Thunderbolt Fantasy

Je sais que plusieurs mois se sont écoulés depuis le dernier billet. Je n’ai malheureusement pas autant de temps libre que je le souhaite mais j’ai néanmoins quelques billets en réserve sous le capot qu’il reste encore à peaufiner. Avant cela une petit réaction à chaud sur une série que j’ai suivie avec beaucoup d’engouement tel que je n’en avais pas connu depuis longtemps.

Pour être honnête, je ne m’attendais pas à voir Thunderbolt Fantasy : les pérégrinations d’une épée en extrême orient débarquer chez nous en simulcast. L’annonce d’une série de fantasy avec des marionnettes avait déjà attisé ma curiosité alors la voir arriver chez nous, c’est un peu comme Noël avant l’heure.

Pour celles ou ceux qui n’en auraient pas entendu parler, il s’agit d’une série en 13 épisodes de 23 min environ qui narre les péripéties d’un groupe hétéroclite en quête d’une épée au pouvoir immense, dérobée dans un temple à une jeune prêtresse et son frère par un odieux vilain.

Apparemment, la série a beaucoup divisé. Déjà sur le plan de sa qualification : s’agit-il d’animation ou pas ? Je ne vais pas entrer dans le débat, bien que si on s’en tient au sens large du verbe animer il s’agit de « donner vie ». Pour ma part je suis habitué depuis l’enfance à divers techniques et procédés d’animation (2D,3D, rotoscopie, stop-motion, peinture, sable, papier découpé….) alors voir des poupées bouger grâce à l’aide d’un maître marionnettiste ne m’a pas choqué. Par contre pour certains animes fans, que j’ai pu croisé sur les forums, l’animation ça se résume à de l’animation japonaise en 2D, éventuellement 3D (ce qui est fort dommage). La série ne également m’a pas gêné car j’ai grandi en regardant les sentinelles de l’air aka Thunderbirds en VO (oui j’ai grandi dans les années 60′) et en regardant Team America (FUCK YEAH!! -ahem-).
L’autre point qui a fait beaucoup parlé de lui, semble-t-il, est l’animation même des marionnettes. Pour beaucoup ça n’est pas passé, souvent qualifié de moche ou de saccadé. Alors que pour d’autres, ça a été un vrai bonheur de voir quelque chose de différent.
Pour ma part, je salue la qualité de l’ensemble. Les marionnettes/poupées sont superbes tant au niveau de leurs costumes, que de leurs coiffures, leurs accessoires…et ces cils ! Mon dieu ces cils ! Je renomme officiellement Mie Tian Hai aka la mort rampante aka le grand vilain, Lord Maybelline. Les marionnettes n’ont au final que peu d’expressions faciales : elles peuvent ouvrir et fermer les yeux, et vaguement ouvrir la bouche. Tout tiens donc en 2 choses : la gestuelle, surtout des mains, pour ne pas paraitre trop statique (et elles bougent beaucoup) et la performance vocale qui arrive à très bien retranscrire les émotions des protagonistes.

Après le début de la série je me suis penché un peu plus sur les personnes derrières. Thunderbolt fantasy est une production née d’une collaboration japonaise et taïwanaise entre Pili (très connu apparemment chez eux) créateur de série wuxia avec poupées et Gen Urobuchi pour le scénario,  Nitroplus pour le design des personnages, Good smile company, à la musique Hiroyuki  Sawano et T.M.Revolution pour le générique.
Pili s’est apparemment chargé de toute la partie filmique et manipulation des marionnettes (puisque c’est leur fond de commerce). Pour le coup je suis allé voir ce qu’ils avaient fait précédemment. Visuellement leur style a évolué avec les années pour devenir plus fin et détaillé (même si certains personnages ont tendance à se ressembler selon moi). Je dois dire que comme je ne lis, ni ne comprends le chinois, je suis bien en mal de donner une liste concrète des séries produites par la firme de ce que j’ai lu il n’y a qu’une seule série « Pili puppet show » qui tourne depuis des années à la TV. C’est une sorte de plus belle la vie version arts martiaux et marionnettes.
A part PiLi Xia Ying: The Decisive Thunderbolt avec ses personnages bien classes, le film Legend of the Sacred Stone (qui est le plus connu car il semble avoir été projeté sur le sol américain), The ARTI: Enigma of the Ancient Lop, 3D PiLi Adventure: Agent 519 – The Young Swordsmen… je ne peux pas en dire grand chose et surtout je n’ai pas réussi  à trouver leur production en VOST. Je ne pourrais donc pas non plus commenter sur le contenu, bien que j’ai pu lire une fois que la présence de Gen Urobuchi sur Thunderbolt était la bienvenue car les productions de Pili était certes belles mais assez plates niveau contenu.

Enfin pour la blague Pili a eu droit à sa bouteille de beaujolais nouveau….

 

Shāng Bù Huàn héros malgré lui

*attention ce qui suit peut potentiellement contenir du spoiler*

Bien que la série laisse au début croire que nous allons suivre Dan Fei, c’est en réalité Shang le véritable personnage principal. Je dois avoué que l’intrigue est relativement simple puisqu’une bonne partie des épisodes est une ligne droite pour aller directement au manoir du grand vilain récupérer l’épée volée. On pourrait résumer simplement : formation du groupe en récupérant les divers protagonistes, traverser les 3 épreuves qui mènent au manoir, arriver au manoir tataner le méchant. Dans le fond, rien de nouveau sous le soleil niveau intrigue. Idem niveau personnages : la prêtresse douce et pure, la démone femme fatale, le petit jeune surexcité en quête de reconnaissance, son mentor calme et posé, le voleur qui en sait plus qu’il ne le dit, le guerrier en quête de l’adversaire ultime et pour finir le gars qui n’avait rien demandé et qui se retrouve embarqué bien malgré lui. En somme des personnages que l’on a pu croiser ailleurs, qui peuvent paraître caricaturaux, et dont le passé ne sera pas révélé parce que de toute façon on s’attardera pas beaucoup dessus.

Lin Xue l'insaisissable Je suis complètement amoureuse de sa coiffure

Lin Xue l’insaisissable. Je suis complètement amoureuse de sa coiffure

Pourquoi donc ai-je tant aimé cette série ? Car à part l’aspect visuel qui sort du lot habituel, le fond n’a rien d’original. Je dirais que la série à l’avantage d’être courte, d’avancer vite et de ne pas se perdre en cours de route, l’ensemble est bien rythmé (surtout les combats, très fluides) et chaque fin d’épisode est comme un cliffhanger qui donne envie de voir la suite. Les personnages ont certes un côté déjà vu mais sont attachant, ajoutez à cela qu’ils ont des mimiques que l’on retrouve dans l’animation japonaise classique (la façon dont ils sont gênés, se grattent la tête, râlent…) surtout Shāng Bù Huàn. Ce qui se développe surtout dans la seconde moitié de la série, c’est l’aspect psychologique. Les raisons qui poussent les personnages à faire ce qu’ils font. Dans le cas présent, la série se penche surtout sur Shāng Bù Huàn et Lǐn Xuě Yā. Le premier restera mystérieux jusqu’à la toute fin (les raisons de sa présence et ses véritables pouvoirs) puisque rien ne nous est dévoilé, à part via quelques phrases éparts ci et là émises par le personnage. Le second passe par diverses phrases : le bon samaritain qui en sait plus qu’il ne le dit, le salaud de traître voleur, le justicier sadique à la pensée tordue, le génie qui dépasse le commun des mortels…un personnage complexe en somme et fort intéressant. Il forme un duo complémentaire avec Shang, entre la force brute mais droit dans ses bottes à la moralité impeccable et le philanthrope amoral qui emprunte des voies détournées. Dualité bien marquée dès le générique que je ne me lasse pas d’écouter et de regarder alors que je ne suis pas fan de T.M Revolution. D’ailleurs le chanteur a même eu droit à sa marionnette spéciale pour la sortie du single RAIMEI qui sert de titre pour le générique d’ouverture.

La musique dans son ensemble n’est pas en reste. On a droit à de beaux morceaux bien épiques qui restent en tête et donne un côté grandiloquent aux combats.

J’ai un faible pour la 1ère (à vrai dire j’ai un faible pour tout ce qui contient des chœurs). Les voix des personnages sont aussi très bonnes, petit plus pour la présentation en chinois de chacun des personnages avec la petite phrase poétique qui va bien. J’avoue avoir été cependant perdu avec les noms. Ils sont en chinois et indiqués comme tels dans les sous-titres, seulement ils sont prononcé différemment en japonais et leur surnoms (les lamentations de la nuit, la mort rampante, le rapace hurlant, l’insaisissable…) sont traduit en français. De plus, les sous titres alternes entre noms et surnoms de quoi se perdre parfois…

Shā Wú Shēng, nous te promettons d'écrire des yaoï à ta gloire !

Shā Wú Shēng, nous te promettons d’écrire des yaoï à ta gloire !

Je pourrais râler sur les personnages pour les défauts (alors que j’ai dit que je les aimais). A savoir que certains sont partis trop vite sans avoir eu beaucoup de développement (je pleure encore Shā Wú Shēng) ou de combats épiques comme promis dans le générique (je pense à toi Charming huntress). Après vient Dan Fei la prêtresse. Non pas que je n’aime pas ce personnage mais au final elle restera très en retrait. Sa motivation première était de récupérer l’épée sacrée et de venger son frère. Au final elle ne fera ni l’un, ni l’autre. Toute vengeance semble l’avoir quittée. Ajoutez à cela, qu’il nous est montré à plusieurs reprises qu’elle est parfaitement capable de se battre et de se défendre toute seule, pour finir par rester derrière. A un moment Juan lui apprend à rectifier ses enchaînements pour les adapter à sa morphologie et être sur de ne pas manquer sa cible. J’ai vraiment cru que l’on allait retrouver cet élément plus tard dans la série pendant un combat épique où Dan Fei aurait finit par terrasser Mie Tian et au final…rien… Sur ce point là j’ai été très déçu série 😦

La série nous sort également presque de nul part une romance entre Juan et Dan Fei. Certes il la draguait lourdement au départ (pas très longtemps), nous les avons vu ensemble souvent par la suite mais la fin nous les montre main dans la main, s’entrainant ensemble pendant qu’elle lui parle de son futur fils…C’est mignon mais j’aurais voulu voir cela avant !
Après la série, bien qu’avec des personnages très beaux visuellement et des hommes qui portent très bien le mascara et le gloss, n’est pas sans violence. Nous avons rapidement droit à des têtes -et autres parties du corps- découpées quand ce ne sont pas des morceaux de cages thoraciques qui vous sortent de l’abdomen, sans oublier le sang. Bien sûr, lors des combats les héros vous sortiront tout un lot de techniques spéciales prononcées à voix hautes avec effets lumineux à la clé. J’avais peur de la 3D incluse dans la série car j’ai pu voir d’autres production de PILI (la compagnie qui crée les poupées) où cette dernière était présente et piquaient les yeux. Finalement le boss de fin « le démon des fours crématoires » est plutôt pas mal, sauf ses tentacules qui a rendu le dernier combat un peu tcheap.
Je pourrais reprocher aussi le fait de rendre les personnages trop « over the top » : entre Shang qui défonce les méchants avec un vulgaire bout de bois et bat le boss une main dans le dos (sans oublier qu’il s’est farcie les 3 épreuves à lui tout seul….à se demander à quoi servait les autres), Lin qui en plus d’être plus malin que tout le monde et un dieu de l’épée, Shòu Yún Xiāo qui lance ses flèches en plein ciel mais arrive toujours à les faire retomber pile au bon endroit après avoir calculer la vitesse du vent, la distance et le nombre de pas que fera l’adversaire…sans oublier les punchlines types du genre « je vais finir ce combat en 9 coups ». Ca pourrait faire trop mais ici, cela fonctionne complètement. Après quelques deux ex machina ici et là mais qui passe là aussi.

Xing Hai version 3D et 2D, moins de rouge plus de boobs

Xing Hai version 3D et 2D, moins de rouge plus de boobs

La fin du 13ème épisode annonce une séquelle. C’est à la fois une bonne surprise et un moment d’appréhension. Appréhension  parce que les 3/4 du cast actuel sont six pieds sous terre, bien que je prendrais plaisir à revoir Juan/Dan Fei ou Xing Hai (pour savoir ce qu’elle est advenue), et que je ne sais pas ce qu’on pourrait dire d’autre maintenant que tout a été révélé et que nos héros ont battu le démon ultime.
En attendant, on peut toujours écrire des fanfiction LinxShang.

*fin de la potentielle zone spoiler, vous pouvez reprendre une activité normale*

Il existe également 2 adaptations en manga de la série. Je n’en ai lu qu’une sur les deux (toujours en cours) dessinée par Yui Sakuma (auteur de Complex age série en 6 volumes), pour l’instant elle se contente de reprendre la série sous format papier. Je ne suis pas fan du dessin, après avoir été habitué à la beauté et la finesse des personnages de la série, ceux de la série manga sont dessinés de façon assez grossière. Pourtant, le dessin de complex age était assez plaisant. Quant à la seconde adaptation, Thunderbolt Fantasy – Sword Travels from the East – A Maiden’s Magical Journey, elle semble déjà beaucoup plus belle visuellement (c’est Kairi Shimotsuki qui est en charge du dessin, elle est connue chez nous pour  Brave 10 et Docteur Mephisto) et de ce que j’ai compris elle s’attardera sur le point de vue de Dan Fei.

J’ai aimé cette série car elle sortait du carcan habituel. L’aurais-je aimé tout autant si j’avais été habitué aux productions Pili classique ? Je ne sais pas. Tout ce que je peux espérer c’est de voir d’autres productions du même genre par ici. Je veux revoir Shang et Lin. J’ai bien conscience que la série n’est pas parfaite mais elle a été un énorme coup de coeur. J’attends avec impatience de voir ce que la suite de cette collaboration entre le Japon et Taiwan peut nous offrir.

Rendez nous les cils de Mie Tian Hai !

Rendez nous les cils de Mie Tian Hai !

 

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Les trésors de l’animation russe

Navrée pour l’oublie de la semaine dernière dû à beaucoup de travail, d’ailleurs cette semaine c’est pareil, même pire, mais bon je m’y colle quand même. Je suis heureuse de m’y mettre hein…faut pas croire.

Donc, la dernière fois j’abordais le « bâteau volant » qui bien que n’étant pas réalisé par des russes reprennait leur folklore, ce petit film me permet donc d’entrer dans le vif du sujet de quelque chose qui a vraiment marqué mon enfance : l’animation russe. Et comme cette année était l’année franco-russe c’était l’occasion parfaite. Mais je me répète un peu là…

Je vais déjà évoquer mon amour de l’animation russe, qui pour moi fût une révélation :
*flashback avec flou écran noir tout ça*

C’était sur canal J, et ses super mercredi aprem (ou samedi on sait plus trop), j’avais droit à ma petite séance ciné. La plupart de ces films ne dataient pas d’hier et pourtant le charme était toujours présent. Ce qui me marqué c’était la finesse des dessins, une animation fluide et maniérée, et surtout une atmosphère russe. Car si l’on reprenait les fameux contes que tout le monde connait (blanche neige, la reine des neiges, Hansel et Gretel, le roi grenouille…) tout était russe. J’entends par là que les décors, les maison, les châteaux, les vêtements sont russes. De même que les caractères sont russes. Pour le coup je me base sur mon expérience littéraire.
Les femmes sont bien en chair, avec du caractère, les hommes grands et forts en général barbus et quand ils ne le sont pas se sont de jeunes princes (qui savent pas faire grand chose de leurs dix doigts) qui pleurent de manière viril. Le tout sur fond de grands gestes et de grandes embrassades.
En fouillant un peu, tout cela est dû à la période (soviétique) et une page de l’animation russe qui se voulait « réaliste », d’où l’utilisation de la technique de rotoscopie pour calquer au plus près les mouvements humains. Pour ceux qui voient pas, c’est la technique employée pour le premier film du seigneur des anneaux (celui de 1978 hein…). C’est aussi durant cette période que de nombreux contes de tout pays furent adaptés en animation. Il me semble que c’est la période de l’âge d’or de l’animation russe.

Je vais faire en sorte d’en regrouper plusieurs histoire d’être plus concis.
Pour ce premier post je vais parler des films réalisés par Lev Atamanov qui est un des grands noms de l’animation russe (soviétique)

Le premier et sans doute le plus connu : l’antilope d’or.
Réalisé en 1954 et primé à Cannes (prix spécial je crois), il reçu aussi d’autres prix à Londres et à Belgrade pour ses qualités artistiques. Contrairement à ce que j’en ai dit plus haut, ce film ci met l’accent non pas sur le côté russe mais sur ses origines indiennes (je ne connais pas le conte original).
C’est l’histoire d’une antilope qui peut faire apparaître des pièces d’or en un claquement de sabots, poursuivie par la Maharadjah lors d’une chasse, elle n’arrive à lui échapper qu’avec l’aide d’un jeune garçon. Obsédé par l’idée de posséder un tel animal le Maharadjah met tout en oeuvre pour la capturer.

Ce film était disponible en france en VHS et ensuite en DVD avec d’autres courts dans la rubrique « trésor de l’animation », difficilement trouvable aujourd’hui.
Le film en lui même est très beau, non dénué d’humour dans ses personnages parfois caricaturaux. On retrouve le classique « parcours iniatique avec des animaux » : le garçon aide un/des animaux qui par la suite l’aideront quand il aura un problème. Une ficelle qu’on retrouve dans beaucoup de contes.

Pour la plupart je les ai retrouvé en VO (en russe donc) sur youtube avec bien d’autres merveilles
Le film est court, environ 30 minutes

Autre histoire très remarquée et très connue : la reine des neiges.
Le film est plus vieux (1957) et plus long (plus d’une heure).
Je vous ferais pas un résumé je pense que tout le monde connait le conte de Andersen, où la jeune Gerda part en quête de son ami Key qui a des bouts de miroir incrustés dans le corps.

Comme son prédécesseur, ce film recevra plusieurs distinctions : lion d’or festival de Venise, prix au festival de Cannes, de Moscou et de Londres.

belle et la bête

The little red flower
Le film de 42 minutes datant de 1952 est l’équivalent de la belle et la bête.

Je met ici un extrait de très bonne qualité. Comme les autres l’on peut retrouver le film entier en qualité correct sur youtube.

L’histoire d’un marchant ayant 3 filles qui avant de partir pour un long voyage demande à chacune d’entre elles ce qu’elles souhaitent. Comme d’hab dans les contes les 2 premières demande des trucs cher et hors de prix et la dernière une simple fleur rouge. L’homme réussi à tout trouver sauf la fleur, jusqu’à ce qu’il tombe sur une île étrange où il la trouve enfin. Seulement après l’avoir cueilli un monstre apparait et lui dit qu’en échange de cette fleur il devra lui donner une de ses filles. Seulement il n’a pas vraiment le choix, soit il donne la bague magique que lui transmet le monstre pour qu’une de ses filles soit transportée direct sur l’île, soit le monstre débarque chez lui et le tue. L’homme rentre donc chez lui bien embêté. Malheureusement la plus jeune des filles découvre le secret de son père lors d’une conversation et enfile la bague. La voilà donc sur l’île, où un mystérieux hôte s’occupe d’elle, mais sa famille lui manque. Le monstre lui accorde donc d’aller la voir mais de revenir rapidement sinon il mourra de solitude. Bien sur les méchantes sœurs s’en mêlent car jalouse de voir leur cadette si bien paraît, les bras plein de cadeaux, et retardent donc la pendule de 2h. Forcement notre héroïne arrive trop tard et le monstre meurt. Sauf que ça serait pas un conte de fée si ça s’arrêtait là. La jeune fille pleure et regrette, c’est a ce moment là que la fleur rouge se réanime et miracle ! A la place du monstre on a un beau prince qui était en fait ensorcelé. Ils se sourient comme deux gros benêt heureux et vécurent dans la guimauve jusqu’à l’overdose.

Je vous abrège la fin tout le monde la connait. Je suis méchante avec ce pauvre film, mais en fait je l’aime beaucoup.

Bref comme les autres si vous avez l’occasion de voir ces films en VF, VO sous titré n’hésitez pas. De cette manière j’ai découvert le russe et en animation  ça rend pas mal, a mon sens inutile de comprendre pour apprécier.

Le bateau volant

Je me rend compte que j’ai failli oublier ma chronique de la semaine (que personne ne lit mais c’est pas grave) sur les films/séries d’animation chef d’oeuvre souvent de mon enfance. Je passe sur le roi et l’oiseau de Paul Grimault que tout le monde, je pense, connait. Il ya bien sur bien d’autres films and co mais j’en parlerai une autre fois. Ici je voulais faire court en abordant juste un petit film qui va me permettre de me lancer ensuite sur la Russie et Dieu sait qu’il y a à dire dessus.

Le film dont il s’agit c’est « le bâteau volant » ou « The Fool of the World and the Flying Ship »  qui un film d’animation en stop motion avec des marionettes, ce qui ne l’empêche pas d’être jolie et sensible. A l’époque je l’avais vu à plusieurs reprises sur Canal J (ah ces fameux films du mercredi!).
Si le film ne cache pas son influence russe puisqu’il est adapté d’un conte, jusqu’à tard, j’avais toujours cru que le film avait été réalisé là bas. Hors il n’en est rien. Le bâteau volant est issue d’une émission « Long ago & Far away » qui a été diffusé de 1989 à 1993, et a proposé  environ une trentaine de petits films ayant pour thèmes des contes et histoires du folklore du monde entier. Le film date de 1990, dure environ 60 mn et a été réalisé par Cosgrove Hall, un studio d’animation anglais. C’est le seul du lot à avoir été diffusé en France, enfin je crois, en tout les cas seul le film en lui même fût diffusé, pas le pataspitch de l’émission « Long ago and far away ».

 

L’histoire :
Le tsar de toute les Russies à l’habitude de recevoir de beaux et incroyables cadeaux, ce dont il est fier. Les prétendants se pressent d’ailleurs à sa porte pour lui apporter les plus beaux présents afin de pouvoir épouser sa fille la princesse Alexïa qui n’en a cure. C’est alors que celle ci propose de prendre pour époux celui qui sera capable de lui apporter un bâteau qui puisse voler. Enthousiaste à cette idée, le tsar Nikolai fait passer le message dans tout le pays. Au fin fond de la forêt profonde vit le jeune Piotr avec sa famille, composée de son père bûcheron, de sa mère et de ses deux frères. Ils ne sont pas riches mais vivent tranquillement, jusqu’à ce que les deux frères aient vent de cette histoire de bâteau volant dans laquelle ils voient un moyen de s’enrichir, et réussissent à convraincre leur père de leur passer toute ses économies qu’ils s’enpressent d’aller dépenser dans la taverne la plus proche. Piotr le benjamin de la famille et le plus rêveur voudrait lui aussi participer à cette quête, c’est à ce moment qu’il rencontre un drôle d’homme qui va lui offrir cette occasion, à une condition : qu’il ne refuse jamais quelqu’un qui désire monter à bord du bâteau volant. Voilà donc notre héro partie vers le palais du tsar, et qui rencontrera de bien curieux personnages en route.

Navré j’ai fait un résumé un peu long.
Ce film m’avait beaucoup marqué parce qu’il avait plusieurs points communs avec le baron de münchausen (dont ses personnages), d’ailleurs il est dit que Terry Gillian s’est inspiré de ce conte russe pour son film. Je tiens quand même à dire que j’adore ce film, et tout son côté WTF surréaliste.
Pour en revenir  au bâteau volant c’est un très jolie film, très poétique et bien réalisé. La musique est sympa et reste bien en tête. Je ne sais pas s’il a été édité en France, en tout les cas on peut le trouver en DVD en anglais par contre. Mais heureusement l’ami youtube est là ! Le film est donc dispo en VF (en qualité assez moyenne mais c’est déjà ça) et scindé en plusieurs parties. La VF est d’ailleurs très bonne. Après on aime ou pas, Piotr c’est l’archétype du héro tout gentil, tout naïf, avec un coeur gros comme un airbus, et on sait tous comment ça va se finir. Mais on s’en fiche c’est pas ça l’important!

Autre chose en VO (ou VA) c’est David Suchet (Hercule Poirot) qui est le narrateur de l’histoire, ce qui n’est pas rien ! Deplus le bâteau volant à reçut plusieurs prix, raison de plus pour le voir !

Aoi bungaku

Je le disais dans une note précédente, après avoir visionné plusieurs anime adaptées de romans, je me suis interréssée à leur support papier, et avais fait allusion à Aoi Bungaku.

Aoi Bungaku ou blue littérature, est une série de 12 épisodes adaptant 6 classiques de la littérature japonaise chez Madhouse. La particularité était de retrouver des mangakas connus : Takeshi Obata (Death Note, Hikaru no Go), Kubo Tite (Bleach) et Takeshi Konomi (The Prince of Tennis) chargés des ré-éditions des couvertures des romans originaux, en plus du chara-design des personnages de la série, différent celon chaque arc.
Nous avions donc ( dans l’ordre de diffusion):

Ningen Shikkaku, ( la déchéance d’un d’homme) de Osamu Dazaï 
Sakura no Mori no Mankai no Shita (dans la forêt, sous les cerisiers en fleurs) Ango Sakaguchi
Kokoro (le pauvre coeur des hommes) de Natsume Soseki
Hashire, Melos! (Cours, Melos!) de Osamu Dazaï 
Kumo no Ito, (le fil de l’araignée) Ryunosuke Akutagawa
Jigoku Hen, Ryunosuke Akutagawa
Les deux derniers étant plus des nouvelles que des romans
 

L’autre particularité c’est que c’est l’acteur Masato Sakai (Shuuji Hanamoto dans Honey and clover) qui double tout les personnages principaux, en plus de le voir en « live » entre chaque arc pour donner des infos sur l’auteur etc…

Après avoir visionnée l’intégralité de la série, je me suis mise à chercher leurs originaux papier en français. Je n’ai trouvé que  la déchéance d’un d’homme de Osamu Dazaï , et le pauvre coeur des hommes de natsume soseki traduit. Pour Ryunosuke Akutagawa, c’est sans doute dans un receuil de nouvelles, à vérifier. J’ai donc décidé à partir de ce que j’avais pu trouver/lire de faire un comparatif entre les adaptations.
A part la littérature, ce qui m’a fait me pencher sur cette série, c’est que plusieurs l’annoncer comme le nouveau Mouryou No hako, anime au scénario complexe et à l’ambiance sombre, lui aussi adapté d’une série de livre.

Voilà donc pour l’introduction.

Ningen Shikkaku, est le 1er arc, composé de 4 épisodes, chose étonnante quand on sait que le livre fait moins de 200 pages en plus d’être écrit gros.
C’est la 1ere fois que je lisais Dazai auteur majeur et pas spécialement connu pour son optimisme. Morphinomane, tuberculeux, alcoolique, et qui tenta de se suicider plusieurs fois avant d’y parvenir en 1948. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce livre est à l’image de sa vie. L’anime aussi.
Evidemment plusieurs choses diffères entre les deux, et la psychologie même du personnage subie des variations. En tout les cas, je n’ai pas eu le même ressenti en lisant le livre quand visionnant l’anime.

J’ai trouvé cette dernière encore plus pessimiste et pathétique, sentiment surtout renforcé par la musique. Comme je l’ai dit dans une note précédente, il ne faut pas visionner l’anime en étant dépressif au risque de se tirer une balle.
 

 Le livre est chronologique. L’auteur nous parle de son enfance, de son adolescence et de sa vie de jeune étudiant/homme. Au contraire l’anime nous emmène directement à la dernière partie, et préfère évoquer le reste comme des passages marquant de sa vie, mais de manière peu claire. J’entend par là que ces périodes sont évoquées en tant que souvenirs avec les effets qui vont avec (flou, filtre sur l’image etc), on a la vision d’un gamin, à sa hauteur, les visages sont effacés, les choses suggérés plus que montrer. C’est l’une des différences avec le livre (mais pas la seule) dont les choses sont dite clairement et simplement.

SPOILER 

Notamment en ce qui concerne la relation avec son père, et son viol par les domestiques. A ce titre ces choses sont suggérés dans l’anime, mais de manière à être compréhensible, où le « héro » ne se rend compte que de l’abus ou de son désir de plaire à son père qu’une fois adulte, à la différence du livre où il en est parfaitement conscient même enfant. Le fait de ne pas en avoir parlé était à la fois par honte et par peur, mais aussi car celon lui « a quoi cela aurait il servi ? qu’est ce que cela aurait changé ? ».

Dans l’anime le père est montré comme menacant, un patriarche riche, obeït, respecté, peu enclin aux effusions d’amour paternel, quelqu’un de dur et sévère, que le personnage craint mais à qui il cherche à plaire par tout les moyens. Et c’est par ce biais que découle toute ses actions : ses tentatives de suicide, le fait de plonger dans la débauche, d’adhérer à des partis douteux etc…
FIN SPOILER

 

Le titre anglais « je ne suis plus humain/un homme », fait référence à l’état dans lequel se trouve le personnage durant toute l’anime. En effet celui ci ne s’est jamais considéré, comme un être humain capable de ressentir les choses, et toute sa vie il sera comme un singe tentant de mimer des émotions, de faire rire les gens pour qu’il ne voient pas qu’il fait semblant, un pauvre clown pathétique en somme. Le tout est symbolisé dans l’anime par une sorte de monstre difforme, une ombre qui le suit partout et lui rappel sans cesse sa vraie nature et le fait qu’il n’appartienne pas à cette société. Tout au long de la série nous le verrons essayer de s’intégrer, de se créer un semblant de vie de famille par le biais des femmes, de croire un instant qu’il est humain, avant de replonger. Ceci m’a rappelé le film « plaisirs inconnus » de Jia Zhang Ke, où les personnages inexpressif prisonnier de leur condition, essayent de s’en sortir mais sans réelle motivation, le tout avec des passages qui se répétent montrant l’impasse. Le personnage principal de l’anime essaye à chaque fois mais sans réelle conviction, et c’est là tout le pathétique de la chose.

Pour moi ca reste la différence majeur avec le livre. Je n’ai pas perçue la même psychologie. L’auteur nous parle de son enfance doré, puisqu’il est issu d’un famille riche au père influent, et qu’il n’a jamais eu à souffrir d’un manque, des tas de sensations lui sont inconnus. Il y a un certaine indifférence aux choses et aux gens, mais surtout je ne l’ai pas perçue comme quelqu’un incapable d’éprouver quoi que se soit mais juste un garçon qui c’est rendu compte très tôt de l’absurdité du monde des adultes, de leurs hypocrisies, des faux semblants, des masques que de mettent les gens en société pour plaire. Il y cette incompréhension face à toutes ces choses, des questions laissées sans réponses, et ce gros manque de communication.
SPOILER
La preuve la plus flagrande sera après sa 1ere tentative de suicide, au lieu d’avoir une famille à son chevet, il a un d’intermédiaire lui annoncant que cet acte fait tâche et nuit à la réputation de son père, à l’honneur de sa famille et que désormais celle ci ne veillera plus à ses dépenses. En sommes, personne ne se pose de questions sur le pourquoi de cet acte, et préfère rompre tout lien en le rendant en plus fautif.
FIN SPOILER

Sa relation même qu’il a avec les autres son fameux « ami » compagnon de débauche, et elle aussi autre. Adhérent à une sorte de parti plus par ennui, et envie de s’occuper en grimpant les échelles sans trop savoir pourquoi dans le livre, que pour magouiller avec son « ami » histoire de soutirer de l’argent à des pauvres bougres dans l’anime. Ce fameux ami qui semble ne l’être que par interêt toujours pour lui soutirer de l’argent à ce fil de riche, en même temps qu’il lui fait goûter le plaisir et les femmes, n’est dans le livre qu’un joyeux drille qui lui fait certes dépenser son argent mais dépense le sien tout autant sans pour autant lui en soutirer de manière vicieuse.

 

L’autre gros point important ou la psychologie du personnage et son passé, reste les femmes. La prostituée, la mère célibataire, la jeune fille…elles ponctuent l’histoire comme autant de facette de la femme. Chez toutes ils cherchera la redemption, le réconfort, placant parfois trop d’espoir, et plus dure sera la chute. L’anime fait percevoir une certaine solitude ces chez femmes, voir une lassitude de vivre, quelque part elles sont semblables au personnage principal sans pour autant qu’il se comprennent mutuellement. Pour la plupart elles le considèrent que comme un enfant, un grand enfant malheureux, mais pas mauvais. Elles ne voient pas le monstre qui quelque part les achève.
SPOILER
L’anime d’ailleurs ne montre que brièvement la dernière, éclipsant la partie où il devient accro à la morphine, pour donner une fin ouverte mais sans équivoque. Le livre va un peu plus loin, mais n’a pas de réel conclusion comme si Dazai c’était lassé, et n’avait finalement pas pu assumer ses propos, puisque c’est sous la forme d’un autre narrateur, inconnu et objectif, à qui on aurait confié les notes que l’on vient de lire que le récit se termine. Supposant que le héro est vivant, ou peu être pas.
On peut ne pas aimer la lâcheté du personnage, surtout quand après s’être mis encouple avec la mère de famille, et être devenu un papa d’adoption, se barrer par peur (enfin je l’ai vécue comme ça), et moi je me retrouvais dans la même situation que la femme : a esperer son retour, en lui trouvant des excuses, expliquant qu’il va mal. Alors que non, il ne reviendra pas! (je l’ai eu mauvaise)
FIN SPOILER

 

Je ne pense pas qu’il faut être un lecteur, ou un adepte de littérature pour apprécier ce drame humain,si on est pas allergique au fait que le personnage principal ressemble comme deux gouttes d’eau à Light Yagami, il serait bête de passer à côté de cette série, car certains arcs valent le coup.

Pour infos les captures sont issus du 1ere épisode, je parlerai des autres arcs dans une/des prochaines notes.