Joker Danny

Dans un précédent billet, j’avais parlé du studio Mosspaca, de leurs différentes œuvres et de tout l’amour que j’avais pour ce studio. J’avais été ravie lorsque Urban China avait annoncé la publication de Joker Danny qui était l’occasion de voir des auteurs que j’apprécie beaucoup publiés en France, avec l’espoir de voir d’autres de leurs travaux subir le même sort.

Après la lecture de ces deux tomes qu’en est-il ?

 

Présentation

Joker Danny est une bande dessinée chinoise scénarisé par Moss et dessinée par Old Xian du studio Mosspaca et éditée chez nous par Urban China.

Pour l’instant 2 tomes ont été publié, si la série est notée « en cours », ce qui serait logique vu la fin du tome 2, je suis sceptique quand à une éventuelle suite car les auteurs ont l’air d’avoir d’autres projets en cours.
Nous avons là deux grands tomes en couleurs, d’environ 150 pages chacun, avec des couvertures souples. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beau avec des couleurs douces, une narration efficace pour une histoire quelque peu confuse au départ dont il est difficile de connaître les tenants et aboutissements.

 

Les tomes

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Le premier tome se divise en deux parties bien distinctes : la première est une compilation d’histoires courtes sans liens entre elles à part l’apparition d’un joker, que l’on suppose être le fameux clown/joker Danny, et qui intervient plus ou moins directement auprès des personnages. Ce genre de récit n’est pas nouveau et pourrait rappeler Angel et Angel Nest de Sakurasawa Erica par exemple. Ceci dit le tome 1 et 2 permettent de mettre en éclairage certains personnages, qui ils sont et leurs rapports avec Danny, et surtout permettent de situer l’action après les événements de la seconde partie. En effet, dans le tome 1 nous revoyons M.Charles le marionnettiste et sa création M.Clafoutis. Quand à la jeune fille de la première histoire, il est facile reconnaître qui elle est et qui sont ses parents et ce qu’il est advenu d’eux. Quand aux deux frères, j’étais tenté de voir en eux deux des orphelins visible dans la seconde partie mais il semble que cela ne soit pas ça…
Après un interlude, nous entrons dans la seconde partie en faisant connaissance avec Danny jeune orphelin avec une tâche de naissance en forme de larme sous l’œil gauche. Celui ci fait la rencontre de Aurèle Nold un grand peintre, à qui l’on prête des pouvoirs surnaturels, venu restaurer la fresque de l’église de la ville afin de protéger les habitants de la peste qui sévit et transforme les gens en végétaux. En parallèle, nous retrouvons les agents spéciaux Sean et Bellevue accompagné de Noah, un enfant particulier, qui sont à la recherche de quelque chose ou quelqu’un (Danny?).
Le premier tome se termine dans la joie et la bonne humeur mais annonce des événements plus grave qui auront lieu dans dix jours (seulement au vu du tome deux, ils se passent directement après donc….sauf s’il y a encore plus grave après…)
Le premier tome est sympathique et pose les bases mais reste néanmoins confus sur la direction que veut prendre l’histoire. Les deux parties ont des ambiances bien distinctes et assez différentes. Néanmoins, la seconde partie, si elle peut donner une impression de flou, laisse entendre que les auteurs savent où ils vont. En dehors de l’aspect narratif, ce premier tome est une entrée en matière dans l’univers du studio avec une postface sur la création de ce premier tome, suivi d’histoires farfelues comme Moss et Old Xian savent si bien les faire. D’ailleurs, la présentation des auteurs sur la couveture confirme que Old Xian est une dessinatrice, ce détail sera effacé dans le second tome.

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Le second tome commence part faire un bon d’un mois en arrière pour nous en apprendre plus sur Nold et la peste qui sévit. Une grande partie est ensuite consacrée à Noah (3 chapitres!), où nous apprenons qui il est, comment il a obtenu ses pouvoirs et pourquoi il est autant craint. Suivi de la quête des agents Sean et Bellevue pour arriver jusqu’au village du premier tome 1 bouclant ainsi la boucle.
Le second tome n’échappe pas aux interludes radiophonique et postfaces des auteurs, un peu plus nombreuses cette fois et qui sont toujours sans queue ni tête mais apportent une dose d’humour frais non négligeable compte tenu des événements.

Au final, ce second tome pose plus de questions qu’il n’y répond et met en place les bases d’un enjeux plus grand :
Qu’est ce que cette peste ? D’où vient-elle ? Comment l’attrape-t-on ?
Qui est le joker et quelles sont les règles et le but de son jeu ? Comment gagne-t-on des points pour augmenter sa puissance ? Qui sont les autres joueurs ? Gilot nous est présenté comme le 11e joueur, en plus de lui nous connaissons Tashia et Noah, et pouvons supposer que Bellevue en fait également partie. Ce qui fait 3-4 joueurs, il y en donc 7 autres, voir plus. J’aurais aimé en savoir plus sur Tashia, Gilot et les agents spéciaux. De même qu’est-ce que cette fameuse organisation dont ils font partie et quel est son but ?
Pourquoi cherchent-ils Danny ? Qu’a-t-il de particulier ? Étant donné qu’il possède lui aussi une marque comme les autres joueurs, on peut supposer qu’il a lui aussi été en contact avec le fameux Joker, quel serait donc ses pouvoirs et sa contrepartie ?
Concernant Noah, nous apprenons que grâce à ses pupilles il peut retrouver n’importe quoi mais qu’il a une contre partie : ça ne fonctionne que par nuit étoilée et il perd quelque chose qui lui est cher chaque fois qu’il s’en sert. Ajouter à cela qu’il a l’air d’avoir un odorat et une force sur-développés dès le départ en plus de sa super vu (dont il n’a pas l’air de beaucoup se servir), ce qui fait de lui un personnage assez cheaté… J’aurais aimé connaître le pouvoir de Tashia et celui éventuel de Bellevue. Pour la première, elle est nommée « mystificatrice » et Bellevue évoque ses mensonges sans être plus explicite. Quant au second, je me suis demandée s’il n’était pas responsable de la transformation en végétaux des gens qui différerait de l’actuelle épidémie qui sévit.
Et le plus important, comment Danny est devenu le Joker Danny ?
De plus, Joker Danny est un titre assez ironique étant donné que le fameux Danny est très peu présent et n’apparaît que brièvement dans le dernier chapitre du tome deux qui fait le lien avec la fin du tome 1.

En conclusion, Joker Danny est un titre superbe visuellement et intriguant au niveau de son histoire qui laisse une certaine frustration une fois le tome deux terminé. Cependant, même si nous n’avons pas le fin mot de l’histoire (l’aurons nous jamais?), il serait dommage de passer à côté ne serait ce que pour soutenir des auteurs chinois comme Moss et Old Xian que j’apprécie tout particulièrement. J’espère un jour voir les autres œuvres du studio publié chez nous car elles fourmillent de personnages sympathiques et joliment dessinés.

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