Herald : a period drama

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un jeu qui -à l’heure où j’écris ces lignes- n’est pas terminé. J’entend par là  que sur les 4 livres prévus qui composent le jeu, seul les deux premiers sont sortis.
J’ai connu Herald sur steam et l’ensemble me plaisait bien, j’ai attendu une promo pour me le procurer. Il s’agit d’un jeu indépendant développé par Wispfire, un studio néerlandais, et sortie en 2017. Il est classé dans la catégorie point&click mais lorgne pas mal vers le visual novel.
Moi qui aime les point&click et les period drama, le jeu avait déjà une bonne base pour me séduire.

 

Bref de quoi ça parle…

Herald est le nom du bateau sur lequel le héros que vous incarné, Devan Rensburg, vient de s’embarquait en tant que marin pour aller vers les colonies en l’an de grâce 1857. En effet, le jeu nous propose un XIXe alternatif dans lequel le Protectorat  (qu’on peut assimiler à l’empire britannique) gouverne une grande partie du monde dont les colonies indiennes.
L’histoire commence après qu’on vous ait sauvé de la noyade, vous vous retrouvez nez à nez avec La Rani, une femme qui vous interroge sur votre passé au sein du protectorat mais également sur le déroulement des événements sur le Herald. Vous allez donc vous replonger, à l’aide de votre journal de bord, dans vos mésaventures sur le bateau, les personnes que vous avez rencontrés, les choses que vous avez faites (ou pas)….

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Différentes expressions de notre héros que nous pouvons voir à travers le jeu -j’ai un faible pour la mine boudeuse-. Même si personnellement j’ai plus eu la sensation de le voir surpris/effrayé une majorité du temps.

Il faut également savoir que Devan, bien qu’ayant grandi sous l’égide du protectorat, est un enfant adopté issu des colonies. Sa mère serait des Indes alors que son père viendrait du protectorat. Il est donc la somme d’un mélange culturel et devra sans doute faire un choix entre sa patrie d’adoption et celle qui l’a vue naître.

Le coeur du jeu en plus de l’aventure et d’évoquer les problèmes de racisme (entre autres) inhérent à l’époque. Il est ici assez subtile entre les remarques que vous pourriez avoir sur votre place à tenir, Aaron Ludlow -le second officier et la personne qui vous a recruté- qui vous indique que malgré les années passées les promotions se font attendre et qu’il n’attendra sans doute jamais certains hauts postes compte tenu de ses origines, etc…sans parler de l’histoire de La Rani ou encore de Daniel. La place de la femme est aussi évoqué dans une société où on attend d’elles rien de moins que de se montrer vertueuses et distinguées.
Il y ai également fait mention à mots couvert de pédophilie, quoique ce dernier point fait débat. Sans trop spoiler, le comportement/relation entre deux personnages peut être sujet à plusieurs interprétations. Personnellement, de ce que j’ai pu constater en jouant c’est que l’un des personnages essayait d’avoir une relation affective d’ordre paternel -parfois lourde et maladroite- avec une personne qui manifestement n’en veut pas et accessoirement semble en vouloir à la terre entière.
Le studio a d’ailleurs apporté un grand soin au doublage des différents personnages qui en disent long sur leur personnalité, leur culture et leurs origines. Il est très agréable d’entendre ces divers accents : anglais, indien, jamaïcain, brésilien

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages, mais de ce que j’ai pu voir, Ludlow semble être le moins apprécié à cause de son comportement qualifié souvent « d’idiot » par les joueurs. Cependant, plusieurs choses prennent sens au regard des révélations à la fin du livre II. J’en suis même devenu à me demander si Caleb n’était pas au courant depuis le départ, aux vues de certaines remarques…
Il n’y pas réellement de méchant dans le jeu car même Morton, aussi désagréable qu’il puisse être avec son air de méchant Disney, possède des points sensibles. Il s’agit plus de notre capacité en tant que joueur à savoir jouer de ses relations pour se faire des amis et/ou des ennemis des personnes à bord.

 

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La mystérieuse Rani à qui vous contait votre histoire. La fin du livre II vous laisse le soin de choisir si vous souhaitez être dans son camps ou non.

Sur le jeu

Les deux premiers livres sont très courts (3/4h max) et le livre I n’est pas très intéressant. Il vous permet juste de vous familiariser avec le jeu et ses différents personnages. Le II a son lot de rebondissement et de mystères. Compte tenu de la fin du II, j’attends beaucoup de la suite et les choix pour Devan s’annoncent difficiles.
Globalement le jeu est assez simple : pas d’inventaire, pas de tâches ardues ou d’énigmes à vous retourner le cerveau -c’est simple il n’y a pas-. L’important se trouve surtout dans les dialogues et les interactions avec les personnages. Dans une conversation, chaque fois que ce sera au tour de Devan il aura le choix entre plusieurs réponses. Si certains choix se ressemblent ou mènent à la même conclusion, d’autres seront décisif pour la suite du jeu concernant le destin de certains personnages. Mais comme j’ai pu le lire de la part des auteurs, ce n’est pas tant les choix de Devan qui seront important que la réaction des autres personnages face à ces choix. Il y a donc un petit côté walking dead puisque vos choix ont des conséquences pour la suite de l’intrigue. A la différence que vous n’êtes pas limité dans le temps pour faire ces choix mais vous pouvez mûrement les réfléchir. Le héros peut donc s’impliquer d’avantage dans les problèmes des autres, se montrer à l’écoute et diplomate ou au contraire se rebeller contre l’ordre établie, faire en sorte qu’on ne lui marche pas sur les pieds, voire provoquer les incidents. Le personnage de Devan n’est pas pour autant dépourvu de personnalité, c’est un garçon intelligent et cultivé comme le montre sa grande connaissance des objets sur le Herald.

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Exemple de choix multiples. J’aime beaucoup l’aspect journal de bord donné à la boîte de dialogues.

Néanmoins, le seul reproche qu’on pourrait faire au jeu c’est son côté linéaire. On ne s’éparpille pas en différentes sous intrigues puisqu’en général nous avons une chose à faire à la fois et le jeu nous conduit en ligne droite pour y parvenir. Certaines pièces ne s’ouvriront donc que lorsque que cela sera nécessaire.

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Le mélancolique Daniel au passé amoureux tragique.

Comme je le disais en amont, le studio a fourni de gros effort concernant l’immersion dans le jeu. Outre les voix, c’est aussi tout l’univers de la marine qui nous est dévoilé :  détails du navire, son plan et une encyclopédie à compléter en fouillant un peu partout sur les objets cliquables histoire d’avoir un petit topo dessus.
L’autre gros effort concerne l’ambiance et le réalisme des personnages. Si les costumes des membres d’équipage font effectivement référence à la marine britannique, Tabatha et Morton tiennent plus des hollandais du XVIIe. Il en va de même avec le Herald qui apparemment serait plus du XVIIIe que du XIXe. Certains personnages ont été créés à partir de personnes réelles telle La Rani qui est directement inspirée de Lakshmi Bai.Evidemment tout ceci est voulu mais on pourrait néanmoins trouvé l’ensemble ambiguë. Pour un jeu qui souhaite parler de colonialisme, tout en rendant l’ensemble historiquement inclassable, c’est étrange. Idem concernant l’identité culturelle face au multiculturalisme. Quoique en même temps, l’univers nous semble familier, tout en étant étrange, nous sommes donc entre deux mondes un peu comme certains personnages.

A part cela, le grand point fort vient des personnages ou du moins des illustrations de ceux-ci pendant les dialogues. En effet, ils ne sont pas statiques. Nous les voyons respirer, cligner des yeux, sourire, soupirer, se mettre en colère, être étonné…On est loin des yeux qui roulent de droite à gauche de chez Cinders. Cela donne un vrai plus aux personnages qui les rend vivant. Apparemment les créateurs ont utilisé le programme Live2D qui permet de rendre un effet 3D aux illustrations 2D, sans avoir besoin de passer par la conception d’un modèle 3D ou d’animer image par image. Programme utilisé d’ailleurs par plusieurs jeux japonais : fire emblem, yumeiro cast, akiba beat, black rose valkyrie…notamment pendant les phases de dialogues.


Cependant le jeu n’est pas exempte de défault et, à part le côté linéaire, il a été critiqué pour ses arrières plans 3D. Si ces derniers sont plutôt lumineux et colorés, la 3D est assez anguleuse et m’a donné un effet un peu « old school ». Au départ, les personnages, notamment leurs proportions, m’ont paru étranges, comme leur façon de se déplacer un peu raide mais j’ai fini par m’y faire.
Après la caméra n’est pas toujours agréable. On tient plus de la « CCTV camera » comme l’a fait remarquer quelqu’un . Les angles sont souvent pris de haut et de biais et n’aident parfois pas à avoir une bonne visibilité des pièces étroites du bateau.

Sinon, la musique est plutôt discrète mais agréable. Il y a juste la chanson de Tabatha qui reste en tête.

 

Pour conclure

J’ai essayé d’en dire le moins possible au sujet de l’histoire, des choix et des révélations. Dans l’ensemble Herald a reçu des critiques plutôt positives ainsi que plusieurs nominations et prix comme jeu indépendant.

En plus de la qualité artistique, il y a un mon sens une vrai volonté de raconter quelque chose d’important de la part des auteurs. Car, bien que l’histoire se déroule au XIXe, les questions autour de l’identité et l’héritage culturelles, les problèmes sociaux, le racisme sont toujours d’actualité.

Globalement Herald a period drama est un jeu très agréable dont j’attends la suite avec impatience. Malheureusement, ça ne sera pas pour de suite puisque les développeurs ont annoncé que le jeu ne s’était pas vendu comme ils l’espéraient et que par conséquent ils travailleraient sur Herald quand le temps et l’argent le leur permettaient. En espérant que le studio et le jeu ne subissent pas le même sort que Lostwood avec Leviathan.

 

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Old Xian, un jour en France…

Cela faisait un moment que je voulais parler de cet/cette (?) artiste ici et avec l’annonce de la publication prochaine d’un de ses titres en France, c’est l’occasion rêvé !

J’ai connu Old Xian (ou old先) complètement par hasard en tombant sur certaines de ses illustration sur le net. J’ai aimé le style, les couleurs et l’utilisation de la lumière. Et comme je suis une personne curieuse, j’ai voulu en savoir plus. J’ai finalement trouvé son blog où ses strips sont mis en ligne et j’ai commencé à tout remonté pour voir l’ensemble de ses travaux, même si je ne comprends pas un mot de chinois.
Pour être honnête je n’ai pas trouvé grand chose de plus, je veux dire qu’au niveau de son parcours, avec qui et sur quoi il/elle bosse…je trouve pas, ou sinon c’est écrit dans une langue étrangère que je ne peux pas lire (ou alors il faut que je retourne chez les russes, ils savent toujours tout). Je sais que Old Xian et ses comparses (Tan Jiu et Moss) font parfois des arrêts dans des écoles d’art pour donner quelques cours aux élèves (ou juste des interventions). Sur son blog il est indiqué que c’est un homme mais j’aurais tendance à croire que c’est une femme -disons qu’au départ j’ai pensé que s’en était une, depuis c’est resté- d’ailleurs urban china confirme son statut de dessinatrice (mais au final c’est pas très important).

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Beaucoup d’illustrations -surtout dans le domaine de la mode- , ou des publicités pour portables et peu d’œuvres papiers à son actif mais que des choses plaisantes. Dans le désordre :

19 days – One day

Mosspaca Advertising Departement

The specific heat capacity of love

Joker Danny

C’est d’ailleurs ce dernier qui sera publié en France chez Urban China en mai, l’histoire compte 2 volumes. Je me permets d’ailleurs de reprendre le synopsis diffusé :

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La Terre a été ravagée par une maladie contagieuse. En quelques mois seulement, l’humanité a quasiment disparu. Une petite ville a miraculeusement survécu à la catastrophe, et dans cette cité rescapée vit Danny, un jeune orphelin turbulent qui a une tache de naissances en forme de larme sous l’oeil gauche. Par un jour pluvieux, un nouvel arrivant entre en ville : Oreno, un artiste peintre respecté. Voici l’histoire de leur rencontre…

Je ne peux pas dire grand chose dessus étant donné que je ne l’ai pas encore lu au moment où j’écris, ni même vu, excepté quelques illustrations -très belles-, mais connaissant le style de l’auteure, je sens que ça va être du bonheur.

Bon parlons bien, parlons dessin !

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé le style de l’auteure, son trait fin et stylisé, ses couleurs, sa façon de dessiner des corps longilignes et minces. Je pourrais cependant lui reprocher une certaine répétition dans le style, notamment des personnages masculins qui ont une légère tendance à se ressembler. Et sa tendance à nous montrer des messieurs qui aiment enlever le haut pour le plaisir de certaines et certains.

Parlons un peu histoire maintenant :

The specific heat capacity of love est un court oneshot qui nous narre la sortie en mer de la jeune Xue Yi avec sa classe et sa rencontre avec un homme étrange sur la plage qui lui raconte une histoire d’amitié (qui fleur bon le BL quand même) entre un requin et une mouette. L’histoire est simple mais forte, surtout dans son dénouement. Le fait d’anthropomorphisé des animaux n’est pas nouveau en soit mais cela rend certains passages du récit encore plus atroce et violent. C’est officiel, je ne mangerais jamais de l’aileron de requin (j’en avais pas l’intention de base mais au moins là c’est définitif).

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19 days est un recueil d’histoires courtes écrites et dessinées par divers auteurs chinois, dont Old Xian, chaque histoire représentant une journée Celle crée par Old Xian « one day » est un récit de 8 pages où l’on retrouve deux protagonistes mâles sans nom dont l’un (Jian Yi) vient tranquillement squatter chez l’autre (Zhan Zhengxi). On pourrait dire que ce sont les prémisses de One day, le style est un peu plus détaillé mais les personnages égales à eux mêmes (mandale!). Par la suite l’auteure va reprendre son histoire et développer plusieurs strips où l’on retrouvent nos deux ados. Concrètement One day raconte les mésaventures de deux garçons, deux meilleurs amis dont l’un semble avoir un gros faible pour l’autre, il n’hésite d’ailleurs pas à tenter sa chance régulièrement pour finir -souvent- par se prendre une mandale dans la gueule (Aah l’amour~). Les premières choses que j’ai vu sur 19 days – One day étaient surtout une compilation d’illustrations des deux personnages, souvent dans des situations qu’apprécieraient les plus assidues des fujoshis, avec quelques strips racontant des histoires sans vraiment de liens entre elles jusqu’à récemment. Depuis l’auteur étoffe un peu ses personnages et nous permet dans apprendre plus sur leur passif (pour ceux ou celles qui seraient perdu(e)s une timeline existe). Mais honnêtement, ce n’est pas le point le plus important de l’histoire. C’est surtout de les voir évoluer tout les deux. Les situations pour la plupart sont banal mais leur traitement fait rire, tellement c’est stupide. Entre le personnage je-m’en-foutiste (Zhan Zhengxi) qui passe une grande partie du temps en survet’ à glander et son meilleur ami (Jian Yi) un poil collant qui à l’art de prendre les décisions les plus absurdes, stupides et embarrassantes pour rendre les situations encore pires qu’avant (mais bizarrement il est populaire). Sans oublier les régulières méprises par les filles de la classe sur leur relation. One day c’est simple, c’est bête, ça prend pas la tête et les personnages sont attachants. Je recommande. Vous pouvez d’ailleurs voir directement les strips sur le blog de Old Xian.

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Mosspaca Advertising departement est centré sur la vie de studio de l’auteur  (Mosspaca) et de ses deux acolytes Moss et Tan Jiu (mais on y retrouve aussi d’autres dessinateurs du studio de manière sporadique). Dans ce studio nous avons donc : Moss créateur du studio qui s’occupe de scénario (The specific heat capacity of love et Joker Danny entre autres), d’illustrations, ainsi que de choses administratives (il semblerait) et Tan Jiu du dessin. Dans le cas de Mosspaca advertising departement il semble que ce soit les deux illustratrices (Old Xian et Tan Jiu) qui s’occupent ensemble de la réalisation des strips. En gros, Mosspaca raconte la vie de tout les jours du studio, des différents clients qui viennent les voir pour des projets spécifiques (jeux vidéos, marque de shampoing, applis pour téléphone…), de leurs rencontres avec d’autres illustrateurs, etc… honnêtement on peut se demander comment le studio tient vu leur façon de traiter les projets qu’on leur donne. C’est aussi absurde, sinon plus, que One day (pourquoi Moss a une corne au milieu de la tête ?, pourquoi Old Xian se trimbale torse nu avec un bas de pyjama rayé et un masque de lapin sur la tête (en plus elle le porte même pendant les séances de dédicaces) ? pourquoi leurs amis sont des souris bodybuildés ?….on n’en sait rien et au final ça ne rend la chose que plus absurde) avec néanmoins quelques moments de calme. Le tout est aussi disponible sur le blog de l’artiste, ainsi que de Tan Jiu et de Moss.

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Je rejouterais encore un titre qui montre la collaboration de Old Xian et Tan Jiu : 无期之约 (désolée je n’ai pas encore trouvé de traduction) est un court oneshot. Personnellement, je suis moins fan des dessins qui sont certes correct mais bien moins beau que ce à quoi l’auteur nous a habitué, un peu simpliste.

Il serait difficile de parler de Old Xian sans parler de Tan Jiu et Moss. J’avoue avoir cru que Tan Jiu était un autre pseudonyme de Old Xian tellement leurs styles sont proches par moment (enfin surtout quand j’ai vu Tamen de gushi). Tan Jiu possède également un blog (avec une belle bannière ping pong). Si Old Xian semble plus accès BL, Tan jiu ce serait le yuri avec Tamen de Gushi/their story qui raconte l’histoire d’amour de Qiu Tong et Sun Jing de leur rencontre, leur mise en couple. Tan Jiu utilise un peu le même processus que son homologue dans sa façon de narrer. Après nous avoir montrer des illustrations des filles ensemble et des scénettes sans rapports, nous avons enfin droit aux strips racontant leur histoire. Le récit est assez sympathique, classique (la brune sportive un peu garçon manquée rencontre la jolie blonde naïve et pure), le tout entouré de plusieurs personnage (le meilleur ami, le délégué, le mec dont le sempai bodybuildé est amoureux de lui et dont on ne voit jamais la tête (au départ)…). Cette histoire n’en est pour l’instant qu’à ses débuts mais c’est prometteur. Classique comme je l’ai dit mais mignon, avec un peu d’humour mais pas d’absurde, les situations du quotidien embellies par le trait de Tan Jiu.

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Tan Jiu s’occupe également de Mosspaca avec Old Xian en même temps que Tamen de Gushi. Autrement elle a surtout à son actif des oneshots comme Daguanjia  (une histoire de deux frères qui se disputent une cage à grillons dans la  Chine ancienne), The Art of Gardening, qui par son format et le choix du noir et blanc est plus classique, avec cette histoire d’un garçon qui retrouve chez lui un double de lui même qui n’est autre que son bonsaï et  le manhua He Guang Volunteering Committee qui semble être toujours en cours.

En tout les cas je vous encourage vivement à jeter un oeil à leur travaux, ça vaut le coup -de mon point de vue-, pour un aperçu passez par le Tumblr de Old Xian.

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L’art étrange de Kaneoya Sachiko

C’est toujours dans les méandres de l’internet, en me baladant de sites en sites que je tombe toujours sur une image insolite qui me fait découvrir un/une artiste qui, à mon sens, mérite le détour. Et puis c’est la St Valentin, il me faut parler d’amour.

Je vais donc parler de Kaneoya Sachiko.

Honnêtement je n’ai pas trouvé grand chose d’elle sur le net, je veux dire pas de sites ou de forums enflammés sur son travail, les sites que je rencontre évoquent souvent la même chose sans aller plus loin dans l’analyse de son travail.

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L’homme de Kaneoya Sachiko dans toute sa splendeur

 

 

L’artiste possède un site web qui répertorie son travail (avec une louable tentative de transcriptions approximatives en anglais) ainsi qu’un deviant art pas mis à jour (personne n’est parfait).

 

Si j’en parle c’est que ses oeuvres dégagent un certain érotisme, mais un érotisme particulier, très japonais nous dirons. Cet érotisme lié aux blessures, saignements et autres bandages. L’érotisme d’une personne quelconque qui se retrouve dans des situations gênantes, voir humiliantes.

Si vous aimez des auteurs comme Maruo alors vous serez peut être sensible à son art. Ses illustrations restent néanmoins beaucoup plus soft que son aîné, moins de sang et d’organes à l’air, mais plus de fury. On retrouve néanmoins ces écoliers masculins peu viril à casquette et au short noir bien plissé qui semblent moins sages qu’ils n’en ont l’air. Bien sur tout ne fait pas penser à du Maruo, il s’agit surtout de certaines illustrations où les choix de couleurs et d’attitudes des personnages m’y font indubitablement penser.

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Quand on regarde ses dessins, on ne peut s’empêcher de penser à illustrations de années 50/60′, gentillettes et bon enfants dans les thèmes comme dans les couleurs choisies. En effet, certaines des images ont un style très cartoons dont le côté mignons tranchent quelquefois avec ce qui est représenté. Pour le coup les personnages se simplifient, jusqu’au rondouillard par moment et me rappelle d’une certaine façon certains titres de Natsume Ono (Ristorante paradiso, Goyo, not simple, la quinta camera…), dont le style -s’il est varié- reste identifiable.

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Un monde merveilleux, mignon et coloré…

 

 

L’un des thèmes majeurs (comme indiqué sur son site, si vous ne l’aviez pas remarqué) : c’est l’homme. Mais attention pas n’importe quel homme ! Un homme peu viril, qui dégage un air de looser procrastinateur et je m’en foutiste, souvent malmené par la gente féminine dont il devient la victime. Un homme souvent  blessé : s’il n’a pas de coquard, c’est qu’il saigne du nez, quand c’est pas les deux. Un homme loin d’être au sommet de sa gloire, un peu pathétique sur les bords et sans défense.  Bref une image d’homme que l’on voit peu souvent et où les clichés sont renversés, car c’est désormais l’homme qui est victime du grand méchant loup ou de jeunes félines. Des femmes souvent plus costauds et bien en chairs qui contrastent avec notre protagoniste masculin. S’agit-il de redonner le pouvoir aux femmes ou de les montrer en prédatrices ?

Souvent notre homme accepte de devenir le jouet de ces dames et d’ôter la chemise dès qu’il y a quelques billets à la clé. Notre homme serait-il tellement dans le besoin qu’il faille qu’il se prostitue ou se fasse entretenir ?

Evidemment, chacun est libre de ne pas adhérer à cette imagerie, voir d’être mis mal à l’aise mais peut être est-ce le but ?

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Attaché, maltraité, parfois découpé en morceaux, l’homme subit tout quand il ne semble pas consentant pour se faire traiter de la sorte. Serait-il devenu une serpillière en manque d’amour propre ?

 

S’il ne se retrouve pas victime de la gente féminine, il peut être décrédibilisé, rendu ridicule par les choix de costume : la fantasme de la jeune écolière en uniforme de marin en prend là aussi un coup. Qui n’a jamais rêvé d’un homme en jupe qui garde cependant son beau caleçon rayé et ses chaussettes jusqu’à mi-mollet ? Kaneoya Sachiko nous propose l’essence même du glamour.

L’artiste n’hésite pas à plonger dans le ridicule, il ne tue pas (quoique), jusqu’à vous faire piquer les mirettes.

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N’est-il pas mignon ?

 

 

Tout ceci ne nous est pas présenté  avec des formes anatomiques improbables couplées avec des positions langoureuses et suggestives (je pense à toi Adekan!). Non, notre homme (car c’est souvent le même qui se fait martyriser) est dans des poses lambda qui arrive pourtant à dégager un érotisme latent. Pour preuve Kaneoya Sachiko était présente lors de l’exposition japan erotica au musée de l’érotisme à Paris qui s’est tenue de Mai à Octobre 2014.

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Bien que la colorisation et le style varient, il est facile de reconnaître la patte de l’artiste avec des personnages aisément reconnaissable. Pour preuve, quelques illustrations qui montrent que son travail ne se cantonne pas aux hommes martyrisés.

 

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Pour conclure que dire…certes j’ai surtout montré un pauvre type dans tout ses états mais il ne faudrait pas s’arrêter à ça. Son travail est riche et varié, parfois simple, parfois ultra détaillé, parfois monochrome ou fluo. Vous n’êtes pas obligé d’adhérer à ce fantasme de l’homme malmené mais vous arrêter à ça serait dommage selon moi (oui mon discours est contradictoire avec les images montrées).

Je vous encourage donc à jeter un oeil sur son site si le coeur vous en dit, histoire que vous découvriez et que vous vous fassiez votre propre idée.

 

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Je me devais de garder cette image pour la fin. Je ne m’en lasse pas.