Tu n’as rien vu à Fukushima

Il y a quelques mois, je présentais un travail consacré aux mangas évoquant la catastrophe du 11 mars 2011.
Pour cela j’ai dû faire un long travail de recherche en amont afin de ne pas partir de rien et d’avoir un matériau de base solide. S’en est suivi une longue liste de ce qui avait été publié sur le sujet : romans, essais, poésies, témoignages, rapport de commission d’enquêtes…en plus des mangas publiés par chez nous. Je me suis surtout concentrée sur qui avait été publié en France, en français. Au moment où j’écrivais il n’y avait en parution mangas que :

  • Je reviendrais vous voir
  • Japon 1 an après
  • Les cerisiers fleurissent malgré tout
  • Santetsu – 11 mars 2011 – Après le cataclysme
  • Daisy lycéennes à Fukushima

Depuis se sont rajoutés :

  • Colère nucléaire
  • 1F au coeur de Fukushima

Je mettrai donc ces deux derniers de côtés, ainsi que Santetsu car je ne l’ai pas lu. En lisant ces ouvrages je me suis rendue compte d’une chose : à part Daisy, dont c’est le thème principal et brièvement dans Les cerisiers fleurissent malgré tout, pas de mention de Fukushima, pas de mention du nucléaire. Une seule histoire l’aborde dans Japon 1 an après, une autre aborde le nucléaire dans ce même ouvrage mais seulement la bombe d’Hiroshima.

Daisy a ses postfaces rédigées par, des français. Japon 1 an après est une collaboration franco-japonaise, Les cerisiers fleurissent malgré tout est dessiné par une mangaka vivant et travaillant en Europe depuis plusieurs années.

Il en va de même pour les livres : Le dernier homme de Fukushima est écrit par Antonio Pagnotta, Fukushima : récit d’un désastre est la retranscription de ce que Michaël Ferrier a vécu, nous trouvons aussi Daniel de Roulet avec Tu n’as rien vu à Fukushima ou encore Fukushima mon amour de Gérard Raynal, Un pompier français à Fukushima de Sébastien Donner, Fukushima les cerisiers en pleurs de Yann Lemah, Malgré Fukushima : Journal japonais d’Eric Faye….une grande partie des ouvrages parus en français sont écrit par des européens (français). Ceux-ci s’attardent sur Fukushima, la catastrophe et parfois le nucléaire. De plus, une majorité d’articles que j’ai pu lire, et qui traitent du 11 mars, ont été écrits par des européens.
Je ne dis pas que rien n’a été écrit par les japonais à ce sujet en littérature, on peut trouver par exemple : ô chevaux, la lumière est pourtant innocente de Hideo Furukawa, Journal des jour tremblants de Yoko Tawada, Mille cercueils : à Kamaishi, après le tsunami du 11 mars 2011 de Ishii Kota…mais la production d’ouvrages écrit par des japonais, traduit et publiés en français est moindre.

Dans le cas d’un travail de recherche, cela posait problème car il fallait avoir le point de vue des 1er concernés à savoir : les japonais. De plus, il me semblait plus judicieux d’avoir un regard moins « européano-centré », même si cela peut être intéressant d’avoir une vision occidentale sur un sujet qui ne l’est pas (on est en plein orientalisme).

Plusieurs questions sont donc naturellement venues : Où sont donc les japonais ? N’ont-ils rien écrit sur le sujet ? N’ont-ils rien à dire ?
Pour en revenir aux mangas étudiés, ces derniers m’ont aussi montré qu’il n’y aucun avis ou critique personnelle : Daisy est une histoire fictive basée sur les témoignages de lycéens rencontrés par l’autrice, Je reviendrai vous voir n’est pas l’histoire de George Morikawa (alors qu’il est lui aussi allé en zone sinistré) mais celle de Nobumi, aucune histoire de Japon 1 an après ne sont des histoires que les auteurs ont personnellement vécues (à part la 1ère qui retrace vaguement ce que l’auteur a ressentie lors du tremblement). Mais tous semblaient mettre un point d’honneur à dire que ce n’était pas eux dans leurs histoires, bien que les courts textes qui accompagnent souvent celles-ci dévoilent ce qui les a marqués. Généralement, il s’agit du tremblement de terre, peu de trace du nucléaire. A croire qu’il n’y a que les européens que le nucléaire intéressent, alors qu’on parle bien d’une « triple catastrophe ».

Néanmoins, lors de ma recherche je suis tombé sur L’archipel des séismes, un recueil dans lequel on y trouve des intellectuels, aussi bien français que japonais, évoquer la catastrophe sous ses divers aspects. Il est intéressant du fait que les textes ne s’arrêtaient pas juste au vécu/ressenti du 11 mars mais se penchait sur tout ce qu’il y avait autour.

J’ai eu l’occasion de discuter avec Cécile Sakai qui est une des personnes qui s’est chargée de réunir ces textes afin de publier l’ensemble chez nous. Elle m’expliquait que les SHS* au Japon ne sont pas abordées de la même manière qu’en France et que contrairement à ce qu’on pourrait croire, beaucoup de choses ont été écrites sur ce qui s’est passé le 11 mars et sur les problématiques liées au nucléaire. Si nous ne les voyons pas en France c’est pour plusieurs raisons :

  • Déjà la traduction. Traduire un texte scientifique (ou non) demande du temps, à cause de la complexité des sujets que certains abordent. Comme indiqué plus haut, les SHS ne sont pas traitées de la même façon dans nos pays.
  • Réunir ces textes pour les sortir demande également du temps.
  • Le tri. A la foisonnante production japonaise que cela soit au niveau manga, roman, texte scientifique….la France a le loisir de pouvoir faire le tri. Si cela permet de séparer le bon grain de l’ivraie, de découvrir des perles, des auteurs qui méritent plus d’attention, on n’échappe pas à quelques bouses. Néanmoins, faire le tri permet également à la France de ne montrer que ce qu’elle veut bien montrer du Japon et de ne voir que ce qu’elle a envie de voir. Cela m’a rappelé une intervention à laquelle j’avais assisté qui évoquait le développement des arts venus d’Asie, l’Inde notamment, dans les biennales d’art contemporain. En gros, les pays européens n’achetaient que les œuvres qui leur plaisaient et qui partageaient leurs points de vus. C’était donc oublier toute une production -parfois majoritaire- de l’art dans certains pays d’Asie (ou d’ailleurs) qui traitent de sujets que l’Europe ne veut pas voir. En Inde, il s’agissait par exemple d’art qui valorise certaines coutumes ou systèmes qu’ici nous trouvons rétrograde comme les castes. Il en va de même avec la BD, lorsque j’ai vu un auteur parler de son voyage à Tchernobyl afin d’en tirer un album à la demande de son éditeur. Ce qu’il a vu là bas c’était des gens joyeux, une nature luxuriante…qu’il a retranscrit en couleur, une vision trop radieuse pour son éditeur qui voulait du gris. Certaines catastrophes doivent restées solennelles et graves. Pareil pour les mangas, personne ne veut d’œuvres révisionnistes, de manga qui nous disent que le nucléaire c’est pas si grave ou d’œuvres traitant du sujet avec ironie et humour noir. Pourtant ça existe.
    Qui a envie de voir Moto Hagio parler de Tchernobyl et le mettre au même niveau que Fukushima dans Nanohana ? Qui a envie de voir le Plutonium prendre forme humaine et parler de sa beauté rayonnante sur l’humanité dans Pluto Fujin ?

Bref, tout ça pour dire que si certains titres ont été publié en France (manga/roman), beaucoup de choses sur le sujet lié au 11 mars ne le seront jamais pour des raisons diverses. Il existe beaucoup de matériau sur le sujet mais encore une fois -et c’est regrettable- il faut maîtriser la langue japonaise, ce qui laisse l’accès à certaines informations qu’aux japanophones.

 

*SHS : Sciences Humaines et sociales

Crédit image de la une : Greg Webb / IAEA (photo prise le 17 avril 2013)
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L’Angleterre est elle un pays sexiste ?

Alors derrière ce titre affreusement racoleur (oui je les collectionne), se trouve une véritable question qui est venue tout naturellement suite à plusieurs petites choses. Je tiens à prévenir que je ne détiens pas la science infuse et que ce qui va suivre n’engage que moi. Il s’agit plutôt d’une réflexion, d’un questionnement qui peuvent éventuellement déboucher sur une discussion. Je laisse la liberté de s’exprimer aux personnes qui le souhaitent.

Lors de mon arrivée dans le Nord de l’Angleterre il y a quelques temps déjà, nous étions un vendredi soir. Il y avait du bruit dehors, je n’avais rien à faire et j’avais donc décidé de faire un tour dans le centre. Les pubs et les clubs étaient ouvert et déjà des groupes de femmes alcoolisées circulaient dans les rues. C’est la première fois que je rencontrais des anglaises en soirée et cela n’a rien à voir avec la France. Pour faire un topo : elles sont perchées sur des talons hauts avec lesquels, déjà sobre, elles ont du mal à marcher, une robe de préférence courte, moulante, couleurs flashies, extensions capillaires plus coloration, faux bronzage, faux ongles, beaucoup de mascara, sourcils épais renforcés au crayon, rouge à lèvre rose pale/orange si teint mate, rouge vif si teint clair, mini sac.
Ma première impression fut l’étonnement puis soyons honnête une certaine forme de dégoût. Déjà parce que des gens avinés qui gueulent dans la rue, ce n’est pas ce qu’il y a de plus classe, sans parler de ce que je considère comme du mauvais goût aussi bien vestimentaire que capillaire. Ensuite, parce que les femmes anglaises ne sont pas réputées pour être des mannequins, l’obésité et le surpoids sont un véritable problème dans ce pays, alors le mélange vestimentaire douteux, qui ne vous va pas, rendait l’ensemble peu ragoûtant.
Attention, mon propos n’est pas de bâcher les personnes en surpoids, on peut très bien être ronde, forte, en surpoids et porter des choses qui nous vont bien dans que se soit des t-shirt XXL des rebuts de l’armée. Mais l’idée, la pensée, de dire : « non mais regarde c’est pas classe, ni sexy…c’est juste vulgaire, ça fait pute » m’est venue à l’esprit.
Cette année, je ne suis allée qu’une ou deux fois dans des clubs mais pour le coup dans le Sud de l’Angleterre. Et là, tout pareil ! Sentiment renforcé par mes ami(e)s français(es) qui ont eu les mêmes réflexions. S’en est suivi un débat avec la gente masculine anglaise qui ne voyait pas le problème, là où nous français cela nous gênait. Et l’on s’est rendu compte que ces messieurs vivaient avec ça tout les jours, pas uniquement en soirée. Des tas de filles se baladent en tenues légères dans la rue où l’on peut voir aisément leurs sous-vêtements et autres parties de leurs corps sans que cela ne choquent, ni ne gênent personnes. Les filles s’en fichent et les hommes aussi. Se font elles emmerder dans la rue ou en boîte ? Jamais. Les hommes se disent ils qu’habiller comme ça elles cherchent ? Non plus. Moi même, je ne me suis jamais faite embêter. Aucune main aux fesses, aucun commentaire scabreux, aucun sous entendu salace. Les hommes anglais se conduisent comme des gentlemen (mais j’en reparlerai).
Vous allez me dire, bon alors il est où le problème sexiste ?
Et bien puisque les femmes sont libres de faire ce qu’elle veulent de leur corps, certains clubs comme le Casino Rooms de Rochester proposaient des soirées spéciales où les filles pouvaient s’habiller léger, voir avaient leur entrée gratuite si elles montraient leurs « knickers » (culottes) ou leurs poitrines. Forcément, cette proposition à fait l’objet d’articles où des organisations féministes (mais pas que) dénonçaient cette pratique qu’elles jugent dégradante et dégoûtante. Bien entendu cela a entraîné une réaction en chaîne de personnes qui n’y voyaient pas d’inconvénients. Les femmes sont libre de faire ce qu’elles veulent, personne ne les oblige à montrer quoi que se soit, et même si elles décident de le faire, c’est quelque chose d’amusant, de léger, non de dégradant. Alors oui, en France comme en Angleterre, l’entrée est gratuite pour les filles avant 23h, mais pourquoi pas les hommes aussi ? Juste pour une question de business ? Plus de filles, c’est plus vendeur ? Sur ces points le débat reste ouvert.

En dehors des clubs, l’Angleterre possèdent aussi beaucoup de femmes au foyer. Là où certains en France pourraient voir cela comme une image vieillotte, voir rétrograde de la femme, ici il n’en est rien.
De même, dans l’école où j’ai travaillé, on proposait des tas de cours créatif aux élèves dont design, photographie, mode…cuisine et soin de la petite enfance. Les deux derniers m’ont fait tiqué pour le côté très vieille école. J’en ai ensuite discuté avec des élèves qui m’expliquaient que ces cours permettaient d’avoir des bases en cuisine mais aussi d’apprendre à éviter les accidents qui peuvent survenir dans cet environnement. Vu comme cela, je n’ai rien à dire car je trouve que c’est utile et intéressant mais dans ce cas pourquoi ne pas le proposer à l’école des garçons à côté ? Pourquoi ont ils à la place « food technology » qui s’intéresse à l’alimentaire de manière scientifique ? Pourquoi se sont les filles qui ont des cours de cuisine qui se retrouvent à faire des gâteaux pour les collectes associatives ? J’ai posé la question aux filles de 7eme/8eme années (équivalent 6e/5e) si elles trouvaient ces cours sexistes. Après un moment de réflexion, elles m’ont répondu qu’effectivement cela l’était. D’autant plus que l’une m’a confié que son frère, dans une école de garçons, avaient voulu prendre des cours de cuisine mais que l’équipe enseignante l’avait plutôt encouragé à se tourner vers la menuiserie. Comme quoi la distinction filles/garçons qui était encore d’actualité chez nous il y a quelque années à encore cours là bas.
Je n’ai rien non plus contre les cours qui vous apprenne à vous occuper d’enfants en bas âge pour celles qui veulent poursuivre une carrière de puéricultrice mais pourquoi, encore une fois, c’est uniquement du côté des filles ?

Il y aussi les exemples de club UNIQUEMENT pour les hommes que j’ai pu voir à Londres. Alors ok, se sont des clubs sexy avec des filles qui sont en tenues légères mais pourquoi que les hommes ??? On peut très bien aller au crazy horses en couple et je ne vois pas le problème.
Il existe aussi d’autres club pour que les hommes se retrouvent entre eux, histoire de boire, lire le journal, échanger. Femmes non gratta.
Idem dans un pub très charmant où j’étais allée, il y avait une zone UNIQUEMENT pour les hommes. La carte de fidélité de ce pub n’était proposé qu’aux hommes pour qu’ils puissent payer des verres à leurs ami(e)s (merci mais je peux payer ma bière toute seule comme une grande).

Bref, il existe des tas de nombreux petits exemples qui m’ont fait m’interroger. Parce d’un côté, tu es une femme, tu t’habilles comme tu veux et personne t’emmerde. De l’autre, t’es un peu exclue, voir cantonner à des activités « clichés ».
Au fond ce qui me fait rager ce n’est pas tant que tout ça existe mais c’est qu’il n’existe pas (en tout les cas je n’en ai pas vu) d’équivalent masculin ou a contrario d’équivalent féminin.
Concernant le premier point que j’ai évoqué sur les tenues vestimentaires, cela vient surtout d’une différence culturelle France vs UK, où chez nous l’apparence compte beaucoup. Pour avoir vécu à Paris, je peux dire que rapidement j’ai arrêté de sortir en mode « décontracte du dimanche » pour enfiler une tenue plus élégante (sans être une gravure de mode non plus).

Je n’apporte pas de réponse comme vous pouvez le voir, il s’agit juste d’une réflexion. Je ne suis pas là non plus pour fustiger les hommes et les condammer au bûcher, pas plus que je ne crache sur l’Angleterre que j’apprécie comme pays. Cela me fait juste prendre conscience qu’il n’y pas que la Manche qui nous sépare, bien que nous nous trouvons avec des points culturelles similaire. De même, il ne s’agit pas d’une généralité mais de choses que j’ai pu voir lors de mes pérégrinations.

Je laisse donc là mes réflexions et reviendrais sur un prochain points anglais dans une autre note.

J’y arriverai un jour, j’y arriverai !

Parmi les grands défis de ma vie, l’un de ceux qui me tient le plus à coeur est celui de donner mon sang. J’ai toujours été porté sur l’entraide et le don de soi, parfois exacerbé par l’école (marche solidarité, opértation bol de riz….). Manque de pot pour le don du sang, j’ai toujours eu un problème : trop jeune au lycée, puis de multiples empêchements par la suite, mais je ne me suis jamais découragée.
Cette fois quand j’ai vu les tentes se planter sur Bordeaux, je me suis dit que cette fois serait la bonne.

Je me suis donc pointée samedi vers 16h30 devant une tente où des personnes d’un certain âge essayaient d’attirer le donneur potentiel. Ca a bien fait rire un monsieur ma réponse « ok » du tac-au-tac à sa demande, après quoi il m’a gentiment fait entrer dans l’arène en me donnant un questionnaire à remplir. C’était remplit de tables avec des assiettes de biscuits petits écoliers et de pâtes de fruits, avec de l’eau et des jus. Je me suis faite accueillir par une dame au sourire charmant qui  a rapidement disparu quand elle m’a vu encore planté là après 2 secondes, tout en me prennant délicatement le bras pour me montrer une table  jonchée de miettes où m’assoir.
Le questionnaire consiste à savoir si on a des antécédent familiaux (problème de coeur, hépatite B, malaise vagal…), si on a été hospitalisé dernièrement, si on est parti à l’étranger, si on a prit des médocs…
Sur l’insistance d’un autre vieux monsieur, barbu cette fois, a vouloir qu’on s’abreuve abondamment et qu’on mange un peu, j’en ai profité pour grignoter, avant d’aller voir un responsable pour qu’on me donne un numéro (1501), pour ensuite aller m’assoir au fond de la tente, et attente qu’on m’appel. J’avoue que j’ai eu peur une fraction de secondes quand j’ai entendu le numéro 58, mais en fait il n’appelait que les derniers chiffres. Bien que l’attente soit estimée à 3/4 d’heure, j’en ai pas eu pour aussi longtemps et est réussi à passer dans la seconde tente pour me faire enregistrer sur un formulaire (pièce d’identité), avant d’attentre de nouveau pour avoir un entretien avec un médecin. Manque de pot bis, je me suis retrouvée dans la partie débordée, alors que l’autre était vide, mais bon là non plus je n’ai pas eu à attendre des heures.
Niveau confidentialité c’est un peu limite, on a juste un paravent qui cache un bureau derrière lequel est assit un médecin avec sa trousse et un ordi, mais bon vu le brouhaha ambiant, on n’entendait pas grand chose. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai senti que j’allais avoir le monsieur toubib avec le paravent bien ouvert, et ça a pas loupé. Celui ci m’a accueillie avec un grand sourire, en me serrant vigoureusement la main, tout en me remerciant pour ce que je faisais. A l’entendre j’avais l’impression de partir en croisade pour sauver le monde.
Il m’a posé quelques questions suite à mon questionnaire (quels médocs, dans quels pays exactement…). J’avoue que c’est cette partie là que je craignais,vu que j’avais été grippé la semaine passée, avec un mal de dos épouventable, et des nausées à la moindre odeurs de nourritures. C’est là que j’ai appris que le rapport poids/taille était important, en dessous de 50kg, c’est pas la peine de donner son sang, et en dessous de 55 c’est un peu limite, et j’étais justement un peu limite, même en me rajoutant quelques kg (mais j’étais en plein dans la vérité). Je passais niveau poids, mais dans ce cas on me préleverait moins. Il a ensuite prit ma tension. J’étais normale, mais un peu haut apparement, puisque dans le doute il a tenu à la reprendre en me demandant si j’avais fait du sport juste avant. Une fois l’entretien finit, il m’a de nouveau serré la main en me souhaitant bonne chance ( là j’avais vraiment l’impression de partir à la guerre).
Comme c’était mon premier don, je devais passer par la case analyse, et me suis donc de nouveau retrouvée à un bureau avec un médecin -féminin cette fois-.
Elle m’a donc piqué le bout du majeur pour le faire saigner afin de préveler un échantillon. Je me sentais comme une diabétique qui vérifie son taux de sucre. Pendant ce temps là, je craquais sur leur petit coton, qui étaient des petites boules comme des fleurs. Il a fallu que je passe ensuite par l’étape piqure pour analyse plus approfondie. Je me suis demandée si cette fois, on arriverait à trouver mes veines. Echec sur le bras droit.
Bien que je n’ai pas la phobie des piqures, je croise toujours les doigts pour ne pas me retrouver avec un hématome, et des douleurs au bras. Une fois finit, j’ai eu le bras gauche complètement enrubanné. Ca fait toujours classe comme blessure de guerre.
Elle a tenue ensuite à prendre un deuxième échantillon, et rebelotte pression sur le majeure pour avoir une bonne goutte de sang. Puis l’analyse est enfin sortie, et le verdict est tombé.
Ca va pas être possible, taux d’hémoglobine trop bas.
Quand je l’ai entendue me dire ça, j’ai cru que c’est elle qui allait pleurer. J’en ai profité pour en demander la cause. Apparemment c’est fréquent chez la gente féminine (fatigue, stress…), et passager, rien ne grave, mais pour le coup le don du sang c’était pas pour cette fois. Elle me prévient que des analyses vont quand même être faites, et que je recevrais un courrier. Après quoi elle me demande d’aller manger et boire, même si je n’en ai aucune envie.
Et me voilà à passer parmi les gens installés sur des brancards donnant leur sang, en me démenant pour trouver la sortie. Là une femme me tend un plateau en me demandant ce que je veux boire, et même si je ne fais pas partie des élus, ils tiennent quand même à ce qu’on se gave. Je prends donc un morceau de quiche, qui s’avérera froide, voir même congeler à la deuxième bouchée, et une part de flan.

Au final j’aurai passé un peu plus d’une heure 30 à circuler de tentes en tentes, croisant ça et là un clown et les divers membres du rotary club- ah ça on le saura que c’est leur sponsor!-.
Certes je suis déçue ne pas avoir pu faire ma BA, mais bon je me dis que mon heure viendra.
J’y arriverai un jour, j’y arriverai !