Un été animé

C’est l’été, il fait chaud, on transpire…les corps brillent, les corps brûlent…

Hum. Plus sérieusement, cet été a été l’occasion de plusieurs séances dans les salles obscures pour regarder des films d’animations. Pas moins de 4 films, je suis allé voir. 4 films très différents qui vont du tranquillement frais pour l’été, à un peu remu méninge jusqu’à celui qui m’a donné envie de bouffer le siège avant tellement j’étais énervé, frustré.

Promare

Je n’ai aucune sympathie pour ces deux personnages.

 J’avoue je n’avais pas trop regardé de quoi ça allait parler, mais il y avait une forme de hype derrière (Trigger tout ça) donc j’y suis allé les yeux fermés, en me disant cool, un film d’action vitaminé pour passer un bon moment. GROSSE ERREUR. Je n’ai pas DU TOUT aimé Promare.
En disant cela, je ne fais sans doute pas des amis. Alors je vais essayer d’être plus clair. Je ne remet pas en cause l’animation, ni la proposition stylistique que j’ai apprécié et trouvé originale, même si ça pique un peu les yeux. J’ai aussi apprécié la musique, qui sans me laisser un souvenir impérissable, fonctionner bien avec les scènes d’actions.

Ce que je n’ai pas aimé c’est la narration, les personnages, la surdose de combats au point d’en avoir la gerbe et de décrocher, les discours simplistes et puants…
La séance a aussi été une expérience désagréable parce que j’avais une bande de mecs dans la rangée du dos dont l’un d’entre eux me filait des coups de pieds chaque fois qu’il décroisait les jambes. De plus, la salle sentait le brûler. Oui c’est très à propos avec un film comme Promare mais autant dire que j’étais pas super à l’aise.

Mais surtout le film m’a laissé un arrière goût de sous Gurren Lagann, et je n’aime pas Gurren Lagann (et je me suis rendue compte des années plus tard dans une intervention sur les mechas que j’étais pas seul). Je n’ai jamais compris l’engouement pour ce titre dont j’ai essayé de regarder plusieurs fois sans jamais dépassé la barrière des 4-6 premiers épisodes. J’y suis finalement parvenu en me motivant à mort lorsque je me suis mis à bouffer des animes de mecha par pack de 12 (qu’est-ce qu’on ferait pas pour la recherche…). Peut être qu’un jour je développerais plus en profondeur mon aversion pour cet anime. Mais quoiqu’il en soit, si je devais résumer : je trouve le discours de l’anime nauséabond, je trouve le discours de Kamina puant dans son hypermasculinité toxique et je trouve le personnage de Kamina détestable. Je savais depuis des lustres qu’il allait y passer et sa mort ne m’a pas ému le moins du monde. J’ai trouvé la seconde partie de la série plus intéressante que la première sauf qu’elle gâche son potentiel en donnant raison à des personnages débiles, parce qu’apparemment être un personnage sensé et réfléchi c’est trop naze dans cette série. Bref, les discours de Kamina avaient tendance à me hérisser le poil, imaginer ce que ça donne sur son sosie bon marché qu’est Galo. J’ai soupiré en roulant des yeux, tout en serrant les dents pour ne pas faire exploser ma frustration devant tant de…de…débilité. C’est même pas de la débilité marrante et décomplexée, ou pas prise de tête, parce que Promare m’a pris la tête au point d’avoir envie de me la frapper contre un mur.

On nous fait des présentations stylés de personnages qu’on ne développera pas (les gens de la brigade) et qui n’auront pas d’impact sur le scénario (ils seront là et puis c’est tout). Aina c’est une Yoko, low cost dont on garde le côté malaisant. Les plans fesses/poitrines sont-il vraiment nécessaire en 2019 ? C’est lourd, c’est gras, ça n’a aucun intérêt et ça plombe l’ambiance.

J’aime bien les scènes de combats mais c’est la première fois de ma vie que je trouve ça abominablement long. Ce temps perdu qui aurait pu servir à développer des personnages ou une intrigue cohérente. Mais non, tout dans le visuel et rien dans le fond. Sauf qu’être visuellement sympa, ça sauve pas un film. Pas de bol, j’ai plus 14 ans, j’ai acquis du goût, développer mon sens critique

Il n’y a pas de série Promare mais je peux comprendre le sentiment d’être largué sans rien comprendre. Le film a un fort goût de Gurren Lagann (que j’ai pas aimé) dans ses personnages (design comme certaines caractéristiques) et le traitement de l’intrigue. Le film fait encore moins dans la subtilité que GL, qui pourtant était pas bien fin. Même le discours de Lio, je le trouve…meh….simpliste. Et puis la tenu de Lio…je déteste les chemise à jabot alors ça n’aide pas à aimer le personnage. La présentation du début au sujet des burnish est assez bancale je trouve, de même que le rejet à leur encontre. D’ailleurs le héros, dont je me rappelle plus le nom (comme quoi..), avec son accent de Kamina qui aurait juste garder l’aspect très con (sans le discours viriliste puant) me sortait par les yeux. Le personnage d’Aina c’est le même principe que celui de Yoko dans GL donc c’était très malaisant . A la fin du film j’en pouvais plus de tout ce « over the top » que pourtant j’avais apprécié dans Kill la kill. Le film est très con, très fun etc. c’est fait pour, mais clairement pas pour moi. Et puis les délires méta sont très mal exploités.

La présentation des burnish est, à mon sens, très bancales. Au départ, on a l’impression que se sont des phénomènes aléatoires. Des gens s’énervent et ça s’embrase. Donc on pourrait presque dire que c’est pas de leur faute sauf que ça escalade et que ça empire au point que ça deviennent volontaire et qu’ils crament toute la planète. J’ai de ce fait un peu de mal de les voir comme des « pauvres victimes » alors que l’introduction ne les a clairement pas présentée comme des gentils. De plus, ce début de film se finit avec la terre en feu (on se demande d’ailleurs comment des gens ont survécu) et hop on passe à aujourd’hui où tout va bien dans le meilleur des mondes. Comment est-on passé de cette situation de fin du monde à celle « youpi-tralala tout va bien » ? Il manquerait pas une transition explicative ?

Je rajouterais pour enfoncer le clou le traitement désastreux de la seconde partie du film (attention informations pouvant dévoiler des parties de l’intrigue). On y apprend que la terre est foutue et que donc certains élus sont choisis pour monter à bord d’une grand arche pour s’échapper et tenter leur chance ailleurs. Soit. Problèmes : Outre le fait que c’est exactement la même histoire que dans la seconde partie de Gurren Lagan (pourquoi s’emmerder à avoir un scénar intéressant ? y qu’à c/c), les créateurs se sont dit que des enjeux moraux complexes ça servaient à rien donc on les enlève pour laisser plus de place aux combats car ça c’est le plus important ! (ndlr : Non)

Alors certes, comme je le disais, nous retrouvons cet aspect du scénario dans Gurren Lagann, notamment à travers le personnage de Rossiu. Celui-ci n’avait pas envie de faire toutes ces choses mais il se retrouvent à devoir faire des choix drastiques dans l’intérêt du plus grand nombre. Rossiu paie les pots cassés de la 1ère partie et essaie de sauver les meubles. Il n’a pas envie de faire ce qu’il fait mais il faut bien que quelqu’un le fasse quitte à ce qu’il passe pour le méchant. Cela rendait le personnage touchante et intéressant et donnait de la consistance à l’histoire.
Là non. Là on enlève tout les dilemmes moraux et la complexité, ce qui rend juste le plan très très con et le méchant (qui ressemble à un All Might de contrefaçon) fade à souhait.

Bref, je crois que ce film est rentré dans le top très sélect des film qui m’ont fait regretté d’avoir acheter une place de cinéma.

Wonderland

Si je devais résumer Wonderland je dirais sympathique…et oubliable. L’univers de fond est très coloré et très sympa, bien que très simpliste (ici le monde de la neige, ici le monde des sables,etc.). Cette simplicité n’est pas gênante parce que c’est un peu le but du film, on essaie d’aller à l’essentiel et puis c’est adapté d’un livre pour enfant donc ça reste un peu manichéen (Est-ce que le fait que ça vienne d’un livre pour enfant qui fait que les enjeux sont plats ?). Il n’y a pas vraiment de « vrai » méchant. J’ai tout de même apprécié l’univers présenté, les décors et surtout la vaisselle du maire dans le petit village moutonneux (coup de coeur).

Pour le reste soyons honnête l’héroïne ne sert à rien tellement elle est transparente et n’a aucun développement du début à la fin. Le film nous signifie un problème avec des camarades de classe mais c’est tellement mal amené et ça n’impacte tellement pas notre héroïne, qu’on ne voit pas pourquoi cela devrait nous toucher, nous, spectateurs. De plus, son rôle d' »élue » n’a pas l’air de la motiver ou de la démotiver et faire un vrai parallèle avec le prince. Celle qui tire plutôt la couverture à elle, c’est la cousine/tante (je n’ai pas bien compris je l’avoue) qui aurait pu être la vrai héroïne de l’histoire. Elle est dynamique et curieuse, c’est elle qui anime quelque peu le groupe sinon on s’ennuierait vite.

Autrement le film propose quelques beaux moments comme celui où le prince tranche l’eau pour transformer les gouttes en oiseaux. Le reste demeure très coloré. Si je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce film. Une fois la séance finie, il ne reste pas grand chose du film en tête. Bref, Wonderland est sympathiquement oubliable.

Le mystère des pingouins

Du lot de films vus, c’est sans doute celui que j’ai le plus apprécié car il est selon moi le plus équilibré.

J’ai trouvé le héros supportable pour un gamin, ce qui changeait de mon expérience de celui de Mirai ma petite soeur assez désagréable (le héros de Mirai…au secours). Quelqu’un m’a dit que l’on avait atténué/censuré son attrait pour les seins dans le film par rapport au roman, si c’est vrai je sais pas ce que ça peut donner dans l’oeuvre originale. Cet aspect ne m’a pas gêné outre mesure sans doute parce que cet attrait pour les poitrines je l’ai déjà vu auprès d’enfants du même âge. Cependant, l’approche était moins scientifique.

Le mystère concernant les pingouins est en lui-même assez vite résolu. On sait comment ils sont produits. Le tout est de savoir pourquoi, ce qui sera une partie de l’enjeu du film. J’imagine que le roman apporte un peu plus de précision (maintenant qu’il sera publié en français).

*ce qui suit contient des informations sur l’histoire*

En réalité, la seule chose que j’ai trouvé un peu flou tourne autour de l’assistance dentaire. Le fait qu’elle est crée des pingouins n’a pas l’air de la choqué outre mesure. Elle demande donc à notre héro d’enquêter sur son identité et le pourquoi elle crée des pingouins. A partir de là, il y a un point qui est un peu confus pour moi, à savoir si oui ou non elle sait qu’elle n’est pas humaine et la raison pour laquelle elle lui demande d’enquêter. Au départ, nous avons l’impression qu’elle ne sait rien. Pourtant plusieurs moment de l’intrigue laisse supposer qu’elle sait ce qu’elle est et la raison de sa venue puisque nous la voyons s’interroger sur ses souvenirs d’enfance (étaient-ils vrai ?) et agir comme si elle en savait plus. Dans ce cas, si elle sait, pourquoi demander au héros d’enquêter ? Sinon il n’y aurait pas eu de film vous me diriez. C’est pour cela que je trouve cette base qui fait en partie le fond de l’histoire un peu confus. Soit elle ne sait rien (mais prend tout avec désinvolture), soit elle sait tout (mais dans ce cas pourquoi ne rien dire ?), soit elle ne savait pas jusqu’à ce que cela lui revienne (mais dans ce cas, si elle sait ce qui ce trame pourquoi ne rien dire ?)

Il n’en reste pas moins que le mystère des pingouins est un bon divertissement avec une intrigue sympa.

Les enfants de la mer

Disons le de suite je n’ai pas lu le manga d’où le film est tiré. Est-ce que le film est compréhensible sans cet apport ? oui, bien que j’ai senti que le support papier devait apporter et développer plus d’éléments et de personnages. En effet, certains personnages, on l’air intéressant dans le film mais ils ne servent au final pas à grand chose. A part attendre. De même, l’histoire des parents de l’héroïne est sans doute mieux aborder et plus explicitée. Je pense notamment aux parents de l’héroïne. Au départ j’ai cru qu’ils étaient divorcés/séparés alors qu’ils sont toujours mariés. La mère se noie dans l’alcool suite à un accident mais les raisons de leur distanciation n’est pas très claire et leur réconciliation expédiée.

Une chose m’aura fait tiqué, c’est le traitement subit par l’héroïne au début du film. Elle est clairement rejetée par ses camarades qui s’en prennent à elle. Et quand elle blesse accidentellement l’une d’entre elles, cela lui vaut l’exclusion et une demande d’aller s’excuser platement auprès de celle qui, quelques minutes avant, lui pourrissait la vie. J’ai trouvé cela complètement injuste, surtout que notre héroïne ne peut même pas se défendre. A la fin du film, elle ira s’excuser et tout rentrera dans l’ordre, les filles deviendront amies. Ok donc elle doit s’excuser de s’être fait harceler ? mais what ? je ne sais pas quel message est véhiculé ici mais j’avoue que cela m’est resté en travers de la gorge.

J’ai lu à plusieurs reprises que le film était difficile à appréhender car trop métaphysique. En réalité, il est d’une extrême simplicité. Sa compréhension ne passe cependant pas par des mots mais par les sensations véhiculées par le film. On comprend sans avoir besoin d’expliquer par des mots. Je dirais donc que du lot c’était le plus beau à voir et celui qui m’a fait ressentir le plus de chose. Et toute cette eau, même de la voir ça rafraîchit en plein été.

Pour conclure, l’été a donc foisonnant en films d’animation japonais aux styles et aux univers variables qui vont du agréable au moins bon. En espérant que les années suivantes soient aussi fastes.