Ces personnages qui ne devraient pas finir ensemble

Je poste ceci le jour de la saint Valentin, il fallait le faire. Le jour de l’ode à l’amour et au couple. Car oui, si vous n’êtes pas en couple vous ne valez pas grand chose puisque apparemment votre vie est forcément terne, ennuyeuse et vous êtes un/une dépressif/ve au bord du suicide. Passons.

Pourquoi est-ce que je poste ceci ? Pour être honnête c’est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un petit moment et qui a fait son bout de chemin.  Voyez-vous, j’aime bien les comédies romantiques, j’en ai quelques unes au compteur. Jusqu’à présent le schéma « ils finirent ensemble et vécurent très heureux » ne m’avait jamais gênée. Nous connaissons tout le schéma de ces comédies, nous savons que les personnages vont finir ensemble bien qu’ils se détestent cordialement au départ (ou pas), ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe entre avec quelques dialogues bien sentis. Bref. Un beau jour je regardais Le témoin amoureux, comédie romantique gentillette sans prétention avec le beau Patrick Dempsey (aka docteur mamour de Grey’s anatomy).

L’histoire était celle de deux amis (un homme et une femme)  qui se connaissent depuis la fac. Tout le début nous démontre qu’ils se connaissent parfaitement l’un, l’autre, avec leurs qualités et défauts, qu’il y a une parfaite alchimie entre eux et qui pour le coup n’est pas amoureuse. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la jeune femme ramène un bel écossais avec lequel elle annonce vouloir se marier. Et là notre beau héro se rend compte qu’en réalité il l’aime d’amour vrai et va tout faire pour la conquérir. Je vais spoilée (quoi, sincèrement quand on connait le schéma de ces comédies, est-ce que c’est vraiment du spoil ?), mais je pense que tout le monde s’en doute, ils finissent ensemble après s’être rendue compte que son/sa meilleur(e) ami(e) était l’amour de sa vie.

Je vais passer outre l’aspect parfois cliché -surtout sur les gays-, cul-cul et déjà vu, ce qui m’avait surtout ennuyée c’est qu’une fois le couple principal ensemble, je n’ai pas sauté de joie, je n’ai pas été attendri, je ne me suis pas dit enfin…en réalité, c’était plutôt un « Meh ». Pas vraiment de la déception mais certainement pas de la satisfaction. Comme une bonne partie des comédies romantiques, le film m’avait promis de voir finir le couple principal ensemble après bien des péripéties et j’y ai eu effectivement droit. Comme le film avait tout mis en oeuvre pour me montrer que ça ne sortait pas de nul part. Mais rien à faire, je ne voyais pas ce couple comme un couple. Leur relation était fusionnelle, il y avait bien de l’amour mais pas de sens là.

Ce film m’a donc posé problème :

  • déjà parce que ça donne l’impression qu’une amitié h/f n’est pas possible. Je ne dis pas que dans la réalité ça n’existe pas ou bien qu’il n’existe pas des gens aillant épousés leurs meilleurs ami(e)s.
  • ensuite parce que ça m’a fait comprendre que beaucoup de gens ont une vision binaire de l’amour : soit on est amis, soit on est amoureux. Rien entre les deux. Hors l’amour est un sentiment complexe qui ne peut pas toujours se résumer à on s’aime/on s’aime pas.

S’en est suivi plusieurs œuvres, où les personnages que je voyais finir ensemble ne me convenait pas, parce qu’à mon sens les mettre en couple était réducteur, voire manquait de subtilité ou d’effort en cédant à une certaine forme de facilité. En gros, ça venait gâcher du potentiel.

George et Yukari instant de bonheur dans le marasme du drama

J’ai eu aussi l’inverse, voire des couples ne pas finir ensemble (pour le mieux et la suite logique des choses) mais voir des gens presque râler parce que X finissait pas avec Y alors qu’ils allaient trop bien ensemble ( alors que non…). Dans ce cas précis, je citerai le cas de Georges et Yukari dans Paradise Kiss dont j’ai vu beaucoup de personnes regretter qu’ils ne soient pas ensemble à la fin alors que tout avait été mis en oeuvre pour montrer que ce couple n’était pas fonctionnel. Parce que oui, s’aimer ne fait pas tout dans un couple. Un peu comme avec les personnages de Kimi wa pet. Enfin l’une comme l’autre de ces œuvres il faudra vraiment que j’en parle un jour (c’est au fond des tiroirs depuis des lustres, il faudrait que je peaufine ça un jour).

Ou au contraire, un auteur ou une auteure peut vous décevoir complètement en mettant certains personnages ensemble. Au point d’avoir l’impression que l’auteur lui-même n’a pas compris son oeuvre, voire de se sentir floué en tant que lecteur comme si nous avions été trompé sur la marchandise. Je pense à toi Usagi drop, aka un drôle de père en français, qui m’avait vendu une relation mignonne avec un célibataire endurcie qui se retrouve à élever une petite qui est sa tante. Que l’histoire fasse un bon de dix ans dans le futur…pourquoi pas…c’est toujours intéressant de voir comme gérer une ado mais s’il ne s’agissait que de ça. Non seulement, nous lecteurs avions raté des moments important de la vie des personnages mais j’ai aussi eu l’impression que l’auteure s’évertuait à mettre en pièce tout ce qu’elle avait construit jusque là dans les relations entre ses personnages. Et le pire, c’est de faire finir Daikichi avec Rin, il finit avec la petite qu’il a élevé comme sa fille et qui veut même un enfant de lui. Sauf que ! Twist plot à la japonaise, on nous dit que finalement ils n’ont pas de lien de parenté. Ouf tout va bien ! Merveilleux ! Ça change tout ! Sauf que non! Non, non et re-non ! Sérieusement, je ne savais pas si je devais vomir devant une fin pareille.

Daikichi et sa future femme, tu le sens venir le gros malaise ?

Là s’est posé une autre question : est-ce qu’une oeuvre appartient toujours à son auteur ? Je sais qu’une oeuvre appartient à son auteur, au sens de la propriété intellectuelle, mais il arrive que les lecteurs, les fans, en se la rappropriant font des choses parfois plus intéressante et bien meilleures. A l’inverse, l’auteur écrit quelque chose que les lecteurs et fans vont interpréter de mille manières et parfois -à mon sens- complètement à côté de la plaque, à vous demandez si vous avez bien lu la même chose. Il est tout à fait possible qu’un auteur ai mis de choses dans son oeuvre de manière inconsciente (coucou Freud!) et que les lecteurs le remarquent. Néanmoins, j’ai parfois l’impression que les gens vont chercher midi à quatorze heures. Parfois, c’es drôle, barré….et parfois c’est juste, non.

Bref, cette longue introduction pour parler de quoi au final…et bien du duo formé par de One day de Old Xian. Je ne fais pas spécialement une fixette dessus (quoique), je pourrais tout aussi bien vous parler des personnages de BFF (c’est en prévision avec plusieurs autres choses entre autres). Si j’en parle c’est que le duo cristallise certains points cités plus haut.

Jian Yi (celui qui bave) et Zhan Zhengxi (celui qui supporte)

Revenons donc à l’histoire, pour re-contextualiser. Old Xian dessinatrice chinoise travaillant au studio Mosspaca a créé une histoire pour la compile 19 days : One day. Pourquoi ce titre, je ne saurais vous dire, les histoires commencent par « one day » sans réel contexte chronologique mais passons. Au départ, One day (connu aussi sous le nom de 19 days donc si vous voyez ce nom ne paniquez pas) était un récit court de 8 pages, qui fut suivi par une mêlée en vrac d’illustrations (amusantes ou suggestives) et des strips comiques dans lesquels nous retrouvions deux jeunes hommes sans nom -au départ-, dont l’un semblait avoir un gros faible pour son camarade qui répondait à tout cet amour par des lattes dans la gueule. Le tout dans des situations du quotidien. Bien que tout ceci était en vrac, il apparaissait déjà qu’ils étaient amis de longue date, Zhan Zhengxi (un des personnages principaux masculin) nous en faisant un bref résumé. Petit à petit il est possible de retrouver une certaine chronologie au travers de divers chapitres qui arrivent au fur et à mesure :

Nos deux personnages se sont connus pendant l’enfance. Avant cela, il semble que le père de Jian Yi soit partie pour des raisons obscures (un crime ? un problème avec la mafia ?) et que la mère du jeune garçon soit au abonnée absente. Notre pauvre Jian Yi se retrouve sans amis et souffre douleur de la classe jusqu’à ce qu’arrive , Zhan Zhengxi qui décide de lui tendre la main. Les deux deviennent amis, notre petit « orphelin » prend de l’assurance alors que Zhan Zhengxi commence à prendre ses distances avec son ami, sans doute trop bizarre et excentrique à son goût mais reste toujours avec lui. Puis Jian Yi se fait kidnapper par des hommes de mains sous l’ordre de son père (?) et ne réapparaît que quelques années plus tard, obligé de se retaper le lycée qu’il a loupé tout en squattant chez son pote qui lui est désormais à l’université.

C’est ce que nous pouvions établir à partir des premiers strips. (NB: je me base sur la numérotation des chapitres donné par les traducteurs anglophones qui prennent en compte le récit de 19 days + les illustrations de One Day. Il ne s’agit pas de celle de l’auteure.) Depuis le chapitre 55 environ, l’auteur se consacre à écrire une histoire cohérente et qui se suit, alternant les débilités de Jian Yi sur l’impassible Zhan Zhengxi (qui ont depuis acquis un nom : Jian Yi au chapitre 105 et Zhan Zhengxi au chapitre suivant). Leur relation est plus ou moins la même que dans les premiers chapitres montrés, quoique Jian Yi est moins rentre dedans (sans mauvais jeu de mot). C’est là qu’on apprend leur amitié de longue date.

Petite aparté car il y a je trouve une petite incohérence chronologique.
Puisqu’il nous est expliqué dans les premiers chapitres que Jian Yi a disparu le 2ème jour de son entrée au lycée, pour ne revenir que quelques années plus tard alors que Xi est à l’université, quand se passe tout les récents chapitres ?  Tout ce qui se passe actuellement, se passe avant que Xi ne soit à l’université. Ce qui invalide certaines théories qui pense que le comportement de Xi est basé sur la peur de perdre « encore » son ami, sauf que ce n’est pas encore arrivé. Hors, lorsque Xi est à l’université leur relation est au même point que quand ils se sont quittés (je t’aime, je te baffe).  Alors, soit tout ce qui se passe actuellement remplace en partie ce qui a été  dit précédemment, soit leur relation ne va pas évoluer des masses, vu qu’au moment du retour de Jian Yi, c’est la même routine.
J’ajouterai que les actuels chapitres ont l’air de se passer au lycée alors que Jian Yi est censé ne pas y être.
Fin de l’aparté.

Si je vous parle d’eux, c’est pour une simple raison : l’ambiguïté. Jusqu’à un certain point, il était possible de se dire que l’auteur aller éternellement faire fonctionner ces deux là en une sorte de duo comique où le rôle de chacun était assez clair et défini.  Jian Yi l’adorkable garçon amoureux de son meilleur ami Zhan Zhengxi qui lui est un archétype de tsundere. Une sorte de statu quo. Les gens qui lisaient pouvaient monter des théories sans que celle-ci ne me gêne. Il y avait une certaine mélancolie dans cet amour à sens unique, Jian Yi pouvant se montrer retord et possessif (Cf les chapitres avec la stalkeuse de Xi et RedHead « twist the balls! ») comme complètement crétin. C’est en ça que le personnage est intéressant, il nous laisse à penser qu’il est sur la brèche, qu’il a un côté plus que retord et peut passer du côté obscure. En réalité, Jian Yi n’est pas un mauvais bougre, oui il est pervers,  a des idées bizarres, se montre parfois imprévisible, crétin, très gamin…mais il n’est pas complètement tordu.
Xi au contraire, est un cas plus classique : pas bavard en extérieur mais qui tient à ses (enfin SON) amis et peut se montrer impitoyable envers ceux qui leurs font du tord au point d’agir impulsivement. Pour raccourcir : un nounours en guimauve dans une carapace de glace mais avec des gants de boxe.

Instant de bonheur avant la cata

Mais au delà de ça, c’était surtout une belle amitié. Seulement voilà…le chapitre 142 est arrivé (pour le coup il va avec le 141 et le 143 qui poursuit directement). (NB: comme je l’ai indiqué en amont les chapitres ne sont pas numérotés par l’auteure puisque les illustrations comptent comme des chapitres, l’épisode du baiser devait être le chapitre 100)
Objectivement, il était très bon. Il était beau graphiquement, dans sa narration, dans la description des sentiments des personnages dont on sentait toute la peine, les doutes et les non-dits. Seulement voilà, ce passage a marqué une cassure dans l’atmosphère bien rodée de cette BD. Je n’ai rien contre le changement, peut être que dans quelques temps, avec beaucoup de recul, je dirais que la série en avait besoin car ça tournait en rond ou je ne sais quoi. Cruel changement d’ambiance avant le retour à la normale. Il y avait bien sur eu quelques changements auparavant avec l’apparition de nouveaux personnages : la soeur de Zhan Zhengxi, mais surtout la présence de deux autres garçons (He Tian et redhead -on ne connait pas encore son nom-)
Le rôle de He Tian était déjà assez ambigu en lui même : il console Jian Yi, se montre très amical voire plus…ce qu’il cherche n’est pas très claire. Rajoutez à cela qu’il est beau, riche, charismatique et que les filles se pressent au portillon.
Mais revenons à nos moutons… avant ce chapitre, les théories allées déjà bon train mais depuis j’ai l’impression que c’est pire. Les gens semblent vouloir absolument un Zhan Zhengxi x Jian Yi ou un Jian Yi x Zhan Zhengxi. Et c’est là que ça bloque pour moi car je pense, j’espère, je croise les doigts pour que ça n’ait pas lieu.
La relation entre nos deux héros est très belle en soi. Zhengxixi ou xi -je vais dire xi car je commence à fatiguer de l’écrire en entier- malgré une certaine distance, le fait qu’il parle peu et s’épanche peu, tient beaucoup à son ami. Il lui en colle une, il est agacé de son comportement mais il le connait bien, il arrive à cerner quand Jian Yi ne va pas bien. Bon par contre, il arrive moins à prédire ses futures conneries. Mais leur duo et le fait qu’ils soient toujours pris en flag’ dans les pires moment, me rappelle l’anime Daily Lives of High School Boys. Une amitié de longue date à la fois solide et fragile, immuable et changeante.

De mon point de vue, comme celui d’autres, Xi n’est pas complètement idiot et a bien vu l’hyper affection que lui porte Jian Yi. C’est après que les théories diverges : certains pensent que Xi ne veut pas s’avouer à lui même qu’il ressent plus que de l’amitié, d’autre qu’ils faisaient semblant de ne pas voir pour garder un statu quo…

miss-the-point1

Evidemment, tout le monde a bien compris que Xi était à côté de la plaque quand il demande à Yi s’il aime les garçons dans ce fameux chapitre 142. Non Yi n’a pas d’attirance spécifique pour les garçons (quoique), il aime Xi. Ce qui était également intéressant, c’est toute la discussion que certain(e)s ont eu suite à cette scène. Le fait que Yi pleurait parce qu’il pensait qu’il avait été très clair dans ses sentiments envers son ami depuis le début et pour finalement se rendre compte qu’en réalité celui-ci ne l’a jamais pris au sérieux. Ça se tient. Parce que l’équilibre délicat entre la blague et le sérieux a été brisé. Pour moi, les larmes étaient à la fois dû au fait que Xi se plante sur toute la ligne (donc ça fait mal) mais aussi que Yi s’en veut car il vient de briser ce train-train, cette routine qu’il avait tout les deux. La blague est allée trop loin pour ne pas être prise en compte et en révèle un peu trop. Donc ça fait peur.

Par contre, je ne suis pas en faveur des théories émises après qui évoquent la formation du couple entre eux. Genre c’est le matin, comme nous voyons du soleil, l’auteur veut nous dire qu’ils sont officiellement un couple. Parce que c’est officiel, ils viennent de dépasser le stade ami pour celui d’amoureux. NON. C’est ce qui rejoint ce dont je parlais plus haut : la binarité en amour. Au delà de l’amitié, c’est forcément un sentiment amoureux. Je ne sais pas si je dois être triste ou énervée par le manque d’imagination des gens et leur vision parfois très étroite.
Il y a déjà une retour à leur dynamique précédente dans les chapitres post 143, même si Xi essaie de discuter de quelque chose sans y parvenir (on peut penser qu’il veuille parler des précédents événements, logique).

Pourquoi je suis contre cette idée de couple ? Déjà parce que c’est trop simple, c’est mille fois vu et je trouve que ce qui a été mis en place entre eux ne va pas, ne doit pas, aller dans cette direction. Ne pourrions nous pas avoir une amitié entre garçons touchante, basée sur l’affection, la connerie ado, les malentendus, les ambiguïtés, la complicité, la compréhension de l’autre…sans rajouter tout ce fatras yaoïste. Un peu de shonen aï pour mousser pourquoi pas mais le reste…
J’ai l’impression que les gens tendent facilement aux relations amoureuses entre garçons car c’est plus facile à traiter et semble être une suite logique alors que non. Justement traiter d’une relation complexe qui ne soit pas amoureuse est -à mon sens- un vrai challenge. Je ne dis pas qu’une relation amoureuse ne peut pas être complexe et pleine d’ambiguïté  mais je pense que l’on peut traiter une histoire d’amour complexe sans forcément tomber dans le « Ah mais en fait on est amoureux l’un de l’autre ! ». Je pense que des gens peuvent partager des sentiments très fort, qui aillent au delà de l’amitié « classique », sans être amoureux.
Je pense que la volonté des gens à vouloir absolument du yaoï vient sans doute des premières illustrations qui nous vendaient de l’érotisme et des relations sulfureuses entre garçons plus que de l’amitié (et de l’appellation du comics). Evidemment, je peux me planter sur toute la ligne avec One day. Peut-être que l’auteur veut aller dans ce sens, peut-être qu’elle réussira à me faire changer d’avis ( ou presque) à la BFF.

Ce qu’on nous vendait…

Ce qu’on a eu…

Dans les derniers chapitres actuellement sorties, Xi nous fait une sorte de crise, qui vient en réalité d’un malentendu. Certains y verront de la jalousie amoureuse, moi j’y vois un garçon qui a toujours été le seul ami et seul soutient de Jian Yi qui voit ce dernier devenir soudain le centre d’attention et a une certaine peur de ce changement qu’il ne maîtrise pas. C’est surtout se rendre compte qu’une personne à laquelle on tient peut vivre sans vous et vous laissez tout seul en arrière. Mais également une autre preuve d’une amitié forte et sincère qui montre qu’il ne supporte pas qu’on se moque de Jian Yi, sauf que cette fois il le dit ouvertement.

Que les fans shippent des personnages en réalité ne me gêne pas (qui ne le fait pas ?), c’est juste que les théories de couple entre les deux personnages, après avoir décortiqué chaque parcelle du comics, image par image, me semblent aller un peu trop loin. Surtout si c’est pour annoncer ses conclusions comme des vérités absolues (et ça se passe encore plus mal si tu n’es pas d’accord).
« Regardez X regarde Y fixement à la 4ème case c’est une preuve du début de ses sentiments pour Y! »
Les lecteurs et lectrices sont libres de leurs interprétations, parfois c’est sensé, parfois ça me donne juste envie de balancer mon PC par la fenêtre. Parfois, je me demande si le lecteur n’est pas formaté après avoir lu/vu/englouti des tonnes d’œuvres qui se ressemblent plus ou moins, avec plus ou moins le même schéma. S’il n’est pas difficile, autant pour l’auteur que celui qui lit, d’imaginer autre chose que ce qui a été déjà mille fois vu et revu.

C’est à peu près la tête que je fais devant certaines analyses.

Ma relation avec les histoires d’amour ou le yaoï est assez particulière, j’en lis beaucoup, j’en vois beaucoup mais je ne suis pas fan pour autant, je ne cours pas non plus après.

En réalité, je pense que je suis contre les facilités scénaristiques, surtout si elles ne sont pas assumées. Je suis contre certains effets des auteurs qui sont juste là pour nous mettre de la poudre aux yeux pour cacher ce qui est, selon moi, creux et vide de sens. Je suis parfois énervée devant les élucubrations de certains fans, ou quand certains revendiquent de s’identifier complètement à tel ou tel personnage, de savoir parfaitement ce qu’il pense, de pouvoir se mettre à sa place. On parle souvent de la « psychologie des personnages » mais quelqu’un m’a dit un jour qu’un personnage n’a pas de psychologie, c’est juste un personnage fictif. Il ne pense ni ne vit qu’à travers son auteur ou son interprète, lui donner une « psychologie » c’est voir, ajouter des choses, là où il n’y a rien à voir.

Bref, que conclure de cette interminable note, qui de base devait être une analyse du traitement de deux personnages de One day à partir d’un champ du dictionnaire de l’amour peu exploré.
One day est une série que j’aime, que j’apprécie, que je suis religieusement ou presque (comme tant d’autres). J’aime les théories de toutes sortes mais quand cela touche des personnages que j’apprécie et des histoires de couples, je peux montrer au créneau.
Pour en revenir au titre, il y a, à mon sens, des personnages qui mériteraient de ne pas finir ensemble parce que l’amour est vaste et qu’il est dommage de se limiter à des structures binaires. Je souhaite une longue vie à One day, je souhaite de voir d’autres bons moments et rire encore de ces histoires.

Publicités

L’art étrange de Kaneoya Sachiko

C’est toujours dans les méandres de l’internet, en me baladant de sites en sites que je tombe toujours sur une image insolite qui me fait découvrir un/une artiste qui, à mon sens, mérite le détour. Et puis c’est la St Valentin, il me faut parler d’amour.

Je vais donc parler de Kaneoya Sachiko.

Honnêtement je n’ai pas trouvé grand chose d’elle sur le net, je veux dire pas de sites ou de forums enflammés sur son travail, les sites que je rencontre évoquent souvent la même chose sans aller plus loin dans l’analyse de son travail.

motel_of_rundown_district_by_kaneoyasachiko-d540bcs

L’homme de Kaneoya Sachiko dans toute sa splendeur

 

 

L’artiste possède un site web qui répertorie son travail (avec une louable tentative de transcriptions approximatives en anglais) ainsi qu’un deviant art pas mis à jour (personne n’est parfait).

 

Si j’en parle c’est que ses oeuvres dégagent un certain érotisme, mais un érotisme particulier, très japonais nous dirons. Cet érotisme lié aux blessures, saignements et autres bandages. L’érotisme d’une personne quelconque qui se retrouve dans des situations gênantes, voir humiliantes.

Si vous aimez des auteurs comme Maruo alors vous serez peut être sensible à son art. Ses illustrations restent néanmoins beaucoup plus soft que son aîné, moins de sang et d’organes à l’air, mais plus de fury. On retrouve néanmoins ces écoliers masculins peu viril à casquette et au short noir bien plissé qui semblent moins sages qu’ils n’en ont l’air. Bien sur tout ne fait pas penser à du Maruo, il s’agit surtout de certaines illustrations où les choix de couleurs et d’attitudes des personnages m’y font indubitablement penser.

no_title2_by_kaneoyasachiko-d3kjq9yf72c21e33c97d9772954a9c6eb510bd1recorderlove_by_kaneoyasachiko-d34q2ak

 

Quand on regarde ses dessins, on ne peut s’empêcher de penser à illustrations de années 50/60′, gentillettes et bon enfants dans les thèmes comme dans les couleurs choisies. En effet, certaines des images ont un style très cartoons dont le côté mignons tranchent quelquefois avec ce qui est représenté. Pour le coup les personnages se simplifient, jusqu’au rondouillard par moment et me rappelle d’une certaine façon certains titres de Natsume Ono (Ristorante paradiso, Goyo, not simple, la quinta camera…), dont le style -s’il est varié- reste identifiable.

merry_go_round

Un monde merveilleux, mignon et coloré…

 

 

L’un des thèmes majeurs (comme indiqué sur son site, si vous ne l’aviez pas remarqué) : c’est l’homme. Mais attention pas n’importe quel homme ! Un homme peu viril, qui dégage un air de looser procrastinateur et je m’en foutiste, souvent malmené par la gente féminine dont il devient la victime. Un homme souvent  blessé : s’il n’a pas de coquard, c’est qu’il saigne du nez, quand c’est pas les deux. Un homme loin d’être au sommet de sa gloire, un peu pathétique sur les bords et sans défense.  Bref une image d’homme que l’on voit peu souvent et où les clichés sont renversés, car c’est désormais l’homme qui est victime du grand méchant loup ou de jeunes félines. Des femmes souvent plus costauds et bien en chairs qui contrastent avec notre protagoniste masculin. S’agit-il de redonner le pouvoir aux femmes ou de les montrer en prédatrices ?

Souvent notre homme accepte de devenir le jouet de ces dames et d’ôter la chemise dès qu’il y a quelques billets à la clé. Notre homme serait-il tellement dans le besoin qu’il faille qu’il se prostitue ou se fasse entretenir ?

Evidemment, chacun est libre de ne pas adhérer à cette imagerie, voir d’être mis mal à l’aise mais peut être est-ce le but ?

secret_relations_of_me_and_the_dog_by_kaneoyasachiko-d602xd5  the_thirteenth_line_restroom_by_kaneoyasachiko-d5xtatqsosshes_remotecontrol

 

Attaché, maltraité, parfois découpé en morceaux, l’homme subit tout quand il ne semble pas consentant pour se faire traiter de la sorte. Serait-il devenu une serpillière en manque d’amour propre ?

 

S’il ne se retrouve pas victime de la gente féminine, il peut être décrédibilisé, rendu ridicule par les choix de costume : la fantasme de la jeune écolière en uniforme de marin en prend là aussi un coup. Qui n’a jamais rêvé d’un homme en jupe qui garde cependant son beau caleçon rayé et ses chaussettes jusqu’à mi-mollet ? Kaneoya Sachiko nous propose l’essence même du glamour.

L’artiste n’hésite pas à plonger dans le ridicule, il ne tue pas (quoique), jusqu’à vous faire piquer les mirettes.

visionary

N’est-il pas mignon ?

 

 

Tout ceci ne nous est pas présenté  avec des formes anatomiques improbables couplées avec des positions langoureuses et suggestives (je pense à toi Adekan!). Non, notre homme (car c’est souvent le même qui se fait martyriser) est dans des poses lambda qui arrive pourtant à dégager un érotisme latent. Pour preuve Kaneoya Sachiko était présente lors de l’exposition japan erotica au musée de l’érotisme à Paris qui s’est tenue de Mai à Octobre 2014.

sukima_by_kaneoyasachiko-d5xtclnleg3      schoolboy

 

Bien que la colorisation et le style varient, il est facile de reconnaître la patte de l’artiste avec des personnages aisément reconnaissable. Pour preuve, quelques illustrations qui montrent que son travail ne se cantonne pas aux hommes martyrisés.

 

strangerjunk9dogtag

 

Pour conclure que dire…certes j’ai surtout montré un pauvre type dans tout ses états mais il ne faudrait pas s’arrêter à ça. Son travail est riche et varié, parfois simple, parfois ultra détaillé, parfois monochrome ou fluo. Vous n’êtes pas obligé d’adhérer à ce fantasme de l’homme malmené mais vous arrêter à ça serait dommage selon moi (oui mon discours est contradictoire avec les images montrées).

Je vous encourage donc à jeter un oeil sur son site si le coeur vous en dit, histoire que vous découvriez et que vous vous fassiez votre propre idée.

 

torero_by_KaneoyaSachiko

Je me devais de garder cette image pour la fin. Je ne m’en lasse pas.

I can’t fly, but I can kick your ass !

Il y a un mois environ en visionnant des vidéos sur youtube, je suis tombée sur une bande annonce que j’ai cru au départ être un gros délire. Délire parce que c’est la mode du super héros, et encore plus du super héros anti-héros sans pouvoir, avec un bon mix de teen movie made in US dans la mouvance de superbad. WTF is that ?

Le gros délire ado + gun, voir même loli + gun, j’en fais un peu une répulsion par principe. J’ai encore un mauvais souvenir du père noël qui débarque pour donner des armes à des gamins dans Narnia.
Mais bizarrement là c’est passé, même plus j’ai adoré. Adorée la bande son, adorée le délire de loser gavé aux comics qui veut changer le monde mais s’en prend plein la gueule, adorée l’humour noir un peu trash, adorée voir une gamine foutre la pâtée aux vilains à coup de grande giclée de sang…Oui ça flingue, ça tabasse, ça égorge, ça coupe, ça explose, c’est débile, c’est drôle, ça semble pas se prendre au sérieux et c’est ça qui est bon ! Ça défoule.
C’est ainsi que « Kick-ass » (et il porte bien son nom) est entrée dans mon champs de vision pour ne plus le quitter. Alors oui à la base c’est un comics (que je n’ai pas lu mais pour le coup ça me donne bien envie), encore un qui sort au ciné, et on retrouve aux travers des affiches de promo du film une certaine esthétique propre à ce genre de film. De mon côté ça m’a fait penser à un mix entre Kill Bill et Watchmen, que les puristes évitent de me lancer des cailloux.


Je suis complétement fan de l’effet peinture dégueulie.

J’ai donc ainsi vu plusieurs BA et clips, et me suis rendue compte qu’une des versions était amputée de 30 sec. 30 secondes qui nous montrait les joies de la puberté, et du fantasme d’adolescent mâle sur la gente féminine en particulier la prof à gros nibards à coup de mouchoir dans la corbeille. Delicious.
Peu après je suis allée au cinéma pour tomber nez à nez avec une affiche format trop grand pour ma chambre qui déboîtait pas mal. Comme je suis en plein trip « achat d’affiches de films » -à ce propos si vous connaissez des boutiques sur le net ou autres pas trop mal, faite moi signe-, je me suis mise à faire quelques recherches, ben mine de rien y en a de plusieurs types, et des pas mal (les officielles, les previews etc…), mais j’ai pas réussi à trouver toute celles que je voulais 😦

J’imagine combien ça claquerai d’avoir les 4 posters.
J’ai remarqué qu’il devait y avoir un Big Daddy Boycott, parce que se sont celles qu’on trouve le moins. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est le détournement de vieilles affiches de propagande, tout en gardant l’esthétique. Certes c’est du déjà vu, mais ça fonctionne ! Et pour le coup je veux une big daddy, et une red mist ! (mais apparemment se sont des éditions limitées bouh !)

Alors oui si ça se trouve le film est un gros nanar, mais qui apparemment suit son support d’origine assez fidèlement, et a reçu un très bon accueil, et Aaron Johnson est tout à fait charmant ce qui ne gache rien 😀
Je pense cependant que j »irai le voir en Vo, parce que bon la BA en VF m’a pas franchement donné envie, sans dire que ça pue du c**.