Si tu as l’occasion…(2)

En même temps que je commandais sur recyclivre, j’en profitais pour tester un autre site de vente de livres d’occasion Momox.

Là aussi, j’ai préféré jeter un coup d’œil aux avis et retours sur le net étant donné que je n’en avais pas de mon entourage. A vrai dire, ils étaient plutôt mauvais mais cela concernait surtout la revente de livres. De ce que j’ai pu voir, les particuliers qui décidaient de se débarrasser de leurs livres faisaient face au même problème. Le premier envoi se passe toujours bien, Momox est satisfait donc les vendeurs sont heureux de percevoir leur argent en retour. Ce sont les envois suivant qui sont embêtant, si l’on réitère l’expérience. Plusieurs revendeurs se sont plaint d’envoyer à l’entreprise des livres dans un état impeccable ou quasi mais Momox trouvait toujours à redire sur l’état, ce que contestaient les propriétaires des livres. Et là, le site de leur laisser par le choix (ou un choix très restreint) de leur laisser les livres pour rien -Momox dit qu’il va s’en débarrasser mais beaucoup n’y croit pas-, soit les reprendre en échange de 15€ (je ne sais plus si c’est par livre n’ayant pas réussi le teste). L’entreprise étant en Allemagne, parait-il que son service client est déplorable, les interlocuteurs ne comprenant pas grand chose. Evidemment, beaucoup de revendeurs abandonnent finalement la partie et ne retrouvent pas leurs livres.

Dans le cas qui nous intéresse ici, il s’agit plutôt d’acheter des livres. Surtout que l’état des livres proposé va jusqu’à « comme neuf – à offrir », ce qui était encourageant. J’en ai donc profité pour compléter les collections non finies et celles que j’avais commandé sur recyclivre. Le site promettait une livraison entre 4 et 6 jours ouvrés. Une semaine plus tard, je n’avais toujours pas mes livres et je commençais à m’inquiéter. Il sont finalement arrivés 3-4 jours après ceux de recyclivre.

Premier bon point, ils sont arrivés dans une enveloppe matelassée. Les livres étaient bien empaquetés et de manière compacte.

Deuxième point, tous les livres étaient bien là. Pas un ne manque à l’appel et pas de livre de bibliothèque.

Troisième point, ils n’ont pas souffert du voyage et sont en excellent état, surtout ceux pris à un stade en dessous de « comme neuf ». SAUF QUE. (il y a toujours un mais) Parmi eux, 2 livres (mangas) commandés dans un état « à offrir » possédaient des signes manifeste d’usure (coin abîmés, trace de pliure et de déchirure sur la couverture) et surtout des traces de stylo sur la couverture. Navré mais c’est non. Deux fois que je commande des livres d’occasions, deux fois que certains livres arrivent dans un état autre que celui indiqué.

Tome présenté comme étant « à offrir ».
Je ne crois pas non.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et ai écrit au service après-vente en croisant les doigts. J’ai eu une réponse très rapidement, m’indiquant qu’ils étaient désolés et procédaient immédiatement au remboursement des livres abîmés. J’ai été surpris qu’ils ne m’aient pas demandé des photos ou de preuves de me dire mais comme le remboursement a été quasi immédiat je vais pas me plaindre.
Par contre, pas de remplacement de livres et je suis invité à repasser commande sur leur site. J’avoue avoir été dubitatif au niveau de la tournure de la réponse. Je ne savais pas si ils n’avaient pas les livres en stock mais m’indiquaient de passer commande sur le site si je voyais quelque chose d’autre qui m’intéressait ou si je devais repasser commande pour acheter les mêmes livres (même joueur joue encore).

BREF. Une expérience plus concluante que reclyclivre de part la qualité de l’envoi et des livres de manière générale mais un peu gâchée par le fait que j’ai une collection complétée mais avec des tomes trop disparates.
Moralité, je vais commander à nouveau les mangas en mauvais état mais cette fois-ci en neuf. En priant que je les trouve encore.

Si tu as l’occasion…

Ouh mais c’est qu’on frôlerait presque le surmenage avec tous ces articles…

Bon, je me dois d’avouer quelque chose. J’ai, comme beaucoup avant moi, une modeste collection de manga que j’entretien depuis plusieurs années. Parmi les objets que compose cette collection, beaucoup sont d’occasions. Il faut comprendre que mon budget ne me permets pas d’acheter beaucoup de livres et que malheureusement, je ne peux pas acheter et soutenir toute les séries que je souhaite à l’heure de leur sortie. Qui puis est, les manga c’est plus qu’un loisir, c’est véritablement un budget. Il est fini le temps des manga à 4€5 ou 5€5, avec 20€ je m’achète 2, voir 3 manga tout au plus (j’ai dépensé 50€ pour 4 manga la dernière fois). De plus, les séries que j’apprécie sont chers, parce que ce sont des séries qui visent un public plus mature qui j’imagine doit avoir plus de moyens (MOUAHAHAHA). De ce fait, pour toutes ces raisons (manque d’argent, cher, BD plus dispo), j’achète régulièrement en occasion.

De manière générale, je préfère flâner dans les boutiques à la recherche de la perle rare (le numéro ou la série manquante). Ca me permet de constater l’état dans lequel se trouve la BD et aussi de voir si le revendeur essaie pas de me vendre la dite BD à des prix défiant toute concurrence. C’est pas rare de tomber sur le net sur des volumes de manga recherchés par les connaisseurs vendus autour de la centaine d’euros, voire plus. Sérieusement qui va acheter ça ?

J’ai déjà eu l’occasion de tester l’occasion sur des sites comme amazon ou rakuten, sans soucis. Dernièrement, j’ai voulu tester d’autres boutiques dont recyclivre.

Le principe de recyclivre me brossait dans le sens du poil, l’impression de faire une bonne action et de plus écolo. Bref tout bénéf. J’avais quelques connaissances qui avaient acheté chez eux et avaient été satisfait du résultat.
Déjà, les prix sont attractifs puisque le montant de base est de 3€99 (jamais plus bas, mais peut aller plus haut…beaucoup plus haut) et que la livraison est gratuite. J’ai donc pu acheter une dizaine de BD pour une quarantaine d’euros. Il faut savoir que dans le lot des livres/mangas proposés certains sont indiqués comme étant des ouvrages de bibliothèques. Généralement, je préfère éviter de les prendre mais parfois on a pas trop le choix, comme on dit, faute de grives…
Un autre point, les ouvrages du site sont classés en 3 catégories : acceptable, bon état, très bon état (pas de comme neuf). Là aussi, je fais en sorte de prendre le mieux malgré le fait que je ne puisse pas constater moi-même l’état des objets que j’achète. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais moyen…que j’avais raison.

Mon colis a mis 6 jours pour arriver. J’avoue avoir été étonné de l’emballage. En général, quand je commande des livres, ils arrivent au choix dans une enveloppe matelassée ou parfaitement coincé dans une boîte en carton ou emballés dans quelque chose de protecteur. Ici rien. Juste une enveloppe plastique. Etant donné le soin dont la poste ou certains livreurs font preuves autant dire que j’ai manqué l’arrêt cardiaque. Là les livres avaient eu le temps de bien marquer l’enveloppe et de percer des trous dans les angles. Les dégâts à l’intérieur étaient moins pire qu’imaginés.

Seconde surprise, je me retrouve avec la méthode sociologique de Emile Durkheim que je n’ai absolument pas commandé. Alors je n’ai rien contre Durkheim et le livre ne dépaillera pas au côté du Suicide dans ma biblio mais tout de même. Evidemment, qui dit livre en plus, dit aussi livre en moins. Ce cher mimile avait donc pris la place d’un manga, qui après vérification avait le même numéro de référence. J’ai fait remonter en haut lieu. Bien sûr le manga commandé n’est plus dispo, à la place on m’a proposé un avoir. On ne m’a rien demandé concernant le livre « non voulu ». J’imagine qu’il va falloir que je trouve une place à mimile.

Troisième surprise, des mangas commandés en état « acceptable », se sont révélés être plutôt en bon état. A part le papier jauni, RAS. Par contre, des mangas présentés comme étant en bon état ou en très bon état n’avaient clairement pas ce statut. Autant j’accepte les pages jaunies (usure naturelle), les couvertures un peu salies (ça arrive) mais les jaquettes aux coins abîmés dont certaines déchirées, non. Donc ça fait chier.
De plus, j’ai bien fait attention lors de mon achat de ne pas prendre de livres qui auraient appartenu à une bibliothèque (excepté un). Problème, lors de la réception il y avait deux livres issus de bibliothèques. Le soucis est que, à part l’état des livres, on ne peut pas vérifier s’ils viennent d’une bibli ou pas quand on regarde sa facture. J’ai quand même l’impression que c’est eux qui se sont plantés mais malheureusement je ne peux pas vérifier.

En parallèle, j’ai aussi remarqué une chose. J’avais repéré un manga qui m’intéressait sur le site de recyclivre mais dont le prix était un peu élevé par rapport à celui que je m’étais fixé. J’ai donc décidé de ne pas le prendre. Je le retrouve par la suite 2€ moins cher sur le site de rakuten (livraison gratuite) vendu par….je vous laisse deviner…recyclivre. J’avoue être un peu déstabilisé de retrouver le même article à des prix différents alors que c’est le même organisme derrière la vente.

Conclusion, j’ai testé et je ne suis pas entièrement convaincu. Je ne pense pas retenter dans l’immédiat.

La rose de Versailles, suite et fin ?

Lorsque Kana a annoncé la publication de la suite de La rose de Versailles, j’avoue avoir été partagée entre joie et appréhension. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur l’utilité d’une « suite » 40 ans après la fin de la publication, tout en sachant que l’autrice, Riyoko Ikeda, avait lâché le crayon et la plume pour se reconvertir vers une carrière musicale.

Sa venue à Angoulême, il y a quelques années, démontrée qu’elle n’avait jamais complètement tourné la page et était toujours prompt à évoquer sa carrière et ses œuvres.
Néanmoins, La rose de Versailles était une oeuvre conclue et terminée sans fin ouverte. La dernière édition en date fut publiée chez nous en deux gros pavés, avec un troisième en bonus qui possédait un ton plus bon enfant et humoristique, en partie dû à la nièce de Oscar : Loulou. Un dernier tome qui se lisait sans déplaisir et dont le ton changeait radicalement des drames vécus par les personnages précédemment. C’était aussi l’occasion de finir sur une note plus joyeuse et optimiste.

Une suite utile ?

A partir de là que vaut ce quatrième tome et où se situe-t-il ? Le contexte nous est donné rapidement en introduction, quand Ryoko Ikeda explique qu’il est question d’histoires qu’elle a toujours souhaitaient racontées. Il s’agit là d’un élément commun à chaque auteur, vouloir raconter les petites histoires qui ont accompagné la grande, nous dire ce que sont devenus tous ces personnages (secondaires) auxquelles nous nous sommes attachés.
Oscar et André ne sont donc plus au centre de l’attention, leur histoire ayant été racontée, de même pour Marie-Antoinette. Néanmoins, ces derniers restent présent puisqu’ils nous aient montré comment ceux-ci ont marqué la vie des personnes qu’ils ont pu côtoyer. A l’exception d’une histoire qui revient sur les conflits d’Oscar, oscillant entre son statut de femme du XVIIIe et de militaire. Ainsi donc, nous verrons Girodelle, Axel de Fersen et sa sœur, les parents d’Oscar, Rosalie et Bernard, Alain, ou encore Marie-Thérèse de France. tous ces personnages s’entrecroisent et se mêlent à la grande Histoire qui parfois les dépasse.

Un style graphique reconnaissable

Au niveau du style, je dirais que l’on sent toujours la pâte « old school », néanmoins, j’ai pu constater à la première lecture que le style de l’autrice avait changé. Loin d’être maladroit, je dirais qu’il est plus pausé, plus fin, plus précis. Il y a moins cet effet froufrouteux et 70′ que l’on pouvait ressentir dans l’oeuvre d’époque (ça a aussi son charme). Je dirais également que la mise en page est plus carrée. Là où, dans ces précédents travaux, notamment Très cher frère, chaque page était une recherche graphique qui mettait en avant les sentiments des personnages et les exacerbés, ici l’ensemble est beaucoup plus sobre. Les cases sont moins déstructurées, les décors plus présents et fournis. Les personnages pleurent toujours mais de manière digne, discrète. Si la lecture est toujours plaisante, on sent moins l’ardeur de la passion romantique qui animait les personnages. Fini également les petites scénettes humoristiques et les petits effets de styles de l’époque. Même Loulou, qui en était pourtant l’essence même, passe aux cribles de la maturité sans se départir de son franc parler. Certaines scènes sont mêmes reprises mais offrent un sentiment plus nostalgique et mélancolique.
J’avoue avoir eu cependant quelques difficultés, à certains moments, pour différencier les personnages (entre le Général de Jarjayes jeune et François 1er, à part les sourcils….), les dames notamment arborant souvent les mêmes toilettes et coiffures. Il reste néanmoins un petit côté Candy lorsque nous voyons Marie-Antoinette jeune.

Si l’on revient sur la jeunesse et le parcours de certains et certaines, comme Girodelle et les parents d’Oscar (où d’ailleurs on apprend que sa mère est affiliée au peintre De La Tour -Georges pas Quentin-), une grande partie de l’histoire se déroule après celle principale dans les tumultes de la terreur et l’arrivée de Napoléon.
J’ajouterais également que l’Histoire est également plus présente. De son poids, elle écrase les personnages qui sont ballottés par elles. Les souverains, les dirigeants, les guerres s’enchaînent sans qu’aucun n’ait vraiment d’emprise dessus. Des personnages comme Marie-Thérèse, le père d’Oscar ou encore Axel de Fersen subissent les événements et les conséquences de décisions qui ont été prises pour eux ou indépendamment d’eux. L’autrice prend néanmoins toujours soin d’insérer le contexte historique avec des personnages dont elle ne peut guère réinventer la vie.
Le drame n’est cependant jamais loin et certains personnages s’en iront vers la mort sans que l’on puisse rien pour eux.

Que dire donc pour conclure ? Ce quatrième tome, qui regroupe toutes les histoires publiées entre 2013 et 2018, n’était pas une suite attendue. D’ailleurs, il ne s’agit pas à proprement parler d’une suite et je serais plus enclin à qualifier ce tome de nostalgique que de purement fan service (au contraire du troisième tome). Toutefois, ce fut une belle surprise venue d’une oeuvre qui a garder tout son charme et sa force. Elle est sans doute plus assagie, mais La rose de Versailles est comme le bon vin qui se bonifie avec le temps. C’est donc un tome que j’apprécie et qui fait vibrer la fibre nostalgique et mon amour des « vieux » shojos, d’autant plus qu’il n’est pas certain que nous ayons le plaisir de voir Riyoko Ikeda dessiner à nouveau.

Thimbleweed Park

Nous allons encore nous plonger dans le monde des jeux vidéos d’aventure type point & clic. Vous en avez marre ? Moi pas.

Thimbleweed Park est jeu dont j’entendais beaucoup parler et en bien, ce qui a donc attisé ma curiosité. Cependant, j’avais décidé de ne pas me pencher trop sur le jeu afin de me garder la surprise le jour où j’aurais l’occasion d’y jouer. Et comme vous vous en doutez (sinon on ne serez pas là), ce jour est arrivé. Pour le coup je remercie l’existence d’Epic Game qui met à disposition gratuitement certains jeux pour une durée limitée, ce qui m’a permis d’acquérir le jeu en question. Je me suis donc lancé dans Thimbleweed Park.

L’équipe au complet.

Je pense l’avoir déjà dit mais j’aime énormément les jeux d’aventures et les point & click. Ils font partie des jeux sur PC qui ont marqué mon adolescence (enfin surtout les jeux Sierra). Pour être honnête j’ai surtout connu ceux typés « cartoon » (King Quest 7, Torin Passage) où les énigmes reposaient beaucoup sur l’assemblage d’objets (à regarder sous toutes les coutures) et apporter le bon objet à la bonne personne pour faire avancer l’intrigue, les actions se faisant plus ou moins automatiquement. Je n’ai donc pas connu ceux qui proposaient tout un panel de verbes d’actions, tout en scrutant chaque pixel de l’écran pour vérifier s’il n’y avait pas quelque chose à déclencher.
Imaginez donc un peu ma tête quand j’ai vu que Thimbleweed park faisait partie de ces jeux là que je pensais révolus. Il s’agit d’un parti pris totalement voulu, tant tout respire cette époque là dans le jeu. Entre salle d’arcade, téléphone à pièces, cartouche du jeu E.T, polaroid, etc…tout sent la nostalgie. Il n’y a qu’à voir la maison familiale de Delores, c’est celle de Maniac Manson (il en est d’ailleurs clairement fait mention dans le jeu), tout comme le design des personnages vient clairement de là. L’interface c’est Maniac Mansion.

Personne n’a trouvé le temps de réparer ces escaliers depuis plus de 20 ans.

Mais bref revenons à l’histoire pour celles et ceux qui débarqueraient.

L’histoire donc…

Elle est assez simple puisque au début du jeu vous voyez un homme se faire tuer. Son cadavre est retrouvé peu de temps après et c’est aux deux agents fédéraux Ray, cynique et pas ravie d’être là, et Reyes, le jeune et fringuant bleu, que revient d’élucider ce crime. En parallèle, nous apprenons la mort récente de Chuck, héros de la ville, ancien patron d’une usine de fabrication d’oreillers reconverti dans la création de machines qui pullulent dans la ville.

Sur le jeu en lui-même…

Nous commençons donc par une enquête classique avec une liste de choses à faire et deux personnages à manipuler. D’autres personnages jouables viendront par la suite rejoindre l’équipe, pour se retrouver à pas moins de 5. Ce qui est assez pratique pour se déplacer dans des endroits où d’autres n’ont pas accès et comprendre certains points de l’histoire.

On remarquera également que, si il faut se faire se rencontrer les personnages pour échanger des objets (les transvaser d’un inventaire à un autre façon Resonance), ce n’est pas le cas des informations -sauf certains éléments-. Par exemple, si un personnage X a connaissance d’un numéro de téléphone, je peux le faire exécuter par un personnage Y qui pourtant n’est pas censé détenir cette information.

Au début du jeu, il vous sera demandé de choisir entre 2 modes : casu et difficile. Le premier propose une expérience du jeu simplifié, dans le sens où certains lieux et interactions ne seront pas disponibles. Ce mode est pour les personnes qui débutent en jeux d’aventures ou tout simplement qui n’ont pas envie de se pendre la tête trop longtemps. Personnellement, j’ai pris le mode casu, tout simplement parce que compte tenu de mon emploi du temps changeant et parfois chargé, j’avais envie de le finir rapidement et de pas laisser des mois s’écouler entre deux parties. En général, ça a tendance à casser mon expérience du jeu car je ne me rappelle plus de ce que j’ai pu faire et où je me suis arrêté.
Le mode casu a ses détracteurs pour qui cela gâche l’intégralité du titre qui deviendrait une simple balade de santé. Ça n’a pas gâché mon expérience du jeu qui a duré en moyenne 5-6h. Je ne suis pas la seule personne qui ait pris ce mode et l’ait trouvé agréable à jouer. Par contre, ça serait mentir de ne pas dire que ça se sent par moment, surtout sur la fin, que certains éléments ont été simplifiés pour récupérer plus aisément certains objets. Dans l’ensemble, je n’ai pas eu de difficulté majeure, sans doute parce que je suis habitué à ce type de jeu, j’ai trouvé le tout assez intuitif. Un personnage te dit quelque chose entre deux lignes de dialogues, aussi débile et random que ça puisse sembler, tu sais que ça va servir. Il y a bien eu un ou deux blocages après avoir avoir fait les éléments demandés sur la liste et ensuite ne pas quoi savoir quoi faire après pour que le scénario bouge.
En mode difficile, il faudrait apparemment rajouté 10-15h de jeu en plus, de quoi donner envie de s’y replonger, surtout quand les résolutions de puzzles différent.

Ransome, l’atout charme du jeu.

Le jeu n’est pas dépourvu d’humour, entre Ransome le clown qui passe son temps à insulter tout le monde, l’agent Ray complètement blasée, les soeurs pigeons, l’homme pizza…le jeu est blindé de trucs débiles et insolites tout en dégageant une atmosphère particulière de mystère. Sans oublier que les personnages s’amusent à briser régulièrement le 4ème mur en plaisantant par exemple sur le fait qu’ils ne puissent pas mourir car ils sont dans un jeu d’aventure (quoique…) ou que le cadavre commence à méchamment pixeliser. Le jeu s’amuse aussi à taquiner le joueur en lui faisant ramasser des objets dont il n’aura aucune utilité ou pour le plaisir de collectionner des bouts de pixel sans intérêt.
Et c’est là que commence le hic du jeu, si je puis dire, c’est que dès que j’ai vu ces petites choses, j’ai su de suite où le jeu voulait m’emmener. Dès lors, pas vraiment de grosse surprise sur la fin, pas plus que sur l’ensemble du scénario au final. Si vous connaissez « Le monde de Sophie« , vous voyez venir les grosses ficelles de l’histoire (la philo en moins) et ça commence à sentir le réchauffer. Sans avoir avoir joué au secret de Monkey Island (on ne tape pas, merci), on comprend rapidement ce que le jeu essaie de dire. Quand le générique défile -passage assez drôle dans ce qu’il indique- et que nous voyons le nom de Ron Gilbert à l’origine de Maniac Mansion et Monkey Island, tout est dit. Thimbleweed park est clairement un mélange des deux jeux précédent avec les capacités graphiques actuelles surfant sur la vague nostalgique.
A la fin de ma partie, il restait toutefois quelques mystères à éclaircir et il me reste donc à vérifier si le mode difficile les résous. Il semblerait néanmoins que tout ne soit pas aussi simple car les joueurs élaborent de nombreuses théories sur certains points de l’intrigue.

Et tout commence avec un mec bleu.

Faut-il avoir joué aux précédent jeux de Ron Gilbert pour apprécier Thimbleweed Park ? Non clairement pas. Je pense cependant que les amateurs du genre et les nostalgiques se raviront de trouver les clins d’œil éparpillés ça et là. Néanmoins, ça se sent que par moment le jeu revient sur ces prédécesseurs, en tant que joueur il y a la sensation que quelque chose nous échappe.
Je conseille tout de même vivement le jeu car je ne l’ai pas lâché de bout en bout -à ma grande surprise- même si la fin m’a quelque peu déçue. Il ne me reste plus qu’à le faire dans l’autre mode pour de nouveaux challenges et revivre l’expérience Thimbleweed Park.

Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse de recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

Herald : a period drama

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un jeu qui -à l’heure où j’écris ces lignes- n’est pas terminé. J’entend par là  que sur les 4 livres prévus qui composent le jeu, seul les deux premiers sont sortis.

J’ai connu Herald sur steam et l’ensemble me plaisait bien, j’ai attendu une promo pour me le procurer. Il s’agit d’un jeu indépendant développé par Wispfire, un studio néerlandais, et sortie en 2017. Il est classé dans la catégorie point&click mais lorgne pas mal vers le visual novel.

Moi qui aime les point&click et les period drama, le jeu avait déjà une bonne base pour me séduire.

Bref de quoi ça parle…

Herald est le nom du bateau sur lequel le héros que vous incarné, Devan Rensburg, vient de s’embarquait en tant que marin pour aller vers les colonies en l’an de grâce 1857. En effet, le jeu nous propose un XIXe alternatif dans lequel le Protectorat  (qu’on peut assimiler à l’empire britannique) gouverne une grande partie du monde dont les colonies indiennes.

L’histoire commence après qu’on vous ait sauvé de la noyade, vous vous retrouvez nez à nez avec La Rani, une femme qui vous interroge sur votre passé au sein du protectorat mais également sur le déroulement des événements sur le Herald. Vous allez donc vous replonger, à l’aide de votre journal de bord, dans vos mésaventures sur le bateau, les personnes que vous avez rencontrés, les choses que vous avez faites (ou pas)….

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Différentes expressions de notre héros que nous pouvons voir à travers le jeu -j’ai un faible pour la mine boudeuse-. Même si personnellement j’ai plus eu la sensation de le voir surpris/effrayé une majorité du temps.

Il faut également savoir que Devan, bien qu’ayant grandi sous l’égide du protectorat, est un enfant adopté issu des colonies. Sa mère serait des Indes alors que son père viendrait du protectorat. Il est donc la somme d’un mélange culturel et devra sans doute faire un choix entre sa patrie d’adoption et celle qui l’a vue naître.

Le cœur du jeu en plus de l’aventure et d’évoquer les problèmes de racisme (entre autres) inhérent à l’époque. Il est ici assez subtile entre les remarques que vous pourriez avoir sur votre place à tenir. Nous en avons l’exemple avec Aaron Ludlow -le second officier et la personne qui vous a recruté- qui vous indique que, malgré les années passées, les promotions se font attendre et qu’il n’atteindra sans doute jamais certains hauts postes compte tenu de ses origines, etc…sans parler de l’histoire de La Rani ou encore de Daniel, un des chefs cuistots. La place de la femme est aussi évoquée dans une société où l’on attend d’elles rien de moins que de se montrer vertueuses et distinguées.

Il y est également fait mention à mots couverts de pédophilie, quoique ce dernier point fait débat. Sans trop spoiler, le comportement/relation entre deux personnages peut être sujet à plusieurs interprétations. Personnellement, de ce que j’ai pu constater en jouant c’est que l’un des personnages essayait d’avoir une relation affective d’ordre paternel -parfois lourde et maladroite- avec une personne qui manifestement n’en veut pas et accessoirement semble en vouloir à la terre entière.

Le studio a d’ailleurs apporté un grand soin au doublage des différents personnages qui en disent long sur leur personnalité, leur culture et leurs origines. Il est très agréable d’entendre ces divers accents : anglais, indien, jamaïcain, brésilien

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages, mais de ce que j’ai pu voir, Ludlow semble être le moins apprécié à cause de son comportement qualifié souvent « d’idiot » par les joueurs. Cependant, plusieurs choses prennent sens au regard des révélations à la fin du livre II. J’en suis même devenu à me demander si Caleb n’était pas au courant depuis le départ, aux vues de certaines remarques…

Il n’y pas réellement de méchant dans le jeu car même Morton, aussi désagréable qu’il puisse être avec son air de méchant Disney, possède des points sensibles. Il s’agit plus de notre capacité en tant que joueur à savoir jouer de ses relations pour se faire des amis et/ou des ennemis des personnes à bord.

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La mystérieuse Rani à qui vous contait votre histoire. La fin du livre II vous laisse le soin de choisir si vous souhaitez être dans son camps ou non.

Sur le jeu

Les deux premiers livres sont très courts (3/4h max) et le livre I n’est pas très intéressant. Il vous permet juste de vous familiariser avec le jeu et ses différents personnages. Le II a son lot de rebondissement et de mystères. Compte tenu de la fin du II, j’attends beaucoup de la suite et les choix pour Devan s’annoncent difficiles.

Globalement le jeu est assez simple : pas d’inventaire, pas de tâches ardues ou d’énigmes à vous retourner le cerveau -c’est simple il n’y a pas-. L’important se trouve surtout dans les dialogues et les interactions avec les personnages. Dans une conversation, chaque fois que ce sera au tour de Devan il aura le choix entre plusieurs réponses. Si certains choix se ressemblent ou mènent à la même conclusion, d’autres seront décisif pour la suite du jeu concernant le destin de certains personnages. Mais comme j’ai pu le lire de la part des auteurs, ce n’est pas tant les choix de Devan qui seront important que la réaction des autres personnages face à ces choix. Il y a donc un petit côté walking dead puisque vos choix ont des conséquences pour la suite de l’intrigue. A la différence que vous n’êtes pas limité dans le temps pour faire ces choix mais vous pouvez mûrement les réfléchir. Le héros peut donc s’impliquer d’avantage dans les problèmes des autres, se montrer à l’écoute et diplomate ou au contraire se rebeller contre l’ordre établie, faire en sorte qu’on ne lui marche pas sur les pieds, voire provoquer les incidents. Le personnage de Devan n’est pas pour autant dépourvu de personnalité, c’est un garçon intelligent et cultivé comme le montre sa grande connaissance des objets sur le Herald.

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Exemple de choix multiples. J’aime beaucoup l’aspect journal de bord donné à la boîte de dialogues.

Néanmoins, le seul reproche qu’on pourrait faire au jeu c’est son côté linéaire. On ne s’éparpille pas en différentes sous intrigues puisqu’en général nous avons une chose à faire à la fois et le jeu nous conduit en ligne droite pour y parvenir. Certaines pièces ne s’ouvriront donc que lorsque que cela sera nécessaire.

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Le mélancolique Daniel au passé amoureux tragique.

Comme je le disais en amont, le studio a fourni de gros effort concernant l’immersion dans le jeu. Outre les voix, c’est aussi tout l’univers de la marine qui nous est dévoilé :  détails du navire, son plan et une encyclopédie à compléter en fouillant un peu partout sur les objets cliquables histoire d’avoir un petit topo dessus.

L’autre gros effort concerne l’ambiance et le réalisme des personnages. Si les costumes des membres d’équipage font effectivement référence à la marine britannique, Tabatha et Morton tiennent plus des hollandais du XVIIe. Il en va de même avec le Herald qui apparemment serait plus du XVIIIe que du XIXe. Certains personnages ont été créés à partir de personnes réelles telle La Rani qui est directement inspirée de Lakshmi Bai. Evidemment, tout ceci est voulu mais on pourrait néanmoins trouver l’ensemble ambiguë. Pour un jeu qui souhaite parler de colonialisme, tout en rendant l’ensemble historiquement inclassable, c’est étrange. Idem concernant l’identité culturelle face au multiculturalisme. Quoique en même temps, l’univers nous semble familier, tout en étant étrange, nous sommes donc entre deux mondes un peu comme certains personnages.

A part cela, le grand point fort vient des personnages ou du moins des illustrations de ceux-ci pendant les dialogues. En effet, ils ne sont pas statiques. Nous les voyons respirer, cligner des yeux, sourire, soupirer, se mettre en colère, être étonné…On est loin des yeux qui roulent de droite à gauche de chez Cinders. Cela donne un vrai plus aux personnages qui les rend vivant. Apparemment, les créateurs ont utilisé le programme Live2D qui permet de rendre un effet 3D aux illustrations 2D, sans avoir besoin de passer par la conception d’un modèle 3D ou d’animer image par image. Programme utilisé d’ailleurs par plusieurs jeux japonais : fire emblem, yumeiro cast, akiba beat, black rose valkyrie…notamment pendant les phases de dialogues.

Cependant le jeu n’est pas exempte de défauts et, à part le côté linéaire, il a été critiqué pour ses arrières plans 3D. Si ces derniers sont plutôt lumineux et colorés, la 3D est assez anguleuse et m’a donné un effet un peu « old school ». Au départ, les personnages, notamment leurs proportions, m’ont paru étranges, comme leur façon de se déplacer un peu raide mais j’ai fini par m’y faire.

Après la caméra n’est pas toujours agréable. On tient plus de la « CCTV camera » comme l’a fait remarquer quelqu’un . Les angles sont souvent pris de haut et de biais et n’aident parfois pas à avoir une bonne visibilité des pièces étroites du bateau.

Sinon, la musique est plutôt discrète mais agréable. Il y a juste la chanson de Tabatha qui reste en tête.

Pour conclure

J’ai essayé d’en dire le moins possible au sujet de l’histoire, des choix et des révélations. Dans l’ensemble Herald a reçu des critiques plutôt positives ainsi que plusieurs nominations et prix comme jeu indépendant.

En plus de la qualité artistique, il y a un mon sens une vrai volonté de raconter quelque chose d’important de la part des auteurs. Car, bien que l’histoire se déroule au XIXe, les questions autour de l’identité et l’héritage culturelles, les problèmes sociaux, le racisme sont toujours d’actualité.

Globalement Herald a period drama est un jeu très agréable dont j’attends la suite avec impatience. Malheureusement, ça ne sera pas pour de suite puisque les développeurs ont annoncé que le jeu ne s’était pas vendu comme ils l’espéraient et que par conséquent ils travailleraient sur Herald quand le temps et l’argent le leur permettaient. En espérant que le studio et le jeu ne subissent pas le même sort que Lostwood avec Leviathan.

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Gray Matter : entre science et magie

Le point& click a toujours été une catégorie de jeux vidéos que j’apprécie, autant pour les univers visuels qu’ils peuvent apporter que le temps à passer à se creuser la cervelle devant certaines énigmes.
Je venais de finir toute une série de jeu dans le genre (7) quand je décidais de me lancer dans Gray Matter. J’avais vu plusieurs fois ce dernier sur la plateforme steam et bien que n’ayant jamais entendu parler de ce jeu, je décidais d’en faire l’acquisition. J’avoue que le jeu est resté quelque temps dans les cartons avant de me lancer dans l’aventure. Après une quinzaine d’heures passées dessus -que je n’ai pas vu filer-, l’expérience s’avère concluante même si j’aurais quelques reproches.

Comme je l’expliquais en amont, je n’avais jamais entendu parler de ce titre avant de tomber par hasard dessus. Il faut dire que je ne me tenais pas au fait de l’actualité dans le monde du jeu d’aventure et du point&click. Apparemment ce qui a surtout attiré l’œil de connaisseurs, c’est qu’à la barre de ce jeu se tient Jane Jensen responsable de la saga des Gabriel Knight (auquel j’ai pu un peu toucher). Il semblerait que certains joueurs attendaient le retour de la dame comme le messie.

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De quoi ça parle ?
Nous suivons les aventures de Sam Everett, jeune femme apprentie magicienne, en route pour Londres afin d’entrer dans un club de magiciens très sélect et secret : le Daedalus club. Sauf que par le hasard des choses, elle se trompe de route et tombe en panne pas loin du manoir d’un certain Dr David Styles. Elle tombe sur la futur assistante de ce dernier qui fuit les lieux et décide de prendre sa place le temps de se retourner. Sam, en plus de travailler désormais pour le mystérieux docteur, doit résoudre des énigmes laisser par le Daedalus Club pour pouvoir entrer chez eux.
Sauf que d’étranges événements commencent à se produire sur le campus de l’université après qu’elle ait recruté plusieurs étudiants pour une expérience du Dr Styles.
Le but du jeu sera donc de résoudre à la fois les bizarreries du campus et les énigmes du Daedalus en incarnant à tour de rôle Sam et David.

Choix intéressant entre une Sam magicienne mais qui croit qu’il y a toujours une explication rationnelle et un David neurobiologiste reconnu mais qui, lui, croit au paranormal.

 

Que dire de Gray Matter ?
Il s’agit globalement pour moi d’une agréable surprise avec un univers et des personnages intéressants. J’ai beaucoup apprécié le soin apporté aux décors du jeu, vraiment très lumineux et qui me rappelaient un peu ceux de Black Mirror (le jeu, pas la série TV), notamment le grand manoir mais en moins sinistre cependant. Je regrette d’ailleurs qu’on ne puisse pas visiter plus de pièces. A part ça, l’espace des pièces dans ce château me semble disproportionné. Sérieux la cave est plus grande que le manoir et on pourrait installer un bowling dans les couloirs !
Certains angles de vues ne sont pas agréables pour chercher/repérer et on peut passer à côté d’éléments, quand d’autres plans sont un peu forcés niveau contre plongée (l’entrée du parc).

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Les différentes vues d’Oxford sont agréables, bien que je n’ai pas souvenir de ces endroits précis dans la ville et de rues beaucoup plus bondées. Le jeu est aussi parsemé de petites références : Harry Potter (on est à Oxford!), Alice au pays des merveilles (on est à Oxford bis!), sans oublier Gabriel Knight et sa créatrice.
Le choix des cinématiques comme des peintures animées ou typées « visual novel » a aussi ses qualités et défauts. Certaines scènes sont très agréables à regarder et vieilliront sans doute mieux qu’une 3D de l’époque mais rendent le tout parfois confus (j’ai cru que l’assistante c’était fait enlever alors qu’elle a juste fui) dans les actions et donne par moment l’impression d’un ensemble un peu pauvre. Si le visage de Sam reste le même dans toutes les séquences où elle apparaît, ce n’est pas toujours le cas de David qui un coup parait plus jeune, plus vieux, plus fin ou plus carré. D’ailleurs, j’ai eu du mal à m’habituer à sa voix. Certes c’est sensé être le docteur mystérieux avec une voix profonde et grave, mais sans doute un peu trop…je trouvais que si la voix correspondait aux critères, elle lui allait assez mal. Sans parler des personnages secondaires, « le club des agneaux », dont la plupart n’ont pas grand chose à voir avec leur version 3D moche (coucou Harvey!).
En parlant de 3D, les créateurs du jeu ont eu l’idée de mettre le visage animé des personnages dans la boîte de dialogue chaque fois que ceci disent quelques choses. En soi ça n’a rien de condamnable, seulement ces têtes 3D sont affreuses et font peur. Il aurait mieux valu mettre des illustrations animées ou travaillées.
L’animation des personnages n’est pas forcément au top dans certaines scènes : ils effectuent des actions que l’on ne voit pas (Sam qui mange son petit déjeuner tout en restant debout devant la porte).

Au niveau de la musique, sans être marquante elle est agréable et sied bien au jeu. Le reproche que je pourrais lui faire est que parfois les voix des personnages sont couvertes par la musique ou le son ambiant mais il y a les sous-titres pour palier à ça. C’est un problème que je retrouve souvent dans les point& click que j’ai fait dernièrement, notamment Black Mirror.

Au final il y a peu de véritables énigmes ou puzzles, peu d’objets à combiner et les choix de dialogues n’influencent en rien la suite.
Les énigmes du Daedelus club que doit résoudre Sam ne sont pas compliquées, sauf celles de la fin au club. En général, le plus handicapant c’est que je connaissais la réponse finale mais qu’avant d’y accéder il fallait passer par toutes les étapes. Tant que celles-ci ne sont pas résolues vous ne pouvez pas débloquer l’énigme finale.

L’intégration de tours de magie est une bonne idée même si je trouve que parfois la réalisation des tours fait un peu grossière et qu’il n’y ait pas possibilité de combiner plusieurs tours ou d’en apprendre de nouveaux (hors ceux du livret). Surtout quand on voit les tours de Sam lors de son show qui sont d’un tout autre niveau. La réalisation des tours par étapes est agréable en début de jeu pour bien comprendre les termes et arriver à ses fins mais gêne un peu sur la fin. Après ça reste une question de goût.

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Ce que je trouve vraiment dommageable en revanche c’est les personnages peu développés. Certes on alterne entre Sam et David, ce qui permet de mieux les connaître. On en apprend plus sur le passé de David et l’amour qu’il voue à sa défunte femme Laura lorsqu’il essaie de recréer les moments qu’ils ont passé ensemble. Pour Sam, on comprend son enthousiasme pour la magie mais finalement peu sur sa vie d’avant. Détail amusant c’est l’écran de chargement qui nous donne des infos sur elle. Non ce qui est vraiment dommage c’est au sujet du club des agneaux. Sam est chargée de recruter des étudiants pour une expérience scientifique. Chacun d’entre eux est un peu cliché : la bimbo fille à papa, le garçon timide dans les jupes de sa mère, la fille romantique coincée, le lourdaud, le scientifique rationnel.

*attention ce qui suit contient des spoilers*
En tant que Sam, on interagie finalement assez peu avec eux en dehors de l’expérience, on a pas de long dialogue pour en apprendre plus sur eux. Le seul moment qui permet d’en apprendre d’avantage, c’est quand on visite leurs chambres. Ce qui est d’autant plus dommage qu’à plusieurs reprises dans le jeu, ils diront qu’ils sont les amis de Sam et qu’ils sont là pour l’aider (alors que chacun était prêt à accuser l’autre). Rappelons que le tout le jeu se déroule seulement sur quelques jours -même si nous n’avons pas vraiment d’indices temporel-. Ce qui fait que certains passages sont mal traités : Sam ne se sent pas vraiment concernée alors qu’elle vient de faire perdre son boulot à Malik ou lorsqu’elle accuse Harvey sans vergogne par exemple.
Sam sera d’ailleurs présentée comme une jeune femme brillante, dégourdie, au dessus de la moyenne alors que pendant toute l’enquête elle tire des conclusions hâtives, menace ouvertement et parfois avec des preuves faiblardes et questionne peu habilement les suspects.

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De plus, certains passages flous ou laissés en suspend sont indiqués comme « véridique » dans les critiques : le fait que se soit Angela qui aurait tué Laura alors que je n’ai pas souvenir que quoi que se soit l’indique dans le jeu.
Comme j’ai du mal à comprendre « l’amour » d’Angela pour David, qu’elle soit furieuse qu’il ait refusé de l’aider ok, qu’elle soit obsédé par lui et ses recherches pourquoi pas, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi et comment elle en est venue à vouloir prendre la place de sa femme.
Le fait que certains disent que c’est Angela qui aurait sans le vouloir tué son père avec ses pouvoirs me laisse dubitative…sans doute parce que je trouve la fin quelque peu précipitée. En effet, le passé d’Angela, son père, les pouvoirs de ceux-ci ne sont jamais vraiment développés. Tout s’enchaîne très vite sur la fin, certaines conclusions ne m’ont pas parues évidentes et les problèmes de David ne sont pas réglés (je doute qu’il ait tourné la page avec sa femme).
En ce qui concerne le « coupable » des événements, comme nous avons suivi en parallèle Sam et David qui ont enquêté chacun à leur manière, nous avons deux résolutions différentes. Autant celle de David fait sens avec son passé, et j’avoue ne pas très bien comprendre pourquoi une fois qu’il voit qui et quoi n’est pas « normal » il n’agit pas, autant je ne comprends pas très bien comment Sam fait le lien avec la personne responsable (juste en voyant la photo d’Enigma ?).
On ne sait pas non plus pourquoi Helene a des seringues dans sa chambre (est-ce que c’est vraiment de la drogue ?), Sam qui enquêtait pour David ne lui a pas remis les photos de la piscine, comment Helena a réussi à rentrer dans le Daedelus club alors que Sam a du faire tout un parcours du combattant pour y parvenir ? etc…plein de petites choses qui font tiquer même si elles n’ont pas d’importance dans le scénario.
Sans oublier l’histoire d’amour…qui se sentait venir à des km. Notre héroïne commence à passer du « Dr Styles » à « David » et devient hyper protectrice à son égard, veut plus que tout résoudre le mystère pour lui et est convaincue que quelqu’un lui en veut …On peut comprendre que Sam soit touchée par la détresse de quelqu’un qui a perdu un être cher, qu’elle commence à se sentir impliquée dans les recherches de Styles mais au final tout ce qu’elle sait de lui, c’est pas grand chose. Elle a finalement eu peu de contact et de conversation avec ce dernier, tout ce qu’elle connait de lui c’est par les autres : le directeur de la fac, les infos de la bibliothèque, Malik, la femme en charge du manoir….normal qu’elle se monte des films toute seule alors que la cuisinière la met en garde sur le fait qu’elle ne sait pas grand chose de Styles.
En parlant de ce dernier, outre le fan service à son encontre (ce qui n’est que justice quand on voit la démarche de Sam en parallèle), c’est un vieux garçon avant l’heure, un vieux ronchon de 35 balais qui rouspète plus qu’il ne mort. Certes il y a du cliché en lui : homme devenu amer suite à la mort de sa bien aimé qui a en réalité un cœur d’or sous une attitude de vieux con. Nous le voyons évoluer pour sortir de l’enfermement de son labo et aller se confronter un peu plus au monde. La seule grande révélation à son sujet -mais qu’on sentait venir- vient de son visage et du fait d’avoir transposé les souffrances de Laura et sa culpabilité d’avoir survécu sur sa façon de se percevoir.
On peut supposer que Styles a commencé à s’attacher à Sam, malgré des accusations hâtives à son encontre, de l’avoir virée comme une malpropre et de jamais s’être excusé auprès d’elle. Certes, il avait le droit d’être en colère qu’elle ait menti sur le fait d’être étudiante et d’avoir été envoyé par la fac mais en même temps, je n’ai pas souvenir qu’il s’en souciait, voire qu’il se soit intéressé un minimum à elle. De plus, elle n’a jamais menti sur le reste (à supposer qu’il ait demandé quoi que se soit) donc l’un dans l’autre…

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Au final, malgré tout ce que je cite, Gray matter est un jeu sympathique qui laisse sur un bon souvenir. Il n’est pas trop prise de tête, a des décors et une musique agréable et possède une fin qui a fait débat (fiancée de Frankenstein).
J’espère juste une suite pour continuer de voir évoluer le duo Sam/David dans des enquêtes ayant trait au paranormal.