Joker Danny

Dans un précédent billet, j’avais parlé du studio Mosspaca, de leurs différentes œuvres et de tout l’amour que j’avais pour ce studio. J’avais été ravie lorsque Urban China avait annoncé la publication de Joker Danny qui était l’occasion de voir des auteurs que j’apprécie beaucoup publiés en France, avec l’espoir de voir d’autres de leurs travaux subir le même sort.

Après la lecture de ces deux tomes qu’en est-il ?

 

Présentation

Joker Danny est une bande dessinée chinoise scénarisé par Moss et dessinée par Old Xian du studio Mosspaca et éditée chez nous par Urban China.

Pour l’instant 2 tomes ont été publié, si la série est notée « en cours », ce qui serait logique vu la fin du tome 2, je suis sceptique quand à une éventuelle suite car les auteurs ont l’air d’avoir d’autres projets en cours.
Nous avons là deux grands tomes en couleurs, d’environ 150 pages chacun, avec des couvertures souples. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beau avec des couleurs douces, une narration efficace pour une histoire quelque peu confuse au départ dont il est difficile de connaître les tenants et aboutissements.

 

Les tomes

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Le premier tome se divise en deux parties bien distinctes : la première est une compilation d’histoires courtes sans liens entre elles à part l’apparition d’un joker, que l’on suppose être le fameux clown/joker Danny, et qui intervient plus ou moins directement auprès des personnages. Ce genre de récit n’est pas nouveau et pourrait rappeler Angel et Angel Nest de Sakurasawa Erica par exemple. Ceci dit le tome 1 et 2 permettent de mettre en éclairage certains personnages, qui ils sont et leurs rapports avec Danny, et surtout permettent de situer l’action après les événements de la seconde partie. En effet, dans le tome 1 nous revoyons M.Charles le marionnettiste et sa création M.Clafoutis. Quand à la jeune fille de la première histoire, il est facile reconnaître qui elle est et qui sont ses parents et ce qu’il est advenu d’eux. Quand aux deux frères, j’étais tenté de voir en eux deux des orphelins visible dans la seconde partie mais il semble que cela ne soit pas ça…
Après un interlude, nous entrons dans la seconde partie en faisant connaissance avec Danny jeune orphelin avec une tâche de naissance en forme de larme sous l’œil gauche. Celui ci fait la rencontre de Aurèle Nold un grand peintre, à qui l’on prête des pouvoirs surnaturels, venu restaurer la fresque de l’église de la ville afin de protéger les habitants de la peste qui sévit et transforme les gens en végétaux. En parallèle, nous retrouvons les agents spéciaux Sean et Bellevue accompagné de Noah, un enfant particulier, qui sont à la recherche de quelque chose ou quelqu’un (Danny?).
Le premier tome se termine dans la joie et la bonne humeur mais annonce des événements plus grave qui auront lieu dans dix jours (seulement au vu du tome deux, ils se passent directement après donc….sauf s’il y a encore plus grave après…)
Le premier tome est sympathique et pose les bases mais reste néanmoins confus sur la direction que veut prendre l’histoire. Les deux parties ont des ambiances bien distinctes et assez différentes. Néanmoins, la seconde partie, si elle peut donner une impression de flou, laisse entendre que les auteurs savent où ils vont. En dehors de l’aspect narratif, ce premier tome est une entrée en matière dans l’univers du studio avec une postface sur la création de ce premier tome, suivi d’histoires farfelues comme Moss et Old Xian savent si bien les faire. D’ailleurs, la présentation des auteurs sur la couveture confirme que Old Xian est une dessinatrice, ce détail sera effacé dans le second tome.

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Le second tome commence part faire un bon d’un mois en arrière pour nous en apprendre plus sur Nold et la peste qui sévit. Une grande partie est ensuite consacrée à Noah (3 chapitres!), où nous apprenons qui il est, comment il a obtenu ses pouvoirs et pourquoi il est autant craint. Suivi de la quête des agents Sean et Bellevue pour arriver jusqu’au village du premier tome 1 bouclant ainsi la boucle.
Le second tome n’échappe pas aux interludes radiophonique et postfaces des auteurs, un peu plus nombreuses cette fois et qui sont toujours sans queue ni tête mais apportent une dose d’humour frais non négligeable compte tenu des événements.

Au final, ce second tome pose plus de questions qu’il n’y répond et met en place les bases d’un enjeux plus grand :
Qu’est ce que cette peste ? D’où vient-elle ? Comment l’attrape-t-on ?
Qui est le joker et quelles sont les règles et le but de son jeu ? Comment gagne-t-on des points pour augmenter sa puissance ? Qui sont les autres joueurs ? Gilot nous est présenté comme le 11e joueur, en plus de lui nous connaissons Tashia et Noah, et pouvons supposer que Bellevue en fait également partie. Ce qui fait 3-4 joueurs, il y en donc 7 autres, voir plus. J’aurais aimé en savoir plus sur Tashia, Gilot et les agents spéciaux. De même qu’est-ce que cette fameuse organisation dont ils font partie et quel est son but ?
Pourquoi cherchent-ils Danny ? Qu’a-t-il de particulier ? Étant donné qu’il possède lui aussi une marque comme les autres joueurs, on peut supposer qu’il a lui aussi été en contact avec le fameux Joker, quel serait donc ses pouvoirs et sa contrepartie ?
Concernant Noah, nous apprenons que grâce à ses pupilles il peut retrouver n’importe quoi mais qu’il a une contre partie : ça ne fonctionne que par nuit étoilée et il perd quelque chose qui lui est cher chaque fois qu’il s’en sert. Ajouter à cela qu’il a l’air d’avoir un odorat et une force sur-développés dès le départ en plus de sa super vu (dont il n’a pas l’air de beaucoup se servir), ce qui fait de lui un personnage assez cheaté… J’aurais aimé connaître le pouvoir de Tashia et celui éventuel de Bellevue. Pour la première, elle est nommée « mystificatrice » et Bellevue évoque ses mensonges sans être plus explicite. Quant au second, je me suis demandée s’il n’était pas responsable de la transformation en végétaux des gens qui différerait de l’actuelle épidémie qui sévit.
Et le plus important, comment Danny est devenu le Joker Danny ?
De plus, Joker Danny est un titre assez ironique étant donné que le fameux Danny est très peu présent et n’apparaît que brièvement dans le dernier chapitre du tome deux qui fait le lien avec la fin du tome 1.

En conclusion, Joker Danny est un titre superbe visuellement et intriguant au niveau de son histoire qui laisse une certaine frustration une fois le tome deux terminé. Cependant, même si nous n’avons pas le fin mot de l’histoire (l’aurons nous jamais?), il serait dommage de passer à côté ne serait ce que pour soutenir des auteurs chinois comme Moss et Old Xian que j’apprécie tout particulièrement. J’espère un jour voir les autres œuvres du studio publié chez nous car elles fourmillent de personnages sympathiques et joliment dessinés.

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Undead Lovers, peut-on aimer mille fois une personne ?

Un beau jour (en fait je n’en sais rien il pleuvait peut-être) où je traînais mes guêtres comme d’habitude dans l’infini de l’Internet, je suis tombée sur ce manga tout juste entamé qu’est Fujimi lovers ou undead lovers. Le pitch de départ, quelque peu intriguant, m’a attiré et je me retrouvée face à un manga qui ne paye pas de mine, avec un dessin qui change un peu du lot mais très pêchu dans l’ensemble.

Mais de quoi ça parle ?

C’est l’histoire de Kouno Jun et de son amour pour Hasebe Rino. Alors qu’il n’est encore qu’à l’école primaire, Jun tombe amoureux de Rino, la plus jolie fille de sa classe, et décide de lui faire sa déclaration. A l’instant même où elle lui donne sa réponse elle disparaît devant ses yeux, littéralement. L’étrangeté ne s’arrête pas là, puisqu’en enquêtant sur ce qui a pu arriver à Hasebe, il se rend compte que personne n’a souvenir de la jeune fille, comme si elle n’avait jamais existé. Tout le monde a oublié Hasebe sauf lui. Les années passent et voilà notre héros au collège. Quelle n’est pas sa surprise quand il tombe nez à nez avec une fille qui s’appelle Hasebe et qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Sauf que cette Hasebe n’est pas tout à fait la même que celle qu’il a connu.

Si vous ne voulez pas en savoir plus, arrêtez vous là.

Voilà donc la base de l’histoire qui va être en réalité une compilation de l’histoire d’amour en spiral de Kouno et Hasebe. A chaque chapitre l’histoire se répète : Kouno rencontre Hasebe (enfin une Hasebe) différente de la précédente, qu’il va tenter d’aider tout en s’en rapprochant, leurs sentiments finissent par être réciproque et c’est à ce moment là que Hasebe disparaît à nouveau jusqu’à ce qu’une autre réapparaisse. Kouno rencontre donc presque une dizaine d’Hasebe différentes : une en primaine, une au collège membre du club de calligraphie, au lycée membre du club de musique, une qui donne des cours privés, une pendant ses cours de soutient, une à l’université qui perd la mémoire toute les 24h, une collégienne amoureuse d’un autre garçon, une de l’école primaire qui essaie de monter un spectacle de fin d’année, une Hasebe rat de bibliothèque avec des difficultés pour s’exprimer, une Hasebe plus âgée et veuve, et enfin une Hasebe qui est en réalité UN Hasebe.

Toutes les histoires avec des Hasebe ne seront pas explorées, certaines ne seront montrées ou évoquées brièvement. Evidemment l’oeuvre n’est pas sans défaut, il faut déjà apprécié le style de dessin de l’auteur qui peut sembler brouillon et pas très fin, de même que son style narratif. De même, si vous voulez connaître le secret de Hasebe (qui est-elle réellement ? Pourquoi disparaît-elle ?), vous pouvez vous asseoir dessus. L’histoire avance certes, mais pas à ce niveau là et vous n’en saurez pas plus qu’au début. D’où la frustration de certains…

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On peut se demander pourquoi notre héros n’abandonne pas, pourquoi continuer à courir après Hasebe alors que d’avance il sait comment chaque histoire va se finir ? Tout le monde autour de lui lui conseille d’abandonner de courir après Hasebe. Mais pour Jun abandonner ou non n’entre pas en compte, l’amour n’est pas une question de logique. Son amour pour Hasebe n’est pas logique parce qu’il le ressent de tout son être. Certes, comme il le dit lui même, il n’a rien pour lui : il n’est pas bon en sport, pas le plus doué ou le plus intelligent mais il est travailleur et déterminé (il a aussi un léger grain de folie) et c’est ça qui a plu à la première Hasebe. Notre héros est déterminé à faire en sorte que la prochaine fois qu’il rencontre Hasebe et qu’ils tombent amoureux, celle-ci ne disparaisse pas. Nous verrons donc dans chaque chapitre sa motivation mise à rude épreuve, nous le verrons pleurer, suer sang et eau, se remettre en question, sur le point d’abandonner…. Jun au delà de la voir tomber amoureuse de lui, veut voir Hasebe heureuse, et va tout faire pour l’aider, la comprendre. Tout les états d’âme de notre protagoniste sont décrit, et son auteur Takagi Yuna arrive à rendre tout les conflits et frustrations du personnage. On ressent son désarroi, sa peine mais aussi sa folie amoureuse.

Le fait est là : Kouno aime Hasebe, quelque soit sa forme. Toutes les Hasebe, différentes sur la forme, sont au fond la même Hasebe. L’essence même d’Hasebe. Jun l’aime de tout son être et reconnait Hasebe entre mille. Preuve en est, lorsqu’il rencontre une fille identique à Hasebe physiquement mais qu’il ne reconnait pas en tant que telle puisque la vrai Hasebe est cette fois… un garçon. On pourrait évoquer l’hypothèse que Hasebe met à l’épreuve Jun, s’il l’aime vraiment alors il la retrouvera où qu’elle soit et l’aimera quelque soit sa forme. La première Hasebe, au moment de lui donner la réponse à sa déclaration, lui a demandé s’il l’aimera pour toujours en lui faisant promettre avant de disparaître. C’est peut-être à ce moment précis, à cause de cette promesse, que Jun est condamné à aimer Hasebe le reste de sa vie.

Alors oui c’est une histoire frustrante qui ne finit pas toujours bien mais la détermination de son héros fait le sel de l’histoire.

Cependant une autre frustration s’ajoute au lot : l’histoire fait 3 volumes et le dernier chapitre annonçait la fin de la première partie depuis…plus rien. Doit-on y voir la fin pure et simple de l’histoire de Hasebe et Jun ? La fin de cette partie était d’ailleurs prévisible dans on retournement de situation (en tout les cas pour moi) et laissait la porte ouverte à de nouvelles aventures rocambolesques cette fois du côté de Hasebe.

Fujimi/undead lovers nous montre que l’amour est immortel.

Old Xian, un jour en France…

Cela faisait un moment que je voulais parler de cet/cette (?) artiste ici et avec l’annonce de la publication prochaine d’un de ses titres en France, c’est l’occasion rêvé !

J’ai connu Old Xian (ou old先) complètement par hasard en tombant sur certaines de ses illustration sur le net. J’ai aimé le style, les couleurs et l’utilisation de la lumière. Et comme je suis une personne curieuse, j’ai voulu en savoir plus. J’ai finalement trouvé son blog où ses strips sont mis en ligne et j’ai commencé à tout remonté pour voir l’ensemble de ses travaux, même si je ne comprends pas un mot de chinois.
Pour être honnête je n’ai pas trouvé grand chose de plus, je veux dire qu’au niveau de son parcours, avec qui et sur quoi il/elle bosse…je trouve pas, ou sinon c’est écrit dans une langue étrangère que je ne peux pas lire (ou alors il faut que je retourne chez les russes, ils savent toujours tout). Je sais que Old Xian et ses comparses (Tan Jiu et Moss) font parfois des arrêts dans des écoles d’art pour donner quelques cours aux élèves (ou juste des interventions). Sur son blog il est indiqué que c’est un homme mais j’aurais tendance à croire que c’est une femme -disons qu’au départ j’ai pensé que s’en était une, depuis c’est resté- d’ailleurs urban china confirme son statut de dessinatrice (mais au final c’est pas très important).

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Beaucoup d’illustrations -surtout dans le domaine de la mode- , ou des publicités pour portables et peu d’œuvres papiers à son actif mais que des choses plaisantes. Dans le désordre :

19 days – One day

Mosspaca Advertising Departement

The specific heat capacity of love

Joker Danny

C’est d’ailleurs ce dernier qui sera publié en France chez Urban China en mai, l’histoire compte 2 volumes. Je me permets d’ailleurs de reprendre le synopsis diffusé :

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La Terre a été ravagée par une maladie contagieuse. En quelques mois seulement, l’humanité a quasiment disparu. Une petite ville a miraculeusement survécu à la catastrophe, et dans cette cité rescapée vit Danny, un jeune orphelin turbulent qui a une tache de naissances en forme de larme sous l’oeil gauche. Par un jour pluvieux, un nouvel arrivant entre en ville : Oreno, un artiste peintre respecté. Voici l’histoire de leur rencontre…

Je ne peux pas dire grand chose dessus étant donné que je ne l’ai pas encore lu au moment où j’écris, ni même vu, excepté quelques illustrations -très belles-, mais connaissant le style de l’auteure, je sens que ça va être du bonheur.

Bon parlons bien, parlons dessin !

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai aimé le style de l’auteure, son trait fin et stylisé, ses couleurs, sa façon de dessiner des corps longilignes et minces. Je pourrais cependant lui reprocher une certaine répétition dans le style, notamment des personnages masculins qui ont une légère tendance à se ressembler. Et sa tendance à nous montrer des messieurs qui aiment enlever le haut pour le plaisir de certaines et certains.

Parlons un peu histoire maintenant :

The specific heat capacity of love est un court oneshot qui nous narre la sortie en mer de la jeune Xue Yi avec sa classe et sa rencontre avec un homme étrange sur la plage qui lui raconte une histoire d’amitié (qui fleur bon le BL quand même) entre un requin et une mouette. L’histoire est simple mais forte, surtout dans son dénouement. Le fait d’anthropomorphisé des animaux n’est pas nouveau en soit mais cela rend certains passages du récit encore plus atroce et violent. C’est officiel, je ne mangerais jamais de l’aileron de requin (j’en avais pas l’intention de base mais au moins là c’est définitif).

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19 days est un recueil d’histoires courtes écrites et dessinées par divers auteurs chinois, dont Old Xian, chaque histoire représentant une journée Celle crée par Old Xian « one day » est un récit de 8 pages où l’on retrouve deux protagonistes mâles sans nom dont l’un (Jian Yi) vient tranquillement squatter chez l’autre (Zhan Zhengxi). On pourrait dire que ce sont les prémisses de One day, le style est un peu plus détaillé mais les personnages égales à eux mêmes (mandale!). Par la suite l’auteure va reprendre son histoire et développer plusieurs strips où l’on retrouvent nos deux ados. Concrètement One day raconte les mésaventures de deux garçons, deux meilleurs amis dont l’un semble avoir un gros faible pour l’autre, il n’hésite d’ailleurs pas à tenter sa chance régulièrement pour finir -souvent- par se prendre une mandale dans la gueule (Aah l’amour~). Les premières choses que j’ai vu sur 19 days – One day étaient surtout une compilation d’illustrations des deux personnages, souvent dans des situations qu’apprécieraient les plus assidues des fujoshis, avec quelques strips racontant des histoires sans vraiment de liens entre elles jusqu’à récemment. Depuis l’auteur étoffe un peu ses personnages et nous permet dans apprendre plus sur leur passif (pour ceux ou celles qui seraient perdu(e)s une timeline existe). Mais honnêtement, ce n’est pas le point le plus important de l’histoire. C’est surtout de les voir évoluer tout les deux. Les situations pour la plupart sont banal mais leur traitement fait rire, tellement c’est stupide. Entre le personnage je-m’en-foutiste (Zhan Zhengxi) qui passe une grande partie du temps en survet’ à glander et son meilleur ami (Jian Yi) un poil collant qui à l’art de prendre les décisions les plus absurdes, stupides et embarrassantes pour rendre les situations encore pires qu’avant (mais bizarrement il est populaire). Sans oublier les régulières méprises par les filles de la classe sur leur relation. One day c’est simple, c’est bête, ça prend pas la tête et les personnages sont attachants. Je recommande. Vous pouvez d’ailleurs voir directement les strips sur le blog de Old Xian.

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Mosspaca Advertising departement est centré sur la vie de studio de l’auteur  (Mosspaca) et de ses deux acolytes Moss et Tan Jiu (mais on y retrouve aussi d’autres dessinateurs du studio de manière sporadique). Dans ce studio nous avons donc : Moss créateur du studio qui s’occupe de scénario (The specific heat capacity of love et Joker Danny entre autres), d’illustrations, ainsi que de choses administratives (il semblerait) et Tan Jiu du dessin. Dans le cas de Mosspaca advertising departement il semble que ce soit les deux illustratrices (Old Xian et Tan Jiu) qui s’occupent ensemble de la réalisation des strips. En gros, Mosspaca raconte la vie de tout les jours du studio, des différents clients qui viennent les voir pour des projets spécifiques (jeux vidéos, marque de shampoing, applis pour téléphone…), de leurs rencontres avec d’autres illustrateurs, etc… honnêtement on peut se demander comment le studio tient vu leur façon de traiter les projets qu’on leur donne. C’est aussi absurde, sinon plus, que One day (pourquoi Moss a une corne au milieu de la tête ?, pourquoi Old Xian se trimbale torse nu avec un bas de pyjama rayé et un masque de lapin sur la tête (en plus elle le porte même pendant les séances de dédicaces) ? pourquoi leurs amis sont des souris bodybuildés ?….on n’en sait rien et au final ça ne rend la chose que plus absurde) avec néanmoins quelques moments de calme. Le tout est aussi disponible sur le blog de l’artiste, ainsi que de Tan Jiu et de Moss.

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Je rejouterais encore un titre qui montre la collaboration de Old Xian et Tan Jiu : 无期之约 (désolée je n’ai pas encore trouvé de traduction) est un court oneshot. Personnellement, je suis moins fan des dessins qui sont certes correct mais bien moins beau que ce à quoi l’auteur nous a habitué, un peu simpliste.

Il serait difficile de parler de Old Xian sans parler de Tan Jiu et Moss. J’avoue avoir cru que Tan Jiu était un autre pseudonyme de Old Xian tellement leurs styles sont proches par moment (enfin surtout quand j’ai vu Tamen de gushi). Tan Jiu possède également un blog (avec une belle bannière ping pong). Si Old Xian semble plus accès BL, Tan jiu ce serait le yuri avec Tamen de Gushi/their story qui raconte l’histoire d’amour de Qiu Tong et Sun Jing de leur rencontre, leur mise en couple. Tan Jiu utilise un peu le même processus que son homologue dans sa façon de narrer. Après nous avoir montrer des illustrations des filles ensemble et des scénettes sans rapports, nous avons enfin droit aux strips racontant leur histoire. Le récit est assez sympathique, classique (la brune sportive un peu garçon manquée rencontre la jolie blonde naïve et pure), le tout entouré de plusieurs personnage (le meilleur ami, le délégué, le mec dont le sempai bodybuildé est amoureux de lui et dont on ne voit jamais la tête (au départ)…). Cette histoire n’en est pour l’instant qu’à ses débuts mais c’est prometteur. Classique comme je l’ai dit mais mignon, avec un peu d’humour mais pas d’absurde, les situations du quotidien embellies par le trait de Tan Jiu.

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Tan Jiu s’occupe également de Mosspaca avec Old Xian en même temps que Tamen de Gushi. Autrement elle a surtout à son actif des oneshots comme Daguanjia  (une histoire de deux frères qui se disputent une cage à grillons dans la  Chine ancienne), The Art of Gardening, qui par son format et le choix du noir et blanc est plus classique, avec cette histoire d’un garçon qui retrouve chez lui un double de lui même qui n’est autre que son bonsaï et  le manhua He Guang Volunteering Committee qui semble être toujours en cours.

En tout les cas je vous encourage vivement à jeter un oeil à leur travaux, ça vaut le coup -de mon point de vue-, pour un aperçu passez par le Tumblr de Old Xian.

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L’art étrange de Kaneoya Sachiko

C’est toujours dans les méandres de l’internet, en me baladant de sites en sites que je tombe toujours sur une image insolite qui me fait découvrir un/une artiste qui, à mon sens, mérite le détour. Et puis c’est la St Valentin, il me faut parler d’amour.

Je vais donc parler de Kaneoya Sachiko.

Honnêtement je n’ai pas trouvé grand chose d’elle sur le net, je veux dire pas de sites ou de forums enflammés sur son travail, les sites que je rencontre évoquent souvent la même chose sans aller plus loin dans l’analyse de son travail.

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L’homme de Kaneoya Sachiko dans toute sa splendeur

 

 

L’artiste possède un site web qui répertorie son travail (avec une louable tentative de transcriptions approximatives en anglais) ainsi qu’un deviant art pas mis à jour (personne n’est parfait).

 

Si j’en parle c’est que ses oeuvres dégagent un certain érotisme, mais un érotisme particulier, très japonais nous dirons. Cet érotisme lié aux blessures, saignements et autres bandages. L’érotisme d’une personne quelconque qui se retrouve dans des situations gênantes, voir humiliantes.

Si vous aimez des auteurs comme Maruo alors vous serez peut être sensible à son art. Ses illustrations restent néanmoins beaucoup plus soft que son aîné, moins de sang et d’organes à l’air, mais plus de fury. On retrouve néanmoins ces écoliers masculins peu viril à casquette et au short noir bien plissé qui semblent moins sages qu’ils n’en ont l’air. Bien sur tout ne fait pas penser à du Maruo, il s’agit surtout de certaines illustrations où les choix de couleurs et d’attitudes des personnages m’y font indubitablement penser.

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Quand on regarde ses dessins, on ne peut s’empêcher de penser à illustrations de années 50/60′, gentillettes et bon enfants dans les thèmes comme dans les couleurs choisies. En effet, certaines des images ont un style très cartoons dont le côté mignons tranchent quelquefois avec ce qui est représenté. Pour le coup les personnages se simplifient, jusqu’au rondouillard par moment et me rappelle d’une certaine façon certains titres de Natsume Ono (Ristorante paradiso, Goyo, not simple, la quinta camera…), dont le style -s’il est varié- reste identifiable.

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Un monde merveilleux, mignon et coloré…

 

 

L’un des thèmes majeurs (comme indiqué sur son site, si vous ne l’aviez pas remarqué) : c’est l’homme. Mais attention pas n’importe quel homme ! Un homme peu viril, qui dégage un air de looser procrastinateur et je m’en foutiste, souvent malmené par la gente féminine dont il devient la victime. Un homme souvent  blessé : s’il n’a pas de coquard, c’est qu’il saigne du nez, quand c’est pas les deux. Un homme loin d’être au sommet de sa gloire, un peu pathétique sur les bords et sans défense.  Bref une image d’homme que l’on voit peu souvent et où les clichés sont renversés, car c’est désormais l’homme qui est victime du grand méchant loup ou de jeunes félines. Des femmes souvent plus costauds et bien en chairs qui contrastent avec notre protagoniste masculin. S’agit-il de redonner le pouvoir aux femmes ou de les montrer en prédatrices ?

Souvent notre homme accepte de devenir le jouet de ces dames et d’ôter la chemise dès qu’il y a quelques billets à la clé. Notre homme serait-il tellement dans le besoin qu’il faille qu’il se prostitue ou se fasse entretenir ?

Evidemment, chacun est libre de ne pas adhérer à cette imagerie, voir d’être mis mal à l’aise mais peut être est-ce le but ?

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Attaché, maltraité, parfois découpé en morceaux, l’homme subit tout quand il ne semble pas consentant pour se faire traiter de la sorte. Serait-il devenu une serpillière en manque d’amour propre ?

 

S’il ne se retrouve pas victime de la gente féminine, il peut être décrédibilisé, rendu ridicule par les choix de costume : la fantasme de la jeune écolière en uniforme de marin en prend là aussi un coup. Qui n’a jamais rêvé d’un homme en jupe qui garde cependant son beau caleçon rayé et ses chaussettes jusqu’à mi-mollet ? Kaneoya Sachiko nous propose l’essence même du glamour.

L’artiste n’hésite pas à plonger dans le ridicule, il ne tue pas (quoique), jusqu’à vous faire piquer les mirettes.

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N’est-il pas mignon ?

 

 

Tout ceci ne nous est pas présenté  avec des formes anatomiques improbables couplées avec des positions langoureuses et suggestives (je pense à toi Adekan!). Non, notre homme (car c’est souvent le même qui se fait martyriser) est dans des poses lambda qui arrive pourtant à dégager un érotisme latent. Pour preuve Kaneoya Sachiko était présente lors de l’exposition japan erotica au musée de l’érotisme à Paris qui s’est tenue de Mai à Octobre 2014.

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Bien que la colorisation et le style varient, il est facile de reconnaître la patte de l’artiste avec des personnages aisément reconnaissable. Pour preuve, quelques illustrations qui montrent que son travail ne se cantonne pas aux hommes martyrisés.

 

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Pour conclure que dire…certes j’ai surtout montré un pauvre type dans tout ses états mais il ne faudrait pas s’arrêter à ça. Son travail est riche et varié, parfois simple, parfois ultra détaillé, parfois monochrome ou fluo. Vous n’êtes pas obligé d’adhérer à ce fantasme de l’homme malmené mais vous arrêter à ça serait dommage selon moi (oui mon discours est contradictoire avec les images montrées).

Je vous encourage donc à jeter un oeil sur son site si le coeur vous en dit, histoire que vous découvriez et que vous vous fassiez votre propre idée.

 

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Je me devais de garder cette image pour la fin. Je ne m’en lasse pas.

Ane no Kekkon, Otoko no isshou… l’obsession de la femme

Keiko Nishi est une auteur de manga très prolifique dont une grande partie des œuvres sont des séries courtes. Elle n’avait jamais été publié en France jusqu’à ce que Panini décide de sortir dans notre belle contrée Ane no Kekkon. J’ai découvert l’auteur avec Otoko no isshou, une autre de ses œuvres, publiée juste avant Ane no Kekkon. Si j’en parle c’est que j’apprécie son style, son découpage, sa narration et ses personnages. Bien que je n’ai pas lu toutes ses œuvres, il y a certaines choses qui m’ont marqué.

Ici je vais m’attarder les deux œuvres citées, celle qui est sortie en France (mais se vend assez mal) : ane no kekkon (le mariage de ma grande sœur) et Otoko no isshou (approx la vie d’un homme)

La première c’est terminé au japon depuis peu et compte 8 volumes (3 en France), la seconde 4 (3 pour l’histoire principale, plus un volume composé d’histoires courtes spin-off).

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Ane no Kekkon nous raconte l’histoire de Yori Iwatani bibliothécaire célibataire approchant la quarantaine revenu vivre depuis peu dans sa ville natale de Nakazaki. Sa petite vie tranquille se trouve chamboulée quand sa petite sœur décide d’emménager chez elle après avoir rompu avec son copain, rajoutez à cela Makoto Maki, ancien ado moche et rondouillard éperdument amoureux d’elle au collège, devenu désormais un beau psychiatre riche et réputé, qui la poursuit de ses assiduités.

Dans la seconde, Otoko no isshou, Tsugumi Douzono, employée dans une grande compagnie électrique, célibataire dans la trentaine, passe ses vacances chez sa grand-mère à la campagne. Malheureusement, celle-ci décède peu de temps avant le début de l’histoire. L’héroïne décide de rester vivre dans la maison de la défunte mais c’est sans compter sur la présence d’un homme mystérieux. Il s’agit de Jun Kaieda, professeur de philosophie à l’université, la cinquantaine (51 pour être exact) qui a aussi décidé de vivre dans la maison, arguant que la grand-mère de Tsugumi lui a donné les clés pour qu’il puisse y venir quand il le voulait. Malgré une certaine hésitation de la part de Tsugumi, elle finit par le laisser vivre dans l’annexe et leur cohabitation commence.

Deux œuvres qui, a priori, n’ont rien à voir mais se ressemblent sur plusieurs points.

Dans les deux cas nous retrouvons des héroïnes dans la trentaine, célibataire, travaillant, menant une vie tranquille et qui ne cherchant pas forcément à se marier et fonder une famille. Et encore une fois dans les deux cas un événement, un personnage (masculin), vient chambouler tout ça en bousculant leurs habitudes de vie et en les poussant dans leur retranchement.

Attention ce qui va suivre dévoile une grande partie des histoires donc vous lisez ce qui suit en connaissance de cause.

Je tiens également à préciser que quand j’écris…il y a beaucoup de matière (non ne fuyez pas).

L’obsession

J’ai évoqué en titre la question de l’obsession, elle est présente dans les deux œuvres mais plus marquée dans le cas d’Ane no kekkon.

Dans Ane no kekkon l’obsession vient de Makoto. Au départ, l’héroïne ne le remet pas avant que celui ci ne lui fasse une piqûre de rappel. On aurait pu croire qu’en manipulant l’héroïne pour coucher avec elle, il prenait une revanche personnelle sur le passé, sauf que l’on se rend rapidement compte que cela va bien plus loin. Des flashs back nous montre cette période ingrate où Makoto, fils du médecin de l’île, suivait Yori comme son ombre et gardait comme un trésor précieux, jusqu’au fétichisme, tout ce qui était relié à elle. Et puis il y a la femme de Makoto, Rie, dont la ressemblance troublante avec Iwatani sera sources de quiproquos et de gags.

L’auteure nous montre rapidement que le mariage de Makoto n’est pas des plus heureux. Lui débordé de travail, elle toujours hors de la maison pour voir ses amies ou son amant. L’entente est cordiale mais pas chaleureuse. Se pourrait-il que Makoto poursuive Iwatani pour palier ce manque qu’il a avec sa femme ? En effet, à plusieurs reprises il nous est pointé la frustration sexuel de Makoto qui comble son manque d’une manière à faire flamber le cours des boîtes de mouchoirs.

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Le manga ne nous laisse voir les diverses séances de masturbation de Makoto (sous la douche, dans son lit, à son bureau, en face de Yori…)

Il est aussi probable qu’il sache que sa femme voit un autre homme, un homme qu’elle aime depuis des années. Encore une fois, c’est trompeur et le lecteur se rend bien compte -cela sera confirmé plus tard dans l’histoire- qu’il ne poursuit pas Yori parce qu’elle ressemble à sa femme mais qu’il a épousé sa femme parce qu’elle ressemble (physiquement) à Yori. Il faudra un certain temps à Yori pour comprendre cela, alors que le lecteur, lui, est complice dès le départ, puisqu’il a l’ensemble du tableau. Il assistera aux courses poursuites effrénées de Makoto qui harcèle Yori où qu’elle aille dans une mise en scène qui frôle le vaudeville et le marivaudage.

Makoto poursuit donc Yori, épouse une femme qui lui ressemble, garde tout les objets que Yori lui a donné (ou non -d’ailleurs il les fétichise-), possède une magnifique collection de photos d’elle prise en cachette « je possède bien plus de photos de toi que tes propres parents », la suivait où qu’elle aille quand ils étaient dans la même école, il connaît toutes ses habitudes et manies, il connaît même son cycle menstruel ! Et le pire dans tout ça, c’est qu’il ne s’en cache pas, il en est même fière ! Si Makoto est ce qu’il est aujourd’hui c’est aussi grâce à Yori, qui, excédait de le voir se faire martyriser lui a dit de devenir quelqu’un. Et c’est ce qu’il a fait… il a grandi, maigri, fait des études et est devenu un psychiatre reconnu.

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Yori donnant à Makoto (encore bouboule) les fameux coquillages qu’il conserve encore aujourd’hui

Yori est donc une femme qu’il n’a pu oublier et qui l’obsède toujours 20 ans après. Pourtant, s’il suit les demandes de Yori, s’il la connaît sur le bout des doigts, il n’a pas accès à son cœur. Et le cœur de Yori est bien indécis, chamboulé par des sentiments qui émergent et qu’elle voulait ne plus jamais avoir.

Dans Otoko no isshou, l’obsession a eu lieu, elle n’est plus vraiment là mais reste en filigrane comme une ombre. Jun Kaieda n’est pas juste une vague connaissance de la grand-mère de Tsugumi, c’est un homme qui a aimé sa grand-mère. Alors qu’il n’était qu’étudiant, il a été subjugué par une de ses œuvres et ce fût comme un coup de foudre. Il s’est mis à la suivre, à espérer la croiser dans les couloirs de la fac, ne serait ce que pour l’apercevoir. Il est comme un adolescent qui veut tout connaître de son objet de désir et d’amour. Pourtant il se rend vite compte qu’elle a deux facettes : celle de l’enseignante qu’il admire et celle de la banale femme au foyer une fois revenue chez elle. Le mythe s’écroule. S’il s’agit d’un amour à sens unique qui pourtant l’a profondément marqué et restera gravé en lui. Puis arrive Tsugumi. Bien que Kaieda dise que la grand-mère et la petite fille ne se ressemblent en aucun cas, ni physiquement, ni au niveau du caractère, on peut se demander s’il ne poursuit pas à travers elle cet amour qu’il avait pour son aïeule. Tsugumi ne serait qu’un remplacement, un sosie de cette grand-mère disparue. Les attentions de Kaieda serait donc motivées par l’idée de retrouver la femme aimer disparue à travers l’héroïne. Ou bien est-ce vraiment un autre coup de foudre pour un homme de cinquante ans, qui avait abandonné l’idée qu’un jour il puisse à nouveau ressentir cela ? Kaieda ne voudrait donc pas laisser filer une nouvelle fois cet amour, désormais il sait ce qu’il veut, la vie est trop courte pour avoir encore une autre chance.

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Et l’amour ?

Pour Yori dès le départ, c’est clair, l’amour elle a fait une croix dessus. Elle n’en veut plus, elle n’y croit plus. L’amour c’est des promesses vaines et des complications. Mieux vaut rester tranquille en vieillissant seule. C’est plus sûr. Et Makoto débarque, sûr de lui et de son amour. Il répond à ses moindres caprices, même les plus fous. Il ne fait pas de promesses vaines. Alors Yori, qui jusque là avait oublier ce que c’était d’aimer, aime à nouveau mais elle ne veut pas que cela soit avec Makoto. Surtout pas lui. Il n’y a pas d’avenir possible entre eux et puis il est plein de défauts. Si Yori se remet à croire en l’amour, le grand, le vrai, ça ne sera pas avec Makoto. Son grand amour est ailleurs, elle en est sûre, elle le trouvera, sinon tant pis, elle pourra toujours retourner à sa petite vie tranquille.

Yori se veut maîtresse de sa vie, de ses sentiments, c’est une femme moderne, forte. Elle maîtrise tout. Sauf qu’elle ne maîtrise pas Makoto, pas plus que ses ingérences dans sa vie, le fait qu’il leur programme des vacances, un nid d’amour et d’autres choses encore…et encore moins son amour grandissant pour lui. Notre héroïne veut donc reprendre le contrôle une première fois en acceptant d’être son amante, ils se voient pour le sexe et rien de plus. Elle instaure les règles : une fois par semaine, le vendredi et c’est elle qui l’appelle. En dehors de ça, elle ne veut rien savoir de la vie de Makoto. Mais il lui fera briser cette règle, alors elle en instaura une autre pour remettre une barrière, de la distance, pour se rappeler ses engagements envers elle-même. Cette fois il devra la payer. Elle devient une maîtresse que l’on paie pour ses services. Mais encore une fois, si Makoto accepte, il poussera le jeu plus loin et Yori se retrouvera dans ses derniers retranchements. Pourtant, elle continue de s’interdire d’avoir des sentiments pour cet homme que de toute évidence elle aime. Pour le fuir, elle décide de se marier, il le faut. Alors arrive Yoichiro Kawahara, journaliste, la trentaine comme elle, et toujours pas marié. Dès le départ il s’intéresse à elle, lui présente ses amis, l’invite au restaurant, se soucie de son bien être. Yori fait la liste dans sa tête, cet homme semble parfait sur tout les points, pourtant, elle ne peut s’empêcher d’essayer de lui trouver des défauts. Peut-être pour se rassurer ou bien pour mieux le repousser par la suite parce qu’il n’était pas si parfait. L’homme parfait n’existe pas. Et puis, l’image de Makoto est toujours dans un coin de son esprit. Non, c’est décidé, elle doit tout faire pour ne pas choisir le médecin. Après une nuit avec Yoichiro, celui ci la demandera en mariage et voudra une réponse de sa part quand il rentrera à Nakasaki. Mais voilà que le destin s’en mêle et il doit rester à Tokyo. Là bas d’ailleurs, il nouera une relation avec une de ses collègues.

Avec Yoichiro, Yori semble avoir tout ce qu’elle veut, pourtant elle hésite quand il la demande en mariage. Avec lui il ne s’agit pas d’amour mais de mariage. Elle ne saute pas de joie et fond presque en larmes. Elle qui venait justement de se proclamer femme libre et libérée.

Notre héroïne ne croit pas eu destin, ni aux coïncidences, ce qui arrive c’est parce qu’elle l’a décidé, voulu. Elle peut décider quand elle veut d’arrêter avec Makoto, elle peut partir quand elle veut. Et pourtant elle reste, pourtant il semblerait que des forces obscures s’emploient à les faire se retrouver, se croiser. Makoto est là et la fait douter. Elle se met de nouveau à croire en des choses absurdes ou bien alors elle n’avait jamais cesser d’y penser.

Elle ne croit pas en l’amour de Makoto, tout ça c’est pour de faux, ils ne font que jouer. Elle fait juste semblant, seulement voilà, elle a vraiment mal. Les rencontres avec son amant sont douloureuses. Tout cela ne peut que finir mal ou n’aboutir à rien, mais chacun d’eux revient. Et c’est le dilemme de Yori, doit-elle choisir entre la stabilité conjugale ou bien l’amour passionnel ?

Pour Makoto, tout cela n’a jamais été un jeu, il ne fait que jouer celui de Yori. Il semble manipulateur et s’amuse avec l’héroïne comme un chat avec sa proie mais tout ceci ne serait peut-être qu’une façade.

Il aime cette femme depuis longtemps et lui répète sans cesse, espérant sans doute qu’un jour ses mots l’atteignent. En attendant, il accepte ce que Yori lui demande, il la suit dans ses délires extravaguant tout en la mettant face à ses propres contradictions. Cet homme semble tout prendre à la légère, s’amuse de l’héroïne, il est calme en toutes circonstances. Mais cela ne veut pas forcément dire que les mots de Yori ne lui font pas mal, il est prêt à tout faire pour qu’elle reste. Et même s’il la veut tout entière, il ne veut pas que leur relation se résume à une histoire de sexe (il essaie de prolonger leurs rencontres en lui proposant des jeux de sociétés). On pourrait douter de ce dernier point, puisqu’il lui propose de coucher avec lui en dédommagement, qu’il fantasme sur tout les objets relatif à Yori (il en vient à se masturber en portant les lunettes de celle-ci), et que leurs rencontres se font dans le cadre d’une relation sexuelle (cadre instaurée par Yori).

En général, je n’aime pas les amours obsessionnels. Parce que je ne crois pas que harceler quelqu’un soit la meilleure façon de s’en faire aimer, pas plus que je n’aimes les personnages qui développent des syndromes de Stockholm. Cependant celui de Makoto ne me fait pas fuir, peut-être parce que j’y décèle une sincérité ou que j’ai une certaine empathie pour un homme qui court depuis autant de temps après la même femme. Son amour frôle le pathétique dans ce qu’il a de déchirant et de dramatique. Il est incapable de voir une autre femme que Yori, de se détacher d’elle, toutes ses pensées (ou presque) sont tournées vers elle. Il attend, il espère. Pour lui c’est une déesse. Aucun homme ne la connaît mieux que lui, aucun ne serait capable de la voir et de l’aimer comme lui l’aime. Il serait prêt à mourir pour elle et il chérit chaque instant en sa compagnie. Il cherche sans cesse à la convaincre de son amour, il ne veut pas acheter son affection. « Sinon, j’aurais aussi bien fait de faire l’amour à un mur » mais un mur n’aurait pas la chaleur de Yori. Et lorsque après tout ces tumultes, toutes ces épreuves et ces éloignements, elle lui dira enfin les mots qu’il attend, il sait qu’il a enfin atteint son cœur et qu’elle est désormais à lui. Il la marquera d’ailleurs symboliquement en la mordant sur l’ensemble du corps avant de pleurer (dans l’un des chapitres aux accents les plus shojo).

Du côté des autres personnages, chacun trouvera le bonheur à sa manière. Ruiko, la petite sœur de Yori se trouvera un gentil garçon qu’elle épousera et avec qui elle fondera une famille. D’ailleurs, pour Ruiko la famille c’est important, sans doute parce qu’elle se demande souvent si sa famille est bien la sienne. Elle qui a toujours eu l’impression d’être à part. C’est une fille gentille, toujours de bonne humeur, un rayon de soleil qui a décidé de prendre la vie de sa sœur en main et de l’aider dans sa quête pour se trouver un Jules.

Il y a les parents de Ruiko et Yori, un couple qui a vécu des hauts et des bas, des périodes difficiles dont Yori a été le témoin et Ruiko la conséquence.

Il y a Tomoko Shinkawa qui était dans le même collège que Yori, veuve depuis dix ans. Une femme qui hésite à se remarier, non pas par fidélité à son mari défunt mais parce qu’elle ne sait pas comment tourner la page de quelque chose qui n’a jamais vraiment commencé.

Puis il y a Rie la femme de Makoto. Elle pourrait paraître matérialiste et superficielle. Une femme qui tient aux apparences, surtout celui de son mariage. Elle apparaît comme la grande « méchante » de l’histoire qui empêche notre couple principal d’être ensemble par son refus de la séparation et le devoir des apparences. Néanmoins, c’est aussi une femme qui souffre. Elle ne peut être avec l’homme qu’elle aime depuis des années, un homme qui a préféré se marier et fonder une famille avec une autre. Un homme qu’elle ne voit qu’en cachette alors qu’il semble qu’elle aimerait étaler cet amour au grand jour. Elle paraît prendre plaisir à faire souffrir Makoto en lui rappelant leur contrat de mariage. Au final, si elle fait souffrir c’est parce qu’elle veut que d’autres souffre comme elle, qu’elle ne soit pas la seule dans l’histoire. Ne pouvant avoir ce qu’elle veut, pas question que son mari l’ait aussi. Mais là également, tout à une fin. Rie se rend compte qu’elle est enceinte et sans doute pas de Makoto. Son amant ne veut rien savoir, cet enfant c’est un encombrement. Elle est prête à avorter pour garder cet homme et retourner à sa vie de clandestinité. Sauf qu’elle se rend compte que cela ne rime à rien et qu’elle a espéré quelque chose qui jamais n’arrivera. Alors Rie lâche tout. Elle avoue à son mari, à sa famille. L’un accepte la situation, l’autre pas et la jette à la porte. Elle prend alors la décision de l’élever seule, cet enfant c’est le sien et celui de personne d’autre. Elle repart de rien, elle qui était la fille chérie et entretenue d’un directeur de clinique, la voilà travaillant dans une supérette. Pourtant elle n’est pas malheureuse, à sa façon elle a trouvé le bonheur. En retrouvant cette liberté, elle donne la sienne à Makoto qui peut enfin promettre quelque chose de concret à Yori.

Dans Ane no Kekkon, tout le monde trompe tout le monde. Ruiko est venue s’installer chez sa sœur après avoir quitté son copain qui l’avait trompé, Makoto trompe sa femme qui elle même le trompe avec un homme qui trompe lui aussi sa femme, la mère de Yori a trompé son mari, la mère adoptive de Makoto a quitté son précédent mari pour s’installer avec le père du beau psychiatre, et Yori a sans doute été la maîtresse d’autres hommes. Au final, chacun cherche l’amour.

Dans Otoko no isshou, l’amour est là, il s’insinue doucement et n’entre pas de suite en trombe comme aurait pu le faire celui de Makoto. Jun Kaieda est calme et détaché en toutes circonstances et d’un coup il annonce à la famille de Tsugumi son intention de l’épouser, il est sérieux, il l’aime. Comme notre héroïne, on peut douter de cet intérêt soudain, surtout venant de la part d’un homme qui pourrait presque être son père et qu’elle connaît à peine. A l’image de Yori, Tsugumi ne cherche pas l’amour, et même après la déclaration de Jun, elle ne le cherchera pas. Elle repousse gentiment tout ces hommes qui soudain s’intéressent à elle. Alors que l’héroïne d’Ane no Kekkon est prête à se marier à tout prix avec un homme bien sous tout rapport, tout ceci passe au dessus de la tête de celle de Otoko no Isshou. Elle repousse les avances de Kaieda, comme Yori tente de repousser celle de Makoto. Mais pour les deux c’est en vain.

Tsugumi sait combien l’amour fait mal, maintenant ça lui fait peur, elle ne veut pas revivre ça. Elle a vécu une histoire avec un collègue, un homme marié, et cela a finit sur une séparation douloureuse. Alors, elle ne veut pas d’une histoire avec un autre homme marié. Si Jun l’est, autant arrêter les frais de suite.

Si notre héroïne est douée dans son travail, elle est malchanceuse (et malheureuse) en amour. Comme dirait une de ses collègues et amies, Misaki Akimoto, c’est peut-être un juste retour des choses, qu’une femme comme elle, belle, intelligente et à qui tout réussi, se retrouve seule. Et comme certaines collègues de Sumire de Kimi wa Pet, elle ne peut s’empêcher de détester notre héroïne. Pourtant Misaki sait combien Tsugumi a travaillé dur pour en arriver là, sans pour autant prendre la grosse tête et regarder les gens de haut.

Les deux hommes nous montrent des héroïnes, qui au fond, n’ont pas confiance en elles. Makoto fera prendre conscience à Yori qu’elle a piètre image d’elle même, alors que c’est une belle femme et qu’elle pourrait se mettre plus en valeur autant physiquement qu’intérieurement (chose que Ruiko, la sœur de Yori, lui rappelle sans cesse). Ce n’est pas parce qu’elle couche avec un homme dès le premier soir que cela en fait une fille facile. C’est parce qu’elle se voit comme cela, qu’elle se sous estime, que les hommes la traite comme un mouchoir.

Idem pour Tsugumi, à qui Jun fera prendre conscience qu’elle n’a pas confiance en elle. Pas assez pour s’ouvrir à lui et l’aimer. Ceci est mis en avant dans un chapitre où l’héroïne décide de se faire plaisir en s’achetant un magnifique collier, mais le perd. En voulant se faire belle, non pas pour quelqu’un d’autre mais pour elle même, elle échoue, selon elle la perte du collier symbolise cela. C’était une idée idiote émise par une fille pathétique obligée de s’offrir ce qu’elle aurait du recevoir comme cadeau de la part d’un homme. Jun lui fera comprendre son erreur en retrouvant son collier (sa réaction est d’ailleurs ambiguë comme tout le reste chez le personnage). Après tout, il n’y a rien de mal à se faire belle pour soi. Cet épisode peut être mis en parallèle avec celui de Yori en visite à Tokyo, qui décide soudain de s’offrir un relooking complet pour elle même. Dans ce court passage, nous voyons une jeune femme sûre d’elle même et de son pouvoir de séduction, qu’elle emploiera sur Yoichiro, avant d’enlever tout les artifices le lendemain en revenant à la réalité de la demande en mariage. Pour Yori, mettre de beaux vêtements c’est comme se déguiser, elle se sent comme travestit, comme quelqu’un qui ne serait pas à sa place.

Tsugumi comme Yori sont des belles femmes qui ont renoncé à se faire plaisir et à faire plaisir aux autres. Au départ, tout ces impératifs sociétales leur passent au dessus. Pourtant au fond se sont des femmes qui ont du mal à s’aimer sous couvert d’un certain je-m’en-foutisme. Elles auraient certainement finis leurs vies seules et pépères, mais est-ce vraiment ça le bonheur ? Est-ce quelque chose qu’elles ont voulus ou bien qu’elles subissent par la force des choses ? A plusieurs reprises nous voyons Yori s’auto-convaincre qu’elle est ravie de son statut de célibataire presque vieille fille ou bien que de toutes les façons une fois qu’elle sera vieille et sénile, ça ne lui posera plus de problèmes. Elle essaie de prendre les choses avec philosophie et détachement, presque d’un haussement d’épaules ponctué d’un « C’est la vie, on y peut rien ». Tsugumi fait moins de bilan sur sa vie et son statut, son désir de vie tranquille se reflète plus dans ses actes : repousser ses prétendants en ne leur prêtant pas attention, aimer faire la sieste et se prélasser ainsi que les choses simples du quotidien. Elle aime la tranquillité, être loin de la ville, travailler de chez elle, ne pas être déranger.

Concernant les personnages masculins, c’est un peu la même chose dans le fond. Ces deux messieurs utilisent des méthodes presque similaires pour secouer nos héroïnes. Là où Makoto s’amuse à jouer des tours à Yori pour la mettre en face de ses contradictions, quand il ne la psychanalyse pas, Jun, lui, préfère observer de loin et sortir quelques phrases, que l’on ne sait jamais vraiment comment prendre, mais qui touchent directement le point sensible.

Pour ces deux héroïnes il suffit de si peu et pourtant le chemin est long. Deux femmes qui se sous estiment, qui ne veulent pas aimer et se faire aimer. Deux femmes qui ont mis de côté leur féminité (ce que je trouve très subjectif) : Yori est toujours les cheveux attachés, lunettes, et tailleur quand elle le troque pas contre un pantalon simple comme son maquillage, Tsugumi est toujours habillée de manière élégante mais sobre. Chacune semble croire qu’elles ont passé l’âge de vêtements jeunes et voyants, ainsi que d’attirer l’attention. Elles sont quand même loin du port du survêtement au travail. Elles prennent soin d’elles en faisant le minimum syndical. Le premier chapitre du premier volume de Ane no Kekkon donne d’ailleurs le ton avec son titre « Lorsqu’une femme cesse d’être une femme« .  Est-ce que l’on cesse d’être une femme quand on décide de ne plus faire la course à la séduction et au mariage ? Est-ce le point de vue de l’auteur ou de la société japonaise de manière générale ? Questions qui méritent réflexions mais qui pourraient laisser un amer goût à certaines personnes qui lisent cette oeuvre.

Dans le cas de Yori, ces questions trouveront leurs réponses à la fin d’Ane no Kekkon. Lorsque l’on ne s’aime pas soi même, difficile d’aimer les autres. C’est lorsque Yori acceptera sa vie et elle-même, qu’elle acceptera enfin son amour pour Makoto et d’avoir une chance de créer quelque chose avec lui qu’elle pourra enfin vivre pleinement sa vie de femme.

En face d’elles, des hommes sûrs de leur amour pour la femme qu’ils ont en face d’eux. A une différence près, Makoto n’est pas sûr des sentiments de Yori à son égard mais ne désespère pas qu’un jour elle s’ouvre à lui. Jun, quant à lui, est sûr de ses sentiments comme il est aussi sûr que Tsugumi l’aime (on se demande comment). Avec cette belle assurance, il l’a poursuit de ses assiduités mais de manière plus discrète que celle de Makoto mais tout aussi frontale. Le moment où il lui annonce qu’ils doivent « discuter », qu’il l’amène dans sa chambre d’hôtel avant de lui demander si elle ne veut pas prendre une douche en premier. Je dis que l’on peut douter pour ce dernier au vu de sa nonchalance et de ces quelques répliques parfois cinglantes envers l’héroïne. Kaieda est un homme de cinquante ans qui va droit au but et n’a pas de temps à perdre.

L’amour, en général, ça commence à deux. Ici les relations amoureuses sont compliquées et on peut se poser la question : qu’est-ce qu’un couple ?

Dans Ane no Kekkon, lorsque Rie avoue à ses parents que son mariage avec Makoto était vouait à l’échec dès le départ car sans amour, son père lui rétorque que deux personnes qui vivent sous le même toit, c’est un couple. Le reste n’a pas d’importance.
Vision tout à fait japonaise puisque avant que le certificat de mariage devienne obligatoire, le simple fait de vivre ensemble sous le même toit tenait lieu de chose officielle (et était fréquent).

Dans Otoko no isshou, Kaieda n’hésite pas à dire à l’ensemble du voisinage que Tsugumi et lui vont se marier, soit disant pour éviter les commérages sur deux personnes vivant sous le même toit. Plus tard il reviendra dessus, cette fois en faisant les choses de manières convenables, après tout ils vivent sous le même toit, mangent ensemble et elle fait la lessive pendant qu’il coupe du bois (n’est-ce pas le cliché même d’un couple?), c’est comme s’ils étaient déjà mariés.

Fuir le passé

Les deux femmes semblent avoir fuis quelque chose. Tsugumi était chez sa grand-mère depuis un bon mois avant que celle-ci ne décède et les raisons de ses « vacances » sont pour sa famille sources de questionnement. Si elle n’a pas été licenciée, pourquoi venir se réfugier à la campagne ? Fuirait elle quelque chose ? Si oui, quoi ? (elle semble avoir eu une/des relations avec des hommes mariés avec enfants,notamment un qui travaillait dans la même entreprise qu’elle)

Cette ombre de l’homme marié planera sur la jeune femme, comme un passé révolu mais pas toujours plaisant quand on s’en rappel. Si elle a tourné la page et qu’elle a la conscience tranquille, il lui arrive de suivre le parcours de cet homme de loin. Car pour Tsugumi ces instants passés, même s’ils ont finis dans la douleur, restent gravés. C’est un expérience qui fait partie de sa vie car selon elle, il n’y a pas de perte en amour. Son manque de chance avec les hommes, balance son poste haut placé dans son travail.

De même pour Yori, au début du manga, ses collègues se demandent comment et pourquoi cette femme compétente a fait le choix de quitter Tokyo pour revenir dans son ancien fief ? Se serait-il passé quelque chose ? Voire, ne se serait il rien passé ?

Le mystère demeure, d’autant plus que certaines pages nous montrent furtivement des silhouettes d’hommes, des visages masculins anonymes, qui ponctuent de bref souvenir des héroïnes. Ont-ils été des amants ? Des relations qui se sont terminées dans la douleur ? Des demandes en mariages avortées ? Il n’y aura pas vraiment de réponses.

Dans le cas de Tsugumi, son passé n’intéresse pas Kaieda, pour lui seul le présent compte. Tout deux ont faits des erreurs, des choix qu’ils regrettent, mais ce qui importe c’est eux deux maintenant. Il se fiche du passé de l’héroïne et ne veut rien savoir. Le lecteur donc ne saura rien ou si peu…Kaieda s’il ne veut rien savoir du passé de notre héroïne, ne nous donnera pas grand indice sur le sien. Sa relation avec la grand-mère de celle ci restera nébuleuse jusqu’au tome 4.

Pour Makoto, la question ne se pose même pas. Tout ce qui a pu se passer entre le moment où ils se sont quittés et celui où ils se sont retrouvés, ne compte pas. Pour lui, c’est comme reprendre au moment où cela c’est arrêté, on peut même pousser plus loin en disant que ça ne c’est pas arrêté pour lui. Comme s’ils s’étaient quittés la veille. Sans doute est-ce pour cette raison qu’il ne fait pas mention de sa femme, non parce qu’il tient absolument à le cacher à Yori mais parce que ça ne compte pas. Seule Yori compte. Eux deux maintenant.

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Cette fuite est d’ailleurs visible à travers les couvertures du manga. Yori commence sa route seule sur le premier volume, puis elle rencontre Makoto, à partir de là, ils ne se quitteront plus. Ils arpentent les couvertures, se fuient, se croisent…ils sont ensemble sans être ensemble, jusqu’au dernier volume où enfin ils se font face. D’ailleurs dans l’avant-dernier volume, nous les voyons arriver au sommet d’une bute, le regard tourné vers l’horizon, signe que le plus dur est sans doute derrière eux. Ils ont traversé les obstacles, gravis la montagne et peuvent désormais se tourner vers un avenir que l’on espère plus radieux.

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Yori et Makoto s’atteignant presque dans le volume 7

Amour, travail

Yori est bibliothécaire mais on apprend qu’elle a fait sa thèse (ce qui veut dire qu’elle est docteur) sur un éminent professeur (qui a aussi été celui de Makoto), elle a écrit des critiques sur les nouveautés littéraires quand elle travaillait à Tokyo (qui ont apparemment étaient remarquées) et d’autres publiés dans une revue locale, au début du manga elle organise même des lectures pour enfants à la bibliothèque et des événements autour de la lecture en partenariat avec des cafés.

Concernant Tsugumi, c’est une employée d’une importante compagnie électrique. Lors du premier chapitre ses parents parlent d’elle comme d’une bonne élève, studieuse, ayant fait de hautes études et surtout comme un pilier centrale de sa compagnie. Chose que nous pouvons comprendre indirectement, qu’elle entreprise laisserait plus d’un mois de vacances à un simple employé ? De même, il faut avoir certaines compétences (et importances) dans une entreprise pour que cette dernière accepte que vous travailliez de chez vous au lieu de venir au bureau. Notre héroïne est aussi débrouillarde, elle peut vivre toute seule et sait gérer une maison, à un moment elle se retrouvera même à réparer tout les appareils électriques du voisinage.

Les deux hommes ont une position dans la société. Tout les deux donnent des cours à l’université et écrivent régulièrement des articles, ils sont assez connus dans leur milieu et ne semble pas voir de quelconque problème financier.

Les deux hommes poursuivent de leurs assiduités une héroïne qui n’a rien demandé, et surtout pas de l’amour. Yori le dira elle même « les histoires d’amour ce n’est que sources de complications ». Pour Makoto son attirance est évidente dès le départ et il ne s’en cache pas (il poursuit même Yori alors que sa femme n’est pas loin). Il insiste, va la voir à son travail, veut savoir où elle habite, achète une maison pour eux deux, lui propose de passer leurs vacances ensemble…il la veut dans sa vie et cela dès le départ. Pourtant, même s’il ne lui avoue pas dès au début qu’il est marié, jamais il ne fait mention de sa femme devant elle, même après la découverte de Yori au sujet de Rie. Il ne lui parle ni de son mariage, ni de l’intention de quitter sa femme pour elle. Aucune promesse en somme. Il ne tient pas vraiment à ce qu’ils se voient vite fait dans des hôtels mais qu’ils aient un endroit bien à eux (d’où la maison).

Quand à Jun, s’il débarque dans la vie de Tsugumi comme un cheveux sur la soupe. Son attirance n’est pas manifeste, il n’hésite pas à lui faire remarquer qu’elle est encore jeune…pour une femme âgée ou encore qu’avec son isolement elle met un terme à la possibilité de se marier et lorsque Tsugumi, déprimée, dit vouloir sauter de l’arbre du jardin pour se tuer, il lui tend un sac poubelle pour qu’elle se mette dedans avant de sauter, autant faire sa proprement. Pourtant, il ne se gênera pas pour dire à tout le voisinage qu’ils prévoient de se marier, juste pour apaiser la curiosité des voisins et faire taire les mauvaises langues sur leur cohabitation (qu’il dit).

A la différence de Makoto dont l’insistance est telle, qu’on ne finit par ne plus le croire, la distance et la nonchalance de Jun font qu’on ne sait jamais s’il faut le croire, car on ne sait jamais s’il plaisante ou non.

Lorsque Tsugumi pleure, il la regarde de loin mais il n’est pourtant pas tout à fait indifférent à ses malheurs et est toujours près à l’écouter. Makoto, lui, prend plaisir à voir Yori pleurer, non pas par désir sadique mais parce qu’il la trouve sublime et peut voir différent aspect de sa personne. Il savoure cet instant privilégié.

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Makoto savourant le plaisir de faire pleurer Yori après lui avoir pris ses lunettes

Le mariage

Le mariage est au centre des deux histoires mais plus fortement dans Ane no kekkon (rien que dans le titre).

Les deux héroïnes n’ont pas l’intention de se marier ou du moins avec eu cette espoir abandonné depuis. Yori dès le départ a prévu de passer le reste de sa vie seule, elle veut vieillir tranquillement sans se compliquer la vie avec une autre personne.

D’ailleurs le titre (ane no kekkon) fait référence à la grande sœur, il s’agirait donc de Ruiko (la petite soeur) qui parle de Yori (la grande soeur). Cette petite sœur qui ne restera qu’à peine 2 volumes dans l’appartement de sa grande sœur chérie mais sera toujours là pour essayer de la faire sortir de ses habitudes en la faisant manger sainement, en lui donnant des conseils mode et en l’encourageant/soutenant dans sa vie amoureuse. Ruiko cette petite sœur pleine de vie se soucie vraiment du bien être de Yori. La relation entre les deux sœurs est d’ailleurs touchante. Ruiko regarde quand même de loin la vie de sa soeur, comme lorsqu’elle surprend cette dernière avec Makoto (il était en train de la poursuivre) sans vraiment comprendre l’ensemble de la scène. Elle cherche toujours à faire le bonheur des autres mais c’est le sien qu’elle comblera en premier en fondant une famille.

Ah le mariage de Yori ! C’est au fond toute la base de l’histoire, va-t-elle se marier ou pas ? Et si oui avec Makoto ? Et surtout trouvera-t-elle le bonheur ? Il faudra attendre le dernier volume et les toutes dernières pages pour avoir la réponse.

Dans le cas de Tsugumi la question de mariage n’est pas vraiment un abandon, disons qu’elle n’y pense pas ou plus, qu’elle arrive à un stade où ça ne lui traverse plus l’esprit. Mais avec l’arrivée de Jun Kaieda dans sa vie, les questions et les doutes reviennent. Lors d’une rencontre avec ses collègues, où ceux-ci s’interrogent et la charrient sur son choix de rester travailler à la campagne, il est avancé que si elle devait se marier, elle devrait forcément quitter son travail. Ce qui met en lumière ce fait qu’une femme qui se marie doit forcément quitter son travail pour s’occuper de son foyer. Tsugumi a l’air d’apprécier son travail et y est compétente, cela l’occupe pas mal et elle n’a pas de soucis financier donc autant ne pas se marier. De plus le travail l’empêche d’avoir des envies de mariage. Ce n’est pas le cas de sa collègue et amie, qui dira elle-même qu’elle est moins douée et compétente que Tsugumi et n’a aucune velléité d’ascension professionnelle. Et bien qu’elle n’est pas ce poste que l’on voit si souvent d’OL, son entrée dans l’entreprise n’était que pour trouver un mari. Ce qui sera le cas, elle épousera un de ses collègues et quittera son travail.

Dans le cas de Saionji, son mariage est à la fois source de bonheur et de tristesse. Une dernière fois elle s’élancera dans les bras du beau professeur. Épouse-t-elle Tetsushi par dépit amoureux, essaie-t-elle une dernière fois de convaincre l’homme après lequel elle court ou bien est-ce une façon de lui dire au revoir ? Peut-être une façon de lui faire comprendre qu’en se mariant avec un autre homme que celui avec lequel elle se destinait, on ne perd pas forcément quelque chose, on change juste un amour par un autre. Au final, elle semble avoir trouvée l’équilibre et le bonheur dans sa nouvelle vie maritale.

Les ressemblances

Beaucoup de personnages entres les deux œuvres se ressemblent. Surtout physiquement. Outre les deux héroïnes, auquel on peut rajouter Rie avant son changement de coupe de cheveux, il y a Akimoto Misaki et Tomoko Shinkawa, les amies. Saionji a quelque trait de caractère en commun Mlle Hanai : toutes deux travaillent avec le personnage masculin principal et chacune cherche à lui plaire, dans un amour qui frôle l’excessif. A Saionji on peut pardonner la jeunesse et lui souhaiter tout le bonheur du monde, autant Hanai personnage présent dans les premiers volumes d’Ane no kekkon bien qu’en retrait sera la « méchante » principale du dernier acte de ce manga. Alors que Rie avait enfin abandonné trouver sa propre voie, Hanai prend sa place, consciente du lien des deux amants, elle fera tout pour les séparer.

A ce sujet, je m’accorde une parenthèse sur le fait que j’ai eu du mal avec ce passage. Alors que Makoto et Yori sont enfin réunis, voilà le beau psychiatre obligé d’aller en Allemagne pour son travail et Hanai sa collègue l’accompagne. Nos deux tourtereaux sont encore éloignés l’un de l’autre alors qu’ils venaient ENFIN de se mettre ensemble pour de bon. Keiko Nishi a t-elle voulu rallonger son intrigue ? Ce dernier acte m’a paru forcé et en même temps digne d’un retournement shojoesque. Passe encore la distance comme ultime épreuve, ils ne sont plus à cela près, il y a comme une incohérence. Hanai cache les lettres que Yori envoie, elle interceptera même un appel téléphonique de cette dernière, ce qui obligera notre héroïne en panique à faire le voyage en catastrophe plus tôt que prévu en Allemagne pour essayer de voir son amant en vain, Hanai faisant barrage. Autant à une époque où les téléphones portables et les courriel peu courant, je veux bien concevoir Hanai est pu faire barrière. Mais elle ne peut pas faire barrière à tout les appels sur portable, ni aux e-mails, ni à skype, ni a…bref. Je trouve étrange que Yori n’est pas pu discuter avec Makoto sans avoir à se déplacer jusqu’en Allemagne, de même j’ai du mal à croire que Makoto n’est jamais contacté Yori entre temps. J’ai sans doute loupé une explication rationnelle à tout cela, alors si quelqu’un peut m’expliquer….

Fin de la grosse parenthèse.

Ce personnage (Akimoto Misaki) a une certaine ressemblance physique avec un autre de ane no kekkon (beaucoup de personnages dans les deux œuvres se ressemblent physiquement) Tomoko Shinkawa

Si l’héroïne se remet donc à croire à l’amour, mais aussi au mariage. Elle doit vite se marier avant de tomber vraiment complètement dans les bras de Makoto. Le mariage devient donc cette assurance d’une vie stable avec un homme bien. Une vie tranquille. C’est ce qu’elle a toujours voulu.

Les autres hommes

Dans les deux œuvres les héros sont courtisés des deux côtés, même s’il n’y a de la place que pour un/une élue(e).

Tsugumi entame avec la danse avec trois prétendants en plus de Kaieda. Il y a Tetsushi le garçon qui l’a connu enfant et en est tombé amoureux, la revoir n’a fait que faire resurgir ses sentiments. Alors le beau brun tente sa chance même si c’est voué à l’échec. Moins rentre dedans que ses concurrents, il reste un jeune homme charmant.

Pour Shinji, je dois dire que je ne sais pas trop d’où lui vient cet intérêt soudain pour l’héroïne. Il lui proposera plusieurs sorties, des repas, même de l’aider pour diverses tâches mais échouera à chaque fois. Tsugumi soit ne le remarque pas, soit le rembarque en lui montrant qu’elle n’a pas besoin de lui (ni pour vérifier la qualité de son eau -elle a le kit-, ni pour réparer son ventilo – elle le fait toute seule-).

Et puis, il y a Takahiro le postier, un jeune homme de vingts ans qui après avoir entendu qu’il y avait un jolie brin de fille dans les parages, se lance dans la drague assidue de notre trentenaire. Contrairement aux autres qui en restent à des propositions sans suite, lui n’hésite pas a y aller franco. Il embrasse l’héroïne sans préavis dans la cuisine (alors que les autres personnages masculins sont juste à côté) alors qu’il ne se voit que pour la seconde fois. Il n’hésite pas à lui proposer d’aller à l’hôtel.

Chacun d’eux a un runnin gag :

  • Tetsushi n’a jamais sa voiture qui démarre quand il essaie d’emmener Tsugumi en balade
  • Shinji est soit transparent, soit montrer comme inutile
  • Takahiro a toujours un plantage qui suit de près ses demandes.

Outre le fait qu’il habite la même ville et que notre héroïne est souvent amenée à travailler avec eux, c’est trois là sont souvent montrés ensemble et tente à chaque fois de surenchérir pour s’attirer les faveurs de la belle. Sans succès.

Dans Ane no Kekkon, les hommes sont plus éparpillés dans le manga. Ils sont tous présent dès le début mais ne seront développés que peu à peu chacun leur tour.

Il y a d’abord le collègue de Yori, un petit jeune, qui d’un coup se rend compte que celle-ci est loin d’être vilaine une fois mise en valeur et tente alors de l’inviter. Ses demandes n’aboutiront jamais vraiment et il restera dans le fond à faire tapisserie. Sans doute le personnage le moins développé, en même temps notre héroïne le remarque à peine.

Puis Yoichiro, comme je l’ai évoqué plus haut, il s’agit d’une première rencontre organisé (mis en scène) par l’ancien professeur de Makoto et surtout sujet de thèse de Yori. Comme quoi, il n’y a pas que Ruiko qui essaie de se mêler de sa vie sentimentale. Yoichiro s’intéresse de suite à notre héroïne, il l’invite à manger chez des amis et reste gentleman en toute circonstance, tout en ne cachant pas son trouble devant le sex-appeal de Yori. Troublé par ce changement vestimentaire qui met en valeur les atouts de la jeune femme, il fera un pas décisif. Quoique de mon point de vue, une demande en mariage après quelques rendez-vous et parce qu’ils sont concrétisés, c’est un peu brusque.. mais bon. Yoichiro continuera à être développé mais cette fois avec sa collègue de travaille. Exit Yori (cet homme est une girouette).

Ensuite vient l’écrivain…. un homme d’âge mûr que Yori admire (en tant qu’écrivain). Celui ci n’hésitera pas à lui faire du rentre dedans lors de leur première rencontre, la traînant presque dans sa chambre d’hôtel. Yori y échappera de justesse à son grand soulagement. Cet homme fera néanmoins son grand retour quelque volumes plus loin et réitérera ses avances avec un peu plus de succès. Il arrivera presque à ses fins avant que Yori ne se rende compte de ce qu’elle fait et changera d’avis (en s’enfermant dans la salle de bain). Encore heureux, notre écrivain sait quand il ne faut plus insister et la laissera tranquille.

On peut ainsi voir une différence à ce niveau entre les deux œuvres : les prétendants de Otoko no isshou sont surtout là dans un but comique alors que ceux dans Ane no kekkon sont mis en là dans un but plus sérieux. Ils servent d’épreuves, d’obstacles, à notre héroïne mais permettent aussi de développer (pour certains) certains aspects de l’amour et du mariage. C’est sans doute dans ce sens que leurs personnalités et leurs rôles sont développés.

Les autres femmes

Des femmes il y en a, surtout des femmes qui tournent autour du personnage principal masculin. Dans Otoko no Issho vu que l’oeuvre est plus courte le casting est moindre mais il a quand même son importance. Kaieda est un professeur réputé, ce qui lui amène beaucoup d’admirateurs et surtout d’admiratrices. Tsugumi aura l’occasion de le voir à l’oeuvre pendant une conférence, c’est un tout autre homme, loin de sa nonchalance habituelle, il dégage un certain charisme et charme sans problème son auditoire. Enseignant dans une université féminine, il connaît bien l’autre sexe et sait comment celui ci fonctionne. Dans son entourage on pourra surtout noter Saionji, fille du directeur de l’université où il travaillait avant. Rien que sa coupe et son style vestimentaire reflète son côté fille à papa qui a toujours obtenu ce qu’elle voulait sans faire trop d’effort et est habituée à une vie de luxe et de privilège. Engagée comme secrétaire de Kaieda (elle menaçait de se suicider si elle n’avait pas une lettre de recommandation pour bosser avec lui), elle gère son planning et sa vie d’une main de fer, allant même jusqu’à lui donner deux portables (un pour le travail et un exclusif pour ses appels à elle). Forcément elle apprécie mal l’entrée d’une autre femme (Tsugumi) dans la vie de l’homme qu’elle convoite. Parce que oui, elle court après ce charmant professeur qui l’a pourtant mise en garde : on ne mélange pas vie privé et personnelle. Si elle tombe amoureuse de lui, néglige son travail et le tire vers le bas, il n’hésitera pas à la mettre à la porte. Kaieda a donc parfaitement conscience de l’attention de Saionji à son égard mais passe son temps à la rembarrer quant il ne l’évite pas. Elle devra donc essayer de s’en détacher et ça tombe bien puisqu’elle finira avec Tetsushi. Comme quoi tout deux finiront par trouver le bonheur après avoir échouer avec l’élu de leur cœur.

En somme Jun Kaieda attire, mais il n’en a cure, ça lui passe au dessus, celle qu’il a dans sa ligne de mir c’est Tsugumi et personne d’autre. Certaines essaierons tant bien que mal de charmer le professeur de manière évidente ou en usant de subterfuge mais sans y parvenir.

Chez Makoto, le harem est plus grand. Il y a ses patientes, ses élèves, les femmes avec lesquelles il travaille…où qu’il aille il attire l’attention avec son charme et sa beauté (et le fait qu’il semble briller de partout). Si dans le cas de Kaieda, il n’y a pas de femme pour faire obstacle (ou en tout les cas, elle n’est plus), pour Makoto le problème est différent : il est marié. Makoto est parfaitement au courant que sa femme en aime un autre et qu’elle le trompe, lui même n’hésite pas à faire la même chose avec Yori. Pourtant ce mariage reste un obstacle à leur union. Makoto disant clairement à Yori qu’il ne peut lui parler d’avenir et encore moins lui promettre certaines choses (comme quitter sa femme). Alors pourquoi lorsque les deux parties se trompent mutuellement et ne forment qu’un couple en apparence, ne pas se séparer ? Parce que pour l’un comme l’autre, c’est un contrat qu’ils ont décidé d’honorer, surtout Rie. Pour elle, ce mariage est une assurance, une garantie, qui la protège aux yeux de la loi et de la société. Elle ne peut épouser l’homme qu’elle aime depuis des années car il est lui même marié et ne quittera pas sa femme. Se marier est comme une équivalence dans la balance mais lui assure également un stabilité sociale et financière. Si elle le pouvait, elle courait épouser cette amant mais c’est impossible. Pourtant elle soupire, elle rêve, elle espère que cela soit possible…un jour. En attendant Makoto est là, elle n’hésite pas à lui rappeler sans cesse qu’ils sont mari et femme, en toute circonstances. Liés par un contrat, un engagement mutuelle que Makoto tenterait de fuir. Il serait capable de demandait le divorce pour courir vers Yori, mais sans arrêt il se remémore qu’il a fait un choix et qu’il doit s’y tenir, même si ce choix n’a pas fonctionné. Car il avait espérer un temps que cela pouvait fonctionner mais le cœur de sa femme était déjà pris depuis longtemps. Un mariage ce n’est pas juste un long fleuve tranquille où tout n’est qu’amour et volupté, il est parcouru d’embûches, de choix, de disputes et de réconciliations, de moments difficiles et douloureux. Jusqu’à ce que la mort vous sépare.

Pour finir…
Il y aurait encore des choses à dire et à analyser bien plus en profondeur pour ses deux oeuvres mais je vais m’arrêter là. En espérant que Ane no Kekkon reprendra par chez nous, et que d’autres oeuvres de Nishi (notamment Otoko no Ishou) viendront fouler le sol français. Pour celles et ceux qui aiment les mangas, je ne peux que vous conseiller d’y jeter un oeil que vous aimiez ou pas les personnages.

Publicités et préventions, quand les anglais mettent les bouchées doubles.

Bon revenons un peu à la TV anglaise pour parler plus précisément des publicités. Etant donné que mon ordi m’avait lâchement abandonné en octobre/novembre 2012 et qu’il m’a fallu attendre mon retour en France pour les fêtes pour le réparer et en avoir un autre (on ne sait jamais), j’avais beaucoup de temps à tuer. Et ce temps je l’ai tué devant la TV. Quoiqu’on dise la télé permet aussi de découvrir une culture -et de rattraper tout les épisodes de HIMYM -. L’Angleterre balance beaucoup de pub, comme je l’ai dit dans un post précédent, vous avez intérêt à aimer ou à avoir beaucoup de vaisselle à faire car vous allez en bouffer à la pelle jusqu’à overdose. Je reviendrai plus tard sur les publicités amusantes, marquantes, ou montrant une approche différente de la France mais cette analyse sera pour plus tard.

Les anglais sont des gens qui sont très communautaires. On fait partis d’un groupe, tout le monde à sa place et tout le monde aime à aider sa communauté. C’est pour cela que même dans le patelin où je vivais il y avait presque une dizaine de « seconde hands shop » (magasins d’occaz) dont le but était écrit en gros sur la devanture : aider les gens atteints de cancer, du SIDA, retraités de l’armée, les invalides, les enfants handicapés, les animaux…j’en passe et des meilleurs.Vous avez une maladie rare ? Les anglais ont le magasin d’occasion qui correspond. Evidemment tout les bénéfices étaient reversés aux différentes associations afin d’aider les personnes dans le besoin.

Dans ce cadre là, il était donc normal d’avoir les publicités qui correspondent. Rien qu’à Londres il est difficile d’échapper aux panneaux qui vous propose d’adopter ou de soutenir un animal pour £1 par mois, et ainsi de suite pour tout type d’assos. Les affiches pour les « bons samaritains » (good samaritans) qui ont aidé des gens à revenir dans le droit chemin, les dangers de tel ou tel produits…
En France aussi nous avons des pubs papier et TV pour aider notre prochain mais surtout plus axé sur les dangers de la route, de l’alcool ou du tabac…concernant les violences domestiques, la guerre dans le monde, etc…s’il en existe, elles sont bien moins nombreuses qu’en Angleterre qui ne lésine pas à vous faire pleurer ou vous mettre mal à l’aise.
Je vais donc faire un pot-pourri des pubs 2012/2013 (et de quelques autres années au besoin) pour montrer que les anglais n’hésitent pas à frapper fort.

Je passerai sur les classiques en noir et blanc sur fond de musique triste qui vous font pleurer mais peuvent éveiller votre fibre de bon samaritain afin de donner pour la bonne cause. J’en ai vu plusieurs de ce type, souvent pour aider les enfants dans le monde grâce aux vaccins, l’aide alimentaire, l’éducation…On a les mêmes à la maison. Non, ici ce qui m’intéresse et m’a interpellé sont celles qu’on voit moins dans leurs styles choquant, provocateur ou dans les thématiques qu’elles abordent.
Parlons d’abord de violences domestiques, de viols, d’esclavage sexuel (ouh yeah)…les femmes sont au cœur de la problématique sur des pratiques et des abus qui ont malheureusement encore cours.

Cette publicité préventive nous met dans le cadre classique d’un couple de jeunes lors d’une fête, alors que la fille veut retourner en bas rejoindre les autres plutôt qu’une galipette rapide, son compagnon décide de passer outre son avis.
La publicité ne fait pas juste que nous montrer un viol, elle ne culpabilise pas les jeunes, ni la victime, ne fais pas la chasse au sorcière mais cherche à faire comprendre à celui (ou celle) qui se retrouve en position de violeur de ce qu’il est en train de faire.
« If you could see yourself would you see rape ? »
Ce n’est parce que votre compagnon/compagne est d’accord pour quelques bisous que vous donne le droit de passer outre son consentement. Même si on est en couple : Non c’est non.

Une autre publicité sur le même schéma circulait en même temps :

Ici on ne voit pas de viol mais c’est implicite qu’il va avoir lieu. C’est surtout qu’il ne s’agit peut être pas d’un événement isolé où le garçon rappel sa copine à l’ordre car elle est là pour lui obéir et lui faire plaisir. On a droit au chantage (je vais dire que t’es frigide), à la culpabilisation (tu sais ce qu’il allait se passer, sinon pourquoi m’avoir amené dans ta chambre ?), la négociation (juste un câlin alors ?)  et quand ça ne fonctionne pas : la violence et les insultes (t’es pathétique).
Des publicités quasi identique à celles ci il y en a.
Une a utilisé des personnages de Hollyoaks (un soap opera anglais connu) pour montrer que les abus ne sont pas forcément physique.

On retrouve d’ailleurs souvent des éléments similaires dans ces publicités : fouiller dans le téléphone de sa compagne, lui dire qu’on aime pas ses amis, sa façon de s’habiller, qu’elle est frigide ou pathétique, qu’on fait ça parce qu’on l’aime trop.

Pour en revenir aux publicités, certaines célébrités (pas juste celle de Hollyoaks) ont participé à ces campagnes de préventions comme Keira Knightley -qui se fait passer à tabac par son compagnon (2009)-…

ou Emma Thompson sur le trafic humain et sexuel (2007)

J’ai aussi remarqué qu’on parlait beaucoup de violence faite aux femmes, si on ne va pas nier son existence et le fait que c’est un problème majeur, c’est oublier qu’il existe de la violence aussi à l’encontre des hommes.
Une des publicités anglaise que j’ai pu voir met justement ce fait en avant. Quand un couple se dispute c’est souvent pour la femme que les gens vont se lever alors que voir un homme se faire malmener semble être plutôt drôle. Celle-ci fait débat. Evidemment cette pub n’a pas pour but de stigmatiser les femmes mais la violence de manière général.
« 40% of domestic violence is against men in the UK. Violence is violence, no matter who it’s aimed at. »

Je ferais un court aparté pour signaler qu’en Angleterre les hommes comme les femmes gueulent pas mal et que le ton peut monter assez vite.

Après les violences faite aux femmes, ce sont les violences faites aux enfants qui reviennent : négligence parentale, enfants battus…ce qui est surtout mis en avant c’est le cercle vicieux qui s’instaure. Un adulte violent ne l’est pas devenu par hasard et cela a bien commencé quelque part. Et pour reprendre la phrase citée plus haut : violence is violence. Elle ne fait qu’en engendrer plus, ils faut dès à présent rompre le cercle.

Pour informations, Barnado’s est une association caritative qui aide les enfants dans le besoin, en leur permettant de trouver des familles d’accueil, ou d’adoption, tout en leur fournissant un soutient psychologique mais aide également les parents en difficultés.

Certaines pub anglaises sont aussi très ironiques dans leur genre, notamment celles de St John ambulance :
comme celle-ci montrant un homme se battant contre le cancer et le vainquant, pour en définitive bêtement succomber après avoir avaler de travers durant un barbecue entre amis.

Ou nous faire croire qu’une femme va sauver un enfant pour finalement…ramasser son linge.

Les anglais ne font pas dans la suggestion de la chute mais nous la montre carrément. Qui n’est pas ravie de voir un enfant à terre en train de vomir son propre sang ?
D’ailleurs j’ai remarqué qu’ils (les anglais) avaient une certaine tendance à être bavard pour ce genre de publicité (aide aux autres, dons d’argent, médicaments…) en nous évoquant les chiffres, les states…
Tout ceci pour nous rappeler qu’il serait bon que chacun sache les gestes de premier secours.

Une de la croix rouge anglaise qui passait régulièrement avec une ambiance bien spécifique et que j’avoue avoir eu du mal à comprendre au départ.

Les anglais n’ont pas peur non plus d’aborder le sujet du handicap, physique et mental. Concernant le mental quand les anglais parlent de mental health problem (problèmes de santé mentale) ça englobe tout : de la dépression, anxiété à la bi-polarité, schizophrénie, voir entendre des voix. Donc si quelqu’un en Angleterre vous parle de problème de santé mental, ce n’est pas forcément les cas les plus extrêmes.
Ce que j’ai pu voir à la TV sur le sujet était relativement soft avec des gens avouant qu’ils sont atteints ou connaissent des gens qui sont atteints par ces problèmes. Rien ne nous est montré, enfin ça c’était jusqu’à ce que je tombe sur une campagne évoquant le « motor neurone disease » (maladie de Charcot ?) assez violente vu la façon dont la personne se fait malmenée pendant la vidéo mais aussi car on ne comprend pas ce qu’il lui arrive.


Cette publicité part d’une histoire vrai : celle de Sarah Ezekiel, le film nous montre comment elle se fait « attaquer » par le MND, tout en évoquant les dommages à la fois physiques et émotionnels d’une personne atteinte.

J’ai moins vu de prévention « boire ou conduire il faut choisir » – une seule à vrai dire- mais c’est peut être normal dans un pays où les pubs pour de la Stella Artois ou de la Guinness passent à la TV.


Elle daterait apparemment de 2008 mais passait encore régulièrement, tout en mettant bien l’ambiance. Tu bois = tu trinques. Well… I just wanted a pack of crips !

Idem pour les campagnes contre le tabagisme, peu nombreuses et plus classiques dans leur déroulement : nous expliquant les méfaits du tabac sur notre organisme d’une manière imagée et scientifique. Celle que j’ai pu voir (bien ragoutante), nous montre les mutations engendrées sur le corps humain.

Bon il en existe d’autres qui nous parlent de la dépendance ou du côté nocif de la fumée pour les enfants, nous les avons eu aussi en France, certes différemment.

Et pour finir, une de celle qui aura marqué l’année 2014 en faisant parler d’elle, tout en étant totalement raccord avec l’actualité. Parce qu’il y a bien une chose avec laquelle les anglais ne plaisantent pas, après les abus et violences domestiques, se sont les violences faites aux enfants. D’où des campagnes chocs qui marquent bien les esprits, en nous rappelant notre statut de privilégié, parce que si cela peut arriver en Angleterre, la France n’est juste que la porte d’à côté.

Voilà donc le pot pourri sur les pubs concernant la prévention ou les donations pour des fondations. Je n’ai pas vraiment poussé l’analyse et il y a sans doutes des publicités plus marquantes qui ont du circuler ces dernières années.
Une dernière remarque, s’il existe beaucoup plus de publicités TV en Angleterre au sujet des violences sexuels, je n’en ai vu aucune qui nous parle de troubles sexuels contrairement à la France.

Sur ce…je vous laisse à très bientôt pour une autre note sur la vie anglaise ou/et ses publicités.

L’Angleterre est elle un pays sexiste ?

Alors derrière ce titre affreusement racoleur (oui je les collectionne), se trouve une véritable question qui est venue tout naturellement suite à plusieurs petites choses. Je tiens à prévenir que je ne détiens pas la science infuse et que ce qui va suivre n’engage que moi. Il s’agit plutôt d’une réflexion, d’un questionnement qui peuvent éventuellement déboucher sur une discussion. Je laisse la liberté de s’exprimer aux personnes qui le souhaitent.

Lors de mon arrivée dans le Nord de l’Angleterre il y a quelques temps déjà, nous étions un vendredi soir. Il y avait du bruit dehors, je n’avais rien à faire et j’avais donc décidé de faire un tour dans le centre. Les pubs et les clubs étaient ouvert et déjà des groupes de femmes alcoolisées circulaient dans les rues. C’est la première fois que je rencontrais des anglaises en soirée et cela n’a rien à voir avec la France. Pour faire un topo : elles sont perchées sur des talons hauts avec lesquels, déjà sobre, elles ont du mal à marcher, une robe de préférence courte, moulante, couleurs flashies, extensions capillaires plus coloration, faux bronzage, faux ongles, beaucoup de mascara, sourcils épais renforcés au crayon, rouge à lèvre rose pale/orange si teint mate, rouge vif si teint clair, mini sac.
Ma première impression fut l’étonnement puis soyons honnête une certaine forme de dégoût. Déjà parce que des gens avinés qui gueulent dans la rue, ce n’est pas ce qu’il y a de plus classe, sans parler de ce que je considère comme du mauvais goût aussi bien vestimentaire que capillaire. Ensuite, parce que les femmes anglaises ne sont pas réputées pour être des mannequins, l’obésité et le surpoids sont un véritable problème dans ce pays, alors le mélange vestimentaire douteux, qui ne vous va pas, rendait l’ensemble peu ragoûtant.
Attention, mon propos n’est pas de bâcher les personnes en surpoids, on peut très bien être ronde, forte, en surpoids et porter des choses qui nous vont bien dans que se soit des t-shirt XXL des rebuts de l’armée. Mais l’idée, la pensée, de dire : « non mais regarde c’est pas classe, ni sexy…c’est juste vulgaire, ça fait pute » m’est venue à l’esprit.
Cette année, je ne suis allée qu’une ou deux fois dans des clubs mais pour le coup dans le Sud de l’Angleterre. Et là, tout pareil ! Sentiment renforcé par mes ami(e)s français(es) qui ont eu les mêmes réflexions. S’en est suivi un débat avec la gente masculine anglaise qui ne voyait pas le problème, là où nous français cela nous gênait. Et l’on s’est rendu compte que ces messieurs vivaient avec ça tout les jours, pas uniquement en soirée. Des tas de filles se baladent en tenues légères dans la rue où l’on peut voir aisément leurs sous-vêtements et autres parties de leurs corps sans que cela ne choquent, ni ne gênent personnes. Les filles s’en fichent et les hommes aussi. Se font elles emmerder dans la rue ou en boîte ? Jamais. Les hommes se disent ils qu’habiller comme ça elles cherchent ? Non plus. Moi même, je ne me suis jamais faite embêter. Aucune main aux fesses, aucun commentaire scabreux, aucun sous entendu salace. Les hommes anglais se conduisent comme des gentlemen (mais j’en reparlerai).
Vous allez me dire, bon alors il est où le problème sexiste ?
Et bien puisque les femmes sont libres de faire ce qu’elle veulent de leur corps, certains clubs comme le Casino Rooms de Rochester proposaient des soirées spéciales où les filles pouvaient s’habiller léger, voir avaient leur entrée gratuite si elles montraient leurs « knickers » (culottes) ou leurs poitrines. Forcément, cette proposition à fait l’objet d’articles où des organisations féministes (mais pas que) dénonçaient cette pratique qu’elles jugent dégradante et dégoûtante. Bien entendu cela a entraîné une réaction en chaîne de personnes qui n’y voyaient pas d’inconvénients. Les femmes sont libre de faire ce qu’elles veulent, personne ne les oblige à montrer quoi que se soit, et même si elles décident de le faire, c’est quelque chose d’amusant, de léger, non de dégradant. Alors oui, en France comme en Angleterre, l’entrée est gratuite pour les filles avant 23h, mais pourquoi pas les hommes aussi ? Juste pour une question de business ? Plus de filles, c’est plus vendeur ? Sur ces points le débat reste ouvert.

En dehors des clubs, l’Angleterre possèdent aussi beaucoup de femmes au foyer. Là où certains en France pourraient voir cela comme une image vieillotte, voir rétrograde de la femme, ici il n’en est rien.
De même, dans l’école où j’ai travaillé, on proposait des tas de cours créatif aux élèves dont design, photographie, mode…cuisine et soin de la petite enfance. Les deux derniers m’ont fait tiqué pour le côté très vieille école. J’en ai ensuite discuté avec des élèves qui m’expliquaient que ces cours permettaient d’avoir des bases en cuisine mais aussi d’apprendre à éviter les accidents qui peuvent survenir dans cet environnement. Vu comme cela, je n’ai rien à dire car je trouve que c’est utile et intéressant mais dans ce cas pourquoi ne pas le proposer à l’école des garçons à côté ? Pourquoi ont ils à la place « food technology » qui s’intéresse à l’alimentaire de manière scientifique ? Pourquoi se sont les filles qui ont des cours de cuisine qui se retrouvent à faire des gâteaux pour les collectes associatives ? J’ai posé la question aux filles de 7eme/8eme années (équivalent 6e/5e) si elles trouvaient ces cours sexistes. Après un moment de réflexion, elles m’ont répondu qu’effectivement cela l’était. D’autant plus que l’une m’a confié que son frère, dans une école de garçons, avaient voulu prendre des cours de cuisine mais que l’équipe enseignante l’avait plutôt encouragé à se tourner vers la menuiserie. Comme quoi la distinction filles/garçons qui était encore d’actualité chez nous il y a quelque années à encore cours là bas.
Je n’ai rien non plus contre les cours qui vous apprenne à vous occuper d’enfants en bas âge pour celles qui veulent poursuivre une carrière de puéricultrice mais pourquoi, encore une fois, c’est uniquement du côté des filles ?

Il y aussi les exemples de club UNIQUEMENT pour les hommes que j’ai pu voir à Londres. Alors ok, se sont des clubs sexy avec des filles qui sont en tenues légères mais pourquoi que les hommes ??? On peut très bien aller au crazy horses en couple et je ne vois pas le problème.
Il existe aussi d’autres club pour que les hommes se retrouvent entre eux, histoire de boire, lire le journal, échanger. Femmes non gratta.
Idem dans un pub très charmant où j’étais allée, il y avait une zone UNIQUEMENT pour les hommes. La carte de fidélité de ce pub n’était proposé qu’aux hommes pour qu’ils puissent payer des verres à leurs ami(e)s (merci mais je peux payer ma bière toute seule comme une grande).

Bref, il existe des tas de nombreux petits exemples qui m’ont fait m’interroger. Parce d’un côté, tu es une femme, tu t’habilles comme tu veux et personne t’emmerde. De l’autre, t’es un peu exclue, voir cantonner à des activités « clichés ».
Au fond ce qui me fait rager ce n’est pas tant que tout ça existe mais c’est qu’il n’existe pas (en tout les cas je n’en ai pas vu) d’équivalent masculin ou a contrario d’équivalent féminin.
Concernant le premier point que j’ai évoqué sur les tenues vestimentaires, cela vient surtout d’une différence culturelle France vs UK, où chez nous l’apparence compte beaucoup. Pour avoir vécu à Paris, je peux dire que rapidement j’ai arrêté de sortir en mode « décontracte du dimanche » pour enfiler une tenue plus élégante (sans être une gravure de mode non plus).

Je n’apporte pas de réponse comme vous pouvez le voir, il s’agit juste d’une réflexion. Je ne suis pas là non plus pour fustiger les hommes et les condammer au bûcher, pas plus que je ne crache sur l’Angleterre que j’apprécie comme pays. Cela me fait juste prendre conscience qu’il n’y pas que la Manche qui nous sépare, bien que nous nous trouvons avec des points culturelles similaire. De même, il ne s’agit pas d’une généralité mais de choses que j’ai pu voir lors de mes pérégrinations.

Je laisse donc là mes réflexions et reviendrais sur un prochain points anglais dans une autre note.