Herald : a period drama

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un jeu qui -à l’heure où j’écris ces lignes- n’est pas terminé. J’entend par là  que sur les 4 livres prévus qui composent le jeu, seul les deux premiers sont sortis.
J’ai connu Herald sur steam et l’ensemble me plaisait bien, j’ai attendu une promo pour me le procurer. Il s’agit d’un jeu indépendant développé par Wispfire, un studio néerlandais, et sortie en 2017. Il est classé dans la catégorie point&click mais lorgne pas mal vers le visual novel.
Moi qui aime les point&click et les period drama, le jeu avait déjà une bonne base pour me séduire.

 

Bref de quoi ça parle…

Herald est le nom du bateau sur lequel le héros que vous incarné, Devan Rensburg, vient de s’embarquait en tant que marin pour aller vers les colonies en l’an de grâce 1857. En effet, le jeu nous propose un XIXe alternatif dans lequel le Protectorat  (qu’on peut assimiler à l’empire britannique) gouverne une grande partie du monde dont les colonies indiennes.
L’histoire commence après qu’on vous ait sauvé de la noyade, vous vous retrouvez nez à nez avec La Rani, une femme qui vous interroge sur votre passé au sein du protectorat mais également sur le déroulement des événements sur le Herald. Vous allez donc vous replonger, à l’aide de votre journal de bord, dans vos mésaventures sur le bateau, les personnes que vous avez rencontrés, les choses que vous avez faites (ou pas)….

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Différentes expressions de notre héros que nous pouvons voir à travers le jeu -j’ai un faible pour la mine boudeuse-. Même si personnellement j’ai plus eu la sensation de le voir surpris/effrayé une majorité du temps.

Il faut également savoir que Devan, bien qu’ayant grandi sous l’égide du protectorat, est un enfant adopté issu des colonies. Sa mère serait des Indes alors que son père viendrait du protectorat. Il est donc la somme d’un mélange culturel et devra sans doute faire un choix entre sa patrie d’adoption et celle qui l’a vue naître.

Le coeur du jeu en plus de l’aventure et d’évoquer les problèmes de racisme (entre autres) inhérent à l’époque. Il est ici assez subtile entre les remarques que vous pourriez avoir sur votre place à tenir, Aaron Ludlow -le second officier et la personne qui vous a recruté- qui vous indique que malgré les années passées les promotions se font attendre et qu’il n’attendra sans doute jamais certains hauts postes compte tenu de ses origines, etc…sans parler de l’histoire de La Rani ou encore de Daniel. La place de la femme est aussi évoqué dans une société où on attend d’elles rien de moins que de se montrer vertueuses et distinguées.
Il y ai également fait mention à mots couvert de pédophilie, quoique ce dernier point fait débat. Sans trop spoiler, le comportement/relation entre deux personnages peut être sujet à plusieurs interprétations. Personnellement, de ce que j’ai pu constater en jouant c’est que l’un des personnages essayait d’avoir une relation affective d’ordre paternel -parfois lourde et maladroite- avec une personne qui manifestement n’en veut pas et accessoirement semble en vouloir à la terre entière.
Le studio a d’ailleurs apporté un grand soin au doublage des différents personnages qui en disent long sur leur personnalité, leur culture et leurs origines. Il est très agréable d’entendre ces divers accents : anglais, indien, jamaïcain, brésilien

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages, mais de ce que j’ai pu voir, Ludlow semble être le moins apprécié à cause de son comportement qualifié souvent « d’idiot » par les joueurs. Cependant, plusieurs choses prennent sens au regard des révélations à la fin du livre II. J’en suis même devenu à me demander si Caleb n’était pas au courant depuis le départ, aux vues de certaines remarques…
Il n’y pas réellement de méchant dans le jeu car même Morton, aussi désagréable qu’il puisse être avec son air de méchant Disney, possède des points sensibles. Il s’agit plus de notre capacité en tant que joueur à savoir jouer de ses relations pour se faire des amis et/ou des ennemis des personnes à bord.

 

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La mystérieuse Rani à qui vous contait votre histoire. La fin du livre II vous laisse le soin de choisir si vous souhaitez être dans son camps ou non.

Sur le jeu

Les deux premiers livres sont très courts (3/4h max) et le livre I n’est pas très intéressant. Il vous permet juste de vous familiariser avec le jeu et ses différents personnages. Le II a son lot de rebondissement et de mystères. Compte tenu de la fin du II, j’attends beaucoup de la suite et les choix pour Devan s’annoncent difficiles.
Globalement le jeu est assez simple : pas d’inventaire, pas de tâches ardues ou d’énigmes à vous retourner le cerveau -c’est simple il n’y a pas-. L’important se trouve surtout dans les dialogues et les interactions avec les personnages. Dans une conversation, chaque fois que ce sera au tour de Devan il aura le choix entre plusieurs réponses. Si certains choix se ressemblent ou mènent à la même conclusion, d’autres seront décisif pour la suite du jeu concernant le destin de certains personnages. Mais comme j’ai pu le lire de la part des auteurs, ce n’est pas tant les choix de Devan qui seront important que la réaction des autres personnages face à ces choix. Il y a donc un petit côté walking dead puisque vos choix ont des conséquences pour la suite de l’intrigue. A la différence que vous n’êtes pas limité dans le temps pour faire ces choix mais vous pouvez mûrement les réfléchir. Le héros peut donc s’impliquer d’avantage dans les problèmes des autres, se montrer à l’écoute et diplomate ou au contraire se rebeller contre l’ordre établie, faire en sorte qu’on ne lui marche pas sur les pieds, voire provoquer les incidents. Le personnage de Devan n’est pas pour autant dépourvu de personnalité, c’est un garçon intelligent et cultivé comme le montre sa grande connaissance des objets sur le Herald.

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Exemple de choix multiples. J’aime beaucoup l’aspect journal de bord donné à la boîte de dialogues.

Néanmoins, le seul reproche qu’on pourrait faire au jeu c’est son côté linéaire. On ne s’éparpille pas en différentes sous intrigues puisqu’en général nous avons une chose à faire à la fois et le jeu nous conduit en ligne droite pour y parvenir. Certaines pièces ne s’ouvriront donc que lorsque que cela sera nécessaire.

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Le mélancolique Daniel au passé amoureux tragique.

Comme je le disais en amont, le studio a fourni de gros effort concernant l’immersion dans le jeu. Outre les voix, c’est aussi tout l’univers de la marine qui nous est dévoilé :  détails du navire, son plan et une encyclopédie à compléter en fouillant un peu partout sur les objets cliquables histoire d’avoir un petit topo dessus.
L’autre gros effort concerne l’ambiance et le réalisme des personnages. Si les costumes des membres d’équipage font effectivement référence à la marine britannique, Tabatha et Morton tiennent plus des hollandais du XVIIe. Il en va de même avec le Herald qui apparemment serait plus du XVIIIe que du XIXe. Certains personnages ont été créés à partir de personnes réelles telle La Rani qui est directement inspirée de Lakshmi Bai.Evidemment tout ceci est voulu mais on pourrait néanmoins trouvé l’ensemble ambiguë. Pour un jeu qui souhaite parler de colonialisme, tout en rendant l’ensemble historiquement inclassable, c’est étrange. Idem concernant l’identité culturelle face au multiculturalisme. Quoique en même temps, l’univers nous semble familier, tout en étant étrange, nous sommes donc entre deux mondes un peu comme certains personnages.

A part cela, le grand point fort vient des personnages ou du moins des illustrations de ceux-ci pendant les dialogues. En effet, ils ne sont pas statiques. Nous les voyons respirer, cligner des yeux, sourire, soupirer, se mettre en colère, être étonné…On est loin des yeux qui roulent de droite à gauche de chez Cinders. Cela donne un vrai plus aux personnages qui les rend vivant. Apparemment les créateurs ont utilisé le programme Live2D qui permet de rendre un effet 3D aux illustrations 2D, sans avoir besoin de passer par la conception d’un modèle 3D ou d’animer image par image. Programme utilisé d’ailleurs par plusieurs jeux japonais : fire emblem, yumeiro cast, akiba beat, black rose valkyrie…notamment pendant les phases de dialogues.


Cependant le jeu n’est pas exempte de défault et, à part le côté linéaire, il a été critiqué pour ses arrières plans 3D. Si ces derniers sont plutôt lumineux et colorés, la 3D est assez anguleuse et m’a donné un effet un peu « old school ». Au départ, les personnages, notamment leurs proportions, m’ont paru étranges, comme leur façon de se déplacer un peu raide mais j’ai fini par m’y faire.
Après la caméra n’est pas toujours agréable. On tient plus de la « CCTV camera » comme l’a fait remarquer quelqu’un . Les angles sont souvent pris de haut et de biais et n’aident parfois pas à avoir une bonne visibilité des pièces étroites du bateau.

Sinon, la musique est plutôt discrète mais agréable. Il y a juste la chanson de Tabatha qui reste en tête.

 

Pour conclure

J’ai essayé d’en dire le moins possible au sujet de l’histoire, des choix et des révélations. Dans l’ensemble Herald a reçu des critiques plutôt positives ainsi que plusieurs nominations et prix comme jeu indépendant.

En plus de la qualité artistique, il y a un mon sens une vrai volonté de raconter quelque chose d’important de la part des auteurs. Car, bien que l’histoire se déroule au XIXe, les questions autour de l’identité et l’héritage culturelles, les problèmes sociaux, le racisme sont toujours d’actualité.

Globalement Herald a period drama est un jeu très agréable dont j’attends la suite avec impatience. Malheureusement, ça ne sera pas pour de suite puisque les développeurs ont annoncé que le jeu ne s’était pas vendu comme ils l’espéraient et que par conséquent ils travailleraient sur Herald quand le temps et l’argent le leur permettaient. En espérant que le studio et le jeu ne subissent pas le même sort que Lostwood avec Leviathan.

 

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Tu n’as rien vu à Fukushima

Il y a quelques mois, je présentais un travail consacré aux mangas évoquant la catastrophe du 11 mars 2011.
Pour cela j’ai dû faire un long travail de recherche en amont afin de ne pas partir de rien et d’avoir un matériau de base solide. S’en est suivi une longue liste de ce qui avait été publié sur le sujet : romans, essais, poésies, témoignages, rapport de commission d’enquêtes…en plus des mangas publiés par chez nous. Je me suis surtout concentrée sur qui avait été publié en France, en français. Au moment où j’écrivais il n’y avait en parution mangas que :

  • Je reviendrais vous voir
  • Japon 1 an après
  • Les cerisiers fleurissent malgré tout
  • Santetsu – 11 mars 2011 – Après le cataclysme
  • Daisy lycéennes à Fukushima

Depuis se sont rajoutés :

  • Colère nucléaire
  • 1F au coeur de Fukushima

Je mettrai donc ces deux derniers de côtés, ainsi que Santetsu car je ne l’ai pas lu. En lisant ces ouvrages je me suis rendue compte d’une chose : à part Daisy, dont c’est le thème principal et brièvement dans Les cerisiers fleurissent malgré tout, pas de mention de Fukushima, pas de mention du nucléaire. Une seule histoire l’aborde dans Japon 1 an après, une autre aborde le nucléaire dans ce même ouvrage mais seulement la bombe d’Hiroshima.

Daisy a ses postfaces rédigées par, des français. Japon 1 an après est une collaboration franco-japonaise, Les cerisiers fleurissent malgré tout est dessiné par une mangaka vivant et travaillant en Europe depuis plusieurs années.

Il en va de même pour les livres : Le dernier homme de Fukushima est écrit par Antonio Pagnotta, Fukushima : récit d’un désastre est la retranscription de ce que Michaël Ferrier a vécu, nous trouvons aussi Daniel de Roulet avec Tu n’as rien vu à Fukushima ou encore Fukushima mon amour de Gérard Raynal, Un pompier français à Fukushima de Sébastien Donner, Fukushima les cerisiers en pleurs de Yann Lemah, Malgré Fukushima : Journal japonais d’Eric Faye….une grande partie des ouvrages parus en français sont écrit par des européens (français). Ceux-ci s’attardent sur Fukushima, la catastrophe et parfois le nucléaire. De plus, une majorité d’articles que j’ai pu lire, et qui traitent du 11 mars, ont été écrits par des européens.
Je ne dis pas que rien n’a été écrit par les japonais à ce sujet en littérature, on peut trouver par exemple : ô chevaux, la lumière est pourtant innocente de Hideo Furukawa, Journal des jour tremblants de Yoko Tawada, Mille cercueils : à Kamaishi, après le tsunami du 11 mars 2011 de Ishii Kota…mais la production d’ouvrages écrit par des japonais, traduit et publiés en français est moindre.

Dans le cas d’un travail de recherche, cela posait problème car il fallait avoir le point de vue des 1er concernés à savoir : les japonais. De plus, il me semblait plus judicieux d’avoir un regard moins « européano-centré », même si cela peut être intéressant d’avoir une vision occidentale sur un sujet qui ne l’est pas (on est en plein orientalisme).

Plusieurs questions sont donc naturellement venues : Où sont donc les japonais ? N’ont-ils rien écrit sur le sujet ? N’ont-ils rien à dire ?
Pour en revenir aux mangas étudiés, ces derniers m’ont aussi montré qu’il n’y aucun avis ou critique personnelle : Daisy est une histoire fictive basée sur les témoignages de lycéens rencontrés par l’autrice, Je reviendrai vous voir n’est pas l’histoire de George Morikawa (alors qu’il est lui aussi allé en zone sinistré) mais celle de Nobumi, aucune histoire de Japon 1 an après ne sont des histoires que les auteurs ont personnellement vécues (à part la 1ère qui retrace vaguement ce que l’auteur a ressentie lors du tremblement). Mais tous semblaient mettre un point d’honneur à dire que ce n’était pas eux dans leurs histoires, bien que les courts textes qui accompagnent souvent celles-ci dévoilent ce qui les a marqués. Généralement, il s’agit du tremblement de terre, peu de trace du nucléaire. A croire qu’il n’y a que les européens que le nucléaire intéressent, alors qu’on parle bien d’une « triple catastrophe ».

Néanmoins, lors de ma recherche je suis tombé sur L’archipel des séismes, un recueil dans lequel on y trouve des intellectuels, aussi bien français que japonais, évoquer la catastrophe sous ses divers aspects. Il est intéressant du fait que les textes ne s’arrêtaient pas juste au vécu/ressenti du 11 mars mais se penchait sur tout ce qu’il y avait autour.

J’ai eu l’occasion de discuter avec Cécile Sakai qui est une des personnes qui s’est chargée de réunir ces textes afin de publier l’ensemble chez nous. Elle m’expliquait que les SHS* au Japon ne sont pas abordées de la même manière qu’en France et que contrairement à ce qu’on pourrait croire, beaucoup de choses ont été écrites sur ce qui s’est passé le 11 mars et sur les problématiques liées au nucléaire. Si nous ne les voyons pas en France c’est pour plusieurs raisons :

  • Déjà la traduction. Traduire un texte scientifique (ou non) demande du temps, à cause de la complexité des sujets que certains abordent. Comme indiqué plus haut, les SHS ne sont pas traitées de la même façon dans nos pays.
  • Réunir ces textes pour les sortir demande également du temps.
  • Le tri. A la foisonnante production japonaise que cela soit au niveau manga, roman, texte scientifique….la France a le loisir de pouvoir faire le tri. Si cela permet de séparer le bon grain de l’ivraie, de découvrir des perles, des auteurs qui méritent plus d’attention, on n’échappe pas à quelques bouses. Néanmoins, faire le tri permet également à la France de ne montrer que ce qu’elle veut bien montrer du Japon et de ne voir que ce qu’elle a envie de voir. Cela m’a rappelé une intervention à laquelle j’avais assisté qui évoquait le développement des arts venus d’Asie, l’Inde notamment, dans les biennales d’art contemporain. En gros, les pays européens n’achetaient que les œuvres qui leur plaisaient et qui partageaient leurs points de vus. C’était donc oublier toute une production -parfois majoritaire- de l’art dans certains pays d’Asie (ou d’ailleurs) qui traitent de sujets que l’Europe ne veut pas voir. En Inde, il s’agissait par exemple d’art qui valorise certaines coutumes ou systèmes qu’ici nous trouvons rétrograde comme les castes. Il en va de même avec la BD, lorsque j’ai vu un auteur parler de son voyage à Tchernobyl afin d’en tirer un album à la demande de son éditeur. Ce qu’il a vu là bas c’était des gens joyeux, une nature luxuriante…qu’il a retranscrit en couleur, une vision trop radieuse pour son éditeur qui voulait du gris. Certaines catastrophes doivent restées solennelles et graves. Pareil pour les mangas, personne ne veut d’œuvres révisionnistes, de manga qui nous disent que le nucléaire c’est pas si grave ou d’œuvres traitant du sujet avec ironie et humour noir. Pourtant ça existe.
    Qui a envie de voir Moto Hagio parler de Tchernobyl et le mettre au même niveau que Fukushima dans Nanohana ? Qui a envie de voir le Plutonium prendre forme humaine et parler de sa beauté rayonnante sur l’humanité dans Pluto Fujin ?

Bref, tout ça pour dire que si certains titres ont été publié en France (manga/roman), beaucoup de choses sur le sujet lié au 11 mars ne le seront jamais pour des raisons diverses. Il existe beaucoup de matériau sur le sujet mais encore une fois -et c’est regrettable- il faut maîtriser la langue japonaise, ce qui laisse l’accès à certaines informations qu’aux japanophones.

 

*SHS : Sciences Humaines et sociales

Crédit image de la une : Greg Webb / IAEA (photo prise le 17 avril 2013)

J’y arriverai un jour, j’y arriverai !

Parmi les grands défis de ma vie, l’un de ceux qui me tient le plus à coeur est celui de donner mon sang. J’ai toujours été porté sur l’entraide et le don de soi, parfois exacerbé par l’école (marche solidarité, opértation bol de riz….). Manque de pot pour le don du sang, j’ai toujours eu un problème : trop jeune au lycée, puis de multiples empêchements par la suite, mais je ne me suis jamais découragée.
Cette fois quand j’ai vu les tentes se planter sur Bordeaux, je me suis dit que cette fois serait la bonne.

Je me suis donc pointée samedi vers 16h30 devant une tente où des personnes d’un certain âge essayaient d’attirer le donneur potentiel. Ca a bien fait rire un monsieur ma réponse « ok » du tac-au-tac à sa demande, après quoi il m’a gentiment fait entrer dans l’arène en me donnant un questionnaire à remplir. C’était remplit de tables avec des assiettes de biscuits petits écoliers et de pâtes de fruits, avec de l’eau et des jus. Je me suis faite accueillir par une dame au sourire charmant qui  a rapidement disparu quand elle m’a vu encore planté là après 2 secondes, tout en me prennant délicatement le bras pour me montrer une table  jonchée de miettes où m’assoir.
Le questionnaire consiste à savoir si on a des antécédent familiaux (problème de coeur, hépatite B, malaise vagal…), si on a été hospitalisé dernièrement, si on est parti à l’étranger, si on a prit des médocs…
Sur l’insistance d’un autre vieux monsieur, barbu cette fois, a vouloir qu’on s’abreuve abondamment et qu’on mange un peu, j’en ai profité pour grignoter, avant d’aller voir un responsable pour qu’on me donne un numéro (1501), pour ensuite aller m’assoir au fond de la tente, et attente qu’on m’appel. J’avoue que j’ai eu peur une fraction de secondes quand j’ai entendu le numéro 58, mais en fait il n’appelait que les derniers chiffres. Bien que l’attente soit estimée à 3/4 d’heure, j’en ai pas eu pour aussi longtemps et est réussi à passer dans la seconde tente pour me faire enregistrer sur un formulaire (pièce d’identité), avant d’attentre de nouveau pour avoir un entretien avec un médecin. Manque de pot bis, je me suis retrouvée dans la partie débordée, alors que l’autre était vide, mais bon là non plus je n’ai pas eu à attendre des heures.
Niveau confidentialité c’est un peu limite, on a juste un paravent qui cache un bureau derrière lequel est assit un médecin avec sa trousse et un ordi, mais bon vu le brouhaha ambiant, on n’entendait pas grand chose. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai senti que j’allais avoir le monsieur toubib avec le paravent bien ouvert, et ça a pas loupé. Celui ci m’a accueillie avec un grand sourire, en me serrant vigoureusement la main, tout en me remerciant pour ce que je faisais. A l’entendre j’avais l’impression de partir en croisade pour sauver le monde.
Il m’a posé quelques questions suite à mon questionnaire (quels médocs, dans quels pays exactement…). J’avoue que c’est cette partie là que je craignais,vu que j’avais été grippé la semaine passée, avec un mal de dos épouventable, et des nausées à la moindre odeurs de nourritures. C’est là que j’ai appris que le rapport poids/taille était important, en dessous de 50kg, c’est pas la peine de donner son sang, et en dessous de 55 c’est un peu limite, et j’étais justement un peu limite, même en me rajoutant quelques kg (mais j’étais en plein dans la vérité). Je passais niveau poids, mais dans ce cas on me préleverait moins. Il a ensuite prit ma tension. J’étais normale, mais un peu haut apparement, puisque dans le doute il a tenu à la reprendre en me demandant si j’avais fait du sport juste avant. Une fois l’entretien finit, il m’a de nouveau serré la main en me souhaitant bonne chance ( là j’avais vraiment l’impression de partir à la guerre).
Comme c’était mon premier don, je devais passer par la case analyse, et me suis donc de nouveau retrouvée à un bureau avec un médecin -féminin cette fois-.
Elle m’a donc piqué le bout du majeur pour le faire saigner afin de préveler un échantillon. Je me sentais comme une diabétique qui vérifie son taux de sucre. Pendant ce temps là, je craquais sur leur petit coton, qui étaient des petites boules comme des fleurs. Il a fallu que je passe ensuite par l’étape piqure pour analyse plus approfondie. Je me suis demandée si cette fois, on arriverait à trouver mes veines. Echec sur le bras droit.
Bien que je n’ai pas la phobie des piqures, je croise toujours les doigts pour ne pas me retrouver avec un hématome, et des douleurs au bras. Une fois finit, j’ai eu le bras gauche complètement enrubanné. Ca fait toujours classe comme blessure de guerre.
Elle a tenue ensuite à prendre un deuxième échantillon, et rebelotte pression sur le majeure pour avoir une bonne goutte de sang. Puis l’analyse est enfin sortie, et le verdict est tombé.
Ca va pas être possible, taux d’hémoglobine trop bas.
Quand je l’ai entendue me dire ça, j’ai cru que c’est elle qui allait pleurer. J’en ai profité pour en demander la cause. Apparemment c’est fréquent chez la gente féminine (fatigue, stress…), et passager, rien ne grave, mais pour le coup le don du sang c’était pas pour cette fois. Elle me prévient que des analyses vont quand même être faites, et que je recevrais un courrier. Après quoi elle me demande d’aller manger et boire, même si je n’en ai aucune envie.
Et me voilà à passer parmi les gens installés sur des brancards donnant leur sang, en me démenant pour trouver la sortie. Là une femme me tend un plateau en me demandant ce que je veux boire, et même si je ne fais pas partie des élus, ils tiennent quand même à ce qu’on se gave. Je prends donc un morceau de quiche, qui s’avérera froide, voir même congeler à la deuxième bouchée, et une part de flan.

Au final j’aurai passé un peu plus d’une heure 30 à circuler de tentes en tentes, croisant ça et là un clown et les divers membres du rotary club- ah ça on le saura que c’est leur sponsor!-.
Certes je suis déçue ne pas avoir pu faire ma BA, mais bon je me dis que mon heure viendra.
J’y arriverai un jour, j’y arriverai !

life is shit

Suite au dossier sorti sur le site manga news, et à un article interressant sur l’ijime sur celui d’animeland, je me suis lancée dans l’introspection d’un manga qui me tient à coeur, et que je lis actuellement. Je veux parler de Life.

Life c’est un manga, plus exactement un shojo manga en 20 tomes, dont 9 sortis actuellemet en France chez Kurokawa.
Certes on retrouve le merveilleux univers du lycée, avec ses lycéens populaires, ses premiers de la classe, les grands émois de jeunes filles en fleur, et la grande vague de l’amitié indéfectible.
C’est justement sur une histoire d’amitié que Life commence, deux amies encore au collège, qui n’ont pour rêve que d’entrée dans le même lycée, réputé de préférence. Après plusieurs pages nous étalant la bonne humeur, et les belles promesses d’amitié éternelle, une ombre se profile au tableau. Ayumu l’héroïne de l’histoire est loin d’être une tête de classe comme son amie Shino à qui elle demande de l’aide, seulement voilà la tendance s’inverse et le drame se produit. C’est Ayumu qui est reçut et non Shino. En moins de deux la belle amitié éclate, et Shino lui vomit sa rancœur à la figure.
Ce qui aurait dû commencer comme un nouveau départ s’avère plein d’amertume. Se sentant coupable Ayumu commence à se mutiler à coup de cutter pour expier ses fautes, comprendre la douleur de son amie mais aussi soulager la sienne.
Puis arrive Manami, jolie jeune fille populaire, aux premiers abords superficiels et un peu cruche, qui n’a à la bouche que son chéri, le beau et populaire Katsumi. Ayumu commence à remonter la pente, jurant une nouvelle et belle amitié avec la nouvelle venue qui a crue en elle. Mais est ce une bonne chose ?

attention post long et subjectif