Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse de recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

let it snow, let it snow, let it snow…

Encore une fois je suis profondément navrée de ne pas poster de manière plus régulière mais cette fois j’ai une bonne excuse ! Mon ordi m’a lâchement abandonné au milieu du mois de novembre, ce qui fait que j’ai passé  un mois et demi sans ordi personnel en attendant un cadeau de papa Noël !

Justement en parlant de Noël, je vais essayer d’expliquer en détails comment les anglais eux le fête. On pourrait croire qu’étant donné le peu d’éloignement géographique nous célébrons le 25 décembre et le gros bonhomme barbu habillé en rouge de la même manière, et bien non…enfin pas tout à fait.

En France pour la plupart des gens, Noël c’est avant tout une fête familiale, où tout le monde se réunit, s’échange des cadeaux sous le sapin, partage joie et bonne humeur au coin d’un bon repas. Ici aussi, mais ce dont je vais vous parler c’est de tout ce qui se passe AVANT le jour J.

Beaucoup de gens (dont moi la 1ere) râlent en voyant débarquer des catalogues de Noël à peine octobre entamé et se pleignent de sa tournure commercial. Ici en Angleterre j’ai eu la chance d’y échapper, sans doute ne suis je pas/plus la cible privélégiée, ou bien c’était tellement noyé dans autre chose que je n’y ai pas fait attention.

Chez nos amis de l’autre côté de la manche novembre et décembre sont en ébullition. Comme par chez nous il y a des marchés de Noël un peu partout qui proposent tout et n’importe quoi mais ce qui restera marquant pour moi c’est le point boissons/nourritures qui est proposé à chaque fois, car il est….allemand. Alors certes la base du marché de Noël est germanique mais ça fait étrange de ne voir que ça dans un pays anglophone. On vous propose donc de gros hot dog fourrés avec des saucisses allemande à la viande ou agrémenté de fromage… sans oublié le vin chaud aux épices (et pas que de la cannelle).

Au niveau du marché de Noël vous pouvez oublier la crèche et les santons…connaissent pas. Toujours sur le marché, l’un des plus gros est le Winter Wonderland qui se tient à Hyde park à Londres, vous trouverez en plus beaucoup d’attractions : manèges, palais des glaces, jeux avec des lots à gagner etc… qui sont sympa, mais alors il y a foule mais foule !! C’est bien simple la 1ere fois il y avait tellement de monde que le métro ne marquait plus l’arrêt à Hyde park.

Deuxième chose : les décorations ! Si dans ma ville il n’y avait aucune déco accrochée aux lampadaires ou dessus des rues, les particuliers rattrapaient largement cette erreur. C’est simple, personne, je dis bien PERSONNE, n’oublie de mettre une déco sur sa maison. Le minimum étant de coller aux vitres des sapins/bonhommes de neige qui clignotent, en passant par le chandelier et ses bougies allumées en permanence. Après on passe au stade au dessus et attention ça ne rigole plus ! J’imagine que tout le monde a connu ou connait un ami/voisin qui ne lésine pas sur le déco au point d’en faire une espèce de relique kitsch ? Bien ici c’est ça, mais puissance 10. Un concours est organisé pour savoir qui aura la maison la plus (parce que la mieux…hum…)décorée, autant chez moi en France on s’en fout royalement, alors qu’ici c’est pris avec le plus grand sérieux et humour anglais. Donc vous verrez des ballons gonflables animés avec des père noël qui montent et descendent de cheminé, des rennes en 3D qui clignotent,  des trains illuminés dont la fumée bouge, des collections de pères noël bien en vue aux fenêtres, des fausses gouttes de pluie qui tombent de la façade de la maison, des loupiotes accrochées aux arbres, des lampes bonhommes de neige dans le jardins et j’en passe…le tout sans aucun soucis d’homogénéité. Déjà rien que ça, ça change ! Et ça montre bien l’importance et le côté festif de Noël.

Quitte à accompagner Noël autant le faire en chansons ! Le répertoire anglophone de chansons de noël est impressionnant autant qu’il est rébarbatif. Il n’y aura pas un seul magasins, endroits, lieux où vous ne vous taperez pas une énième versions de « Last christmas » de Wham, après la version chantée par des choeurs, en duo, jazzy, rock, pop… A la fin j’ai littéralement fait une overdose de Wham et de Rod Steward chante noël pour toi baby 😉 Idem avec « Let it snow » qui donne son titre à cet article et qui m’a filé des crises d’urticaire poussées chez Tesco.

Pour la peine également, la chaîne de TV movies 24, c’est transformé en christmas 24 où comment se taper des films et téléfilms de noël en boucle ! Toujours à la télé, les différentes chaînes de supermarché vont vous assommer à coup de pub pour Noël toutes les dix minutes. Impossible d’échapper à la dinde, aux vins, et au christmas pudding fumant. Chacune à sa manière, la chaîne va essayer de vous refourguer tout ce qui est indispensable à Noël avec le traditionnel repas de famille où tout le monde transpire le sourire golgate commercial. Et ce n’est pas juste 1 ou 2 pubs de noël histoire de…se sont des dizaine de pub courtes, voir plus, pour chaque supermarché ! A croire qu’ils n’attendaient que cette période de l’année. Je vous avez dit qu’on vous gaverez jusqu’à l’overdose !

Moonpig.com et funkypiegon sont aussi de la partie pour vous proposer des cadeaux et des cartes personnalisés. Et parlons en des cartes ! C’est carrément tout un pont de la culture anglaise que je m’en vais vous expliquer. En Angleterre, on trouve facilement (et énormément) de magasins de cartes, oui de cartes. Bon ça ne vend pas que ça mais on va dire que c’est ce qui compose majoritairement le magasin. Et il y a des cartes pour tout et tout le monde et de toutes les tailles ! Évidemment vous allez passer par le classique religieux, puis l’humour, le romantisme dégoulinant, votre famille, vos amis, votre frère, votre soeur, votre tante, vos enfants, votre père et sa copine ou son/sa partenaire, idem avec maman, en gros chaque membre de la famille a sa carte. Même le chien ou le chat ! OUI MÊME EUX ! Et même qu’ils peuvent aussi vous en offrir ! Quoi, vous seriez pas content de recevoir une carte de bon noël de la part de votre chien ?

Et puis il y en a aussi pour tout plusieurs corps de métiers ! J’en ai même trouvé pour les assistants en langue c’est dire ! Le tout enveloppé dans de belles enveloppes rouges.

Autre chose à savoir sur les cartes : tout le monde s’en offrent. Contrairement à la France, on se les donne AVANT noël. Oui car on je souhaite un bon noël, non la bonne année (enfin elle est comprise dans la carte) sinon ça ferait doublon de cartes. Et surtout, on se les donne en mains propres, on ne s’envoie rien par courrier et on ne se souhaite pas la bonne année de vive voix le 1er (un peu mais pas trop). Attendez vous donc à recevoir des cartes de vos collègues et amis.

Une autre particularité que peut être vous avez dû tester en France : le secret santa. Vous êtes désigné au hasard pour être le père noël de quelqu’un, c’est à dire lui offrir un petit cadeau ne dépassant pas une valeur donnée et une carte. Évidemment et en toute logique, vous aurez aussi un père noël secret. J’avais déjà eu l’occasion d’avoir un père noël secret en France mais à la différence de la remise de cadeau qui se fait en commun, le nom du père noël ne doit pas être révélé (mais on finit toujours par savoir qui c’est).

Ah j’allais oublier aussi une chose ! Les fameux crackers de Noël ! Petits ou grands, tout le monde craque  (oui je fais aussi dans le jingle ringard)! En général le cracker contient : une petite couronne en papier de couleur (c’est pour ça que vous en verrez sur les têtes des anglais dans les pubs de Noël), des auto-collants et des blagues de Noël d’un niveau aussi élevé que celles des carambars (quoique peut être un peu plus). J’ai aussi appris que le cracker est considéré comme un explosif dangereux, c’est pourquoi il est interdit d’en ramener dans les avions. Par contre, vous pouvez en envoyer par la poste dans leurs emballages d’origine. Ceci dit, je trouve l’idée de détourner un avion à coup de cracker assez coquasse…

Une dernière chose : après noël le 25, vient le boxing day : le 26 ! Après un petit sondage auprès de quelques anglais de ma connaissance, le boxing day (jour des boîtes) à plusieurs significations mais celle qui revient le plus c’est pour dire qu’après noël et le déballage des cadeaux il ne reste plus que les boîtes ! Apparemment c’est aussi un jour où les patrons offrent des cadeaux à leurs employés.

Voilà c’était la minute culturelle anglaise, en espérant revenir tout bientôt pour vous en faire partager plus !