Thunderbolt Fantasy

Je sais que plusieurs mois se sont écoulés depuis le dernier billet. Je n’ai malheureusement pas autant de temps libre que je le souhaite mais j’ai néanmoins quelques billets en réserve sous le capot qu’il reste encore à peaufiner. Avant cela une petit réaction à chaud sur une série que j’ai suivie avec beaucoup d’engouement tel que je n’en avais pas connu depuis longtemps.

Pour être honnête, je ne m’attendais pas à voir Thunderbolt Fantasy : les pérégrinations d’une épée en extrême orient débarquer chez nous en simulcast. L’annonce d’une série de fantasy avec des marionnettes avait déjà attisé ma curiosité alors la voir arriver chez nous, c’est un peu comme Noël avant l’heure.

Pour celles ou ceux qui n’en auraient pas entendu parler, il s’agit d’une série en 13 épisodes de 23 min environ qui narre les péripéties d’un groupe hétéroclite en quête d’une épée au pouvoir immense, dérobée dans un temple à une jeune prêtresse et son frère par un odieux vilain.

Apparemment, la série a beaucoup divisé. Déjà sur le plan de sa qualification : s’agit-il d’animation ou pas ? Je ne vais pas entrer dans le débat, bien que si on s’en tient au sens large du verbe animer il s’agit de « donner vie ». Pour ma part je suis habitué depuis l’enfance à divers techniques et procédés d’animation (2D,3D, rotoscopie, stop-motion, peinture, sable, papier découpé….) alors voir des poupées bouger grâce à l’aide d’un maître marionnettiste ne m’a pas choqué. Par contre pour certains animes fans, que j’ai pu croisé sur les forums, l’animation ça se résume à de l’animation japonaise en 2D, éventuellement 3D (ce qui est fort dommage). La série ne également m’a pas gêné car j’ai grandi en regardant les sentinelles de l’air aka Thunderbirds en VO (oui j’ai grandi dans les années 60′) et en regardant Team America (FUCK YEAH!! -ahem-).
L’autre point qui a fait beaucoup parlé de lui, semble-t-il, est l’animation même des marionnettes. Pour beaucoup ça n’est pas passé, souvent qualifié de moche ou de saccadé. Alors que pour d’autres, ça a été un vrai bonheur de voir quelque chose de différent.
Pour ma part, je salue la qualité de l’ensemble. Les marionnettes/poupées sont superbes tant au niveau de leurs costumes, que de leurs coiffures, leurs accessoires…et ces cils ! Mon dieu ces cils ! Je renomme officiellement Mie Tian Hai aka la mort rampante aka le grand vilain, Lord Maybelline. Les marionnettes n’ont au final que peu d’expressions faciales : elles peuvent ouvrir et fermer les yeux, et vaguement ouvrir la bouche. Tout tiens donc en 2 choses : la gestuelle, surtout des mains, pour ne pas paraitre trop statique (et elles bougent beaucoup) et la performance vocale qui arrive à très bien retranscrire les émotions des protagonistes.

Après le début de la série je me suis penché un peu plus sur les personnes derrières. Thunderbolt fantasy est une production née d’une collaboration japonaise et taïwanaise entre Pili (très connu apparemment chez eux) créateur de série wuxia avec poupées et Gen Urobuchi pour le scénario,  Nitroplus pour le design des personnages, Good smile company, à la musique Hiroyuki  Sawano et T.M.Revolution pour le générique.
Pili s’est apparemment chargé de toute la partie filmique et manipulation des marionnettes (puisque c’est leur fond de commerce). Pour le coup je suis allé voir ce qu’ils avaient fait précédemment. Visuellement leur style a évolué avec les années pour devenir plus fin et détaillé (même si certains personnages ont tendance à se ressembler selon moi). Je dois dire que comme je ne lis, ni ne comprends le chinois, je suis bien en mal de donner une liste concrète des séries produites par la firme de ce que j’ai lu il n’y a qu’une seule série « Pili puppet show » qui tourne depuis des années à la TV. C’est une sorte de plus belle la vie version arts martiaux et marionnettes.
A part PiLi Xia Ying: The Decisive Thunderbolt avec ses personnages bien classes, le film Legend of the Sacred Stone (qui est le plus connu car il semble avoir été projeté sur le sol américain), The ARTI: Enigma of the Ancient Lop, 3D PiLi Adventure: Agent 519 – The Young Swordsmen… je ne peux pas en dire grand chose et surtout je n’ai pas réussi  à trouver leur production en VOST. Je ne pourrais donc pas non plus commenter sur le contenu, bien que j’ai pu lire une fois que la présence de Gen Urobuchi sur Thunderbolt était la bienvenue car les productions de Pili était certes belles mais assez plates niveau contenu.

Enfin pour la blague Pili a eu droit à sa bouteille de beaujolais nouveau….

 

Shāng Bù Huàn héros malgré lui

*attention ce qui suit peut potentiellement contenir du spoiler*

Bien que la série laisse au début croire que nous allons suivre Dan Fei, c’est en réalité Shang le véritable personnage principal. Je dois avoué que l’intrigue est relativement simple puisqu’une bonne partie des épisodes est une ligne droite pour aller directement au manoir du grand vilain récupérer l’épée volée. On pourrait résumer simplement : formation du groupe en récupérant les divers protagonistes, traverser les 3 épreuves qui mènent au manoir, arriver au manoir tataner le méchant. Dans le fond, rien de nouveau sous le soleil niveau intrigue. Idem niveau personnages : la prêtresse douce et pure, la démone femme fatale, le petit jeune surexcité en quête de reconnaissance, son mentor calme et posé, le voleur qui en sait plus qu’il ne le dit, le guerrier en quête de l’adversaire ultime et pour finir le gars qui n’avait rien demandé et qui se retrouve embarqué bien malgré lui. En somme des personnages que l’on a pu croiser ailleurs, qui peuvent paraître caricaturaux, et dont le passé ne sera pas révélé parce que de toute façon on s’attardera pas beaucoup dessus.

Lin Xue l'insaisissable Je suis complètement amoureuse de sa coiffure

Lin Xue l’insaisissable. Je suis complètement amoureuse de sa coiffure

Pourquoi donc ai-je tant aimé cette série ? Car à part l’aspect visuel qui sort du lot habituel, le fond n’a rien d’original. Je dirais que la série à l’avantage d’être courte, d’avancer vite et de ne pas se perdre en cours de route, l’ensemble est bien rythmé (surtout les combats, très fluides) et chaque fin d’épisode est comme un cliffhanger qui donne envie de voir la suite. Les personnages ont certes un côté déjà vu mais sont attachant, ajoutez à cela qu’ils ont des mimiques que l’on retrouve dans l’animation japonaise classique (la façon dont ils sont gênés, se grattent la tête, râlent…) surtout Shāng Bù Huàn. Ce qui se développe surtout dans la seconde moitié de la série, c’est l’aspect psychologique. Les raisons qui poussent les personnages à faire ce qu’ils font. Dans le cas présent, la série se penche surtout sur Shāng Bù Huàn et Lǐn Xuě Yā. Le premier restera mystérieux jusqu’à la toute fin (les raisons de sa présence et ses véritables pouvoirs) puisque rien ne nous est dévoilé, à part via quelques phrases éparts ci et là émises par le personnage. Le second passe par diverses phrases : le bon samaritain qui en sait plus qu’il ne le dit, le salaud de traître voleur, le justicier sadique à la pensée tordue, le génie qui dépasse le commun des mortels…un personnage complexe en somme et fort intéressant. Il forme un duo complémentaire avec Shang, entre la force brute mais droit dans ses bottes à la moralité impeccable et le philanthrope amoral qui emprunte des voies détournées. Dualité bien marquée dès le générique que je ne me lasse pas d’écouter et de regarder alors que je ne suis pas fan de T.M Revolution. D’ailleurs le chanteur a même eu droit à sa marionnette spéciale pour la sortie du single RAIMEI qui sert de titre pour le générique d’ouverture.

La musique dans son ensemble n’est pas en reste. On a droit à de beaux morceaux bien épiques qui restent en tête et donne un côté grandiloquent aux combats.

J’ai un faible pour la 1ère (à vrai dire j’ai un faible pour tout ce qui contient des chœurs). Les voix des personnages sont aussi très bonnes, petit plus pour la présentation en chinois de chacun des personnages avec la petite phrase poétique qui va bien. J’avoue avoir été cependant perdu avec les noms. Ils sont en chinois et indiqués comme tels dans les sous-titres, seulement ils sont prononcé différemment en japonais et leur surnoms (les lamentations de la nuit, la mort rampante, le rapace hurlant, l’insaisissable…) sont traduit en français. De plus, les sous titres alternes entre noms et surnoms de quoi se perdre parfois…

Shā Wú Shēng, nous te promettons d'écrire des yaoï à ta gloire !

Shā Wú Shēng, nous te promettons d’écrire des yaoï à ta gloire !

Je pourrais râler sur les personnages pour les défauts (alors que j’ai dit que je les aimais). A savoir que certains sont partis trop vite sans avoir eu beaucoup de développement (je pleure encore Shā Wú Shēng) ou de combats épiques comme promis dans le générique (je pense à toi Charming huntress). Après vient Dan Fei la prêtresse. Non pas que je n’aime pas ce personnage mais au final elle restera très en retrait. Sa motivation première était de récupérer l’épée sacrée et de venger son frère. Au final elle ne fera ni l’un, ni l’autre. Toute vengeance semble l’avoir quittée. Ajoutez à cela, qu’il nous est montré à plusieurs reprises qu’elle est parfaitement capable de se battre et de se défendre toute seule, pour finir par rester derrière. A un moment Juan lui apprend à rectifier ses enchaînements pour les adapter à sa morphologie et être sur de ne pas manquer sa cible. J’ai vraiment cru que l’on allait retrouver cet élément plus tard dans la série pendant un combat épique où Dan Fei aurait finit par terrasser Mie Tian et au final…rien… Sur ce point là j’ai été très déçu série 😦

La série nous sort également presque de nul part une romance entre Juan et Dan Fei. Certes il la draguait lourdement au départ (pas très longtemps), nous les avons vu ensemble souvent par la suite mais la fin nous les montre main dans la main, s’entrainant ensemble pendant qu’elle lui parle de son futur fils…C’est mignon mais j’aurais voulu voir cela avant !
Après la série, bien qu’avec des personnages très beaux visuellement et des hommes qui portent très bien le mascara et le gloss, n’est pas sans violence. Nous avons rapidement droit à des têtes -et autres parties du corps- découpées quand ce ne sont pas des morceaux de cages thoraciques qui vous sortent de l’abdomen, sans oublier le sang. Bien sûr, lors des combats les héros vous sortiront tout un lot de techniques spéciales prononcées à voix hautes avec effets lumineux à la clé. J’avais peur de la 3D incluse dans la série car j’ai pu voir d’autres production de PILI (la compagnie qui crée les poupées) où cette dernière était présente et piquaient les yeux. Finalement le boss de fin « le démon des fours crématoires » est plutôt pas mal, sauf ses tentacules qui a rendu le dernier combat un peu tcheap.
Je pourrais reprocher aussi le fait de rendre les personnages trop « over the top » : entre Shang qui défonce les méchants avec un vulgaire bout de bois et bat le boss une main dans le dos (sans oublier qu’il s’est farcie les 3 épreuves à lui tout seul….à se demander à quoi servait les autres), Lin qui en plus d’être plus malin que tout le monde et un dieu de l’épée, Shòu Yún Xiāo qui lance ses flèches en plein ciel mais arrive toujours à les faire retomber pile au bon endroit après avoir calculer la vitesse du vent, la distance et le nombre de pas que fera l’adversaire…sans oublier les punchlines types du genre « je vais finir ce combat en 9 coups ». Ca pourrait faire trop mais ici, cela fonctionne complètement. Après quelques deux ex machina ici et là mais qui passe là aussi.

Xing Hai version 3D et 2D, moins de rouge plus de boobs

Xing Hai version 3D et 2D, moins de rouge plus de boobs

La fin du 13ème épisode annonce une séquelle. C’est à la fois une bonne surprise et un moment d’appréhension. Appréhension  parce que les 3/4 du cast actuel sont six pieds sous terre, bien que je prendrais plaisir à revoir Juan/Dan Fei ou Xing Hai (pour savoir ce qu’elle est advenue), et que je ne sais pas ce qu’on pourrait dire d’autre maintenant que tout a été révélé et que nos héros ont battu le démon ultime.
En attendant, on peut toujours écrire des fanfiction LinxShang.

*fin de la potentielle zone spoiler, vous pouvez reprendre une activité normale*

Il existe également 2 adaptations en manga de la série. Je n’en ai lu qu’une sur les deux (toujours en cours) dessinée par Yui Sakuma (auteur de Complex age série en 6 volumes), pour l’instant elle se contente de reprendre la série sous format papier. Je ne suis pas fan du dessin, après avoir été habitué à la beauté et la finesse des personnages de la série, ceux de la série manga sont dessinés de façon assez grossière. Pourtant, le dessin de complex age était assez plaisant. Quant à la seconde adaptation, Thunderbolt Fantasy – Sword Travels from the East – A Maiden’s Magical Journey, elle semble déjà beaucoup plus belle visuellement (c’est Kairi Shimotsuki qui est en charge du dessin, elle est connue chez nous pour  Brave 10 et Docteur Mephisto) et de ce que j’ai compris elle s’attardera sur le point de vue de Dan Fei.

J’ai aimé cette série car elle sortait du carcan habituel. L’aurais-je aimé tout autant si j’avais été habitué aux productions Pili classique ? Je ne sais pas. Tout ce que je peux espérer c’est de voir d’autres productions du même genre par ici. Je veux revoir Shang et Lin. J’ai bien conscience que la série n’est pas parfaite mais elle a été un énorme coup de coeur. J’attends avec impatience de voir ce que la suite de cette collaboration entre le Japon et Taiwan peut nous offrir.

Rendez nous les cils de Mie Tian Hai !

Rendez nous les cils de Mie Tian Hai !

 

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Ces personnages qui ne devraient pas finir ensemble

Je poste ceci le jour de la saint Valentin, il fallait le faire. Le jour de l’ode à l’amour et au couple. Car oui, si vous n’êtes pas en couple vous ne valez pas grand chose puisque apparemment votre vie est forcément terne, ennuyeuse et vous êtes un/une dépressif/ve au bord du suicide. Passons.

Pourquoi est-ce que je poste ceci ? Pour être honnête c’est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un petit moment et qui a fait son bout de chemin.  Voyez-vous, j’aime bien les comédies romantiques, j’en ai quelques unes au compteur. Jusqu’à présent le schéma « ils finirent ensemble et vécurent très heureux » ne m’avait jamais gênée. Nous connaissons tout le schéma de ces comédies, nous savons que les personnages vont finir ensemble bien qu’ils se détestent cordialement au départ (ou pas), ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe entre avec quelques dialogues bien sentis. Bref. Un beau jour je regardais Le témoin amoureux, comédie romantique gentillette sans prétention avec le beau Patrick Dempsey (aka docteur mamour de Grey’s anatomy).

L’histoire était celle de deux amis (un homme et une femme)  qui se connaissent depuis la fac. Tout le début nous démontre qu’ils se connaissent parfaitement l’un, l’autre, avec leurs qualités et défauts, qu’il y a une parfaite alchimie entre eux et qui pour le coup n’est pas amoureuse. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la jeune femme ramène un bel écossais avec lequel elle annonce vouloir se marier. Et là notre beau héro se rend compte qu’en réalité il l’aime d’amour vrai et va tout faire pour la conquérir. Je vais spoilée (quoi, sincèrement quand on connait le schéma de ces comédies, est-ce que c’est vraiment du spoil ?), mais je pense que tout le monde s’en doute, ils finissent ensemble après s’être rendue compte que son/sa meilleur(e) ami(e) était l’amour de sa vie.

Je vais passer outre l’aspect parfois cliché -surtout sur les gays-, cul-cul et déjà vu, ce qui m’avait surtout ennuyée c’est qu’une fois le couple principal ensemble, je n’ai pas sauté de joie, je n’ai pas été attendri, je ne me suis pas dit enfin…en réalité, c’était plutôt un « Meh ». Pas vraiment de la déception mais certainement pas de la satisfaction. Comme une bonne partie des comédies romantiques, le film m’avait promis de voir finir le couple principal ensemble après bien des péripéties et j’y ai eu effectivement droit. Comme le film avait tout mis en oeuvre pour me montrer que ça ne sortait pas de nul part. Mais rien à faire, je ne voyais pas ce couple comme un couple. Leur relation était fusionnelle, il y avait bien de l’amour mais pas de sens là.

Ce film m’a donc posé problème :

  • déjà parce que ça donne l’impression qu’une amitié h/f n’est pas possible. Je ne dis pas que dans la réalité ça n’existe pas ou bien qu’il n’existe pas des gens aillant épousés leurs meilleurs ami(e)s.
  • ensuite parce que ça m’a fait comprendre que beaucoup de gens ont une vision binaire de l’amour : soit on est amis, soit on est amoureux. Rien entre les deux. Hors l’amour est un sentiment complexe qui ne peut pas toujours se résumer à on s’aime/on s’aime pas.

S’en est suivi plusieurs œuvres, où les personnages que je voyais finir ensemble ne me convenait pas, parce qu’à mon sens les mettre en couple était réducteur, voire manquait de subtilité ou d’effort en cédant à une certaine forme de facilité. En gros, ça venait gâcher du potentiel.

George et Yukari instant de bonheur dans le marasme du drama

J’ai eu aussi l’inverse, voire des couples ne pas finir ensemble (pour le mieux et la suite logique des choses) mais voir des gens presque râler parce que X finissait pas avec Y alors qu’ils allaient trop bien ensemble ( alors que non…). Dans ce cas précis, je citerai le cas de Georges et Yukari dans Paradise Kiss dont j’ai vu beaucoup de personnes regretter qu’ils ne soient pas ensemble à la fin alors que tout avait été mis en oeuvre pour montrer que ce couple n’était pas fonctionnel. Parce que oui, s’aimer ne fait pas tout dans un couple. Un peu comme avec les personnages de Kimi wa pet. Enfin l’une comme l’autre de ces œuvres il faudra vraiment que j’en parle un jour (c’est au fond des tiroirs depuis des lustres, il faudrait que je peaufine ça un jour).

Ou au contraire, un auteur ou une auteure peut vous décevoir complètement en mettant certains personnages ensemble. Au point d’avoir l’impression que l’auteur lui-même n’a pas compris son oeuvre, voire de se sentir floué en tant que lecteur comme si nous avions été trompé sur la marchandise. Je pense à toi Usagi drop, aka un drôle de père en français, qui m’avait vendu une relation mignonne avec un célibataire endurcie qui se retrouve à élever une petite qui est sa tante. Que l’histoire fasse un bon de dix ans dans le futur…pourquoi pas…c’est toujours intéressant de voir comme gérer une ado mais s’il ne s’agissait que de ça. Non seulement, nous lecteurs avions raté des moments important de la vie des personnages mais j’ai aussi eu l’impression que l’auteure s’évertuait à mettre en pièce tout ce qu’elle avait construit jusque là dans les relations entre ses personnages. Et le pire, c’est de faire finir Daikichi avec Rin, il finit avec la petite qu’il a élevé comme sa fille et qui veut même un enfant de lui. Sauf que ! Twist plot à la japonaise, on nous dit que finalement ils n’ont pas de lien de parenté. Ouf tout va bien ! Merveilleux ! Ça change tout ! Sauf que non! Non, non et re-non ! Sérieusement, je ne savais pas si je devais vomir devant une fin pareille.

Daikichi et sa future femme, tu le sens venir le gros malaise ?

Là s’est posé une autre question : est-ce qu’une oeuvre appartient toujours à son auteur ? Je sais qu’une oeuvre appartient à son auteur, au sens de la propriété intellectuelle, mais il arrive que les lecteurs, les fans, en se la rappropriant font des choses parfois plus intéressante et bien meilleures. A l’inverse, l’auteur écrit quelque chose que les lecteurs et fans vont interpréter de mille manières et parfois -à mon sens- complètement à côté de la plaque, à vous demandez si vous avez bien lu la même chose. Il est tout à fait possible qu’un auteur ai mis de choses dans son oeuvre de manière inconsciente (coucou Freud!) et que les lecteurs le remarquent. Néanmoins, j’ai parfois l’impression que les gens vont chercher midi à quatorze heures. Parfois, c’es drôle, barré….et parfois c’est juste, non.

Bref, cette longue introduction pour parler de quoi au final…et bien du duo formé par de One day de Old Xian. Je ne fais pas spécialement une fixette dessus (quoique), je pourrais tout aussi bien vous parler des personnages de BFF (c’est en prévision avec plusieurs autres choses entre autres). Si j’en parle c’est que le duo cristallise certains points cités plus haut.

Jian Yi (celui qui bave) et Zhan Zhengxi (celui qui supporte)

Revenons donc à l’histoire, pour re-contextualiser. Old Xian dessinatrice chinoise travaillant au studio Mosspaca a créé une histoire pour la compile 19 days : One day. Pourquoi ce titre, je ne saurais vous dire, les histoires commencent par « one day » sans réel contexte chronologique mais passons. Au départ, One day (connu aussi sous le nom de 19 days donc si vous voyez ce nom ne paniquez pas) était un récit court de 8 pages, qui fut suivi par une mêlée en vrac d’illustrations (amusantes ou suggestives) et des strips comiques dans lesquels nous retrouvions deux jeunes hommes sans nom -au départ-, dont l’un semblait avoir un gros faible pour son camarade qui répondait à tout cet amour par des lattes dans la gueule. Le tout dans des situations du quotidien. Bien que tout ceci était en vrac, il apparaissait déjà qu’ils étaient amis de longue date, Zhan Zhengxi (un des personnages principaux masculin) nous en faisant un bref résumé. Petit à petit il est possible de retrouver une certaine chronologie au travers de divers chapitres qui arrivent au fur et à mesure :

Nos deux personnages se sont connus pendant l’enfance. Avant cela, il semble que le père de Jian Yi soit partie pour des raisons obscures (un crime ? un problème avec la mafia ?) et que la mère du jeune garçon soit au abonnée absente. Notre pauvre Jian Yi se retrouve sans amis et souffre douleur de la classe jusqu’à ce qu’arrive , Zhan Zhengxi qui décide de lui tendre la main. Les deux deviennent amis, notre petit « orphelin » prend de l’assurance alors que Zhan Zhengxi commence à prendre ses distances avec son ami, sans doute trop bizarre et excentrique à son goût mais reste toujours avec lui. Puis Jian Yi se fait kidnapper par des hommes de mains sous l’ordre de son père (?) et ne réapparaît que quelques années plus tard, obligé de se retaper le lycée qu’il a loupé tout en squattant chez son pote qui lui est désormais à l’université.

C’est ce que nous pouvions établir à partir des premiers strips. (NB: je me base sur la numérotation des chapitres donné par les traducteurs anglophones qui prennent en compte le récit de 19 days + les illustrations de One Day. Il ne s’agit pas de celle de l’auteure.) Depuis le chapitre 55 environ, l’auteur se consacre à écrire une histoire cohérente et qui se suit, alternant les débilités de Jian Yi sur l’impassible Zhan Zhengxi (qui ont depuis acquis un nom : Jian Yi au chapitre 105 et Zhan Zhengxi au chapitre suivant). Leur relation est plus ou moins la même que dans les premiers chapitres montrés, quoique Jian Yi est moins rentre dedans (sans mauvais jeu de mot). C’est là qu’on apprend leur amitié de longue date.

Petite aparté car il y a je trouve une petite incohérence chronologique.
Puisqu’il nous est expliqué dans les premiers chapitres que Jian Yi a disparu le 2ème jour de son entrée au lycée, pour ne revenir que quelques années plus tard alors que Xi est à l’université, quand se passe tout les récents chapitres ?  Tout ce qui se passe actuellement, se passe avant que Xi ne soit à l’université. Ce qui invalide certaines théories qui pense que le comportement de Xi est basé sur la peur de perdre « encore » son ami, sauf que ce n’est pas encore arrivé. Hors, lorsque Xi est à l’université leur relation est au même point que quand ils se sont quittés (je t’aime, je te baffe).  Alors, soit tout ce qui se passe actuellement remplace en partie ce qui a été  dit précédemment, soit leur relation ne va pas évoluer des masses, vu qu’au moment du retour de Jian Yi, c’est la même routine.
J’ajouterai que les actuels chapitres ont l’air de se passer au lycée alors que Jian Yi est censé ne pas y être.
Fin de l’aparté.

Si je vous parle d’eux, c’est pour une simple raison : l’ambiguïté. Jusqu’à un certain point, il était possible de se dire que l’auteur aller éternellement faire fonctionner ces deux là en une sorte de duo comique où le rôle de chacun était assez clair et défini.  Jian Yi l’adorkable garçon amoureux de son meilleur ami Zhan Zhengxi qui lui est un archétype de tsundere. Une sorte de statu quo. Les gens qui lisaient pouvaient monter des théories sans que celle-ci ne me gêne. Il y avait une certaine mélancolie dans cet amour à sens unique, Jian Yi pouvant se montrer retord et possessif (Cf les chapitres avec la stalkeuse de Xi et RedHead « twist the balls! ») comme complètement crétin. C’est en ça que le personnage est intéressant, il nous laisse à penser qu’il est sur la brèche, qu’il a un côté plus que retord et peut passer du côté obscure. En réalité, Jian Yi n’est pas un mauvais bougre, oui il est pervers,  a des idées bizarres, se montre parfois imprévisible, crétin, très gamin…mais il n’est pas complètement tordu.
Xi au contraire, est un cas plus classique : pas bavard en extérieur mais qui tient à ses (enfin SON) amis et peut se montrer impitoyable envers ceux qui leurs font du tord au point d’agir impulsivement. Pour raccourcir : un nounours en guimauve dans une carapace de glace mais avec des gants de boxe.

Instant de bonheur avant la cata

Mais au delà de ça, c’était surtout une belle amitié. Seulement voilà…le chapitre 142 est arrivé (pour le coup il va avec le 141 et le 143 qui poursuit directement). (NB: comme je l’ai indiqué en amont les chapitres ne sont pas numérotés par l’auteure puisque les illustrations comptent comme des chapitres, l’épisode du baiser devait être le chapitre 100)
Objectivement, il était très bon. Il était beau graphiquement, dans sa narration, dans la description des sentiments des personnages dont on sentait toute la peine, les doutes et les non-dits. Seulement voilà, ce passage a marqué une cassure dans l’atmosphère bien rodée de cette BD. Je n’ai rien contre le changement, peut être que dans quelques temps, avec beaucoup de recul, je dirais que la série en avait besoin car ça tournait en rond ou je ne sais quoi. Cruel changement d’ambiance avant le retour à la normale. Il y avait bien sur eu quelques changements auparavant avec l’apparition de nouveaux personnages : la soeur de Zhan Zhengxi, mais surtout la présence de deux autres garçons (He Tian et redhead -on ne connait pas encore son nom-)
Le rôle de He Tian était déjà assez ambigu en lui même : il console Jian Yi, se montre très amical voire plus…ce qu’il cherche n’est pas très claire. Rajoutez à cela qu’il est beau, riche, charismatique et que les filles se pressent au portillon.
Mais revenons à nos moutons… avant ce chapitre, les théories allées déjà bon train mais depuis j’ai l’impression que c’est pire. Les gens semblent vouloir absolument un Zhan Zhengxi x Jian Yi ou un Jian Yi x Zhan Zhengxi. Et c’est là que ça bloque pour moi car je pense, j’espère, je croise les doigts pour que ça n’ait pas lieu.
La relation entre nos deux héros est très belle en soi. Zhengxixi ou xi -je vais dire xi car je commence à fatiguer de l’écrire en entier- malgré une certaine distance, le fait qu’il parle peu et s’épanche peu, tient beaucoup à son ami. Il lui en colle une, il est agacé de son comportement mais il le connait bien, il arrive à cerner quand Jian Yi ne va pas bien. Bon par contre, il arrive moins à prédire ses futures conneries. Mais leur duo et le fait qu’ils soient toujours pris en flag’ dans les pires moment, me rappelle l’anime Daily Lives of High School Boys. Une amitié de longue date à la fois solide et fragile, immuable et changeante.

De mon point de vue, comme celui d’autres, Xi n’est pas complètement idiot et a bien vu l’hyper affection que lui porte Jian Yi. C’est après que les théories diverges : certains pensent que Xi ne veut pas s’avouer à lui même qu’il ressent plus que de l’amitié, d’autre qu’ils faisaient semblant de ne pas voir pour garder un statu quo…

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Evidemment, tout le monde a bien compris que Xi était à côté de la plaque quand il demande à Yi s’il aime les garçons dans ce fameux chapitre 142. Non Yi n’a pas d’attirance spécifique pour les garçons (quoique), il aime Xi. Ce qui était également intéressant, c’est toute la discussion que certain(e)s ont eu suite à cette scène. Le fait que Yi pleurait parce qu’il pensait qu’il avait été très clair dans ses sentiments envers son ami depuis le début et pour finalement se rendre compte qu’en réalité celui-ci ne l’a jamais pris au sérieux. Ça se tient. Parce que l’équilibre délicat entre la blague et le sérieux a été brisé. Pour moi, les larmes étaient à la fois dû au fait que Xi se plante sur toute la ligne (donc ça fait mal) mais aussi que Yi s’en veut car il vient de briser ce train-train, cette routine qu’il avait tout les deux. La blague est allée trop loin pour ne pas être prise en compte et en révèle un peu trop. Donc ça fait peur.

Par contre, je ne suis pas en faveur des théories émises après qui évoquent la formation du couple entre eux. Genre c’est le matin, comme nous voyons du soleil, l’auteur veut nous dire qu’ils sont officiellement un couple. Parce que c’est officiel, ils viennent de dépasser le stade ami pour celui d’amoureux. NON. C’est ce qui rejoint ce dont je parlais plus haut : la binarité en amour. Au delà de l’amitié, c’est forcément un sentiment amoureux. Je ne sais pas si je dois être triste ou énervée par le manque d’imagination des gens et leur vision parfois très étroite.
Il y a déjà une retour à leur dynamique précédente dans les chapitres post 143, même si Xi essaie de discuter de quelque chose sans y parvenir (on peut penser qu’il veuille parler des précédents événements, logique).

Pourquoi je suis contre cette idée de couple ? Déjà parce que c’est trop simple, c’est mille fois vu et je trouve que ce qui a été mis en place entre eux ne va pas, ne doit pas, aller dans cette direction. Ne pourrions nous pas avoir une amitié entre garçons touchante, basée sur l’affection, la connerie ado, les malentendus, les ambiguïtés, la complicité, la compréhension de l’autre…sans rajouter tout ce fatras yaoïste. Un peu de shonen aï pour mousser pourquoi pas mais le reste…
J’ai l’impression que les gens tendent facilement aux relations amoureuses entre garçons car c’est plus facile à traiter et semble être une suite logique alors que non. Justement traiter d’une relation complexe qui ne soit pas amoureuse est -à mon sens- un vrai challenge. Je ne dis pas qu’une relation amoureuse ne peut pas être complexe et pleine d’ambiguïté  mais je pense que l’on peut traiter une histoire d’amour complexe sans forcément tomber dans le « Ah mais en fait on est amoureux l’un de l’autre ! ». Je pense que des gens peuvent partager des sentiments très fort, qui aillent au delà de l’amitié « classique », sans être amoureux.
Je pense que la volonté des gens à vouloir absolument du yaoï vient sans doute des premières illustrations qui nous vendaient de l’érotisme et des relations sulfureuses entre garçons plus que de l’amitié (et de l’appellation du comics). Evidemment, je peux me planter sur toute la ligne avec One day. Peut-être que l’auteur veut aller dans ce sens, peut-être qu’elle réussira à me faire changer d’avis ( ou presque) à la BFF.

Ce qu’on nous vendait…

Ce qu’on a eu…

Dans les derniers chapitres actuellement sorties, Xi nous fait une sorte de crise, qui vient en réalité d’un malentendu. Certains y verront de la jalousie amoureuse, moi j’y vois un garçon qui a toujours été le seul ami et seul soutient de Jian Yi qui voit ce dernier devenir soudain le centre d’attention et a une certaine peur de ce changement qu’il ne maîtrise pas. C’est surtout se rendre compte qu’une personne à laquelle on tient peut vivre sans vous et vous laissez tout seul en arrière. Mais également une autre preuve d’une amitié forte et sincère qui montre qu’il ne supporte pas qu’on se moque de Jian Yi, sauf que cette fois il le dit ouvertement.

Que les fans shippent des personnages en réalité ne me gêne pas (qui ne le fait pas ?), c’est juste que les théories de couple entre les deux personnages, après avoir décortiqué chaque parcelle du comics, image par image, me semblent aller un peu trop loin. Surtout si c’est pour annoncer ses conclusions comme des vérités absolues (et ça se passe encore plus mal si tu n’es pas d’accord).
« Regardez X regarde Y fixement à la 4ème case c’est une preuve du début de ses sentiments pour Y! »
Les lecteurs et lectrices sont libres de leurs interprétations, parfois c’est sensé, parfois ça me donne juste envie de balancer mon PC par la fenêtre. Parfois, je me demande si le lecteur n’est pas formaté après avoir lu/vu/englouti des tonnes d’œuvres qui se ressemblent plus ou moins, avec plus ou moins le même schéma. S’il n’est pas difficile, autant pour l’auteur que celui qui lit, d’imaginer autre chose que ce qui a été déjà mille fois vu et revu.

C’est à peu près la tête que je fais devant certaines analyses.

Ma relation avec les histoires d’amour ou le yaoï est assez particulière, j’en lis beaucoup, j’en vois beaucoup mais je ne suis pas fan pour autant, je ne cours pas non plus après.

En réalité, je pense que je suis contre les facilités scénaristiques, surtout si elles ne sont pas assumées. Je suis contre certains effets des auteurs qui sont juste là pour nous mettre de la poudre aux yeux pour cacher ce qui est, selon moi, creux et vide de sens. Je suis parfois énervée devant les élucubrations de certains fans, ou quand certains revendiquent de s’identifier complètement à tel ou tel personnage, de savoir parfaitement ce qu’il pense, de pouvoir se mettre à sa place. On parle souvent de la « psychologie des personnages » mais quelqu’un m’a dit un jour qu’un personnage n’a pas de psychologie, c’est juste un personnage fictif. Il ne pense ni ne vit qu’à travers son auteur ou son interprète, lui donner une « psychologie » c’est voir, ajouter des choses, là où il n’y a rien à voir.

Bref, que conclure de cette interminable note, qui de base devait être une analyse du traitement de deux personnages de One day à partir d’un champ du dictionnaire de l’amour peu exploré.
One day est une série que j’aime, que j’apprécie, que je suis religieusement ou presque (comme tant d’autres). J’aime les théories de toutes sortes mais quand cela touche des personnages que j’apprécie et des histoires de couples, je peux montrer au créneau.
Pour en revenir au titre, il y a, à mon sens, des personnages qui mériteraient de ne pas finir ensemble parce que l’amour est vaste et qu’il est dommage de se limiter à des structures binaires. Je souhaite une longue vie à One day, je souhaite de voir d’autres bons moments et rire encore de ces histoires.

Old Xian, un jour en France…

Cela faisait un moment que je voulais parler de cet/cette (?) artiste ici et avec l’annonce de la publication prochaine d’un de ses titres en France, c’est l’occasion rêvé !

J’ai connu Old Xian (ou old先) complètement par hasard en tombant sur certaines de ses illustration sur le net. J’ai aimé le style, les couleurs et l’utilisation de la lumière. Et comme je suis une personne curieuse, j’ai voulu en savoir plus. J’ai finalement trouvé son blog où ses strips sont mis en ligne et j’ai commencé à tout remonté pour voir l’ensemble de ses travaux, même si je ne comprends pas un mot de chinois.
Pour être honnête je n’ai pas trouvé grand chose de plus, je veux dire qu’au niveau de son parcours, avec qui et sur quoi il/elle bosse…je trouve pas, ou sinon c’est écrit dans une langue étrangère que je ne peux pas lire (ou alors il faut que je retourne chez les russes, ils savent toujours tout). Je sais que Old Xian et ses comparses (Tan Jiu et Moss) font parfois des arrêts dans des écoles d’art pour donner quelques cours aux élèves (ou juste des interventions). Sur son blog il est indiqué que c’est un homme mais j’aurais tendance à croire que c’est une femme -disons qu’au départ j’ai pensé que s’en était une, depuis c’est resté- d’ailleurs urban china confirme son statut de dessinatrice (mais au final c’est pas très important).

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Beaucoup d’illustrations -surtout dans le domaine de la mode- , ou des publicités pour portables et peu d’œuvres papiers à son actif mais que des choses plaisantes. Dans le désordre :

19 days – One day

Mosspaca Advertising Departement

The specific heat capacity of love

Joker Danny

C’est d’ailleurs ce dernier qui sera publié en France chez Urban China en mai, l’histoire compte 2 volumes. Je me permets d’ailleurs de reprendre le synopsis diffusé :

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La Terre a été ravagée par une maladie contagieuse. En quelques mois seulement, l’humanité a quasiment disparu. Une petite ville a miraculeusement survécu à la catastrophe, et dans cette cité rescapée vit Danny, un jeune orphelin turbulent qui a une tache de naissances en forme de larme sous l’oeil gauche. Par un jour pluvieux, un nouvel arrivant entre en ville : Oreno, un artiste peintre respecté. Voici l’histoire de leur rencontre…

Je ne peux pas dire grand chose dessus étant donné que je ne l’ai pas encore lu au moment où j’écris, ni même vu, excepté quelques illustrations -très belles-, mais connaissant le style de l’auteure, je sens que ça va être du bonheur.

Bon parlons bien, parlons dessin !

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé le style de l’auteure, son trait fin et stylisé, ses couleurs, sa façon de dessiner des corps longilignes et minces. Je pourrais cependant lui reprocher une certaine répétition dans le style, notamment des personnages masculins qui ont une légère tendance à se ressembler. Et sa tendance à nous montrer des messieurs qui aiment enlever le haut pour le plaisir de certaines et certains.

Parlons un peu histoire maintenant :

The specific heat capacity of love est un court oneshot qui nous narre la sortie en mer de la jeune Xue Yi avec sa classe et sa rencontre avec un homme étrange sur la plage qui lui raconte une histoire d’amitié (qui fleur bon le BL quand même) entre un requin et une mouette. L’histoire est simple mais forte, surtout dans son dénouement. Le fait d’anthropomorphisé des animaux n’est pas nouveau en soit mais cela rend certains passages du récit encore plus atroce et violent. C’est officiel, je ne mangerais jamais de l’aileron de requin (j’en avais pas l’intention de base mais au moins là c’est définitif).

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19 days est un recueil d’histoires courtes écrites et dessinées par divers auteurs chinois, dont Old Xian, chaque histoire représentant une journée Celle crée par Old Xian « one day » est un récit de 8 pages où l’on retrouve deux protagonistes mâles sans nom dont l’un (Jian Yi) vient tranquillement squatter chez l’autre (Zhan Zhengxi). On pourrait dire que ce sont les prémisses de One day, le style est un peu plus détaillé mais les personnages égales à eux mêmes (mandale!). Par la suite l’auteure va reprendre son histoire et développer plusieurs strips où l’on retrouvent nos deux ados. Concrètement One day raconte les mésaventures de deux garçons, deux meilleurs amis dont l’un semble avoir un gros faible pour l’autre, il n’hésite d’ailleurs pas à tenter sa chance régulièrement pour finir -souvent- par se prendre une mandale dans la gueule (Aah l’amour~). Les premières choses que j’ai vu sur 19 days – One day étaient surtout une compilation d’illustrations des deux personnages, souvent dans des situations qu’apprécieraient les plus assidues des fujoshis, avec quelques strips racontant des histoires sans vraiment de liens entre elles jusqu’à récemment. Depuis l’auteur étoffe un peu ses personnages et nous permet dans apprendre plus sur leur passif (pour ceux ou celles qui seraient perdu(e)s une timeline existe). Mais honnêtement, ce n’est pas le point le plus important de l’histoire. C’est surtout de les voir évoluer tout les deux. Les situations pour la plupart sont banal mais leur traitement fait rire, tellement c’est stupide. Entre le personnage je-m’en-foutiste (Zhan Zhengxi) qui passe une grande partie du temps en survet’ à glander et son meilleur ami (Jian Yi) un poil collant qui à l’art de prendre les décisions les plus absurdes, stupides et embarrassantes pour rendre les situations encore pires qu’avant (mais bizarrement il est populaire). Sans oublier les régulières méprises par les filles de la classe sur leur relation. One day c’est simple, c’est bête, ça prend pas la tête et les personnages sont attachants. Je recommande. Vous pouvez d’ailleurs voir directement les strips sur le blog de Old Xian.

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Mosspaca Advertising departement est centré sur la vie de studio de l’auteur  (Mosspaca) et de ses deux acolytes Moss et Tan Jiu (mais on y retrouve aussi d’autres dessinateurs du studio de manière sporadique). Dans ce studio nous avons donc : Moss créateur du studio qui s’occupe de scénario (The specific heat capacity of love et Joker Danny entre autres), d’illustrations, ainsi que de choses administratives (il semblerait) et Tan Jiu du dessin. Dans le cas de Mosspaca advertising departement il semble que ce soit les deux illustratrices (Old Xian et Tan Jiu) qui s’occupent ensemble de la réalisation des strips. En gros, Mosspaca raconte la vie de tout les jours du studio, des différents clients qui viennent les voir pour des projets spécifiques (jeux vidéos, marque de shampoing, applis pour téléphone…), de leurs rencontres avec d’autres illustrateurs, etc… honnêtement on peut se demander comment le studio tient vu leur façon de traiter les projets qu’on leur donne. C’est aussi absurde, sinon plus, que One day (pourquoi Moss a une corne au milieu de la tête ?, pourquoi Old Xian se trimbale torse nu avec un bas de pyjama rayé et un masque de lapin sur la tête (en plus elle le porte même pendant les séances de dédicaces) ? pourquoi leurs amis sont des souris bodybuildés ?….on n’en sait rien et au final ça ne rend la chose que plus absurde) avec néanmoins quelques moments de calme. Le tout est aussi disponible sur le blog de l’artiste, ainsi que de Tan Jiu et de Moss.

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Je rejouterais encore un titre qui montre la collaboration de Old Xian et Tan Jiu : 无期之约 (désolée je n’ai pas encore trouvé de traduction) est un court oneshot. Personnellement, je suis moins fan des dessins qui sont certes correct mais bien moins beau que ce à quoi l’auteur nous a habitué, un peu simpliste.

Il serait difficile de parler de Old Xian sans parler de Tan Jiu et Moss. J’avoue avoir cru que Tan Jiu était un autre pseudonyme de Old Xian tellement leurs styles sont proches par moment (enfin surtout quand j’ai vu Tamen de gushi). Tan Jiu possède également un blog (avec une belle bannière ping pong). Si Old Xian semble plus accès BL, Tan jiu ce serait le yuri avec Tamen de Gushi/their story qui raconte l’histoire d’amour de Qiu Tong et Sun Jing de leur rencontre, leur mise en couple. Tan Jiu utilise un peu le même processus que son homologue dans sa façon de narrer. Après nous avoir montrer des illustrations des filles ensemble et des scénettes sans rapports, nous avons enfin droit aux strips racontant leur histoire. Le récit est assez sympathique, classique (la brune sportive un peu garçon manquée rencontre la jolie blonde naïve et pure), le tout entouré de plusieurs personnage (le meilleur ami, le délégué, le mec dont le sempai bodybuildé est amoureux de lui et dont on ne voit jamais la tête (au départ)…). Cette histoire n’en est pour l’instant qu’à ses débuts mais c’est prometteur. Classique comme je l’ai dit mais mignon, avec un peu d’humour mais pas d’absurde, les situations du quotidien embellies par le trait de Tan Jiu.

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Tan Jiu s’occupe également de Mosspaca avec Old Xian en même temps que Tamen de Gushi. Autrement elle a surtout à son actif des oneshots comme Daguanjia  (une histoire de deux frères qui se disputent une cage à grillons dans la  Chine ancienne), The Art of Gardening, qui par son format et le choix du noir et blanc est plus classique, avec cette histoire d’un garçon qui retrouve chez lui un double de lui même qui n’est autre que son bonsaï et  le manhua He Guang Volunteering Committee qui semble être toujours en cours.

En tout les cas je vous encourage vivement à jeter un oeil à leur travaux, ça vaut le coup -de mon point de vue-, pour un aperçu passez par le Tumblr de Old Xian.

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