Undead Lovers, peut-on aimer mille fois une personne ?

Un beau jour (en fait je n’en sais rien il pleuvait peut-être) où je traînais mes guêtres comme d’habitude dans l’infini de l’Internet, je suis tombée sur ce manga tout juste entamé qu’est Fujimi lovers ou undead lovers. Le pitch de départ, quelque peu intriguant, m’a attiré et je me retrouvée face à un manga qui ne paye pas de mine, avec un dessin qui change un peu du lot mais très pêchu dans l’ensemble.

Mais de quoi ça parle ?

C’est l’histoire de Kouno Jun et de son amour pour Hasebe Rino. Alors qu’il n’est encore qu’à l’école primaire, Jun tombe amoureux de Rino, la plus jolie fille de sa classe, et décide de lui faire sa déclaration. A l’instant même où elle lui donne sa réponse elle disparaît devant ses yeux, littéralement. L’étrangeté ne s’arrête pas là, puisqu’en enquêtant sur ce qui a pu arriver à Hasebe, il se rend compte que personne n’a souvenir de la jeune fille, comme si elle n’avait jamais existé. Tout le monde a oublié Hasebe sauf lui. Les années passent et voilà notre héros au collège. Quelle n’est pas sa surprise quand il tombe nez à nez avec une fille qui s’appelle Hasebe et qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Sauf que cette Hasebe n’est pas tout à fait la même que celle qu’il a connu.

Si vous ne voulez pas en savoir plus, arrêtez vous là.

Voilà donc la base de l’histoire qui va être en réalité une compilation de l’histoire d’amour en spiral de Kouno et Hasebe. A chaque chapitre l’histoire se répète : Kouno rencontre Hasebe (enfin une Hasebe) différente de la précédente, qu’il va tenter d’aider tout en s’en rapprochant, leurs sentiments finissent par être réciproque et c’est à ce moment là que Hasebe disparaît à nouveau jusqu’à ce qu’une autre réapparaisse. Kouno rencontre donc presque une dizaine d’Hasebe différentes : une en primaine, une au collège membre du club de calligraphie, au lycée membre du club de musique, une qui donne des cours privés, une pendant ses cours de soutient, une à l’université qui perd la mémoire toute les 24h, une collégienne amoureuse d’un autre garçon, une de l’école primaire qui essaie de monter un spectacle de fin d’année, une Hasebe rat de bibliothèque avec des difficultés pour s’exprimer, une Hasebe plus âgée et veuve, et enfin une Hasebe qui est en réalité UN Hasebe.

Toutes les histoires avec des Hasebe ne seront pas explorées, certaines ne seront montrées ou évoquées brièvement. Evidemment l’oeuvre n’est pas sans défaut, il faut déjà apprécié le style de dessin de l’auteur qui peut sembler brouillon et pas très fin, de même que son style narratif. De même, si vous voulez connaître le secret de Hasebe (qui est-elle réellement ? Pourquoi disparaît-elle ?), vous pouvez vous asseoir dessus. L’histoire avance certes, mais pas à ce niveau là et vous n’en saurez pas plus qu’au début. D’où la frustration de certains…

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On peut se demander pourquoi notre héros n’abandonne pas, pourquoi continuer à courir après Hasebe alors que d’avance il sait comment chaque histoire va se finir ? Tout le monde autour de lui lui conseille d’abandonner de courir après Hasebe. Mais pour Jun abandonner ou non n’entre pas en compte, l’amour n’est pas une question de logique. Son amour pour Hasebe n’est pas logique parce qu’il le ressent de tout son être. Certes, comme il le dit lui même, il n’a rien pour lui : il n’est pas bon en sport, pas le plus doué ou le plus intelligent mais il est travailleur et déterminé (il a aussi un léger grain de folie) et c’est ça qui a plu à la première Hasebe. Notre héros est déterminé à faire en sorte que la prochaine fois qu’il rencontre Hasebe et qu’ils tombent amoureux, celle-ci ne disparaisse pas. Nous verrons donc dans chaque chapitre sa motivation mise à rude épreuve, nous le verrons pleurer, suer sang et eau, se remettre en question, sur le point d’abandonner…. Jun au delà de la voir tomber amoureuse de lui, veut voir Hasebe heureuse, et va tout faire pour l’aider, la comprendre. Tout les états d’âme de notre protagoniste sont décrit, et son auteur Takagi Yuna arrive à rendre tout les conflits et frustrations du personnage. On ressent son désarroi, sa peine mais aussi sa folie amoureuse.

Le fait est là : Kouno aime Hasebe, quelque soit sa forme. Toutes les Hasebe, différentes sur la forme, sont au fond la même Hasebe. L’essence même d’Hasebe. Jun l’aime de tout son être et reconnait Hasebe entre mille. Preuve en est, lorsqu’il rencontre une fille identique à Hasebe physiquement mais qu’il ne reconnait pas en tant que telle puisque la vrai Hasebe est cette fois… un garçon. On pourrait évoquer l’hypothèse que Hasebe met à l’épreuve Jun, s’il l’aime vraiment alors il la retrouvera où qu’elle soit et l’aimera quelque soit sa forme. La première Hasebe, au moment de lui donner la réponse à sa déclaration, lui a demandé s’il l’aimera pour toujours en lui faisant promettre avant de disparaître. C’est peut-être à ce moment précis, à cause de cette promesse, que Jun est condamné à aimer Hasebe le reste de sa vie.

Alors oui c’est une histoire frustrante qui ne finit pas toujours bien mais la détermination de son héros fait le sel de l’histoire.

Cependant une autre frustration s’ajoute au lot : l’histoire fait 3 volumes et le dernier chapitre annonçait la fin de la première partie depuis…plus rien. Doit-on y voir la fin pure et simple de l’histoire de Hasebe et Jun ? La fin de cette partie était d’ailleurs prévisible dans on retournement de situation (en tout les cas pour moi) et laissait la porte ouverte à de nouvelles aventures rocambolesques cette fois du côté de Hasebe.

Fujimi/undead lovers nous montre que l’amour est immortel.