipiers. Tous répondent à des questions réelles posées par des gens comme vous et moi, ce qui rejoint les cas précédents. Les followers fictifs du twitter deviennent alors réels puisque c’est vous et moi qui posons ces questions. Seulement, à part Johnson, aucun n’agit comme s’il était un personnage. De plus, le twitter de Bittle est animé comme le ferait quelqu’un qui utilise twitter régulièrement. C’est simple, Bitty commente sa vie quotidienne, poste des photos de ses amis, commente, re-twitte et tout ça en temps réel (alors que certains blogs de persos ne sont plus mis à jours pendant des semaines, voire des mois). Si bien que l’on en oublie que c’est un personnage.
De plus, les interactions sur twitter permettent d’en apprendre plus sur les personnages mais aussi des événements cités ou qui se sont déroulés entre deux interludes. Nous pouvons y voir les soirées de la bande, ainsi que d’autres personnages comme la copine de Chowder…Ici le twitter est un complément du vlog fictif que tient Bitty. En effet, l’histoire de Check Please démarre au moment au notre héros s’adresse à ses followers via un vlog (fictif). Le premier panel dessiné de chaque entrée est donc, les 3/4 du temps, Bitty s’adressant directement à nous, face caméra et nous faisant un rapide résumé de sa vie à Samwell, des derniers événements, de ses impressions…les panneaux suivant se contentant de développer ce qu’il nous raconte en nous l’illustrant – alors que nous ne sommes pas supposés voir – et inclus en ce sens diverses choses comme des sauts dans le temps, des raccourcis… Bitty nous raconte certains événements important de l’histoire principale mais pas tous et surtout c’est raconté de son point de vue.
Pour donner un exemple concret : Le 6ème vlog de sa seconde année (Sophomore) à Samwell intitulé « WGSS120 / HIST376: Women, Food, & American Culture« . Ici Bitty nous raconte un peu sa vie en classe en dehors du hockey et comment il s’est retrouvé dans le même cours de cuisine que son capitaine Jack. Nous avons d’un côté les images qui défilent avec des encarts de textes rectangulaires (ce que Bitty dit aux personnes suivant son vlog) et de l’autre, les images présentes nous montrent ce qui s’est réellement passé et qui voient une interprétation toute différente. Quand à la fin Bitty nous parle de sa vie amoureuse et nous dit qu’il vaut mieux pour un gay de ne jamais tomber amoureux d’un garçon hétéro, si nous étions de simple « viewers », pour nous il parlerait d’une généralité, d’un conseil qu’il donne, hors en tant que lecteur, nous savons ce qu’il en est réellement et cela renforce l’impact, l’empathie et la peine que l’on peut ressentir pour le personnage à ce moment là.
Pour dire l’importance du twitter de Bitty qui n’est pas là comme simple accessoire : l’auteure a décidé de le passer en mode privé car il contient désormais des spoilers sur ce qui se passe ou va se passer. Elle le remettra en public après un certain temps et des passages importants de l’histoire passé, puisque l’histoire se déroule en temps réelle sur 4 ans. L’histoire se terminera en 2017, une fois que Bitty aura fini ses études. A l’instant où je vous parle, il vient de finir sa seconde année.

Je tiens également à évoquer toute la fanbase de ce webcomic. Quand on lit Check Please, on ne s’en rend pas forcément compte mais cet oeuvre brasse un public assez important. Il suffit de voir le nombre de fanfiction qui circule sur AO3, soit plus de 5400 fanfics…. c’est juste énorme. De même que le Kicktstarter lancé pour l’édition papier de la 2nd année des aventures de Bitty et son équipe a récolté pas moins de 398 520 $ dont 100 000$ en seulement 1 heure.

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le 4ème mur
Ah ce fameux brisage de 4ème mur….je ne vous ferai pas une comparaison à la dead pool mais en plus de ce qui a été dit plus haut, rajoutez la destruction de ce mur. Oui, je vous ai dit que les personnages agissaient comme de vrais personnes et n’avaient pas consciences d’êtres des personnages. C’est oublié Johnson ! Johnson est un personnage que l’on ne voit pas, où juste de très loin, de dos, en arrière plan…en réalité il s’agit du gardien de but de l’équipe de hockey avant que Chowder ne prenne sa place. C’est le seul à être conscient de son statut de personnage et surtout de personnage insignifiant qui va se faire remplacer par un nouveau venu sous peu. Il semble aussi être au courant de ce qui va se passer dans le comics et des projets de l’auteure. C’est peut être pour ça qu’il a donné sa chambre à Bitty en partant car elle est pile en face de celle de Jack….Il est pragmatique mais pas cynique, bizarre pour les autres, il déclare même que briser le 4ème mur est un de ses hobbies et à l’air de prendre les choses « à la cool » de manière très philosophique. Ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé l' »existential goalie ». Bien qu’il soit conscient de ce qu’il est, ça ne l’empêche pas d’avoir une vie et un background (une copine et des ambitions). Sa présence, bien que brève, apporte un peu d’humour et de fraîcheur. D’ailleurs, il enverra à Chowder, qui le remplace désormais, une lettre contenant une pilule rouge et une bleu en référence à The Matrix. Pour le coup on ne sait pas si c’est un trait d’humour ou s’il propose réellement à Chowder la possibilité d’avoir conscience de son statut de personnage. Il permet aussi de nous rappeler que, aussi bien écrit et touchant que soit ces personnages, ils ne restent que des personnages à qui on donne un semblant de vie et avec lesquels on nous fait croire qu’ils vivent en dehors du comics. Johnson permet de prendre un peu de recul sur tout ça, est-ce qu’en savoir plus sur un personnage fictif nous rend plus proche de lui ? c’est en cela que le personnage est intéressant et mérite ça place parce qu’il pousse le questionnement loin et permet une nouvelle lecture du webcomic.
Ceci dit mes propos sont à nuancer étant donner que Ransom et Holster ont leur propre comic dans lequel tout est scripté et dans lequel donc ils jouent un rôle.

 

Un peu de surnaturel

Cela peut paraître incongru mais oui il y a des éléments surnaturels. Il s’agit des fantômes de Jenny et Mandy qui hantent the Haus. Toujours fourrées ensemble, si bien que l’on ne sait pas qui est qui. C’est comme cela que nous apprenons que the Haus, avant d’être le QG et dortoir de l’équipe de hockey, était une sororité (Theta Alpha Theta) à laquelle appartenaient les deux fantômes. D’ailleurs, ça semble assez logique puisque le bâtiment se trouve au beau milieu de tout un tas de confréries. Les raisons du décès de Jenny et Mandy sont assez obscures et je doute qu’on le sache un jour. Quoiqu’il en soit, il semble que leur mort soit la raison de l’abandon du bâtiment pendant 10 ans avant d’être racheté par l’équipe de hockey.
Bien que personnes ne puissent les voir, enfin techniquement car elles peuvent apparaître sur les photos, elles aiment bien se faire remarquer. Leur hobby est d’embêter Ransom (qui ne croit pas aux fantômes), voire de le rendre complètement chèvre et accessoirement de le mater sous la douche. Ces deux personnages n’ont aucune incidence sur l’histoire et sont plus là pour donner un peu d’humour ainsi que remonter le quota féminin (ceci dit pour le peu qu’on les voit…). Ransom est leur victime préférée mais ce n’est pas la seule, après elles aiment bien regarder des romcom avec Holster ou écouter de la musique avec Bitty. Nos deux acolytes auraient pu, même avec leurs brèves apparitions, casser l’ambiance du récit avec cette entrée du surnaturel mais au final ça ajoute au charme. Ce n’est pas très présent, nous pouvons y croire ou non et puis ça apporte là aussi une petite touche d’humour.

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Au final pourquoi je parle de cette série… j’avoue que j’ai rencontré check please à plusieurs reprises lors de pérégrinations de blogs en blogs, je tombais régulièrement dessus. Pourtant, j’ai eu du mal à rentrer dedans à la fois par flemme mais aussi face au format proposé. En effet, lorsqu’on tombe sur le tumblr de check please, la mise en page et agencement des diverses pages changent de ce que j’ai eu l’habitude de voir. J’avais du mal avec l’effet vlog et je me retrouvais avec une certaine frustration d’avoir loupée des épisodes ou qu’il manquait des choses entre chaque chapitre. Puis je ne sais comment, j’ai eu le déclic. Je me suis posée et j’ai décidé de m’y atteler. Depuis, j’explore le tumblr de fond en comble pour trouver ce que je peux car ce dernier fourmille de petites choses : commentaires de l’auteure, réponses des personnages, points sur certains passages, anecdotes, détails sur les décors…on peut même trouver le plan du campus universitaire ou le plan de the Haus. Bref, il y a de quoi faire pour compléter votre soif d’en savoir plus sur l’univers et l’ambiance de check please afin de la rendre plus crédible.
Au final des matchs de hockey vous n’en verrez pas ou peu mais vous pouvez tâter des ambiances d’avant et d’après matchs.
Ce qui me plait également, c’est que j’ai l’impression de retrouver certaines ambiances vécues. Je pense que c’est la première fois que des personnages sonnent « vrais ». J’ai déjà plusieurs comics/webcomics où les personnages ont des caractères et des réactions réalistes avec lesquels on peut s’identifier ou qui à nos yeux sonnent juste parce que nous avons éventuellement vécus ça. Dans le cas de check please, je ne me suis jamais retrouvée dans les situations des personnages, aucun ne me ressemble spécifiquement et pourtant, ils sonnent « vrais ». Sans doute parce qu’on ne sait rien d’eux, ou pas grand chose et que nous pouvons imaginer tout le reste, que l’on suit une époque importante de leur vie sans être trop focalisés dessus, que l’on ne retrouve avec des petits trucs du quotidien. Il n’y a pas de grande envolée, pas de grande aventure… juste des potes et du hockey et c’est à nous de combler les vides entre les vlogs avec le twitter en imaginant les images et le calquant sur nos années universitaires. Je dirais que c’est un ensemble de petites choses chez Check please qui réveille ma madeleine de Proust, que c’est l’ambiance globale qui a un air de vécu. Ngozi arrive à créer un univers qui nous fait oublier parfois que ce sont des personnages qui évoluent dans un univers fictif.

 

Bref, je ne peux que vous conseiller de lire et de vous immerger dans check please. Je ne vous garantie pas le coup de foudre, il se peut même que vous n’accrochiez pas mais je pense que ça serait dommage ne passer à côté d’un webcomic qui vaut le détour. Pour ma part, j’attends impatiemment la suite et je pense que quand le comic se finira je serai à la fois triste mais aussi comblée d’avoir passée un aussi bon moment.

 

Et vive Tango \o/

ps : toutes les images proviennent du tumblr de l’artiste ainsi que du kick starter (et bien sur je n’en suis pas propriétaire)

 

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L’amour à l’anglaise

Avant de partir en Angleterre pour une longue durée, j’ai voulu savoir comment draguaient nos amis outre-manche (histoire de rigoler mais aussi de savoir à quoi m’attendre). Pour être honnête c’est surtout du côté messieurs que mes recherches se tournaient mais j’avoue avoir fait un peu choux blanc de ce côté. Par contre côté féminin et surtout « comment draguer des anglaises », j’ai eu plus qu’il ne m’en fallait.

Avant de partir j’avais déjà rencontrer des personnes (plutôt des hommes) qui avaient vécu là bas pour de plus ou moins longues durées et qui m’avaient raconté leurs expériences. Comme moi, ils avaient été marqué par l’apparence des anglaises, surtout si vous sortez de Londres. Et en particulier le fait qu’elles n’aient pas froid aux yeux (et ailleurs), n’hésitant pas à venir vous draguer, voir vous filer leurs numéros sans aucune gêne. Je peux confirmer la véracité de ces propos pour l’avoir vécu : J’étais au bar avec un ami en train de discuter quand une fille blonde (quand je dis blonde j’entend coloré en blond) et venu directement mettre dans la main de mon ami une carte avec son numéro inscrit dessus juste avant de s’éclipser avec ses amies qui attendaient derrière. J’aurais pu être la copine ou la femme de N. (mon ami) que cela n’aurait rien changé. Il n’y a pas à dire en général les messieurs français ont la côte pour autant la plupart de trouve pas vraiment les anglaises à leur goût ou alors juste le temps d’une soirée, d’un été… histoire de tester.

Mais bref, je suis surtout là pour parler des hommes.

Je suppose que beaucoup de filles (dont moi même) ont été abreuvé aux comédies romantiques mettant en scène Hugh Grant, ne se sont toujours pas remise de la Darcymania et de sa chemise mouillée et se repasse Love actually à Noël. Bref vous attendez le beau british avec son accent du plus bel effet, son côté maladroit mais attendrissant, cet homme qui fera chavirer votre coeur. Et bien attendez vous à être déçue, ou alors armez vous de patiente, BEAUCOUP de patience. Parce que voyez vous l’anglais ne drague pas, ou rarement, et de manière un peu pathétique parfois.

Rassurez vous les comédies romantiques anglaises et les costumes drama ont autant fait de mal aux petites françaises qu’à ces messieurs anglais. Car comme dirait Stephen Clarke : « Fuck you, Mr Darcy, fuck you, Hugh Grant. » « Bloody English gentlemen ». Si vous pensez que les gentlemen anglais sont  » the not-wanting-to-sleep-with-you-immediately » vous vous plantez largement (ou alors vous visez les pré-ados mais ce n’est pas très légal).

Je disais donc que je cherchais à connaître les méthodes de drague de ces messieurs, dans un but purement culturel bien sûr. Et je suis tombée sur cet article. J’avoue, j’ai beaucoup ri et en même temps je n’ai pu m’empêcher de voir la vérité. Pendant des années on m’a rabâché -et encore avant que je parte- qu’en tant que française j’aurais un succès fou là bas. Mon petit accent frenchy so sexy les feraient tomber, la réputation des françaises classes et distinguées, pas farouches sur la chose, feraient le reste. En gros, je n’avais qu’à me baisser pour cueillir tout ces beaux mâles anglais. Imaginez la claque. Le désarroi. Comme beaucoup de filles françaises je ne drague pas, ou pour reprendre beaucoup d’entre elles  » je ne sais pas faire » attendant patiemment qu’un monsieur intéressé vienne faire sa court  ou alors j’envoie des messages subtils, tellement subtils d’ailleurs que l’intéressé ne les capte même pas. Bref, entre les anglais qui ne draguent pas, et les françaises qui draguent peu, nous étions bien partis.

Quand un charmant jeune homme anglais vous envoie un texto vous demandant si vous êtes partante pour « faire une promenade, boire un café ou autre… » attendez vous à faire une promenade, boire un café et rien d’autre. Ne passez pas 3h à vous arracher les cheveux sur la signification des « … », il n’y en a pas. Ou si,  c’est au cas où vous préféreriez aller plutôt au ciné, au resto, voir manger un flapjack à la place de la promenade. Vous allez passer un après-midi ou une soirée culturellement riche, aurez refait le monde autour d’un café mais si vous souhaitiez conclure, il va falloir repasser.

Mais quand un monsieur anglais a décidé de s’y mettre, sérieusement, vous aurez aucun doute sur ses intentions. Ca sera aussi subtil et visible qu’un éléphant dans un couloir, c’est simple ça clignote au dessus de sa tête qu’il s’intéresse à vous. Cela peut prendre différentes formes : parfois pathétique -à vous de voir si vous trouvez cela touchant-, parfois lourdes, parfois très insistantes -au point que ce que vous trouviez charmant au départ ne l’est plus du tout-, parfois subtiles….

En effet, les hommes rentrent dedans (sans jeux de mots vulgaires), c’est très rare. La seule fois où j’y ai eu droit, le monsieur en question avait quelque verres dans le nez pour se montrer très tactile sur la piste de dance et même dans ce cas là, il est resté plus soft et diplomate que certains messieurs français que j’ai pu croiser.

Si la personne en question ne vous intéresse pas, ne soyez pas subtile en étant gentille pour lui faire comprendre le « je préfère qu’on reste amis » ou en refusant poliment. La subtilité ne marche pas. Soyez franche et directe, sinon il risquerait de prendre cela pour un encouragement de votre part et vous serez dans le caca.

Parfois l’anglais mâle à l’apparence du cliché du gros beauf masculin : ça rit grassement, rote sans retenu, aime le foot et les jeux de foot en plus de la mal bouffe, ça sera parfois pas très malin…

Les coups de foudre réciproque ça existe aussi, j’en ai été témoin et tout c’est fait rapidement entre les deux parties et ça dure depuis….comme quoi l’espoir est permis…

Mais revenons à la drague de l’homme anglais…. comme je le disais, l’homme anglais peut vous inviter au restaurant, acheter une rose au marchand pakistanais qui passait justement par là pour vous l’offrir, payer votre repas en douce et…rien. Nada. Que dalle. Niente. C’est sur qu’il vous apprécie beaucoup…comme amie. Je ne dis pas que l’amitié h/f n’existe pas, je milite pour, mais si vous avez des espérances soyez prêtes à être frustrée ou à vous asseoir dessus. Ou alors ne vous décourageait pas et soyez plus explicites, parce que même si vous dites oui à tout, il pensera que c’est cool de trouver quelqu’un du sexe opposé qui s’intéresse aussi à ça et vous serez bien embêtée d’être empêtrer dans la fameuse friendzone.

 

Bref, la drague anglaise ça ressemble un  peu à chez nous, enfin chez certains messieurs mais de manière général ce n’est pas aussi visible et insistant qu’en France (où la drague lourde vire des fois au harcèlement). Les anglais en général sont plus tactiles que nous donc ne vous étonnez pas d’une main posez négligemment sur l’épaule, d’un câlin dans les bras ou tout autre contact furtif et non déplacé.

Parfois, tout se passera bien et de manière naturel dans accro, c’est le meilleur que je vous souhaite. Sinon…. et bien persistez, à force vous arriverez peut être à lui faire comprendre clairement vos intentions et à vous mettre en couple.

Publicités et préventions, quand les anglais mettent les bouchées doubles.

Bon revenons un peu à la TV anglaise pour parler plus précisément des publicités. Etant donné que mon ordi m’avait lâchement abandonné en octobre/novembre 2012 et qu’il m’a fallu attendre mon retour en France pour les fêtes pour le réparer et en avoir un autre (on ne sait jamais), j’avais beaucoup de temps à tuer. Et ce temps je l’ai tué devant la TV. Quoiqu’on dise la télé permet aussi de découvrir une culture -et de rattraper tout les épisodes de HIMYM -. L’Angleterre balance beaucoup de pub, comme je l’ai dit dans un post précédent, vous avez intérêt à aimer ou à avoir beaucoup de vaisselle à faire car vous allez en bouffer à la pelle jusqu’à overdose. Je reviendrai plus tard sur les publicités amusantes, marquantes, ou montrant une approche différente de la France mais cette analyse sera pour plus tard.

Les anglais sont des gens qui sont très communautaires. On fait partis d’un groupe, tout le monde à sa place et tout le monde aime à aider sa communauté. C’est pour cela que même dans le patelin où je vivais il y avait presque une dizaine de « seconde hands shop » (magasins d’occaz) dont le but était écrit en gros sur la devanture : aider les gens atteints de cancer, du SIDA, retraités de l’armée, les invalides, les enfants handicapés, les animaux…j’en passe et des meilleurs.Vous avez une maladie rare ? Les anglais ont le magasin d’occasion qui correspond. Evidemment tout les bénéfices étaient reversés aux différentes associations afin d’aider les personnes dans le besoin.

Dans ce cadre là, il était donc normal d’avoir les publicités qui correspondent. Rien qu’à Londres il est difficile d’échapper aux panneaux qui vous propose d’adopter ou de soutenir un animal pour £1 par mois, et ainsi de suite pour tout type d’assos. Les affiches pour les « bons samaritains » (good samaritans) qui ont aidé des gens à revenir dans le droit chemin, les dangers de tel ou tel produits…
En France aussi nous avons des pubs papier et TV pour aider notre prochain mais surtout plus axé sur les dangers de la route, de l’alcool ou du tabac…concernant les violences domestiques, la guerre dans le monde, etc…s’il en existe, elles sont bien moins nombreuses qu’en Angleterre qui ne lésine pas à vous faire pleurer ou vous mettre mal à l’aise.
Je vais donc faire un pot-pourri des pubs 2012/2013 (et de quelques autres années au besoin) pour montrer que les anglais n’hésitent pas à frapper fort.

Je passerai sur les classiques en noir et blanc sur fond de musique triste qui vous font pleurer mais peuvent éveiller votre fibre de bon samaritain afin de donner pour la bonne cause. J’en ai vu plusieurs de ce type, souvent pour aider les enfants dans le monde grâce aux vaccins, l’aide alimentaire, l’éducation…On a les mêmes à la maison. Non, ici ce qui m’intéresse et m’a interpellé sont celles qu’on voit moins dans leurs styles choquant, provocateur ou dans les thématiques qu’elles abordent.
Parlons d’abord de violences domestiques, de viols, d’esclavage sexuel (ouh yeah)…les femmes sont au cœur de la problématique sur des pratiques et des abus qui ont malheureusement encore cours.

Cette publicité préventive nous met dans le cadre classique d’un couple de jeunes lors d’une fête, alors que la fille veut retourner en bas rejoindre les autres plutôt qu’une galipette rapide, son compagnon décide de passer outre son avis.
La publicité ne fait pas juste que nous montrer un viol, elle ne culpabilise pas les jeunes, ni la victime, ne fais pas la chasse au sorcière mais cherche à faire comprendre à celui (ou celle) qui se retrouve en position de violeur de ce qu’il est en train de faire.
« If you could see yourself would you see rape ? »
Ce n’est parce que votre compagnon/compagne est d’accord pour quelques bisous que vous donne le droit de passer outre son consentement. Même si on est en couple : Non c’est non.

Une autre publicité sur le même schéma circulait en même temps :

Ici on ne voit pas de viol mais c’est implicite qu’il va avoir lieu. C’est surtout qu’il ne s’agit peut être pas d’un événement isolé où le garçon rappel sa copine à l’ordre car elle est là pour lui obéir et lui faire plaisir. On a droit au chantage (je vais dire que t’es frigide), à la culpabilisation (tu sais ce qu’il allait se passer, sinon pourquoi m’avoir amené dans ta chambre ?), la négociation (juste un câlin alors ?)  et quand ça ne fonctionne pas : la violence et les insultes (t’es pathétique).
Des publicités quasi identique à celles ci il y en a.
Une a utilisé des personnages de Hollyoaks (un soap opera anglais connu) pour montrer que les abus ne sont pas forcément physique.

On retrouve d’ailleurs souvent des éléments similaires dans ces publicités : fouiller dans le téléphone de sa compagne, lui dire qu’on aime pas ses amis, sa façon de s’habiller, qu’elle est frigide ou pathétique, qu’on fait ça parce qu’on l’aime trop.

Pour en revenir aux publicités, certaines célébrités (pas juste celle de Hollyoaks) ont participé à ces campagnes de préventions comme Keira Knightley -qui se fait passer à tabac par son compagnon (2009)-…

ou Emma Thompson sur le trafic humain et sexuel (2007)

J’ai aussi remarqué qu’on parlait beaucoup de violence faite aux femmes, si on ne va pas nier son existence et le fait que c’est un problème majeur, c’est oublier qu’il existe de la violence aussi à l’encontre des hommes.
Une des publicités anglaise que j’ai pu voir met justement ce fait en avant. Quand un couple se dispute c’est souvent pour la femme que les gens vont se lever alors que voir un homme se faire malmener semble être plutôt drôle. Celle-ci fait débat. Evidemment cette pub n’a pas pour but de stigmatiser les femmes mais la violence de manière général.
« 40% of domestic violence is against men in the UK. Violence is violence, no matter who it’s aimed at. »

Je ferais un court aparté pour signaler qu’en Angleterre les hommes comme les femmes gueulent pas mal et que le ton peut monter assez vite.

Après les violences faite aux femmes, ce sont les violences faites aux enfants qui reviennent : négligence parentale, enfants battus…ce qui est surtout mis en avant c’est le cercle vicieux qui s’instaure. Un adulte violent ne l’est pas devenu par hasard et cela a bien commencé quelque part. Et pour reprendre la phrase citée plus haut : violence is violence. Elle ne fait qu’en engendrer plus, ils faut dès à présent rompre le cercle.

Pour informations, Barnado’s est une association caritative qui aide les enfants dans le besoin, en leur permettant de trouver des familles d’accueil, ou d’adoption, tout en leur fournissant un soutient psychologique mais aide également les parents en difficultés.

Certaines pub anglaises sont aussi très ironiques dans leur genre, notamment celles de St John ambulance :
comme celle-ci montrant un homme se battant contre le cancer et le vainquant, pour en définitive bêtement succomber après avoir avaler de travers durant un barbecue entre amis.

Ou nous faire croire qu’une femme va sauver un enfant pour finalement…ramasser son linge.

Les anglais ne font pas dans la suggestion de la chute mais nous la montre carrément. Qui n’est pas ravie de voir un enfant à terre en train de vomir son propre sang ?
D’ailleurs j’ai remarqué qu’ils (les anglais) avaient une certaine tendance à être bavard pour ce genre de publicité (aide aux autres, dons d’argent, médicaments…) en nous évoquant les chiffres, les states…
Tout ceci pour nous rappeler qu’il serait bon que chacun sache les gestes de premier secours.

Une de la croix rouge anglaise qui passait régulièrement avec une ambiance bien spécifique et que j’avoue avoir eu du mal à comprendre au départ.

Les anglais n’ont pas peur non plus d’aborder le sujet du handicap, physique et mental. Concernant le mental quand les anglais parlent de mental health problem (problèmes de santé mentale) ça englobe tout : de la dépression, anxiété à la bi-polarité, schizophrénie, voir entendre des voix. Donc si quelqu’un en Angleterre vous parle de problème de santé mental, ce n’est pas forcément les cas les plus extrêmes.
Ce que j’ai pu voir à la TV sur le sujet était relativement soft avec des gens avouant qu’ils sont atteints ou connaissent des gens qui sont atteints par ces problèmes. Rien ne nous est montré, enfin ça c’était jusqu’à ce que je tombe sur une campagne évoquant le « motor neurone disease » (maladie de Charcot ?) assez violente vu la façon dont la personne se fait malmenée pendant la vidéo mais aussi car on ne comprend pas ce qu’il lui arrive.


Cette publicité part d’une histoire vrai : celle de Sarah Ezekiel, le film nous montre comment elle se fait « attaquer » par le MND, tout en évoquant les dommages à la fois physiques et émotionnels d’une personne atteinte.

J’ai moins vu de prévention « boire ou conduire il faut choisir » – une seule à vrai dire- mais c’est peut être normal dans un pays où les pubs pour de la Stella Artois ou de la Guinness passent à la TV.


Elle daterait apparemment de 2008 mais passait encore régulièrement, tout en mettant bien l’ambiance. Tu bois = tu trinques. Well… I just wanted a pack of crips !

Idem pour les campagnes contre le tabagisme, peu nombreuses et plus classiques dans leur déroulement : nous expliquant les méfaits du tabac sur notre organisme d’une manière imagée et scientifique. Celle que j’ai pu voir (bien ragoutante), nous montre les mutations engendrées sur le corps humain.

Bon il en existe d’autres qui nous parlent de la dépendance ou du côté nocif de la fumée pour les enfants, nous les avons eu aussi en France, certes différemment.

Et pour finir, une de celle qui aura marqué l’année 2014 en faisant parler d’elle, tout en étant totalement raccord avec l’actualité. Parce qu’il y a bien une chose avec laquelle les anglais ne plaisantent pas, après les abus et violences domestiques, se sont les violences faites aux enfants. D’où des campagnes chocs qui marquent bien les esprits, en nous rappelant notre statut de privilégié, parce que si cela peut arriver en Angleterre, la France n’est juste que la porte d’à côté.

Voilà donc le pot pourri sur les pubs concernant la prévention ou les donations pour des fondations. Je n’ai pas vraiment poussé l’analyse et il y a sans doutes des publicités plus marquantes qui ont du circuler ces dernières années.
Une dernière remarque, s’il existe beaucoup plus de publicités TV en Angleterre au sujet des violences sexuels, je n’en ai vu aucune qui nous parle de troubles sexuels contrairement à la France.

Sur ce…je vous laisse à très bientôt pour une autre note sur la vie anglaise ou/et ses publicités.

L’Angleterre est elle un pays sexiste ?

Alors derrière ce titre affreusement racoleur (oui je les collectionne), se trouve une véritable question qui est venue tout naturellement suite à plusieurs petites choses. Je tiens à prévenir que je ne détiens pas la science infuse et que ce qui va suivre n’engage que moi. Il s’agit plutôt d’une réflexion, d’un questionnement qui peuvent éventuellement déboucher sur une discussion. Je laisse la liberté de s’exprimer aux personnes qui le souhaitent.

Lors de mon arrivée dans le Nord de l’Angleterre il y a quelques temps déjà, nous étions un vendredi soir. Il y avait du bruit dehors, je n’avais rien à faire et j’avais donc décidé de faire un tour dans le centre. Les pubs et les clubs étaient ouvert et déjà des groupes de femmes alcoolisées circulaient dans les rues. C’est la première fois que je rencontrais des anglaises en soirée et cela n’a rien à voir avec la France. Pour faire un topo : elles sont perchées sur des talons hauts avec lesquels, déjà sobre, elles ont du mal à marcher, une robe de préférence courte, moulante, couleurs flashies, extensions capillaires plus coloration, faux bronzage, faux ongles, beaucoup de mascara, sourcils épais renforcés au crayon, rouge à lèvre rose pale/orange si teint mate, rouge vif si teint clair, mini sac.
Ma première impression fut l’étonnement puis soyons honnête une certaine forme de dégoût. Déjà parce que des gens avinés qui gueulent dans la rue, ce n’est pas ce qu’il y a de plus classe, sans parler de ce que je considère comme du mauvais goût aussi bien vestimentaire que capillaire. Ensuite, parce que les femmes anglaises ne sont pas réputées pour être des mannequins, l’obésité et le surpoids sont un véritable problème dans ce pays, alors le mélange vestimentaire douteux, qui ne vous va pas, rendait l’ensemble peu ragoûtant.
Attention, mon propos n’est pas de bâcher les personnes en surpoids, on peut très bien être ronde, forte, en surpoids et porter des choses qui nous vont bien dans que se soit des t-shirt XXL des rebuts de l’armée. Mais l’idée, la pensée, de dire : « non mais regarde c’est pas classe, ni sexy…c’est juste vulgaire, ça fait pute » m’est venue à l’esprit.
Cette année, je ne suis allée qu’une ou deux fois dans des clubs mais pour le coup dans le Sud de l’Angleterre. Et là, tout pareil ! Sentiment renforcé par mes ami(e)s français(es) qui ont eu les mêmes réflexions. S’en est suivi un débat avec la gente masculine anglaise qui ne voyait pas le problème, là où nous français cela nous gênait. Et l’on s’est rendu compte que ces messieurs vivaient avec ça tout les jours, pas uniquement en soirée. Des tas de filles se baladent en tenues légères dans la rue où l’on peut voir aisément leurs sous-vêtements et autres parties de leurs corps sans que cela ne choquent, ni ne gênent personnes. Les filles s’en fichent et les hommes aussi. Se font elles emmerder dans la rue ou en boîte ? Jamais. Les hommes se disent ils qu’habiller comme ça elles cherchent ? Non plus. Moi même, je ne me suis jamais faite embêter. Aucune main aux fesses, aucun commentaire scabreux, aucun sous entendu salace. Les hommes anglais se conduisent comme des gentlemen (mais j’en reparlerai).
Vous allez me dire, bon alors il est où le problème sexiste ?
Et bien puisque les femmes sont libres de faire ce qu’elle veulent de leur corps, certains clubs comme le Casino Rooms de Rochester proposaient des soirées spéciales où les filles pouvaient s’habiller léger, voir avaient leur entrée gratuite si elles montraient leurs « knickers » (culottes) ou leurs poitrines. Forcément, cette proposition à fait l’objet d’articles où des organisations féministes (mais pas que) dénonçaient cette pratique qu’elles jugent dégradante et dégoûtante. Bien entendu cela a entraîné une réaction en chaîne de personnes qui n’y voyaient pas d’inconvénients. Les femmes sont libre de faire ce qu’elles veulent, personne ne les oblige à montrer quoi que se soit, et même si elles décident de le faire, c’est quelque chose d’amusant, de léger, non de dégradant. Alors oui, en France comme en Angleterre, l’entrée est gratuite pour les filles avant 23h, mais pourquoi pas les hommes aussi ? Juste pour une question de business ? Plus de filles, c’est plus vendeur ? Sur ces points le débat reste ouvert.

En dehors des clubs, l’Angleterre possèdent aussi beaucoup de femmes au foyer. Là où certains en France pourraient voir cela comme une image vieillotte, voir rétrograde de la femme, ici il n’en est rien.
De même, dans l’école où j’ai travaillé, on proposait des tas de cours créatif aux élèves dont design, photographie, mode…cuisine et soin de la petite enfance. Les deux derniers m’ont fait tiqué pour le côté très vieille école. J’en ai ensuite discuté avec des élèves qui m’expliquaient que ces cours permettaient d’avoir des bases en cuisine mais aussi d’apprendre à éviter les accidents qui peuvent survenir dans cet environnement. Vu comme cela, je n’ai rien à dire car je trouve que c’est utile et intéressant mais dans ce cas pourquoi ne pas le proposer à l’école des garçons à côté ? Pourquoi ont ils à la place « food technology » qui s’intéresse à l’alimentaire de manière scientifique ? Pourquoi se sont les filles qui ont des cours de cuisine qui se retrouvent à faire des gâteaux pour les collectes associatives ? J’ai posé la question aux filles de 7eme/8eme années (équivalent 6e/5e) si elles trouvaient ces cours sexistes. Après un moment de réflexion, elles m’ont répondu qu’effectivement cela l’était. D’autant plus que l’une m’a confié que son frère, dans une école de garçons, avaient voulu prendre des cours de cuisine mais que l’équipe enseignante l’avait plutôt encouragé à se tourner vers la menuiserie. Comme quoi la distinction filles/garçons qui était encore d’actualité chez nous il y a quelque années à encore cours là bas.
Je n’ai rien non plus contre les cours qui vous apprenne à vous occuper d’enfants en bas âge pour celles qui veulent poursuivre une carrière de puéricultrice mais pourquoi, encore une fois, c’est uniquement du côté des filles ?

Il y aussi les exemples de club UNIQUEMENT pour les hommes que j’ai pu voir à Londres. Alors ok, se sont des clubs sexy avec des filles qui sont en tenues légères mais pourquoi que les hommes ??? On peut très bien aller au crazy horses en couple et je ne vois pas le problème.
Il existe aussi d’autres club pour que les hommes se retrouvent entre eux, histoire de boire, lire le journal, échanger. Femmes non gratta.
Idem dans un pub très charmant où j’étais allée, il y avait une zone UNIQUEMENT pour les hommes. La carte de fidélité de ce pub n’était proposé qu’aux hommes pour qu’ils puissent payer des verres à leurs ami(e)s (merci mais je peux payer ma bière toute seule comme une grande).

Bref, il existe des tas de nombreux petits exemples qui m’ont fait m’interroger. Parce d’un côté, tu es une femme, tu t’habilles comme tu veux et personne t’emmerde. De l’autre, t’es un peu exclue, voir cantonner à des activités « clichés ».
Au fond ce qui me fait rager ce n’est pas tant que tout ça existe mais c’est qu’il n’existe pas (en tout les cas je n’en ai pas vu) d’équivalent masculin ou a contrario d’équivalent féminin.
Concernant le premier point que j’ai évoqué sur les tenues vestimentaires, cela vient surtout d’une différence culturelle France vs UK, où chez nous l’apparence compte beaucoup. Pour avoir vécu à Paris, je peux dire que rapidement j’ai arrêté de sortir en mode « décontracte du dimanche » pour enfiler une tenue plus élégante (sans être une gravure de mode non plus).

Je n’apporte pas de réponse comme vous pouvez le voir, il s’agit juste d’une réflexion. Je ne suis pas là non plus pour fustiger les hommes et les condammer au bûcher, pas plus que je ne crache sur l’Angleterre que j’apprécie comme pays. Cela me fait juste prendre conscience qu’il n’y pas que la Manche qui nous sépare, bien que nous nous trouvons avec des points culturelles similaire. De même, il ne s’agit pas d’une généralité mais de choses que j’ai pu voir lors de mes pérégrinations.

Je laisse donc là mes réflexions et reviendrais sur un prochain points anglais dans une autre note.

France, Angleterre : je t’aime, moi non plus.

J’ai toujours entendu que la France et l’Angleterre entretenait une longue relation haine-amitié depuis des années (que dis je des siècles!), renforcé par tout les clichés qui circulent.

Pourtant du côté de la France je ne connais que des gens en amour avec ce pays qui leur à offert Dr Who, Harry Potter, Sherlock Holmes, Terry Pratchett…et j’en passe sur tout un lots d’auteurs, de séries TV. La plupart adorent ce pays, aiment y faire du shopping trouvent les habitants stylés. Mais soyons honnête 2 secondes…là on parle uniquement de Londres, parce que le reste de l’Angleterre c’est pas la même histoire !

Bref, tout ça pour dire que du côté français je tombe sur beaucoup d’amoureux de ce pays de l’autre côté de la manche. Mais quand est il d’eux ?

On m’a toujours dit que les anglais aller trouver une petite frenchie adorable et que mon accent leur paraitrez « soooo cute ». Honnêtement ça n’est arrivé qu’une fois et uniquement d’un jeune homme sous l’emprise de l’alcool qui tentait une approche. Concernant mon accent, c’est surtout de l’étonnement : à savoir que j’arrive à parler anglais alors que je suis française ! Ca laisse entrevoir l’image qu’ils ont de nos capacités en langue…

Londres étant une capitale multiculturelle, il n’est pas rare de croiser des français ou des gens parlant français. Pour le dépaysement on repassera…par contre en dehors de Londres,  on peut aisément tomber sur des petites bled dont vous serez le seul franchouillard à la ronde. Après les réactions seront différentes. Beaucoup d’anglais ou anglo-saxons en apprenant ma nationalité ont tenu à me chanter une chanson en français. J’ai ainsi eu droit à « Frère jacques », « le coq est mort », et d’autres qui m’étaient parfaitement inconnues. Personnellement je n’ai pas bien compris cette mouvance à vouloir me chanter des comptines pour enfants.

Vient ensuite la géolocalisation, si on pas eu droit à l’attitude blasé « Ah encore une française! ». Peu savent localiser Bordeaux (excepte les amateurs de vins), en dehors de Paris (pour faire du shopping parce que c’est pas cher (!)) et des villes qu’ils ont visité, ça peut devenir laborieux. C’est comme ça que j’ai eu droit à « Bordeaux c’est à côté de Dijon non ? ».

Les anglais semblent rancunier contre la France, combien de fois j’ai eu  » Vous les français vous avez décapitez votre roi ! ». Alors j’en suis profondément désolée mais je n’y étais pas. Et puis c’était il y a plus de 200 ans, y a prescription là non ?

Cette rancune tenace, s’étale de différentes manières, surtout attisée par les journalistes. Quand je suis arrivée en septembre, ils évoquaient toujours les photos seins nus de Kate Middleton prisent par un journal français. La façon dont ils en parlaient à la TV, rendait peu honneur au français qui avaient à leur yeux : un manque total de respect de la vie d’autrui, de la famille royale, c’était quasiment une atteinte nationale pour des malheureuses photos parues dans un magazines people français pendant l’été et qui, dans mes souvenirs, à été peu évoqué de notre côté.

Pire encore, cette affaire avec cette jeune lycéenne de 16 ans qui c’est enfuit avec son professeur plus âgé en France. Il faut savoir que l’Angleterre ne déconne pas avec ce genre de chose surtout quand ça concerne des mineurs. C’est donc une chasse à l’homme (enfin au couple) qui c’est engagé avec l’appui des autorités françaises. N »étant pas en France je me suis imaginée que ce genre de scandale aller être peu évoqué par chez nous : déjà parce qu’on a d’autres problèmes, parfois plus grave à traiter, et d’autre part parce qu’une ado tombant amoureuse de son jeune et beau prof, on en fait pas un crime national. Par contre les anglais si ! Selon eux, la France ne se bougeait pas assez, ce n’était pas en 1ere page des journaux, ni en flash continu à la TV et histoire de bien enfoncé le clou, des journalistes avaient interviewé des gens dans les rues de Paris pour démontrer que les gens (les touristes) n’étaient pas au courant. En conclusion, la France était méchante, elle n’aidait pas, elle était égoïste à se consacrer à la recherches de petits garçons qui avaient disparu et qu’on a retrouvé mort. C’est sur qu’en comparaison d’une fuite amoureuse…

Personnellement, cette vision de la France et cet acharnement des médias à nous faire passer pour des gens pas cool m’a sidéré. Je comprends pas bien où ils veulent en venir et à quoi ça rime. J’ai aucun souvenir qu’on en fasse de même. Et ça me fait un peu peur au niveau de l’impact que cette vision peut provoquer auprès du grand public.

 

Néanmoins jusqu’à présent je n’ai eu aucun problème avec les anglais (hormis au niveau de la compréhension) par rapport à ma nationalité et ma culture. Les gens sont en général très ouvert, près à vous aider ( où alors j’ai eu beaucoup de chance ?).

Voilà c’était juste un point news/culturelle, histoire de vous donner ma vision de ce pays.

Promis je parlerais un peu tourisme et nourriture la prochaine fois !

J’y arriverai un jour, j’y arriverai !

Parmi les grands défis de ma vie, l’un de ceux qui me tient le plus à coeur est celui de donner mon sang. J’ai toujours été porté sur l’entraide et le don de soi, parfois exacerbé par l’école (marche solidarité, opértation bol de riz….). Manque de pot pour le don du sang, j’ai toujours eu un problème : trop jeune au lycée, puis de multiples empêchements par la suite, mais je ne me suis jamais découragée.
Cette fois quand j’ai vu les tentes se planter sur Bordeaux, je me suis dit que cette fois serait la bonne.

Je me suis donc pointée samedi vers 16h30 devant une tente où des personnes d’un certain âge essayaient d’attirer le donneur potentiel. Ca a bien fait rire un monsieur ma réponse « ok » du tac-au-tac à sa demande, après quoi il m’a gentiment fait entrer dans l’arène en me donnant un questionnaire à remplir. C’était remplit de tables avec des assiettes de biscuits petits écoliers et de pâtes de fruits, avec de l’eau et des jus. Je me suis faite accueillir par une dame au sourire charmant qui  a rapidement disparu quand elle m’a vu encore planté là après 2 secondes, tout en me prennant délicatement le bras pour me montrer une table  jonchée de miettes où m’assoir.
Le questionnaire consiste à savoir si on a des antécédent familiaux (problème de coeur, hépatite B, malaise vagal…), si on a été hospitalisé dernièrement, si on est parti à l’étranger, si on a prit des médocs…
Sur l’insistance d’un autre vieux monsieur, barbu cette fois, a vouloir qu’on s’abreuve abondamment et qu’on mange un peu, j’en ai profité pour grignoter, avant d’aller voir un responsable pour qu’on me donne un numéro (1501), pour ensuite aller m’assoir au fond de la tente, et attente qu’on m’appel. J’avoue que j’ai eu peur une fraction de secondes quand j’ai entendu le numéro 58, mais en fait il n’appelait que les derniers chiffres. Bien que l’attente soit estimée à 3/4 d’heure, j’en ai pas eu pour aussi longtemps et est réussi à passer dans la seconde tente pour me faire enregistrer sur un formulaire (pièce d’identité), avant d’attentre de nouveau pour avoir un entretien avec un médecin. Manque de pot bis, je me suis retrouvée dans la partie débordée, alors que l’autre était vide, mais bon là non plus je n’ai pas eu à attendre des heures.
Niveau confidentialité c’est un peu limite, on a juste un paravent qui cache un bureau derrière lequel est assit un médecin avec sa trousse et un ordi, mais bon vu le brouhaha ambiant, on n’entendait pas grand chose. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai senti que j’allais avoir le monsieur toubib avec le paravent bien ouvert, et ça a pas loupé. Celui ci m’a accueillie avec un grand sourire, en me serrant vigoureusement la main, tout en me remerciant pour ce que je faisais. A l’entendre j’avais l’impression de partir en croisade pour sauver le monde.
Il m’a posé quelques questions suite à mon questionnaire (quels médocs, dans quels pays exactement…). J’avoue que c’est cette partie là que je craignais,vu que j’avais été grippé la semaine passée, avec un mal de dos épouventable, et des nausées à la moindre odeurs de nourritures. C’est là que j’ai appris que le rapport poids/taille était important, en dessous de 50kg, c’est pas la peine de donner son sang, et en dessous de 55 c’est un peu limite, et j’étais justement un peu limite, même en me rajoutant quelques kg (mais j’étais en plein dans la vérité). Je passais niveau poids, mais dans ce cas on me préleverait moins. Il a ensuite prit ma tension. J’étais normale, mais un peu haut apparement, puisque dans le doute il a tenu à la reprendre en me demandant si j’avais fait du sport juste avant. Une fois l’entretien finit, il m’a de nouveau serré la main en me souhaitant bonne chance ( là j’avais vraiment l’impression de partir à la guerre).
Comme c’était mon premier don, je devais passer par la case analyse, et me suis donc de nouveau retrouvée à un bureau avec un médecin -féminin cette fois-.
Elle m’a donc piqué le bout du majeur pour le faire saigner afin de préveler un échantillon. Je me sentais comme une diabétique qui vérifie son taux de sucre. Pendant ce temps là, je craquais sur leur petit coton, qui étaient des petites boules comme des fleurs. Il a fallu que je passe ensuite par l’étape piqure pour analyse plus approfondie. Je me suis demandée si cette fois, on arriverait à trouver mes veines. Echec sur le bras droit.
Bien que je n’ai pas la phobie des piqures, je croise toujours les doigts pour ne pas me retrouver avec un hématome, et des douleurs au bras. Une fois finit, j’ai eu le bras gauche complètement enrubanné. Ca fait toujours classe comme blessure de guerre.
Elle a tenue ensuite à prendre un deuxième échantillon, et rebelotte pression sur le majeure pour avoir une bonne goutte de sang. Puis l’analyse est enfin sortie, et le verdict est tombé.
Ca va pas être possible, taux d’hémoglobine trop bas.
Quand je l’ai entendue me dire ça, j’ai cru que c’est elle qui allait pleurer. J’en ai profité pour en demander la cause. Apparemment c’est fréquent chez la gente féminine (fatigue, stress…), et passager, rien ne grave, mais pour le coup le don du sang c’était pas pour cette fois. Elle me prévient que des analyses vont quand même être faites, et que je recevrais un courrier. Après quoi elle me demande d’aller manger et boire, même si je n’en ai aucune envie.
Et me voilà à passer parmi les gens installés sur des brancards donnant leur sang, en me démenant pour trouver la sortie. Là une femme me tend un plateau en me demandant ce que je veux boire, et même si je ne fais pas partie des élus, ils tiennent quand même à ce qu’on se gave. Je prends donc un morceau de quiche, qui s’avérera froide, voir même congeler à la deuxième bouchée, et une part de flan.

Au final j’aurai passé un peu plus d’une heure 30 à circuler de tentes en tentes, croisant ça et là un clown et les divers membres du rotary club- ah ça on le saura que c’est leur sponsor!-.
Certes je suis déçue ne pas avoir pu faire ma BA, mais bon je me dis que mon heure viendra.
J’y arriverai un jour, j’y arriverai !