Orgueil, préjugés…et zombies.

Oui vous avez bien lu. Zombies. Nous allons parler de Jane Austen une autrice anglaise début XIXe et de mort-vivant. Ne vous inquiétez pas, tout ceci est parfaitement logique cependant une petite explication s’impose.
Dans les années 90′ a débuté la darcymania (merci PP95) et surtout un regain d’intérêt pour Jane Austen qui entraîna dans les années 2000 plusieurs adaptations de ses oeuvres. Des adaptations plus ou moins libres on en connaissait. Certaines se situées dans des univers plus contemporain (Clueless), voire dans une autre culture (Bride and prejudice). Cependant, cela ne s’arrêtait pas à l’audiovisuel et les dérivés écrits anglais jusque là inédit on finit par arriver, notamment par le biais de Milady. Les anglais avaient donc un peu d’avance sur nous. Amourachés de l’oeuvre de Jane Austen et peut être lassé de lire ses oeuvres en boucles certaines (parce que se sont majoritairement des femmes) se sont lancées dans leurs versions des oeuvres de l’autrice avec plus ou moins de succès. Nous avons eu donc droit aux histoires racontées du point de vue des personnages masculins principaux (Le journal de…), aux histoires des potentiels descendants, aux récits de personnages secondaires, au livre dont vous êtes le héros, aux intrigues policières et évidemment au fantastique avec des vampires, des zombies et des monstres marins.

Nous avons donc vu débarqué en France Orgueil, préjugés et zombies. D’abord en roman, puis en roman graphique et en 2016 est arrivé le film. Toutefois, les versions zombies et monstres des mers restent inédites chez nous.
Le roman avec zombies a, semble-t-il, eu un certain succès un partout dans le monde même s’il recueille parfois des réactions très mitigées. Le film par contre a été un échec au box office. Je n’ai pas souvenir de l’avoir vu sur les écrans français (même s’il semble y avoir fait un séjour éclair).

Pour développer un peu plus mon avis sur cette version zombies, il faut remonter dans le temps pour arriver à la rencontre avec le phénomène. Au moment de la sortie en français, j’étais déjà au courant de ces adaptations très libre donc elles n’ont pas été une surprise en soi. J’étais par contre plus étonné par le fait de les voir publiées en français. C’est un pari risqué. Les personnes qui apprécient l’oeuvre de Jane Austen, et les auteurs anglais en général, sont très à cheval sur ce que l’on fait avec le matériau d’origine et il y a parfois des limites à ne pas dépasser. Certains avaient déjà du mal avec la version de P&P2005 alors imaginez avec des zombies…Pour ma part, je n’étais pas très emballé mais comme j’étais dans une période faste et que tout ce qui a trait de près ou de loin à une de mes oeuvres préférées m’attiraient autant essayer. J’ai donc acheté le roman de Seth Grahame-Smith peu après sa sortie chez Flammarion en 2009. Pour marquer le coup, une réédition de Orgueil et préjugés avait été publiée même format, même couverture mais les zombies en moins. A l’époque, j’avais entamé le livre version zombies pour finalement m’arrêter quelques pages plus loin et sans jamais avoir trouvé le courage de le reprendre par la suite. En toute honnêteté, c’est l’un des rares livres que j’ai arrêté en court de route et dont j’ai regretté l’achat au point d’avoir envie de le balancer à la poubelle et d’y mettre le feu. J’ai vraiment eu beaucoup de mal rien qu’avec le début de ce livre. C’est comme si quelqu’un avait fait un copié/collé du texte original en en enlevant toute la substantifique moelle. J’avais trouvé cela fade et plat. Certains passages étaient de mauvais goût, non pas gore, à cause du ton employé, parfois trop contemporain, qui dénotait avec le reste de l’oeuvre. En somme le livre était un mauvais collage. C’est cette impression que j’ai eu à ce moment là en lisant le livre et cela s’est imprimé dans ma tête au point de me dégoûter de cette adaptation.

Avec le recul, je pense que je n’étais pas prête. Il y a des œuvres qu’il ne faut pas se forcer à lire. Dans mon cas, c’est l’envie, parfois soudaine, de me plonger dans une oeuvre alors enfouie dans ma bibliothèque qui m’indique que c’est le bon moment. Quelques années plus tard alors que je flânais dans une rue de Paris, je tombais sur un marchand de livres d’occasions. Evidemment, je ne résiste pas à la tentation et entre dans son antre. Au fond de la boutique, dans une caisse je tombe sur Sense et sensibility et sea monsters. Après quelques hésitations, je finis par repartir avec. Cela marque pour moi le début d’une ouverture, d’un pas en direction vers se détournement fantastique. Je ne le lis pas mais le fait de l’avoir dans ma bibliothèque commence à apparaître comme une forme de fierté, déjà parce que j’apprécie la couverture. Fierté parce que c’est un livre en VO (ça fait toujours bien) et aussi parce que j’arrive à accepter cette dérision de l’oeuvre et de moi-même qui possède ça et ne s’en cache pas.

Quelques années plus tard encore, alors que j’avais une envie de compléter ma collection d’oeuvres en lien avec Austen, je tombais sur le film Orgueil, préjugés et zombies en DVD dans l’hexagone est décidé de l’acheter. C’est lorsque j’en parlais avec un ami, et que celui-ci intrigué avait exprimé le souhait de le visionner, que je décidais de déballer le DVD pour ne finalement le regarder quasiment un an plus tard. Et encore, il faut mettre en place d’autres paramètres. Notamment le confinement. A l’heure où tout le monde reste chez lui, comme beaucoup je me suis dit que j’allais enfin mettre de l’ordre dans mes affaires, lire et visionner tout ce qui s’entasse sur mes étagères et qui attendent depuis des années que je daigne y jeter un oeil. De plus, en ces temps d’isolement et de médias qui diffusent en boucles les mauvaises nouvelles et le nombre de morts, lire du Jane Austen (ou ses dérivés) est apparu comme une évidence. Une émission de France culture sur l’autrice et sa vie évoquait Churchill alité qui relisait du Austen en temps de guerre. C’est un des pouvoirs de Austen, nous faire revivre dans un monde aujourd’hui disparu. Sans être réac’ du « c’était mieux avant », le fait de se replonger dans ce microcosme de la campagne anglaise fait du bien. J’ai donc entamé quelques adaptations littéraires avant de visionner la version 2020 d‘Emma (j’en parlerai sans doute) qui m’a fait ressentir que j’étais prête à regarder le film de Orgueil et préjugés et zombies.

Bref, après cette longue introduction passons enfin au film. Globalement qu’est-ce que j’en retiens ? Pas grand chose. Soyons honnête, ce n’est pas un bon film. C’est un film correct et divertissant tout au plus. Cependant, il est moins déjanté que ce que j’attendais. Je ne sais pas si on peu le qualifier de nanard.

Le film reprend donc l’histoire de P&P mais en y ajoutant des zombies. Conséquences, les filles de bonnes familles apprennent les arts martiaux : japonais si vous êtes riches, chinois pour les autres (même si ça ne sert à rien dans l’intrigue). On se barricade chez soi (la maison des Bennett est une forteresse avec un Dojo) tout en organisant des bals et des dîners mondains. Londres s’est emmuré pour prévenir le reste du monde d’attaques de zombies. Bref la vie suit son cours et l’on fait bien attention lorsque l’on sort dans le Hertforshire.

Première chose. J’ai voulu regarder le film en VOSTFR et il s’est lancé en français. Dès la première phrase j’ai su que quelque chose clochait. Le film n’est pas doublé en français mais en canadien. Plus précisément le français canadien, sans avoir l’accent (sauf pour les noms anglais comme ceux de domaines), cela s’entend. J’ai grandi avec des vidéos avec ce type de doublage donc je les reconnais. J’ai beaucoup de mal avec car je trouve les voix souvent très plates et sans relief. Le fait que le film propose une version française canadienne, en générale, n’augure rien de bon sur la qualité et l’intérêt du film.

Au niveau du casting, il est pour moi 3 étoiles avec de bons acteurs que j’apprécie, que cela soit Matt Smith, Lily James, Charles Dance, Lena Headey…Hélas beaucoup d’entre eux seront sous exploités dans le film. J’avais lu quelque part que le film n’avait pas trop fonctionné notamment à cause de son casting plein de têtes inconnues alors que clairement non.

Concernant le contenu. Le film fait environ 1h45 et mine de rien tout passe très vite. Trop vite. J’ai eu l’impression que tout était expédié, que les répliques étaient débitées. Certes nous connaissons l’histoire et ses personnages mais un peu de construction n’aurait pas été du luxe. Franchement j’ai du mal à croire à l’attachement des personnages que cela soit en actes ou paroles. Ils passent si peu de temps ensemble, se parlent à peine comment y croire ? La déclaration de Darcy dans le roman d’origine et ses quelques adaptations pouvait surprendre mais au final nous lecteur/spectateur avions eu l’occasion d’observer quelques interactions entre eux. Que cela soit les regards que lançait Colin Firth à Jennifer Ehle, les moments de malaise de Matthew McFadyen face à Keira Knightley alors que la réalisation nous faisait ressentir leur attraction malgré eux. Ici rien. Notre Darcy, joué par Sam Riley, n’est ni ténébreux, ni charismatique, et sa voix est complètement éraillée (j’ai du mal). Après avoir dénigré l’héroïne durant le bal, il se montre impressionné et admiratif de son art martial et c’est tout. Sa demande en mariage tombe comme un cheveu sur la soupe et le revirement de Lizzie qui dit l’aimer (et même l’aimer depuis le début) n’a aucun sens. A quel moment s’est-elle mise à l’apprécier ? De même, à quel moment s’est-elle mise à le détester ? Oui il a été grossier une fois, de là à lui vouer une haine éternel…Les héros sont censés apprendre de leurs erreurs et dépasser leur orgueil et leurs préjugés, ce que nous ne voyons jamais dans le contexte de ce film. Sans doute parce que celui-ci ne s’offre aucun temps mort. Il y a bien des moments qui auraient pu, qui auraient du, être émouvant mais qui sont passés si vite (comme la mort du père de Darcy).
Les réalisateurs ont décidé d’aller à l’essentiel, dans ce cas pourquoi garder certains personnages ? Je pense notamment aux Hurst, ils n’ont aucune utilité (il n’en avait déjà pas beaucoup dans le roman), pourquoi s’embarrasser d’eux ? Il aurait plus logique de mettre le colonel Fitzwilliam qui est un militaire, c’est plus utile dans une guerre contre les zombies.

De même l’histoire introduit la notion d’apocalypse proche avec l’apparition des quatre cavaliers. Ces personnages ne servent finalement à rien puisqu’il n’apparaissent que 3 fois (4 à la rigueur).
Le fait que les zombies restent « humains » tant qu’ils ne goûtent pas de chaire humaine et donc que nous pouvons vivre potentiellement avec eux est une idée intéressante. D’autant plus que, comme le dit Wickham, il faut être réaliste, « ils se reproduisent plus vite que nous ». Ajouter ce dilemme était intéressant mais finalement des zombies resteront des zombies.
Le film se finit sans se finir. Je ne sais pas si la scène post-crédit devait annoncé une suite mais il y a peu de chance qu’elle voit le jour.

Le seul élément comique, c’est Collins jouait par Matt Smith, malheureusement sous exploité. Nous avons eu le Collins lourd et obséquieux, nous avons eu le Collins sentimentale et maladroit, ici il est un peu un mélange de tout ça. Il dénote par rapport aux restes par son enthousiasme et sa manière de parler dans laquelle il est dans un premier temps très polie avant de laisser tomber les masques. Il aurait pu être un Collins intéressant, à défaut, il reste sympathique.Lady Catherine en guerrière était quelque chose là aussi d’intéressant mais qui là aussi n’est jamais vraiment développé.
Et c’est sans doute un des problèmes de cette adaptations, le manque d’humour. Le roman d’origine se veut parodique, parfois de manière noire, cynique ou grinçante. C’est pour cela qu’à mon sens, le film aurait pu aller plus loin dans le délire. Certains trouvaient qu’il se prenait trop au sérieux. Déjà qu’il adapte une adaptation. Le film subit pas mal de coupures par rapport au roman pour aller à l’essentiel au point qu’on arrive à des incohérences. Ainsi c’est Wickham qui indique à Elizabeth que Darcy a éloigné Bingley. Les raisons évoquées sont les mêmes que dans le roman de Austen alors que dans le roman de Smith c’est parce qu’il croit Jane infectée, ce qui est plus logique dans le contexte. Au final ce n’est pas tant le fond qui pose problème que la manière dont cela est amené. Que cela soit par une autre personne pourquoi pas mais pas Wickham qui vient de se faire jeter de chez lady Catherine de Bourgh, l’endroit indiqué comme le plus sûr et le mieux gardé de toute l’Angleterre. Le gars retourne au château comme si de rien n’était. Il sort de nulle part au milieu de la nuit pour balancer deux-trois révélations à Lizzie et repartir. C’est incohérent dans le film.
Idem, pourquoi capturer Lydia ? Pourquoi faire ?

Le film souffre à mon sens de ne pas avoir su saisir l’opportunité qui s’offrait à lui en restant grand public dans un ton plus film d’aventure. Sans aller jusqu’à faire du Romero, les films de zombies ont permis par moment d’élaborer une critique de notre société. Jane Austen critique et caricature un microcosme. Sans nécessairement garder le côté guindé, il y avait matière à dire et à faire. Au final il ne ressort rien de ce film, même pas des combats intéressants (on attendait Lady Catherine et rien).

Le film possède quelques points positifs. La cinématique d’introduction qui explique comment l’infection est arrivée et s’est propagée. L’effet petit théâtre de dessin de caricatures animés est assez sympa et permet d’avoir le contexte.
La déclaration de Darcy à Elizabeth. C’est pas tant la déclaration en elle-même que la dispute qui s’en suit puisqu’ils en viennent au mains et éclatent les meubles. La touche sexy par contre était peut être en trop.

Le film est donc plein de petites incohérences avec son propre univers. Il essaie désespérément de se raccrocher à l’ouvrage d’origine de Austen et essaie entre deux passages du livre de coller des attaques zombies. C’est pour cela que le résultat final ressemble à un mauvais patchwork. Il aurait été plus judicieux à mon sens de ne pas tenter désespéramment de coller au récit. Faire quelque chose d’original quitte à délaisser complètement P&P mais garder cet univers régence et le ton austennien.
Je reste relativement bon public. Je pense que c’est un film à voir au moins une fois si on est amateur de Jane Austen ou de zombies. A mon sens, il ne faut rien attendre de particulier de la part du film. Il en révolutionne rien, n’apporte rien mais se laisse regarder.

Finalement, le fait d’avoir attendu aura été bénéfique puisque j’ai pu regarder le film dans de bonnes dispositions, sans a priori et avec du recul. Mes goûts évoluent et je me rends compte que je m’ouvre à de nouvelles choses. Ce que je trouvais rebutant hier, ne l’est plus aujourd’hui ou en tout les cas moins.

I can’t fly, but I can kick your ass !

Il y a un mois environ en visionnant des vidéos sur youtube, je suis tombée sur une bande annonce que j’ai cru au départ être un gros délire. Délire parce que c’est la mode du super héros, et encore plus du super héros anti-héros sans pouvoir, avec un bon mix de teen movie made in US dans la mouvance de superbad. WTF is that ?

Le gros délire ado + gun, voir même loli + gun, j’en fais un peu une répulsion par principe. J’ai encore un mauvais souvenir du père noël qui débarque pour donner des armes à des gamins dans Narnia.
Mais bizarrement là c’est passé, même plus j’ai adoré. Adorée la bande son, adorée le délire de loser gavé aux comics qui veut changer le monde mais s’en prend plein la gueule, adorée l’humour noir un peu trash, adorée voir une gamine foutre la pâtée aux vilains à coup de grande giclée de sang…Oui ça flingue, ça tabasse, ça égorge, ça coupe, ça explose, c’est débile, c’est drôle, ça semble pas se prendre au sérieux et c’est ça qui est bon ! Ça défoule.
C’est ainsi que « Kick-ass » (et il porte bien son nom) est entrée dans mon champs de vision pour ne plus le quitter. Alors oui à la base c’est un comics (que je n’ai pas lu mais pour le coup ça me donne bien envie), encore un qui sort au ciné, et on retrouve aux travers des affiches de promo du film une certaine esthétique propre à ce genre de film. De mon côté ça m’a fait penser à un mix entre Kill Bill et Watchmen, que les puristes évitent de me lancer des cailloux.


Je suis complétement fan de l’effet peinture dégueulie.

J’ai donc ainsi vu plusieurs BA et clips, et me suis rendue compte qu’une des versions était amputée de 30 sec. 30 secondes qui nous montrait les joies de la puberté, et du fantasme d’adolescent mâle sur la gente féminine en particulier la prof à gros nibards à coup de mouchoir dans la corbeille. Delicious.
Peu après je suis allée au cinéma pour tomber nez à nez avec une affiche format trop grand pour ma chambre qui déboîtait pas mal. Comme je suis en plein trip « achat d’affiches de films » -à ce propos si vous connaissez des boutiques sur le net ou autres pas trop mal, faite moi signe-, je me suis mise à faire quelques recherches, ben mine de rien y en a de plusieurs types, et des pas mal (les officielles, les previews etc…), mais j’ai pas réussi à trouver toute celles que je voulais 😦

J’imagine combien ça claquerai d’avoir les 4 posters.
J’ai remarqué qu’il devait y avoir un Big Daddy Boycott, parce que se sont celles qu’on trouve le moins. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est le détournement de vieilles affiches de propagande, tout en gardant l’esthétique. Certes c’est du déjà vu, mais ça fonctionne ! Et pour le coup je veux une big daddy, et une red mist ! (mais apparemment se sont des éditions limitées bouh !)

Alors oui si ça se trouve le film est un gros nanar, mais qui apparemment suit son support d’origine assez fidèlement, et a reçu un très bon accueil, et Aaron Johnson est tout à fait charmant ce qui ne gache rien 😀
Je pense cependant que j »irai le voir en Vo, parce que bon la BA en VF m’a pas franchement donné envie, sans dire que ça pue du c**.