Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse se recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

Le fil de la vie

Après quelques mois d’absence, je reviens vers ce blog pour parler film. Il y a quelque temps déjà, j’avais lancé une rubrique sur les films d’animation oubliés ou presque (Chat c’est Paris, La dernière licorne, les films d’animations russes, etc.) mais qui méritent qu’on y jettent un œil.

Aujourd’hui je vais donc évoquer un film que j’avais malheureusement raté à sa sortie et dont il est difficile d’avoir des informations. Entendez par là, que si vous tapez son titre dans votre moteur de recherche peu de choses en sortirons et que je vous souhaite bien du courage pour trouver une version DVD avec du français dedans.

Je vais donc parler du film « Le fil de la vie« , de son vrai nom « strings », (moins poétique mais tout aussi évocateur) sorti en 2005 chez nous. Ce film a donc plus de 10 ans (déjà!).

Je tiens à en parler pour deux choses : la première c’est qu’il est -il me semble- un peu passé aux oubliettes et qu’il mérite un peu plus de reconnaissance, la seconde pour sa technique d’animation.

L’affiche est quelque peu mensongère : Zita n’est pas l’héroïne et il n’est pas question d’épée

J’avais déjà écrit un billet à chaud après mon visionnage de la série Thunderbolt Fantasy (qui a eu droit à un film et aura une seconde saison mais j’y reviendrai dans un prochain billet) qui utilisait des marionnettes, ce qui avait engendré un débat sur le fait de savoir si c’était de l’animation ou non. Ici, nous nous retrouvons peu ou prou avec la même choses : des marionnettes. Sauf qu’ici leur fonctionnement est un peu différent puisqu’elles ont des fils. C’est à la fois la force et la faiblesse du film mais j’y reviendrai. Mais d’abord un peu plus de détail sur le film en lui même.

Il s’agit donc d’un film d’animation sorti en 2005 en France avec une version française -que je n’ai malheureusement pas pu voir- et réalisé par Anders Ronnow-Klarlund. C’est une coproduction danoise, norvégienne, suédoise et britannique.

L’histoire débute au moment où le roi s’apprête à s’ôter la vie. Avant cela, il écrit une lettre à son fils Hal afin de lui expliquer son geste, ainsi que de le mettre en garde contre son oncle Nezo et l’acolyte de celui-ci, Ghrak. Il lui demande également de prendre soin de sa sœur Jhinna et de rétablir la paix entre leur peuple et les Zeriths. Malheureusement, Nezo trouve la lettre et fait passer le suicide en assassinat commis par leurs ennemis, lançant le fils dans une quête vengeresse pendant qu’il prend le pouvoir et déclare la guerre aux Zeriths.

L’intrigue du film est en somme très classique et aura un arrière goût de déjà vu. Néanmoins, c’est aussi cette inspiration des classiques gréco-romain (trahison, meurtre, vengeance, amour, rédemption, etc.) qui font aussi partie de son charme. L’histoire amène une certaine esthétique antique dans les décors, l’atmosphère et les tenus des personnages.

L’autre point fort et d’intégrer ces fameux fils qui servent à faire évoluer les marionnettes comme de véritable éléments de l’intrigue. C’est grâce à elles que les personnages vivent et bougent, et les protagonistes en sont conscients. Couper son fil de vie c’est mourir, de même que couper le fil d’une articulation revient à une amputation – remplacer un membre revient à prendre celui de quelqu’un dont les fils ne seraient pas coupés-. Le film arrive à construire, avec plus ou moins de cohérence, tout un univers autour des fils. Etant donné que les fils montent jusqu’au ciel, sans qu’on en voit la fin, les personnages croient en une forme de force divine qui les relient tous les un aux autres (« je commence là où tu finis »). Ces fils ne semblant pas avoir de fin, une porte fortifiée n’est donc pas nécessaire pour protéger la ville, une simple barre placée en hauteur suffit -puisque les gens ne peuvent passer en dessous-. Il en va de même pour les prisons : les gens sont confinés dans les interstices d’une grille. Les naissances sont aussi des moments particulier puisque comme il s’agit de marionnettes, les nouveaux nés sont sculptés dans le bois avant que des fils ne se détachent de la mère pour ensuite être relier manuellement au corps. De part leurs corps aux pièces remplaçables, il y a un commerce d’esclaves qui servent à la fois de main d’oeuvre comme de pièces de rechange.

Toutefois quelques questions subsistent : comment les hommes de Ghrak n’arrivent-ils pas à trouver les Zériths alors même qu’il est possible de repérer les gens grâce à leurs fils ? Comment se fait-il que les personnages puissent se noyer alors même qu’ils sont fait de bois (ça flotte) et qu’ils ne semblent pas avoir besoin de respirer (un bébé n’a ni nez, ni bouche par exemple) ? Comment peuvent-ils traverser des grottes ? Pourquoi avoir des toits et des murs ?  De même, je trouve un peu idiot d’aller mettre le feu à une forêt alors que votre corps est en bois et que vos fils prennent feu comme de la paille…

Du détail certes, qui ne m’ont pas empêchée d’apprécier le film.

De très beaux effets de lumière et des environnements variés

Les mouvements des personnages sont très fluides et harmonieux, on est loin des sentinelles de l’espace ou de team america. Il y a juste les scènes de combats qui manquent parfois de dynamisme et on peut se perdre visuellement à cause des nombreux fils. Les marionnettes partagent quelques points communs avec celles de Thunderbolt fantasy, à savoir que l’essence de leur expressivité faciale se résume surtout aux clignements des yeux. Personnellement ça ne me dérange pas puisque l’empathie passe par le mouvement et le doublage. Cependant, j’ai pu voir des commentaires de personnes que cela gêné pour l’immersion. Parlons-en du doublage, en version anglaise on retrouve du beau linge avec James McAvoy dans le rôle de Hal, Derek Jacobi (Feodor Atkine en VF) dans celui de Nezo, Ian Hart en Ghrak ou encore David Harewood en Erito.

Le film ne souffrent d’aucun temps mort et aurait mérité selon moi d’un peu plus de temps -le film fait 1h30- pour permettre de plus développer ses personnages qui restent très basiques. Cette impression d’aller droit au but sans traîner à aussi ses inconvénients puisqu’on comprend rapidement ce qui va se passer et les relations se font et se défont très vites (Hal et Zita). Jhinna sert majoritairement à apporter les éléments poétiques du film et aurait mérité un peu plus que d’être une jeune fille à sauver. De même tout le passage dans le désert aurait mérité d’être plus long et développé. Surtout le moment où Hal retrouve l’esclave à qui il a pris la main, puisque le héros le qualifiera plus tard d’ami à qui il fait une promesse alors que rien n’est montré en ce sens.

Pour conclure, Le fil de la vie est un film qui mérite qu’on s’y intéresse. Il est certes classique dans le fond et avec les défauts inhérents à ce genre de production mais change de ce qu’on a l’habitude de voir. De plus, il possède une belle mise en scène et de très belles musiques qui s’accordent parfaitement avec l’univers aux accents de tragédie antique.

Il est possible de voir le film gratuitement et en toute légalité sur le site médiathèque numérique, après inscription à la plateforme. Toutefois, le film n’est disponible qu’en version anglaise sous titrée français et qu’il n’est pas disponible en HD.

All the world will be your enemy

Je continue dans la rubrique « merveilleux films pas/peu connus » avec non pas un mais deux films issus du même auteur Richard Adams et qui illustrent parfaitement « l’animation ce n’est pas que pour les enfants ». Pour l’instant je n’ai pas trouvé grand monde qui n’ai pas été marqué/traumatisé/fait des cauchemars à cause de l’un des deux films qui sont « à destination des enfants ». Quelque part c’est un mal pour un bien, c’est souvent les films qui vous marquent qui restent.

Il s’agit donc de « watership down » et « the plague dogs », respectivement « les garennes de watership down » et « les chiens de la peste » en français. Les deux films n’ont pas été édité ni diffusé en france (en tout les cas pas à ma connaissance) contrairement aux livres dont ils sont issus qui eux sont désormais difficilement trouvable.

Commençons avec « watership down », tout comme « the plague dogs » il s’agit d’un livre du romancier anglais Richard Adams publié en 1972 succès de l’auteur et son chef d’oeuvre devenu un classique des grandes épopées animales. A l’origine il est dit qu’il s’agissait d’histoires qu’Adams racontait à ses filles qui lui ont demandé de les publier. Il en résultat un film d’animation, une série, une pièce de théâtre, et plusieurs citations (Lost, donnie darko…). Des années plus tard l’auteur publia « tales from watership down » qui est un recueil de nouvelles.

Histoire :
Pressentant un danger aussi implacable qu’imminent, un groupe de lapins aventureux sort de sa garenne à la recherche d’un territoire plus sûr. En chemin, ils vont rencontrer des situations extraordinaires qui vont les conduire à déployer des talents exceptionnels. Au bout d’aventures formidables au sein d’une garenne totalitaire, dans une ferme dangereuse, puis au terme d’une bataille fantastique, ils parviendront à établir leur garenne pacifique sur les hauteurs de Watership.

Source wikipedia

Malheureusement je n’ai pas lu le livre mais j’ai cru comprendre que plusieurs choses changées, tout en gardant l’essentiel de la force du livre. La force de celui ci réside dans le fait d’avoir créé une vrai mythologie autour de cette communauté de lapins. Ils ont leur dialecte, leurs contes et histoires, leurs héros, leur dieu…tout en restant néanmoins des lapins. Ce qui veut dire qu’ils restent des proies : tuer par les chasseurs, les chiens, les chats, les oiseaux de proie, et autres renards, écrasés par des voitures, prient au piège par des collets, quand ils ne s’attaquent pas entre eux pour des questions de territoire. Bref la vie d’un lapin c’est pas de tout repos.
Pour détailler un peu le language des lapins est le « Lapine », Frith est le nom du soleil mais aussi leur Dieu, quant à El-ahrairah qui signifie « Prince with thousand enemies » c’est le héro de la mythologie des lapins, leur ancêtre à tous…d’ailleurs le film nous met directement dans bain en expliquant pourquoi les lapins sont ce qu’ils sont (toujours d’après la mythologie lapin). Ces histoires leur permettent de se donnaient courage mais aussi de comprendre leur place, ce qui donne aussi crédibilité et profondeur au récit.

Outre la grande épopée de ces lapins vers une terre d’accueil où ils pourront vivre en paix, le film n’en reste pas moins violent voir sanguinolent. Même moi ,qui n’était alors plus vraiment dans la tranche d’âge 7-10 ans depuis un moment, j’ai été marqué la 1ere fois que je l’ai vue. Le film évoque aussi plusieurs thèmes comme la dictature, en vivant dans la peur et l’anxiété, mais fait la part belle à la ruse de certains lapins pour leur survie. Le livre avait quelque peu remué certaines féministes, car les rôles féminins, celui des lapines, étaient minimes, n’étant là que pour la reproduction.

‘All the world will be your enemy, Prince of a Thousand enemies. And when they catch you, they will kill you. But first they must catch you – digger, listener, runner, Prince with the swift warning. Be cunning, and full of tricks, and your people will never be destroyed.’

Concernant l’animation, là aussi on sent que le film n’est plus de 1ere jeunesse (il date de 1978), mais il reste plaisant à voir, avec de jolie musiques, comme bright eyes de Art Garfunkel. Le film reçu un accueil positif, et fût même nominé, quand au thème principal composé pour l’occasion, ce fût un hit en Angleterre qui restera six semaines au top 10,et sera reprit plusieurs fois. Il reste néanmoins de très jolie séquences (les visions de Fiver) qui ne sont pas là uniquement pour faire jolie mais apparaissent dans les moments clés de l’histoire, et des passages émouvant.

A noter que « watership down » existe (apparemment) et serait situé dans le Hampshire.

« The plague dogs » évoque aussi une grande épopée animale mais cette fois avec des chiens, et place la barre plus haut dans la beauté du pessimisme et de la tristesse. Rien que les premières image du film donne le ton : on ne va pas rigoler.

Histoire :
Deux chiens, Rowf et Snitter, cobays d’un laboratoire où ils n’étaient jusqu’à présent que des outils de recherche, parviennent à s’échapper. Goûtant enfin à la liberté, ils doivent apprendre à se débrouiller. Malheureusement leur bonheur sera de courte durée quand une chasse s’engagera pour les attraper, intensifié par la peur que l’un d’entre eux est porteur du virus de la peste.

Le film date de 1982 et de mon point de vue n’est pas très beau, se voulant sans doute plus proche de la réalité, cependant ça n’enlève rien à la gravité et aux choques de certaines séquences. Le film reprend d’ailleurs que la 1ere version du livre, une seconde ayant été publié plus tard modifiant la fin, cette fois ci par une note d’espoir.
Les premières scènes nous emmène dans le laboratoires où l’on découvre la cruauté de la recherche sur les animaux, leurs vies insalubres et leurs fins quand ceux ci ne sont plus utile.  Le réalisateur du film (Martin Rosen) a tout de même notifié que le film n’était pas là pour dénoncer mais pour faire partager une aventure. Il existe d’ailleurs 2 versions du film l’une de 86 et l’autre de 103 minutes. La version uncut est disponible sur youtube.
Que dire du film à par que les humains n’ont vraiment pas le beau rôle, même si les motivations de certains au centre de recherche sont justement de faire avancer la science et de guérir des maladies. D’ailleurs on ne les voit jamais vraiment en entier, on voit des jambes, des mains mais pas vraiment de visages.Il faut dire que visuellement ils ne sont pas très beaux. C’est un des aspects qui m’a quelque peu gêné, non pas qu’on ne les voit pas vraiment, mais le fait est que quand ils sont doublés j’ai eu du mal à savoir qui parlait, de plus leurs voix  me semblaient très lointaines comme en décalées par rapport à l’image.

Là où le film n’est vraiment pas pour les enfants, outre le ton employé, les couleurs grises délavées, c’est aussi par ses scènes « choquantes » qui ne sont pas forcement adaptées : la scène de début en laboratoires (Rowf ramené plusieurs fois à la vie, les singes, le chien qu’on ramasse à la pelle), Snitter qui dans sa joie tue accidentellement un chasseur, ou encore (dans la version uncut) lorsque l’on retrouve le corps d’un homme partiellement dévoré par Rowf et Snitter (qui étaient mort de faim et de froid sachant que l’homme était mort en tombant de la falaise où il c’était perché pour essayer de les tuer).

Si je parle de ces deux films ce n’est absolument pas par fibre nostalgique comme les deux autres, ni pour la beauté, ni pour les chansons, mais bien du propos. On est loin de l’univers gentillet, des chansons mielleuses, de la morale bien pensante, et du « ils vécurent heureux… ». Pourtant autant l’un que l’autre sont considérés comme des chefs d’oeuvre, des films ayant marqués, recommandés et souvent classés dans les 100 meilleurs films d’animation.
S’ils ne sont pas tout public, ces films méritent qu’on y jette un oeil ne serait ce qu’une fois.

Promis, la prochaine fois je parle de films plus optimiste !

ps: je viens de voir un documentaire sur christopher Lee sur arte, il y avait un court passage sur son doublage de la derniere licorne en allemand 🙂

La dernière licorne

Cette fois ci j’aborde un film qui est normalement plus connu et qui est sortie chez-nous en DVD, donc trouvable.
Comme « arabian knight » qui mit des années à sortir, comme « gay purr-ee » qui tentait de sauver son studio, « the last unicorn » (son titre original) connait aussi des déboires, en tout cas son adaptation live.

On quitte l’orient et Paris, pour se plonger dans la fantasy. Le film est une adaptation d’un livre du même nom de Peter S.Beagle -que je n’ai pas lu mais dont je pense ne pas tarder à le faire- auteur reconnu dans le monde de l’heroic fantasy -sans doute pour les puristes parce que moi ça me disait rien, faut dire que je suis pas non plus une spécialiste en fantasy-, et qui c’est aussi occupé du scénario du long métrage.
Ce film est issu d’une collaboration americo-japonaise -et moi qui avais cru pendant longtemps qu’il n’était que japonais-, les américains aux commandes et les japonais pour l’exécution. Sortie en 1982 il a bénéficié d’un grand soin au niveau du doublage comme de la musique. Pour les voix des personnages nous trouvons Christopher Lee (le roi Haggard), Mia Farrow (la licorne), Jeff Bridges (Prince Lir), Angela Lansbury (mère fortune), Alan Arkin- le grand père dans little miss sunshine- ( Schmendrick). Quant aux musiques certains sont signés du groupe America -que j’affectionne beaucoup-, qui rend d’autant plus le film mélancolique, contemplatif, et beau.

Histoire :
Dans une forêt enchantée, une licorne réalise qu’elle est la dernière représentante de sa race et décide de s’embarquer dans une quête pour apprendre ce qu’il est advenu des autres licornes. La Licorne comprend à travers le discours tarabiscoté d’un papillon qu’une bête connue sous le nom du Taureau de Feu les a toutes menée jusqu’au bout du monde connu. S’aventurant en territoire inconnu, hors de la sécurité magique de sa forêt natale, la Licorne commence un voyage pour trouver ses semblables et les ramener dans son monde.

source wikipédia

Contrairement aux films Disney (on ne peut échapper à la comparaison), ce long métrage est résolument tourné vers des thèmes plus adultes, et possède quelques séquences assez sombres (mère fortune et la harpie). L’amour est un des thèmes majeur et commun à bien des films, mais ici sont aussi touchés l’immortalité, l’identité. L’immortalité de la licorne qui par là même rend aussi immortelle la forêt dans laquelle elle vie, et à travers bien d’autres personnages qui cherche eux aussi cette immortalité quelle soit direct ou bien de manière détournée. Quant à l’identité, la licorne y sera confrontée directement entre des gens désormais incapable de reconnaître une vraie licorne, ne voyant qu’une jument blanche, et à travers Dame Althéa.
De plus, pas de happy end, pas de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », ce qui rend le film encore plus touchant. Ça a atteint ma corde sensible étant enfant.

Là aussi le film a vieilli, et l’animation n’est pas exempt de défauts, mais l’intérêt est ailleurs. Personnellement j’avais beaucoup aimé la finesse des personnages, surtout le design de la licorne.
Je faisais un peu plus haut mention de la musique jouait par le groupe America. J’apprécie surtout le thème principal, que l’on retrouve dans le générique d’ouverture, très inspiré des tapisseries comme celle de la dame à la licorne.
Apparemment le film aurait connu un certain succès aux USA mais aussi en Allemagne où il serait régulièrement rediffusé. Ce qui a aboutit à un projet de film live, regroupant plusieurs des acteurs qui avaient doublés le film animé. Ce projet annoncé en 2002, n’a depuis pas avancé, si un site existe malgré le côté très amateur, rien n’a évolué depuis et je commence à émettre des doutes quant aux faits qu’il aboutisse un jour. Ces problèmes seraient dû à des soucis juridique entre Peter S. Beagle initiateur du projet et Granada International.

En définitif la dernière licorne c’est bien, c’est beau, mangez en !

ps: quand j’étais petite j’aimais beaucoup le prince Lir, et j’avais beaucoup de mal à comprendre la colère de Molly Grue lorsqu’elle voit pour la 1ere fois la licorne.

Gay purr-ee

Contrairement à ce que laisse supposer le titre la note n’aura rien de gay, quoique après vous pourrez aller à vos divagations Freudienne. Après avoir fait une note sur FB « 15 films, 15 minutes », le nom « Gay purr-ee » est entré dans la liste et je me doute que pour ceux qui y ont jeté un oeil c’est un inconnu au bataillon. Cette courte note me permet de lancer un sujet que je voulais aborder depuis un moment surtout avec l’année franco-russe qui s’achève, à savoir les chefs-d’œuvre de l’animation. Je ne parlerai pas que des films russes, quoiqu’il y ait matière, mais des films qui m’ont marqué, qui ne sont pas forcement connus du grand public. Bien sur quand je parle de chef d’oeuvre c’est à différent degrés parce que ça reste mon point de vue : en terme d’histoire, de musique, d’ambiance… la plupart de ces films ont vieillis, certains sont moins innocents que d’autres etc…J’avais déjà plus ou moins abordé le sujet avec « la princesse et le cordelier » dans ma review des films de 2009 (qu’il faudra que je finisse un jour d’ailleurs) avec son parti graphique qui malheureusement passera à la trappe face à Aladin.

Bref.. »Gay Purr-ee » c’est tout simplement la prononciation de « Gai Paris » qui fût traduit en français par « Chat c’est Paris » qui est une histoire qui parle de…chats. C’est un film d’animation américain datant de 1962, soit 12 ans avant les aristochats de Disney, et après avoir lu quelques sites ça et là, le film avait surtout marqué une innovation dans le fait que les humains étaient quasiment absent du film. Il y en a, mais ils servent, pour le peu qu’on en voit, de toile de fond, bien que la discussion entre deux soeurs au début du film servent d’élément déclencheur à l’histoire.

Et de quoi ça cause ?
C’est l’histoire de Mewsette jeune chatte vivant paisiblement à la campagne, courtisée par Jaune Tom chasseur de souris émérite toujours accompagné de son acolyte Robespierre. Un jour Mewsette en a marre, et ne veut pas croupir le reste de sa vie dans sa campagne de Provence, elle rêve d’autre chose : de Paris ! Elle plaque donc tout pour monter sur la capitale, et y rencontre Meowrice chat raffiné qui décide la présenter à sa soeur Mme Rubens-chatte pour en faire un dame de la haute. Jaune Tom apprenant que sa bien aimée s’en est aller pour la capitale, décide de la rejoindre.

L’histoire en elle même n’est pas très compliquée, c’est celle de la provinciale naïve qui rêve d’un Paris idéalisé bien loin de la réalité. Avec le recul j’avais trouvé Mewsette horripilante à souhait quand elle commence à tout dénigrer en n’ayant que Paris à la bouche.  Le film a vieilli, l’animation n’était pas ce qu’il y a de meilleur, mais reste très correcte quand même. En étant honnête le film fait son âge, comme en démontre les chansons, oui il y en a, on est dans une comédie musicale. Mais d’un autre côté il ne faut pas s’arrêter là.

Le point fort du film, et c’est ça qui m’avait marqué, c’est son style graphique et son ambiance. Tout, absolument tout, est un hommage à Paris, la France, et surtout son art. C’est simple c’est une succession de tableaux. La Provence où vie Mewsette : du Van Gogh, son Paris : du Modigliani, le Meowlin Rouge : du Toulouse Lautrec…la preuve la plus flagrande est qu’elle celle ci se fait peindre son portrait : Claude Monet, Henri de Toulouse-Lautrec, Georges Seurat, Henri Rousseau, Amedeo Modigliani, Vincent van Gogh, Edgar Degas, Auguste Renoir, Paul Cézanne, Paul Gauguin et Pablo Picasso…ce qui est aussi l’occasion de quelques anachronismes : le tableau façon Guernica de Picasso (1937), alors qu’on est censé être en 1895…
A l’époque cette séquence m’avait beaucoup marqué, et encore aujourd’hui je la trouve très belle, je me demande même si elle n’a pas marqué au point d’orienter ma vocation..

L’autre point fort c’est la présence de Judith Garland (le magicien d’Oz) au doublage de Mewsette et pour les chansons, à l’époque c’était THE argument du film si bien que même sur ma jaquette de cassette vidéo on ne voit qu’elle. En ce qui concerne les chansons, le style est vieillot, certaines sont meilleures que d’autres.

Le hic dans tout ça, c’est que même si je conseille ce film, il sera difficilement trouvable dans notre contrée, à ma connaissance il n’a jamais était édité que ce soit en DVD ou cassette. Si j’ai eu de la chance de le voir c’est parce qu’on me l’a enregistré lors de son passage sur canal fin des années 80. Bizarrement je l’ai en VF avec les chansons en VOSTT, alors que planète jeunesse semble dire que lors de ce passage ci il était en VO… hum…

Pour conclure, Gay Purr-ee est un très beau et bon film dans un style qui lui est propre et qu’il serait dommage de faire une comparaison avec les aristochats tant ils sont différents (excepte pour le thème). Mais si vous avez l’occasion de jeter un oeil dessus n’hésitez pas. J’espère vous avoir donné envie.