Hanayome wa motodanshi, la mariée était un garçon

Je vais essayer d’alterner entre billets longs comme le bras et ceux un peu plus courts pour laisser respirer. Mais il faut savoir que c’est difficile pour moi d’écrire quelque chose de court sur certaines œuvres.

Derrière ce titre, ce cache un manga en un seul volume qui est la version papier d’un blog.
Il existe pléthores de manga et d’animes dans lesquels nous pouvons retrouver un garçon ou une fille habillé(e)s ou se revendiquant du sexe opposé pour des raisons scénaristiques diverses et variées, parfois comiques ou sujets à quiproquos. Tout ceci nous donne l’illusion que le Japon est un pays relativement cool et permissif qui autorise toutes les fantaisies et est très LGBT friendly. Je ne vais pas vous faire un topo sur le sujet, parce que ce serait long et complexe alors que je veux aller directement au but, en parlant de Hanayome wa motodanshi. Jusqu’à présent, je n’étais pas tombée sur des mangas parlant de manière sérieuse de la question trans au japon. Il y a bien Hourou Musuko (Wandering son) ou Bokura no hentai me direz-vous mais cela reste de l’ordre de la fiction, du romancé. J’ai trouvé Hanayome wa motodanshi complètement par hasard. Le titre, le style mignon et rondouillard, le 4-koma me laissait penser -à tort- qu’il s’agissait d’une énième BD comique.

En réalité, Hanayome wa motodanshi parle de la vie de Chii et de son expérience en tant que personne trans, le chemin parcouru pour devenir femme et épouser sa moitié. Le manga est découpé en plusieurs chapitres qui retrace le parcours de Chii : sa vie amoureuse, l’annonce de sa volonté de changer de sexe à ses parents, comment elle a rencontré son mari, son opération, la demande en mariage, la rencontre avec les parents, sa vie de couple marié….le tout entrecoupé d’anecdotes et d’informations sur la situation LGBT au japon.

Ce manga est la fois intéressant et rafraichissant, il aborde les choses de manières simples, sans en faire trop, parfois avec humour. On ne tombe jamais dans le pathos, le voyeurisme, ce n’est jamais « trop ».
Le personnage du mari est aussi délicieusement croqué. C’est quelqu’un de très gentil, complétement gaga de Chii qui l’accompagne et la supporte dans ses démarches, ne presse en rien les choses mais en même temps vit un peu dans sa bulle. Sa réaction lorsque Chii lui annonce qu’elle était un garçon (et qu’elle l’est toujours techniquement) est assez géniale (j’avoue que je m’y attendais). De même que la réaction des parents est pleine de compréhension (même si le père à l’air un peu à l’ouest).
Ici, le parcours de Chii nous est montré de manière très positive, l’autrice étant accompagnée par ses amis et sa famille dans ses démarches. A part le processus administratif pour légalement changer de sexe aux yeux de la loi qui est procédurier et long, et la douleur des opérations, Chii ne rencontre pas de réelles difficultés. Peut-être que certaines ont été occultées ou qu’il n’y en a eu vraiment aucune. A part le cas de Chii qui s’est bien passé, difficile de savoir s’il en est de même pour les autres personnes trans au japon (mais d’après les exemples donnés ça ne semble pas être simple pour tout le monde).
L’autre point intéressant, c’est qu’à chaque fin de chapitre, Chii développe une problématique sur la question LGBT (plutôt orientée trans) : qu’est-ce que le drapeau arc-en-ciel ? qu’est-ce que le SRS ? qu’est-ce qu’une personne transgenre ? comment transitionne-t-on ? Mais aussi toutes les problématiques associées aux changements de sexe, comme le fait que le mariage homosexuel ne soit pas reconnu au Japon à l’heure où j’écris et que donc certaines personnes soient obligées de divorcer ou d’abandonner l’idée de changement de sexe, ainsi que les autres problèmes légaux comme le « gender dysphoria special cases act ». A ce propos, comme je l’ai évoqué au départ, Chii tient un blog dans lequel nous pouvons retrouver ces thématiques qu’elle explique en dessin de la même manière que dans le manga, ainsi que des petits moments comiques.

 

En somme, je conseille ce manga car il est intéressant et instructif si vous décidez de vous pencher sur ces problématiques. C’est aussi une histoire rapide à lire, touchante et adorable. Chii et son mari sont vraiment mignons et le tout est raconté de manière à sortir de cette lecture le cœur léger.

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Ces personnages qui ne devraient pas finir ensemble

Je poste ceci le jour de la saint Valentin, il fallait le faire. Le jour de l’ode à l’amour et au couple. Car oui, si vous n’êtes pas en couple vous ne valez pas grand chose puisque apparemment votre vie est forcément terne, ennuyeuse et vous êtes un/une dépressif/ve au bord du suicide. Passons.

Pourquoi est-ce que je poste ceci ? Pour être honnête c’est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un petit moment et qui a fait son bout de chemin.  Voyez-vous, j’aime bien les comédies romantiques, j’en ai quelques unes au compteur. Jusqu’à présent le schéma « ils finirent ensemble et vécurent très heureux » ne m’avait jamais gênée. Nous connaissons tout le schéma de ces comédies, nous savons que les personnages vont finir ensemble bien qu’ils se détestent cordialement au départ (ou pas), ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe entre avec quelques dialogues bien sentis. Bref. Un beau jour je regardais Le témoin amoureux, comédie romantique gentillette sans prétention avec le beau Patrick Dempsey (aka docteur mamour de Grey’s anatomy).

L’histoire était celle de deux amis (un homme et une femme)  qui se connaissent depuis la fac. Tout le début nous démontre qu’ils se connaissent parfaitement l’un, l’autre, avec leurs qualités et défauts, qu’il y a une parfaite alchimie entre eux et qui pour le coup n’est pas amoureuse. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la jeune femme ramène un bel écossais avec lequel elle annonce vouloir se marier. Et là notre beau héro se rend compte qu’en réalité il l’aime d’amour vrai et va tout faire pour la conquérir. Je vais spoilée (quoi, sincèrement quand on connait le schéma de ces comédies, est-ce que c’est vraiment du spoil ?), mais je pense que tout le monde s’en doute, ils finissent ensemble après s’être rendue compte que son/sa meilleur(e) ami(e) était l’amour de sa vie.

Je vais passer outre l’aspect parfois cliché -surtout sur les gays-, cul-cul et déjà vu, ce qui m’avait surtout ennuyée c’est qu’une fois le couple principal ensemble, je n’ai pas sauté de joie, je n’ai pas été attendri, je ne me suis pas dit enfin…en réalité, c’était plutôt un « Meh ». Pas vraiment de la déception mais certainement pas de la satisfaction. Comme une bonne partie des comédies romantiques, le film m’avait promis de voir finir le couple principal ensemble après bien des péripéties et j’y ai eu effectivement droit. Comme le film avait tout mis en oeuvre pour me montrer que ça ne sortait pas de nul part. Mais rien à faire, je ne voyais pas ce couple comme un couple. Leur relation était fusionnelle, il y avait bien de l’amour mais pas de sens là.

Ce film m’a donc posé problème :

  • déjà parce que ça donne l’impression qu’une amitié h/f n’est pas possible. Je ne dis pas que dans la réalité ça n’existe pas ou bien qu’il n’existe pas des gens aillant épousés leurs meilleurs ami(e)s.
  • ensuite parce que ça m’a fait comprendre que beaucoup de gens ont une vision binaire de l’amour : soit on est amis, soit on est amoureux. Rien entre les deux. Hors l’amour est un sentiment complexe qui ne peut pas toujours se résumer à on s’aime/on s’aime pas.

S’en est suivi plusieurs œuvres, où les personnages que je voyais finir ensemble ne me convenait pas, parce qu’à mon sens les mettre en couple était réducteur, voire manquait de subtilité ou d’effort en cédant à une certaine forme de facilité. En gros, ça venait gâcher du potentiel.

George et Yukari instant de bonheur dans le marasme du drama

J’ai eu aussi l’inverse, voire des couples ne pas finir ensemble (pour le mieux et la suite logique des choses) mais voir des gens presque râler parce que X finissait pas avec Y alors qu’ils allaient trop bien ensemble ( alors que non…). Dans ce cas précis, je citerai le cas de Georges et Yukari dans Paradise Kiss dont j’ai vu beaucoup de personnes regretter qu’ils ne soient pas ensemble à la fin alors que tout avait été mis en oeuvre pour montrer que ce couple n’était pas fonctionnel. Parce que oui, s’aimer ne fait pas tout dans un couple. Un peu comme avec les personnages de Kimi wa pet. Enfin l’une comme l’autre de ces œuvres il faudra vraiment que j’en parle un jour (c’est au fond des tiroirs depuis des lustres, il faudrait que je peaufine ça un jour).

Ou au contraire, un auteur ou une auteure peut vous décevoir complètement en mettant certains personnages ensemble. Au point d’avoir l’impression que l’auteur lui-même n’a pas compris son oeuvre, voire de se sentir floué en tant que lecteur comme si nous avions été trompé sur la marchandise. Je pense à toi Usagi drop, aka un drôle de père en français, qui m’avait vendu une relation mignonne avec un célibataire endurcie qui se retrouve à élever une petite qui est sa tante. Que l’histoire fasse un bon de dix ans dans le futur…pourquoi pas…c’est toujours intéressant de voir comme gérer une ado mais s’il ne s’agissait que de ça. Non seulement, nous lecteurs avions raté des moments important de la vie des personnages mais j’ai aussi eu l’impression que l’auteure s’évertuait à mettre en pièce tout ce qu’elle avait construit jusque là dans les relations entre ses personnages. Et le pire, c’est de faire finir Daikichi avec Rin, il finit avec la petite qu’il a élevé comme sa fille et qui veut même un enfant de lui. Sauf que ! Twist plot à la japonaise, on nous dit que finalement ils n’ont pas de lien de parenté. Ouf tout va bien ! Merveilleux ! Ça change tout ! Sauf que non! Non, non et re-non ! Sérieusement, je ne savais pas si je devais vomir devant une fin pareille.

Daikichi et sa future femme, tu le sens venir le gros malaise ?

Là s’est posé une autre question : est-ce qu’une oeuvre appartient toujours à son auteur ? Je sais qu’une oeuvre appartient à son auteur, au sens de la propriété intellectuelle, mais il arrive que les lecteurs, les fans, en se la rappropriant font des choses parfois plus intéressante et bien meilleures. A l’inverse, l’auteur écrit quelque chose que les lecteurs et fans vont interpréter de mille manières et parfois -à mon sens- complètement à côté de la plaque, à vous demandez si vous avez bien lu la même chose. Il est tout à fait possible qu’un auteur ai mis de choses dans son oeuvre de manière inconsciente (coucou Freud!) et que les lecteurs le remarquent. Néanmoins, j’ai parfois l’impression que les gens vont chercher midi à quatorze heures. Parfois, c’es drôle, barré….et parfois c’est juste, non.

Bref, cette longue introduction pour parler de quoi au final…et bien du duo formé par de One day de Old Xian. Je ne fais pas spécialement une fixette dessus (quoique), je pourrais tout aussi bien vous parler des personnages de BFF (c’est en prévision avec plusieurs autres choses entre autres). Si j’en parle c’est que le duo cristallise certains points cités plus haut.

Jian Yi (celui qui bave) et Zhan Zhengxi (celui qui supporte)

Revenons donc à l’histoire, pour re-contextualiser. Old Xian dessinatrice chinoise travaillant au studio Mosspaca a créé une histoire pour la compile 19 days : One day. Pourquoi ce titre, je ne saurais vous dire, les histoires commencent par « one day » sans réel contexte chronologique mais passons. Au départ, One day (connu aussi sous le nom de 19 days donc si vous voyez ce nom ne paniquez pas) était un récit court de 8 pages, qui fut suivi par une mêlée en vrac d’illustrations (amusantes ou suggestives) et des strips comiques dans lesquels nous retrouvions deux jeunes hommes sans nom -au départ-, dont l’un semblait avoir un gros faible pour son camarade qui répondait à tout cet amour par des lattes dans la gueule. Le tout dans des situations du quotidien. Bien que tout ceci était en vrac, il apparaissait déjà qu’ils étaient amis de longue date, Zhan Zhengxi (un des personnages principaux masculin) nous en faisant un bref résumé. Petit à petit il est possible de retrouver une certaine chronologie au travers de divers chapitres qui arrivent au fur et à mesure :

Nos deux personnages se sont connus pendant l’enfance. Avant cela, il semble que le père de Jian Yi soit partie pour des raisons obscures (un crime ? un problème avec la mafia ?) et que la mère du jeune garçon soit au abonnée absente. Notre pauvre Jian Yi se retrouve sans amis et souffre douleur de la classe jusqu’à ce qu’arrive , Zhan Zhengxi qui décide de lui tendre la main. Les deux deviennent amis, notre petit « orphelin » prend de l’assurance alors que Zhan Zhengxi commence à prendre ses distances avec son ami, sans doute trop bizarre et excentrique à son goût mais reste toujours avec lui. Puis Jian Yi se fait kidnapper par des hommes de mains sous l’ordre de son père (?) et ne réapparaît que quelques années plus tard, obligé de se retaper le lycée qu’il a loupé tout en squattant chez son pote qui lui est désormais à l’université.

C’est ce que nous pouvions établir à partir des premiers strips. (NB: je me base sur la numérotation des chapitres donné par les traducteurs anglophones qui prennent en compte le récit de 19 days + les illustrations de One Day. Il ne s’agit pas de celle de l’auteure.) Depuis le chapitre 55 environ, l’auteur se consacre à écrire une histoire cohérente et qui se suit, alternant les débilités de Jian Yi sur l’impassible Zhan Zhengxi (qui ont depuis acquis un nom : Jian Yi au chapitre 105 et Zhan Zhengxi au chapitre suivant). Leur relation est plus ou moins la même que dans les premiers chapitres montrés, quoique Jian Yi est moins rentre dedans (sans mauvais jeu de mot). C’est là qu’on apprend leur amitié de longue date.

Petite aparté car il y a je trouve une petite incohérence chronologique.
Puisqu’il nous est expliqué dans les premiers chapitres que Jian Yi a disparu le 2ème jour de son entrée au lycée, pour ne revenir que quelques années plus tard alors que Xi est à l’université, quand se passe tout les récents chapitres ?  Tout ce qui se passe actuellement, se passe avant que Xi ne soit à l’université. Ce qui invalide certaines théories qui pense que le comportement de Xi est basé sur la peur de perdre « encore » son ami, sauf que ce n’est pas encore arrivé. Hors, lorsque Xi est à l’université leur relation est au même point que quand ils se sont quittés (je t’aime, je te baffe).  Alors, soit tout ce qui se passe actuellement remplace en partie ce qui a été  dit précédemment, soit leur relation ne va pas évoluer des masses, vu qu’au moment du retour de Jian Yi, c’est la même routine.
J’ajouterai que les actuels chapitres ont l’air de se passer au lycée alors que Jian Yi est censé ne pas y être.
Fin de l’aparté.

Si je vous parle d’eux, c’est pour une simple raison : l’ambiguïté. Jusqu’à un certain point, il était possible de se dire que l’auteur aller éternellement faire fonctionner ces deux là en une sorte de duo comique où le rôle de chacun était assez clair et défini.  Jian Yi l’adorkable garçon amoureux de son meilleur ami Zhan Zhengxi qui lui est un archétype de tsundere. Une sorte de statu quo. Les gens qui lisaient pouvaient monter des théories sans que celle-ci ne me gêne. Il y avait une certaine mélancolie dans cet amour à sens unique, Jian Yi pouvant se montrer retord et possessif (Cf les chapitres avec la stalkeuse de Xi et RedHead « twist the balls! ») comme complètement crétin. C’est en ça que le personnage est intéressant, il nous laisse à penser qu’il est sur la brèche, qu’il a un côté plus que retord et peut passer du côté obscure. En réalité, Jian Yi n’est pas un mauvais bougre, oui il est pervers,  a des idées bizarres, se montre parfois imprévisible, crétin, très gamin…mais il n’est pas complètement tordu.
Xi au contraire, est un cas plus classique : pas bavard en extérieur mais qui tient à ses (enfin SON) amis et peut se montrer impitoyable envers ceux qui leurs font du tord au point d’agir impulsivement. Pour raccourcir : un nounours en guimauve dans une carapace de glace mais avec des gants de boxe.

Instant de bonheur avant la cata

Mais au delà de ça, c’était surtout une belle amitié. Seulement voilà…le chapitre 142 est arrivé (pour le coup il va avec le 141 et le 143 qui poursuit directement). (NB: comme je l’ai indiqué en amont les chapitres ne sont pas numérotés par l’auteure puisque les illustrations comptent comme des chapitres, l’épisode du baiser devait être le chapitre 100)
Objectivement, il était très bon. Il était beau graphiquement, dans sa narration, dans la description des sentiments des personnages dont on sentait toute la peine, les doutes et les non-dits. Seulement voilà, ce passage a marqué une cassure dans l’atmosphère bien rodée de cette BD. Je n’ai rien contre le changement, peut être que dans quelques temps, avec beaucoup de recul, je dirais que la série en avait besoin car ça tournait en rond ou je ne sais quoi. Cruel changement d’ambiance avant le retour à la normale. Il y avait bien sur eu quelques changements auparavant avec l’apparition de nouveaux personnages : la soeur de Zhan Zhengxi, mais surtout la présence de deux autres garçons (He Tian et redhead -on ne connait pas encore son nom-)
Le rôle de He Tian était déjà assez ambigu en lui même : il console Jian Yi, se montre très amical voire plus…ce qu’il cherche n’est pas très claire. Rajoutez à cela qu’il est beau, riche, charismatique et que les filles se pressent au portillon.
Mais revenons à nos moutons… avant ce chapitre, les théories allées déjà bon train mais depuis j’ai l’impression que c’est pire. Les gens semblent vouloir absolument un Zhan Zhengxi x Jian Yi ou un Jian Yi x Zhan Zhengxi. Et c’est là que ça bloque pour moi car je pense, j’espère, je croise les doigts pour que ça n’ait pas lieu.
La relation entre nos deux héros est très belle en soi. Zhengxixi ou xi -je vais dire xi car je commence à fatiguer de l’écrire en entier- malgré une certaine distance, le fait qu’il parle peu et s’épanche peu, tient beaucoup à son ami. Il lui en colle une, il est agacé de son comportement mais il le connait bien, il arrive à cerner quand Jian Yi ne va pas bien. Bon par contre, il arrive moins à prédire ses futures conneries. Mais leur duo et le fait qu’ils soient toujours pris en flag’ dans les pires moment, me rappelle l’anime Daily Lives of High School Boys. Une amitié de longue date à la fois solide et fragile, immuable et changeante.

De mon point de vue, comme celui d’autres, Xi n’est pas complètement idiot et a bien vu l’hyper affection que lui porte Jian Yi. C’est après que les théories diverges : certains pensent que Xi ne veut pas s’avouer à lui même qu’il ressent plus que de l’amitié, d’autre qu’ils faisaient semblant de ne pas voir pour garder un statu quo…

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Evidemment, tout le monde a bien compris que Xi était à côté de la plaque quand il demande à Yi s’il aime les garçons dans ce fameux chapitre 142. Non Yi n’a pas d’attirance spécifique pour les garçons (quoique), il aime Xi. Ce qui était également intéressant, c’est toute la discussion que certain(e)s ont eu suite à cette scène. Le fait que Yi pleurait parce qu’il pensait qu’il avait été très clair dans ses sentiments envers son ami depuis le début et pour finalement se rendre compte qu’en réalité celui-ci ne l’a jamais pris au sérieux. Ça se tient. Parce que l’équilibre délicat entre la blague et le sérieux a été brisé. Pour moi, les larmes étaient à la fois dû au fait que Xi se plante sur toute la ligne (donc ça fait mal) mais aussi que Yi s’en veut car il vient de briser ce train-train, cette routine qu’il avait tout les deux. La blague est allée trop loin pour ne pas être prise en compte et en révèle un peu trop. Donc ça fait peur.

Par contre, je ne suis pas en faveur des théories émises après qui évoquent la formation du couple entre eux. Genre c’est le matin, comme nous voyons du soleil, l’auteur veut nous dire qu’ils sont officiellement un couple. Parce que c’est officiel, ils viennent de dépasser le stade ami pour celui d’amoureux. NON. C’est ce qui rejoint ce dont je parlais plus haut : la binarité en amour. Au delà de l’amitié, c’est forcément un sentiment amoureux. Je ne sais pas si je dois être triste ou énervée par le manque d’imagination des gens et leur vision parfois très étroite.
Il y a déjà une retour à leur dynamique précédente dans les chapitres post 143, même si Xi essaie de discuter de quelque chose sans y parvenir (on peut penser qu’il veuille parler des précédents événements, logique).

Pourquoi je suis contre cette idée de couple ? Déjà parce que c’est trop simple, c’est mille fois vu et je trouve que ce qui a été mis en place entre eux ne va pas, ne doit pas, aller dans cette direction. Ne pourrions nous pas avoir une amitié entre garçons touchante, basée sur l’affection, la connerie ado, les malentendus, les ambiguïtés, la complicité, la compréhension de l’autre…sans rajouter tout ce fatras yaoïste. Un peu de shonen aï pour mousser pourquoi pas mais le reste…
J’ai l’impression que les gens tendent facilement aux relations amoureuses entre garçons car c’est plus facile à traiter et semble être une suite logique alors que non. Justement traiter d’une relation complexe qui ne soit pas amoureuse est -à mon sens- un vrai challenge. Je ne dis pas qu’une relation amoureuse ne peut pas être complexe et pleine d’ambiguïté  mais je pense que l’on peut traiter une histoire d’amour complexe sans forcément tomber dans le « Ah mais en fait on est amoureux l’un de l’autre ! ». Je pense que des gens peuvent partager des sentiments très fort, qui aillent au delà de l’amitié « classique », sans être amoureux.
Je pense que la volonté des gens à vouloir absolument du yaoï vient sans doute des premières illustrations qui nous vendaient de l’érotisme et des relations sulfureuses entre garçons plus que de l’amitié (et de l’appellation du comics). Evidemment, je peux me planter sur toute la ligne avec One day. Peut-être que l’auteur veut aller dans ce sens, peut-être qu’elle réussira à me faire changer d’avis ( ou presque) à la BFF.

Ce qu’on nous vendait…

Ce qu’on a eu…

Dans les derniers chapitres actuellement sorties, Xi nous fait une sorte de crise, qui vient en réalité d’un malentendu. Certains y verront de la jalousie amoureuse, moi j’y vois un garçon qui a toujours été le seul ami et seul soutient de Jian Yi qui voit ce dernier devenir soudain le centre d’attention et a une certaine peur de ce changement qu’il ne maîtrise pas. C’est surtout se rendre compte qu’une personne à laquelle on tient peut vivre sans vous et vous laissez tout seul en arrière. Mais également une autre preuve d’une amitié forte et sincère qui montre qu’il ne supporte pas qu’on se moque de Jian Yi, sauf que cette fois il le dit ouvertement.

Que les fans shippent des personnages en réalité ne me gêne pas (qui ne le fait pas ?), c’est juste que les théories de couple entre les deux personnages, après avoir décortiqué chaque parcelle du comics, image par image, me semblent aller un peu trop loin. Surtout si c’est pour annoncer ses conclusions comme des vérités absolues (et ça se passe encore plus mal si tu n’es pas d’accord).
« Regardez X regarde Y fixement à la 4ème case c’est une preuve du début de ses sentiments pour Y! »
Les lecteurs et lectrices sont libres de leurs interprétations, parfois c’est sensé, parfois ça me donne juste envie de balancer mon PC par la fenêtre. Parfois, je me demande si le lecteur n’est pas formaté après avoir lu/vu/englouti des tonnes d’œuvres qui se ressemblent plus ou moins, avec plus ou moins le même schéma. S’il n’est pas difficile, autant pour l’auteur que celui qui lit, d’imaginer autre chose que ce qui a été déjà mille fois vu et revu.

C’est à peu près la tête que je fais devant certaines analyses.

Ma relation avec les histoires d’amour ou le yaoï est assez particulière, j’en lis beaucoup, j’en vois beaucoup mais je ne suis pas fan pour autant, je ne cours pas non plus après.

En réalité, je pense que je suis contre les facilités scénaristiques, surtout si elles ne sont pas assumées. Je suis contre certains effets des auteurs qui sont juste là pour nous mettre de la poudre aux yeux pour cacher ce qui est, selon moi, creux et vide de sens. Je suis parfois énervée devant les élucubrations de certains fans, ou quand certains revendiquent de s’identifier complètement à tel ou tel personnage, de savoir parfaitement ce qu’il pense, de pouvoir se mettre à sa place. On parle souvent de la « psychologie des personnages » mais quelqu’un m’a dit un jour qu’un personnage n’a pas de psychologie, c’est juste un personnage fictif. Il ne pense ni ne vit qu’à travers son auteur ou son interprète, lui donner une « psychologie » c’est voir, ajouter des choses, là où il n’y a rien à voir.

Bref, que conclure de cette interminable note, qui de base devait être une analyse du traitement de deux personnages de One day à partir d’un champ du dictionnaire de l’amour peu exploré.
One day est une série que j’aime, que j’apprécie, que je suis religieusement ou presque (comme tant d’autres). J’aime les théories de toutes sortes mais quand cela touche des personnages que j’apprécie et des histoires de couples, je peux montrer au créneau.
Pour en revenir au titre, il y a, à mon sens, des personnages qui mériteraient de ne pas finir ensemble parce que l’amour est vaste et qu’il est dommage de se limiter à des structures binaires. Je souhaite une longue vie à One day, je souhaite de voir d’autres bons moments et rire encore de ces histoires.

L’amour à l’anglaise

Avant de partir en Angleterre pour une longue durée, j’ai voulu savoir comment draguaient nos amis outre-manche (histoire de rigoler mais aussi de savoir à quoi m’attendre). Pour être honnête c’est surtout du côté messieurs que mes recherches se tournaient mais j’avoue avoir fait un peu choux blanc de ce côté. Par contre côté féminin et surtout « comment draguer des anglaises », j’ai eu plus qu’il ne m’en fallait.

Avant de partir j’avais déjà rencontrer des personnes (plutôt des hommes) qui avaient vécu là bas pour de plus ou moins longues durées et qui m’avaient raconté leurs expériences. Comme moi, ils avaient été marqué par l’apparence des anglaises, surtout si vous sortez de Londres. Et en particulier le fait qu’elles n’aient pas froid aux yeux (et ailleurs), n’hésitant pas à venir vous draguer, voir vous filer leurs numéros sans aucune gêne. Je peux confirmer la véracité de ces propos pour l’avoir vécu : J’étais au bar avec un ami en train de discuter quand une fille blonde (quand je dis blonde j’entend coloré en blond) et venu directement mettre dans la main de mon ami une carte avec son numéro inscrit dessus juste avant de s’éclipser avec ses amies qui attendaient derrière. J’aurais pu être la copine ou la femme de N. (mon ami) que cela n’aurait rien changé. Il n’y a pas à dire en général les messieurs français ont la côte pour autant la plupart de trouve pas vraiment les anglaises à leur goût ou alors juste le temps d’une soirée, d’un été… histoire de tester.

Mais bref, je suis surtout là pour parler des hommes.

Je suppose que beaucoup de filles (dont moi même) ont été abreuvé aux comédies romantiques mettant en scène Hugh Grant, ne se sont toujours pas remise de la Darcymania et de sa chemise mouillée et se repasse Love actually à Noël. Bref vous attendez le beau british avec son accent du plus bel effet, son côté maladroit mais attendrissant, cet homme qui fera chavirer votre coeur. Et bien attendez vous à être déçue, ou alors armez vous de patiente, BEAUCOUP de patience. Parce que voyez vous l’anglais ne drague pas, ou rarement, et de manière un peu pathétique parfois.

Rassurez vous les comédies romantiques anglaises et les costumes drama ont autant fait de mal aux petites françaises qu’à ces messieurs anglais. Car comme dirait Stephen Clarke : « Fuck you, Mr Darcy, fuck you, Hugh Grant. » « Bloody English gentlemen ». Si vous pensez que les gentlemen anglais sont  » the not-wanting-to-sleep-with-you-immediately » vous vous plantez largement (ou alors vous visez les pré-ados mais ce n’est pas très légal).

Je disais donc que je cherchais à connaître les méthodes de drague de ces messieurs, dans un but purement culturel bien sûr. Et je suis tombée sur cet article. J’avoue, j’ai beaucoup ri et en même temps je n’ai pu m’empêcher de voir la vérité. Pendant des années on m’a rabâché -et encore avant que je parte- qu’en tant que française j’aurais un succès fou là bas. Mon petit accent frenchy so sexy les feraient tomber, la réputation des françaises classes et distinguées, pas farouches sur la chose, feraient le reste. En gros, je n’avais qu’à me baisser pour cueillir tout ces beaux mâles anglais. Imaginez la claque. Le désarroi. Comme beaucoup de filles françaises je ne drague pas, ou pour reprendre beaucoup d’entre elles  » je ne sais pas faire » attendant patiemment qu’un monsieur intéressé vienne faire sa court  ou alors j’envoie des messages subtils, tellement subtils d’ailleurs que l’intéressé ne les capte même pas. Bref, entre les anglais qui ne draguent pas, et les françaises qui draguent peu, nous étions bien partis.

Quand un charmant jeune homme anglais vous envoie un texto vous demandant si vous êtes partante pour « faire une promenade, boire un café ou autre… » attendez vous à faire une promenade, boire un café et rien d’autre. Ne passez pas 3h à vous arracher les cheveux sur la signification des « … », il n’y en a pas. Ou si,  c’est au cas où vous préféreriez aller plutôt au ciné, au resto, voir manger un flapjack à la place de la promenade. Vous allez passer un après-midi ou une soirée culturellement riche, aurez refait le monde autour d’un café mais si vous souhaitiez conclure, il va falloir repasser.

Mais quand un monsieur anglais a décidé de s’y mettre, sérieusement, vous aurez aucun doute sur ses intentions. Ca sera aussi subtil et visible qu’un éléphant dans un couloir, c’est simple ça clignote au dessus de sa tête qu’il s’intéresse à vous. Cela peut prendre différentes formes : parfois pathétique -à vous de voir si vous trouvez cela touchant-, parfois lourdes, parfois très insistantes -au point que ce que vous trouviez charmant au départ ne l’est plus du tout-, parfois subtiles….

En effet, les hommes rentrent dedans (sans jeux de mots vulgaires), c’est très rare. La seule fois où j’y ai eu droit, le monsieur en question avait quelque verres dans le nez pour se montrer très tactile sur la piste de dance et même dans ce cas là, il est resté plus soft et diplomate que certains messieurs français que j’ai pu croiser.

Si la personne en question ne vous intéresse pas, ne soyez pas subtile en étant gentille pour lui faire comprendre le « je préfère qu’on reste amis » ou en refusant poliment. La subtilité ne marche pas. Soyez franche et directe, sinon il risquerait de prendre cela pour un encouragement de votre part et vous serez dans le caca.

Parfois l’anglais mâle à l’apparence du cliché du gros beauf masculin : ça rit grassement, rote sans retenu, aime le foot et les jeux de foot en plus de la mal bouffe, ça sera parfois pas très malin…

Les coups de foudre réciproque ça existe aussi, j’en ai été témoin et tout c’est fait rapidement entre les deux parties et ça dure depuis….comme quoi l’espoir est permis…

Mais revenons à la drague de l’homme anglais…. comme je le disais, l’homme anglais peut vous inviter au restaurant, acheter une rose au marchand pakistanais qui passait justement par là pour vous l’offrir, payer votre repas en douce et…rien. Nada. Que dalle. Niente. C’est sur qu’il vous apprécie beaucoup…comme amie. Je ne dis pas que l’amitié h/f n’existe pas, je milite pour, mais si vous avez des espérances soyez prêtes à être frustrée ou à vous asseoir dessus. Ou alors ne vous décourageait pas et soyez plus explicites, parce que même si vous dites oui à tout, il pensera que c’est cool de trouver quelqu’un du sexe opposé qui s’intéresse aussi à ça et vous serez bien embêtée d’être empêtrer dans la fameuse friendzone.

 

Bref, la drague anglaise ça ressemble un  peu à chez nous, enfin chez certains messieurs mais de manière général ce n’est pas aussi visible et insistant qu’en France (où la drague lourde vire des fois au harcèlement). Les anglais en général sont plus tactiles que nous donc ne vous étonnez pas d’une main posez négligemment sur l’épaule, d’un câlin dans les bras ou tout autre contact furtif et non déplacé.

Parfois, tout se passera bien et de manière naturel dans accro, c’est le meilleur que je vous souhaite. Sinon…. et bien persistez, à force vous arriverez peut être à lui faire comprendre clairement vos intentions et à vous mettre en couple.

Joker Danny

Dans un précédent billet, j’avais parlé du studio Mosspaca, de leurs différentes œuvres et de tout l’amour que j’avais pour ce studio. J’avais été ravie lorsque Urban China avait annoncé la publication de Joker Danny qui était l’occasion de voir des auteurs que j’apprécie beaucoup publiés en France, avec l’espoir de voir d’autres de leurs travaux subir le même sort.

Après la lecture de ces deux tomes qu’en est-il ?

 

Présentation

Joker Danny est une bande dessinée chinoise scénarisé par Moss et dessinée par Old Xian du studio Mosspaca et éditée chez nous par Urban China.

Pour l’instant 2 tomes ont été publié, si la série est notée « en cours », ce qui serait logique vu la fin du tome 2, je suis sceptique quand à une éventuelle suite car les auteurs ont l’air d’avoir d’autres projets en cours.
Nous avons là deux grands tomes en couleurs, d’environ 150 pages chacun, avec des couvertures souples. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beau avec des couleurs douces, une narration efficace pour une histoire quelque peu confuse au départ dont il est difficile de connaître les tenants et aboutissements.

 

Les tomes

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Le premier tome se divise en deux parties bien distinctes : la première est une compilation d’histoires courtes sans liens entre elles à part l’apparition d’un joker, que l’on suppose être le fameux clown/joker Danny, et qui intervient plus ou moins directement auprès des personnages. Ce genre de récit n’est pas nouveau et pourrait rappeler Angel et Angel Nest de Sakurasawa Erica par exemple. Ceci dit le tome 1 et 2 permettent de mettre en éclairage certains personnages, qui ils sont et leurs rapports avec Danny, et surtout permettent de situer l’action après les événements de la seconde partie. En effet, dans le tome 1 nous revoyons M.Charles le marionnettiste et sa création M.Clafoutis. Quand à la jeune fille de la première histoire, il est facile reconnaître qui elle est et qui sont ses parents et ce qu’il est advenu d’eux. Quand aux deux frères, j’étais tenté de voir en eux deux des orphelins visible dans la seconde partie mais il semble que cela ne soit pas ça…
Après un interlude, nous entrons dans la seconde partie en faisant connaissance avec Danny jeune orphelin avec une tâche de naissance en forme de larme sous l’œil gauche. Celui ci fait la rencontre de Aurèle Nold un grand peintre, à qui l’on prête des pouvoirs surnaturels, venu restaurer la fresque de l’église de la ville afin de protéger les habitants de la peste qui sévit et transforme les gens en végétaux. En parallèle, nous retrouvons les agents spéciaux Sean et Bellevue accompagné de Noah, un enfant particulier, qui sont à la recherche de quelque chose ou quelqu’un (Danny?).
Le premier tome se termine dans la joie et la bonne humeur mais annonce des événements plus grave qui auront lieu dans dix jours (seulement au vu du tome deux, ils se passent directement après donc….sauf s’il y a encore plus grave après…)
Le premier tome est sympathique et pose les bases mais reste néanmoins confus sur la direction que veut prendre l’histoire. Les deux parties ont des ambiances bien distinctes et assez différentes. Néanmoins, la seconde partie, si elle peut donner une impression de flou, laisse entendre que les auteurs savent où ils vont. En dehors de l’aspect narratif, ce premier tome est une entrée en matière dans l’univers du studio avec une postface sur la création de ce premier tome, suivi d’histoires farfelues comme Moss et Old Xian savent si bien les faire. D’ailleurs, la présentation des auteurs sur la couveture confirme que Old Xian est une dessinatrice, ce détail sera effacé dans le second tome.

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Le second tome commence part faire un bon d’un mois en arrière pour nous en apprendre plus sur Nold et la peste qui sévit. Une grande partie est ensuite consacrée à Noah (3 chapitres!), où nous apprenons qui il est, comment il a obtenu ses pouvoirs et pourquoi il est autant craint. Suivi de la quête des agents Sean et Bellevue pour arriver jusqu’au village du premier tome 1 bouclant ainsi la boucle.
Le second tome n’échappe pas aux interludes radiophonique et postfaces des auteurs, un peu plus nombreuses cette fois et qui sont toujours sans queue ni tête mais apportent une dose d’humour frais non négligeable compte tenu des événements.

Au final, ce second tome pose plus de questions qu’il n’y répond et met en place les bases d’un enjeux plus grand :
Qu’est ce que cette peste ? D’où vient-elle ? Comment l’attrape-t-on ?
Qui est le joker et quelles sont les règles et le but de son jeu ? Comment gagne-t-on des points pour augmenter sa puissance ? Qui sont les autres joueurs ? Gilot nous est présenté comme le 11e joueur, en plus de lui nous connaissons Tashia et Noah, et pouvons supposer que Bellevue en fait également partie. Ce qui fait 3-4 joueurs, il y en donc 7 autres, voir plus. J’aurais aimé en savoir plus sur Tashia, Gilot et les agents spéciaux. De même qu’est-ce que cette fameuse organisation dont ils font partie et quel est son but ?
Pourquoi cherchent-ils Danny ? Qu’a-t-il de particulier ? Étant donné qu’il possède lui aussi une marque comme les autres joueurs, on peut supposer qu’il a lui aussi été en contact avec le fameux Joker, quel serait donc ses pouvoirs et sa contrepartie ?
Concernant Noah, nous apprenons que grâce à ses pupilles il peut retrouver n’importe quoi mais qu’il a une contre partie : ça ne fonctionne que par nuit étoilée et il perd quelque chose qui lui est cher chaque fois qu’il s’en sert. Ajouter à cela qu’il a l’air d’avoir un odorat et une force sur-développés dès le départ en plus de sa super vu (dont il n’a pas l’air de beaucoup se servir), ce qui fait de lui un personnage assez cheaté… J’aurais aimé connaître le pouvoir de Tashia et celui éventuel de Bellevue. Pour la première, elle est nommée « mystificatrice » et Bellevue évoque ses mensonges sans être plus explicite. Quant au second, je me suis demandée s’il n’était pas responsable de la transformation en végétaux des gens qui différerait de l’actuelle épidémie qui sévit.
Et le plus important, comment Danny est devenu le Joker Danny ?
De plus, Joker Danny est un titre assez ironique étant donné que le fameux Danny est très peu présent et n’apparaît que brièvement dans le dernier chapitre du tome deux qui fait le lien avec la fin du tome 1.

En conclusion, Joker Danny est un titre superbe visuellement et intriguant au niveau de son histoire qui laisse une certaine frustration une fois le tome deux terminé. Cependant, même si nous n’avons pas le fin mot de l’histoire (l’aurons nous jamais?), il serait dommage de passer à côté ne serait ce que pour soutenir des auteurs chinois comme Moss et Old Xian que j’apprécie tout particulièrement. J’espère un jour voir les autres œuvres du studio publié chez nous car elles fourmillent de personnages sympathiques et joliment dessinés.

Undead Lovers, peut-on aimer mille fois une personne ?

Un beau jour (en fait je n’en sais rien il pleuvait peut-être) où je traînais mes guêtres comme d’habitude dans l’infini de l’Internet, je suis tombée sur ce manga tout juste entamé qu’est Fujimi lovers ou undead lovers. Le pitch de départ, quelque peu intriguant, m’a attiré et je me retrouvée face à un manga qui ne paye pas de mine, avec un dessin qui change un peu du lot mais très pêchu dans l’ensemble.

Mais de quoi ça parle ?

C’est l’histoire de Kouno Jun et de son amour pour Hasebe Rino. Alors qu’il n’est encore qu’à l’école primaire, Jun tombe amoureux de Rino, la plus jolie fille de sa classe, et décide de lui faire sa déclaration. A l’instant même où elle lui donne sa réponse elle disparaît devant ses yeux, littéralement. L’étrangeté ne s’arrête pas là, puisqu’en enquêtant sur ce qui a pu arriver à Hasebe, il se rend compte que personne n’a souvenir de la jeune fille, comme si elle n’avait jamais existé. Tout le monde a oublié Hasebe sauf lui. Les années passent et voilà notre héros au collège. Quelle n’est pas sa surprise quand il tombe nez à nez avec une fille qui s’appelle Hasebe et qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Sauf que cette Hasebe n’est pas tout à fait la même que celle qu’il a connu.

Si vous ne voulez pas en savoir plus, arrêtez vous là.

Voilà donc la base de l’histoire qui va être en réalité une compilation de l’histoire d’amour en spiral de Kouno et Hasebe. A chaque chapitre l’histoire se répète : Kouno rencontre Hasebe (enfin une Hasebe) différente de la précédente, qu’il va tenter d’aider tout en s’en rapprochant, leurs sentiments finissent par être réciproque et c’est à ce moment là que Hasebe disparaît à nouveau jusqu’à ce qu’une autre réapparaisse. Kouno rencontre donc presque une dizaine d’Hasebe différentes : une en primaine, une au collège membre du club de calligraphie, au lycée membre du club de musique, une qui donne des cours privés, une pendant ses cours de soutient, une à l’université qui perd la mémoire toute les 24h, une collégienne amoureuse d’un autre garçon, une de l’école primaire qui essaie de monter un spectacle de fin d’année, une Hasebe rat de bibliothèque avec des difficultés pour s’exprimer, une Hasebe plus âgée et veuve, et enfin une Hasebe qui est en réalité UN Hasebe.

Toutes les histoires avec des Hasebe ne seront pas explorées, certaines ne seront montrées ou évoquées brièvement. Evidemment l’oeuvre n’est pas sans défaut, il faut déjà apprécié le style de dessin de l’auteur qui peut sembler brouillon et pas très fin, de même que son style narratif. De même, si vous voulez connaître le secret de Hasebe (qui est-elle réellement ? Pourquoi disparaît-elle ?), vous pouvez vous asseoir dessus. L’histoire avance certes, mais pas à ce niveau là et vous n’en saurez pas plus qu’au début. D’où la frustration de certains…

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On peut se demander pourquoi notre héros n’abandonne pas, pourquoi continuer à courir après Hasebe alors que d’avance il sait comment chaque histoire va se finir ? Tout le monde autour de lui lui conseille d’abandonner de courir après Hasebe. Mais pour Jun abandonner ou non n’entre pas en compte, l’amour n’est pas une question de logique. Son amour pour Hasebe n’est pas logique parce qu’il le ressent de tout son être. Certes, comme il le dit lui même, il n’a rien pour lui : il n’est pas bon en sport, pas le plus doué ou le plus intelligent mais il est travailleur et déterminé (il a aussi un léger grain de folie) et c’est ça qui a plu à la première Hasebe. Notre héros est déterminé à faire en sorte que la prochaine fois qu’il rencontre Hasebe et qu’ils tombent amoureux, celle-ci ne disparaisse pas. Nous verrons donc dans chaque chapitre sa motivation mise à rude épreuve, nous le verrons pleurer, suer sang et eau, se remettre en question, sur le point d’abandonner…. Jun au delà de la voir tomber amoureuse de lui, veut voir Hasebe heureuse, et va tout faire pour l’aider, la comprendre. Tout les états d’âme de notre protagoniste sont décrit, et son auteur Takagi Yuna arrive à rendre tout les conflits et frustrations du personnage. On ressent son désarroi, sa peine mais aussi sa folie amoureuse.

Le fait est là : Kouno aime Hasebe, quelque soit sa forme. Toutes les Hasebe, différentes sur la forme, sont au fond la même Hasebe. L’essence même d’Hasebe. Jun l’aime de tout son être et reconnait Hasebe entre mille. Preuve en est, lorsqu’il rencontre une fille identique à Hasebe physiquement mais qu’il ne reconnait pas en tant que telle puisque la vrai Hasebe est cette fois… un garçon. On pourrait évoquer l’hypothèse que Hasebe met à l’épreuve Jun, s’il l’aime vraiment alors il la retrouvera où qu’elle soit et l’aimera quelque soit sa forme. La première Hasebe, au moment de lui donner la réponse à sa déclaration, lui a demandé s’il l’aimera pour toujours en lui faisant promettre avant de disparaître. C’est peut-être à ce moment précis, à cause de cette promesse, que Jun est condamné à aimer Hasebe le reste de sa vie.

Alors oui c’est une histoire frustrante qui ne finit pas toujours bien mais la détermination de son héros fait le sel de l’histoire.

Cependant une autre frustration s’ajoute au lot : l’histoire fait 3 volumes et le dernier chapitre annonçait la fin de la première partie depuis…plus rien. Doit-on y voir la fin pure et simple de l’histoire de Hasebe et Jun ? La fin de cette partie était d’ailleurs prévisible dans on retournement de situation (en tout les cas pour moi) et laissait la porte ouverte à de nouvelles aventures rocambolesques cette fois du côté de Hasebe.

Fujimi/undead lovers nous montre que l’amour est immortel.

Old Xian, un jour en France…

Cela faisait un moment que je voulais parler de cet/cette (?) artiste ici et avec l’annonce de la publication prochaine d’un de ses titres en France, c’est l’occasion rêvé !

J’ai connu Old Xian (ou old先) complètement par hasard en tombant sur certaines de ses illustration sur le net. J’ai aimé le style, les couleurs et l’utilisation de la lumière. Et comme je suis une personne curieuse, j’ai voulu en savoir plus. J’ai finalement trouvé son blog où ses strips sont mis en ligne et j’ai commencé à tout remonté pour voir l’ensemble de ses travaux, même si je ne comprends pas un mot de chinois.
Pour être honnête je n’ai pas trouvé grand chose de plus, je veux dire qu’au niveau de son parcours, avec qui et sur quoi il/elle bosse…je trouve pas, ou sinon c’est écrit dans une langue étrangère que je ne peux pas lire (ou alors il faut que je retourne chez les russes, ils savent toujours tout). Je sais que Old Xian et ses comparses (Tan Jiu et Moss) font parfois des arrêts dans des écoles d’art pour donner quelques cours aux élèves (ou juste des interventions). Sur son blog il est indiqué que c’est un homme mais j’aurais tendance à croire que c’est une femme -disons qu’au départ j’ai pensé que s’en était une, depuis c’est resté- d’ailleurs urban china confirme son statut de dessinatrice (mais au final c’est pas très important).

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Beaucoup d’illustrations -surtout dans le domaine de la mode- , ou des publicités pour portables et peu d’œuvres papiers à son actif mais que des choses plaisantes. Dans le désordre :

19 days – One day

Mosspaca Advertising Departement

The specific heat capacity of love

Joker Danny

C’est d’ailleurs ce dernier qui sera publié en France chez Urban China en mai, l’histoire compte 2 volumes. Je me permets d’ailleurs de reprendre le synopsis diffusé :

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La Terre a été ravagée par une maladie contagieuse. En quelques mois seulement, l’humanité a quasiment disparu. Une petite ville a miraculeusement survécu à la catastrophe, et dans cette cité rescapée vit Danny, un jeune orphelin turbulent qui a une tache de naissances en forme de larme sous l’oeil gauche. Par un jour pluvieux, un nouvel arrivant entre en ville : Oreno, un artiste peintre respecté. Voici l’histoire de leur rencontre…

Je ne peux pas dire grand chose dessus étant donné que je ne l’ai pas encore lu au moment où j’écris, ni même vu, excepté quelques illustrations -très belles-, mais connaissant le style de l’auteure, je sens que ça va être du bonheur.

Bon parlons bien, parlons dessin !

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé le style de l’auteure, son trait fin et stylisé, ses couleurs, sa façon de dessiner des corps longilignes et minces. Je pourrais cependant lui reprocher une certaine répétition dans le style, notamment des personnages masculins qui ont une légère tendance à se ressembler. Et sa tendance à nous montrer des messieurs qui aiment enlever le haut pour le plaisir de certaines et certains.

Parlons un peu histoire maintenant :

The specific heat capacity of love est un court oneshot qui nous narre la sortie en mer de la jeune Xue Yi avec sa classe et sa rencontre avec un homme étrange sur la plage qui lui raconte une histoire d’amitié (qui fleur bon le BL quand même) entre un requin et une mouette. L’histoire est simple mais forte, surtout dans son dénouement. Le fait d’anthropomorphisé des animaux n’est pas nouveau en soit mais cela rend certains passages du récit encore plus atroce et violent. C’est officiel, je ne mangerais jamais de l’aileron de requin (j’en avais pas l’intention de base mais au moins là c’est définitif).

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19 days est un recueil d’histoires courtes écrites et dessinées par divers auteurs chinois, dont Old Xian, chaque histoire représentant une journée Celle crée par Old Xian « one day » est un récit de 8 pages où l’on retrouve deux protagonistes mâles sans nom dont l’un (Jian Yi) vient tranquillement squatter chez l’autre (Zhan Zhengxi). On pourrait dire que ce sont les prémisses de One day, le style est un peu plus détaillé mais les personnages égales à eux mêmes (mandale!). Par la suite l’auteure va reprendre son histoire et développer plusieurs strips où l’on retrouvent nos deux ados. Concrètement One day raconte les mésaventures de deux garçons, deux meilleurs amis dont l’un semble avoir un gros faible pour l’autre, il n’hésite d’ailleurs pas à tenter sa chance régulièrement pour finir -souvent- par se prendre une mandale dans la gueule (Aah l’amour~). Les premières choses que j’ai vu sur 19 days – One day étaient surtout une compilation d’illustrations des deux personnages, souvent dans des situations qu’apprécieraient les plus assidues des fujoshis, avec quelques strips racontant des histoires sans vraiment de liens entre elles jusqu’à récemment. Depuis l’auteur étoffe un peu ses personnages et nous permet dans apprendre plus sur leur passif (pour ceux ou celles qui seraient perdu(e)s une timeline existe). Mais honnêtement, ce n’est pas le point le plus important de l’histoire. C’est surtout de les voir évoluer tout les deux. Les situations pour la plupart sont banal mais leur traitement fait rire, tellement c’est stupide. Entre le personnage je-m’en-foutiste (Zhan Zhengxi) qui passe une grande partie du temps en survet’ à glander et son meilleur ami (Jian Yi) un poil collant qui à l’art de prendre les décisions les plus absurdes, stupides et embarrassantes pour rendre les situations encore pires qu’avant (mais bizarrement il est populaire). Sans oublier les régulières méprises par les filles de la classe sur leur relation. One day c’est simple, c’est bête, ça prend pas la tête et les personnages sont attachants. Je recommande. Vous pouvez d’ailleurs voir directement les strips sur le blog de Old Xian.

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Mosspaca Advertising departement est centré sur la vie de studio de l’auteur  (Mosspaca) et de ses deux acolytes Moss et Tan Jiu (mais on y retrouve aussi d’autres dessinateurs du studio de manière sporadique). Dans ce studio nous avons donc : Moss créateur du studio qui s’occupe de scénario (The specific heat capacity of love et Joker Danny entre autres), d’illustrations, ainsi que de choses administratives (il semblerait) et Tan Jiu du dessin. Dans le cas de Mosspaca advertising departement il semble que ce soit les deux illustratrices (Old Xian et Tan Jiu) qui s’occupent ensemble de la réalisation des strips. En gros, Mosspaca raconte la vie de tout les jours du studio, des différents clients qui viennent les voir pour des projets spécifiques (jeux vidéos, marque de shampoing, applis pour téléphone…), de leurs rencontres avec d’autres illustrateurs, etc… honnêtement on peut se demander comment le studio tient vu leur façon de traiter les projets qu’on leur donne. C’est aussi absurde, sinon plus, que One day (pourquoi Moss a une corne au milieu de la tête ?, pourquoi Old Xian se trimbale torse nu avec un bas de pyjama rayé et un masque de lapin sur la tête (en plus elle le porte même pendant les séances de dédicaces) ? pourquoi leurs amis sont des souris bodybuildés ?….on n’en sait rien et au final ça ne rend la chose que plus absurde) avec néanmoins quelques moments de calme. Le tout est aussi disponible sur le blog de l’artiste, ainsi que de Tan Jiu et de Moss.

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Je rejouterais encore un titre qui montre la collaboration de Old Xian et Tan Jiu : 无期之约 (désolée je n’ai pas encore trouvé de traduction) est un court oneshot. Personnellement, je suis moins fan des dessins qui sont certes correct mais bien moins beau que ce à quoi l’auteur nous a habitué, un peu simpliste.

Il serait difficile de parler de Old Xian sans parler de Tan Jiu et Moss. J’avoue avoir cru que Tan Jiu était un autre pseudonyme de Old Xian tellement leurs styles sont proches par moment (enfin surtout quand j’ai vu Tamen de gushi). Tan Jiu possède également un blog (avec une belle bannière ping pong). Si Old Xian semble plus accès BL, Tan jiu ce serait le yuri avec Tamen de Gushi/their story qui raconte l’histoire d’amour de Qiu Tong et Sun Jing de leur rencontre, leur mise en couple. Tan Jiu utilise un peu le même processus que son homologue dans sa façon de narrer. Après nous avoir montrer des illustrations des filles ensemble et des scénettes sans rapports, nous avons enfin droit aux strips racontant leur histoire. Le récit est assez sympathique, classique (la brune sportive un peu garçon manquée rencontre la jolie blonde naïve et pure), le tout entouré de plusieurs personnage (le meilleur ami, le délégué, le mec dont le sempai bodybuildé est amoureux de lui et dont on ne voit jamais la tête (au départ)…). Cette histoire n’en est pour l’instant qu’à ses débuts mais c’est prometteur. Classique comme je l’ai dit mais mignon, avec un peu d’humour mais pas d’absurde, les situations du quotidien embellies par le trait de Tan Jiu.

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Tan Jiu s’occupe également de Mosspaca avec Old Xian en même temps que Tamen de Gushi. Autrement elle a surtout à son actif des oneshots comme Daguanjia  (une histoire de deux frères qui se disputent une cage à grillons dans la  Chine ancienne), The Art of Gardening, qui par son format et le choix du noir et blanc est plus classique, avec cette histoire d’un garçon qui retrouve chez lui un double de lui même qui n’est autre que son bonsaï et  le manhua He Guang Volunteering Committee qui semble être toujours en cours.

En tout les cas je vous encourage vivement à jeter un oeil à leur travaux, ça vaut le coup -de mon point de vue-, pour un aperçu passez par le Tumblr de Old Xian.

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L’art étrange de Kaneoya Sachiko

C’est toujours dans les méandres de l’internet, en me baladant de sites en sites que je tombe toujours sur une image insolite qui me fait découvrir un/une artiste qui, à mon sens, mérite le détour. Et puis c’est la St Valentin, il me faut parler d’amour.

Je vais donc parler de Kaneoya Sachiko.

Honnêtement je n’ai pas trouvé grand chose d’elle sur le net, je veux dire pas de sites ou de forums enflammés sur son travail, les sites que je rencontre évoquent souvent la même chose sans aller plus loin dans l’analyse de son travail.

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L’homme de Kaneoya Sachiko dans toute sa splendeur

 

 

L’artiste possède un site web qui répertorie son travail (avec une louable tentative de transcriptions approximatives en anglais) ainsi qu’un deviant art pas mis à jour (personne n’est parfait).

 

Si j’en parle c’est que ses oeuvres dégagent un certain érotisme, mais un érotisme particulier, très japonais nous dirons. Cet érotisme lié aux blessures, saignements et autres bandages. L’érotisme d’une personne quelconque qui se retrouve dans des situations gênantes, voir humiliantes.

Si vous aimez des auteurs comme Maruo alors vous serez peut être sensible à son art. Ses illustrations restent néanmoins beaucoup plus soft que son aîné, moins de sang et d’organes à l’air, mais plus de fury. On retrouve néanmoins ces écoliers masculins peu viril à casquette et au short noir bien plissé qui semblent moins sages qu’ils n’en ont l’air. Bien sur tout ne fait pas penser à du Maruo, il s’agit surtout de certaines illustrations où les choix de couleurs et d’attitudes des personnages m’y font indubitablement penser.

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Quand on regarde ses dessins, on ne peut s’empêcher de penser à illustrations de années 50/60′, gentillettes et bon enfants dans les thèmes comme dans les couleurs choisies. En effet, certaines des images ont un style très cartoons dont le côté mignons tranchent quelquefois avec ce qui est représenté. Pour le coup les personnages se simplifient, jusqu’au rondouillard par moment et me rappelle d’une certaine façon certains titres de Natsume Ono (Ristorante paradiso, Goyo, not simple, la quinta camera…), dont le style -s’il est varié- reste identifiable.

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Un monde merveilleux, mignon et coloré…

 

 

L’un des thèmes majeurs (comme indiqué sur son site, si vous ne l’aviez pas remarqué) : c’est l’homme. Mais attention pas n’importe quel homme ! Un homme peu viril, qui dégage un air de looser procrastinateur et je m’en foutiste, souvent malmené par la gente féminine dont il devient la victime. Un homme souvent  blessé : s’il n’a pas de coquard, c’est qu’il saigne du nez, quand c’est pas les deux. Un homme loin d’être au sommet de sa gloire, un peu pathétique sur les bords et sans défense.  Bref une image d’homme que l’on voit peu souvent et où les clichés sont renversés, car c’est désormais l’homme qui est victime du grand méchant loup ou de jeunes félines. Des femmes souvent plus costauds et bien en chairs qui contrastent avec notre protagoniste masculin. S’agit-il de redonner le pouvoir aux femmes ou de les montrer en prédatrices ?

Souvent notre homme accepte de devenir le jouet de ces dames et d’ôter la chemise dès qu’il y a quelques billets à la clé. Notre homme serait-il tellement dans le besoin qu’il faille qu’il se prostitue ou se fasse entretenir ?

Evidemment, chacun est libre de ne pas adhérer à cette imagerie, voir d’être mis mal à l’aise mais peut être est-ce le but ?

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Attaché, maltraité, parfois découpé en morceaux, l’homme subit tout quand il ne semble pas consentant pour se faire traiter de la sorte. Serait-il devenu une serpillière en manque d’amour propre ?

 

S’il ne se retrouve pas victime de la gente féminine, il peut être décrédibilisé, rendu ridicule par les choix de costume : la fantasme de la jeune écolière en uniforme de marin en prend là aussi un coup. Qui n’a jamais rêvé d’un homme en jupe qui garde cependant son beau caleçon rayé et ses chaussettes jusqu’à mi-mollet ? Kaneoya Sachiko nous propose l’essence même du glamour.

L’artiste n’hésite pas à plonger dans le ridicule, il ne tue pas (quoique), jusqu’à vous faire piquer les mirettes.

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N’est-il pas mignon ?

 

 

Tout ceci ne nous est pas présenté  avec des formes anatomiques improbables couplées avec des positions langoureuses et suggestives (je pense à toi Adekan!). Non, notre homme (car c’est souvent le même qui se fait martyriser) est dans des poses lambda qui arrive pourtant à dégager un érotisme latent. Pour preuve Kaneoya Sachiko était présente lors de l’exposition japan erotica au musée de l’érotisme à Paris qui s’est tenue de Mai à Octobre 2014.

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Bien que la colorisation et le style varient, il est facile de reconnaître la patte de l’artiste avec des personnages aisément reconnaissable. Pour preuve, quelques illustrations qui montrent que son travail ne se cantonne pas aux hommes martyrisés.

 

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Pour conclure que dire…certes j’ai surtout montré un pauvre type dans tout ses états mais il ne faudrait pas s’arrêter à ça. Son travail est riche et varié, parfois simple, parfois ultra détaillé, parfois monochrome ou fluo. Vous n’êtes pas obligé d’adhérer à ce fantasme de l’homme malmené mais vous arrêter à ça serait dommage selon moi (oui mon discours est contradictoire avec les images montrées).

Je vous encourage donc à jeter un oeil sur son site si le coeur vous en dit, histoire que vous découvriez et que vous vous fassiez votre propre idée.

 

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Je me devais de garder cette image pour la fin. Je ne m’en lasse pas.