Aya et la sorcière

Les cinémas sont fermés et le bol d’air que ceux-ci me procuraient me manque. Ma consommation de films a donc sacrément chuté. Mine de rien j’ai l’impression d’avoir moins de temps pour les loisirs alors que les ouvrages à lire, les jeux à faire et les films à voir s’empilent. Cependant, je trouve tout de même de quoi faire une petite place pour un film de temps en temps.

Les différents festivals se sont adaptés et sont passés en ligne. C’est là que j’ai vu passer le festival de Gerardmer en version dématérialisé. Ce n’est clairement pas mon type de films qu’il propose, toutefois dans le lot le dernier Ghibli était proposé : Aya et la sorcière. Il s’agit d’une autre adaptation par le studio d’une œuvre de Diana Wynne Jones mais clairement plus orientée vers les enfants. Bien que je n’ai pas lu l’œuvre d’origine, qui jusque là n’avait pas été traduite en français il me semble (erreur bientôt réparée), le film semble plutôt coller au matériau d’origine. Plus en tout cas que le château ambulant, qui bien que reprenant le même postulat que le livre, finissait pas partir dans une autre direction.

Revenons donc à Aya et la sorcière. Il faut croire que les sorcières ont le vent en poupe dernièrement puisque nous avions eu Mary et la fleur de la sorcière qui était également une adaptation littéraire. Concernant Aya ce n’est pas un film que j’attendais particulièrement et les premiers visuels ne m’inspiraient pas du tout. L’affiche avec le groupe de rock en arrière plan (qui n’a qu’un intérêt minime dans le film) ne laissait pas vraiment entrevoir ce que serait l’histoire et je ne voyais pas bien le rapport avec le monde de la magie… Non ce qui faisait surtout peur c’était la 3D. Je ne sais pas pourquoi mais les expressions faciales, surtout exagérées, des personnages Ghibli ne rendent pas bien en 3D. Cela accentue l’effet plastique/faux, voire bas de gamme, sinon très datée de cette 3D. De plus les mouvements semblaient rigides, les textures assez moches, j’en passe et des meilleurs. La bande annonce avait de quoi refroidir. Néanmoins quand l’occasion s’est présentée, j’ai tout de même décidé de laisser une chance au film.

Pour rappel : de quoi parle Aya et la sorcière ?

Le film débute sur une course poursuite entre une femme aux cheveux rouges à moto possédant des pouvoirs (une sorcière donc) et une voiture qui ne lui veut pas que du bien. Parvenant à échapper à ses poursuivants, la jeune femme dépose son bébé « Manigance » (Earwig en vo) devant la porte d’une orphelinat avec une cassette et un mot indiquant qu’elle viendra chercher sa fille une fois qu’elle aura battu les douze sorcières.
Les années passent et Aya compte rester pour toujours à l’orphelinat afin de continuer à mener tout le monde à la baguette. C’est sans compter sur le jour des adoptions où, sans préavis, Aya est choisie par Bella Yaga et Mandrake, respectivement une sorcière et un démon, pour venir chez eux afin de servir à Bella Yaga de petites mains (pour ne pas dire de bonne à tout faire et d’esclave). Aya ne se démonte pas car elle est bien décidé à devenir une sorcière sous la supervision de Bella Yaga.

Verdict ? Aya et la sorcière était-il un mauvais film ?

Oui…et non. Clairement ce n’est pas le meilleur du studio. Le film a des défauts mais je m’attendais vraiment à pire et finalement ça se laisse regarder. Ce que Aya et la sorcière me rappelle, ce sont ces films pour enfants vite regarder et vite oublier que l’on peut retrouver le soir sur des chaînes comme Gulli. Individuellement ce ne sont pas de mauvais films, ils sont pleins de bonnes intentions mais ne marquent en rien. Aya et la sorcière n’a pas de souffle épique, de morale ou de grandes choses à nous apprendre sur la vie, ce n’est pas un film qui vous touchera. Sans doute parce que le film n’a pas cette ambition et ne l’a sans doute jamais eu. Après tout il s’agit d’un téléfilm, cela se ressent et se voit dès le générique de début. Parce que soyons honnête, il ne se passe pas grand chose dans le film et quand enfin il y a une avancée, le film se clôture. Ce dernier n’est pas forcément lent (quoique) mais il est assez vide. Une fois que notre héroïne quitte son orphelinat, son seul univers restera les murs de sa nouvelle maison dont elle ne sort presque pas. Son univers et donc celui du spectateur se résume à la cuisine, la salle de bain, le laboratoire et sa chambre. Ce n’est pas un hui-clos mais j’ai eu comme un sentiment d’enfermement et de vide. Les pièces ne sont pas vraiment décorées, bien que cela puisse s’expliquer dans l’histoire. C’est d’autant plus dommage qu’habituellement les décors des films du studio regorge de détails. Ici le contraste est flagrant. Il est possible que cette impression de platitude et ce final un peu abrupte s’expliquent lorsque nous regardons l’œuvre d’origine. Earwig and the witch (de son titre original) est un livre pour enfants que l’autrice a écrit à la fin de sa vie juste avant de décéder. Il est donc possible que le côté « abrégé » de l’histoire soit dû au fait qu’elle savait qu’elle n’en avait plus pour longtemps, d’où une conclusion rapide. En tout les cas, le film suit d’assez prêt le livre à quelques éléments près.

Le groupe de rock n’aura aucun intérêt dans le film

Plusieurs choses resteront sans réponses ou simplement pas claires, un comble dans un univers aussi petit. Pourquoi la mère d’Aya quitte le groupe de musique ? Parce qu’elle était enceinte ? Qui est le père d’Aya ? Aux vues des flashbacks, nous serions tenté de penser qu’il s’agit de Mandrake mais rien ne le prouve. Pourquoi c’est trois là formait un groupe ? Est-ce que ça fait partie du « devoir » des sorcières ? Dans ce cas quel lien avec le monde de ma magie ?

Il est possible de penser que la mère d’Aya ait quitté le groupe car elle se savait enceinte (qu’est-ce que cela implique dans l’univers des sorcières ?). Il est aussi possible de penser que les autres membres ne savaient pas celle-ci enceinte (pour cette raison qu’ils ne savent pas qui est Aya ou ne cherche pas la fille de leur amie) dans ce cas pourquoi est-ce leur voiture que nous voyons dès l’ouverture en train de poursuivre la mère d’Aya ? Pourquoi ne l’ont-ils plus chassé par la suite ? Comment c’est trois là se sont connus, nous ne le saurons jamais. A la rigueur ce point là n’est pas très important.

La relation Bella Yaga/Mandrake est sans doute celle qui intrigue le plus. Au départ on dirait un simple couple souhaitant adopter un enfant (c’est dans doute la seule raison de la venue de Mandrake, avoir l’air d’être en couple). Lorsque l’on connait enfin leur véritable nature, j’ai été tenté de penser que Mandrake était sous contrat avec Bella Yaga mais il n’en est rien. Cette dernière le craint (ou craint ses colères) et Mandrake semble avoir de l’ascendant sur elle puisque quand il lui demande de faire quelque chose elle le fait, même si c’est avec réticence. On peut donc se demander ce qu’ils fichent ensemble sous le même toit puisque chacun fait sa vie de son côté. Bella Yaga prépare des potions, tandis que Mandrake tente de percer en tant qu’écrivain, tout en continuant de jouer de la musique. Le seul moment où ils se croisent ces deux-là (plus Aya), c’est pour manger. D’ailleurs étant donné que les petits démons de Mandrake lui apportent la nourriture qu’il veut comme il la veut, pourquoi demander à Aya de cuisiner (sachant que cela ne sera jamais comme il le souhaite) ? Bref, beaucoup de questions sans réponses. Cela à tendance à m’agacer car je cogite beaucoup durant les films. Une fâcheuse manie certes, surtout la sur analyse, mais c’est aussi un avantage professionnel.

La question du statut des sorcières dans cet univers peut aussi poser question. D’un côté on a l’impression que c’est un mythe, de l’autre les gens sont conscients qu’elles existent. Bella Yaga est sorcière et c’est son emploi principal. Elle répond à des commandes diverses de petits maléfices à coup de potions et de sort pour faire gagner des compétitions par exemple. Ce sont des gens « normaux » (non sorciers) qui les lui achètent. Sorcière c’est donc un commerce de proximité. Il suffit de téléphoner comme on téléphonerait pour se commander une pizza.

Aya fait franchement des têtes bizarres

J’ai également un peu de mal avec le personnage principal. Non pas que Aya ne soit pas sympathique ou attachante mais j’avais du mal à la situer. De plus, c’est difficile de mettre le doigt sur ce qui me gêne. Elle n’est pas méchante. A la rigueur, si elle fait quelque chose de « mauvais » c’est plus en réaction à quelque chose. L’héroïne n’est pas non plus foncièrement gentille puisque ses actes de gentillesse sont souvent intéressés. « Si je suis gentille je pourrais plus facilement obtenir ce que je veux. » Elle est donc assez ambivalente, tout en étant têtue et maline. Ces derniers éléments sont des choses que l’ont retrouve souvent dans les œuvres avec des enfants pour des enfants. Ceux-ci même qui aiment parfois faire tourner en bourrique les adultes ou bien savoir contourner leur autorité. Je pense que ce qui m’embête vient de son statut d’esclave -littéralement-. Aya c’est l’enfant qu’on a adopté pour faire les tâches ingrates et trimer comme une bête de somme pour des clopinettes en restant enfermer entre 4 murs. Aya ne sort quasi jamais de chez elle. Elle ne se rebelle pas vraiment, essaie de profiter des avantages potentiels de son nouveau mode de vie. Certes elle ne se décourage pas mais sa situation n’évolue pas beaucoup et elle met du temps à la faire évoluer.

Aya est déjà une sorcière même si elle ne le sait pas. Cela vient sans doute expliquer son pouvoir de persuasion sur les gens. Son but c’est de mener tout le monde à la baguette, même ses ami.e.s. Ce qui fait que le personnage peut sembler manquer de sincérité.

Je finirais sur ce film avec son générique dynamique qui boost un peu le tout. Au final l’emballage comme le contenu n’était pas extraordinaire, toutefois, je n’ai pas eu l’impression d’avoir été déçu ou de m’être ennuyé. Juste que j’ai passé une soirée tranquille devant un petit film dont je me rappellerai pour son étrangeté, une sorte d’ovni, de test, de pas de côté du studio.

ps: je trouve qu’Aya a une meilleure tête les cheveu lâché.

Taskmaster, la meilleure série ?

Avant de parler de la meilleure série/émission humoristique de tous les temps (selon moi), il faut revenir un peu en arrière. Je parle du temps où, mon colloc’ de l’époque m’avait fait découvrir une émission humoristique : Russell Howard’s Good News. Russell Howard est un humoriste et comédien qui tenait donc toutes les semaines une émission commentant l’actualité de manière humoristique entre la critique et le stand up, accompagnée de clip vidéos ou encore d’invités. La série s’est arrêtée en 2015 mais continue sous une autre forme (même principe) avec The Russell Howard Hour. J’apprécie énormément Russell Howard’s Good News, même si j’ai tendance à zapper la partie avec les invités que je trouve en deçà du reste, bien qu’elle soit la partie la plus représentative de la mentalité anglaise (les bons samaritains du jour). Bref, Russell Howard’s Good News est émission très sympa, drôle et surtout assez pédagogique/didactique si vous souhaitez vous former à la culture anglaise. Les blagues étant sur l’actualité, il faut donc avoir une bonne connaissance du paysage politique, économique, social, culturel etc. anglais pour pouvoir suivre.

La plupart de intervenants de Mock the week se retrouvent dans Taskmaster

Ce qui m’amène à une seconde émission auquel Howard a participé avant de lancer la sienne propre avec qui elle partage certains points communs : Mock the week. Ici, même principe, des comédiens/panélistes (6 en tout) commentent l’actualité sous la direction de Dara O’Brian. Les épisodes durent chacun une trentaine de minutes et comportent plusieurs « rounds » : « If this is the answer, what is the question? » qui comme son nom l’indique signifie que les participants doivent trouver la question associée à la réponse donnée sur un thème (généralement les suggestions sont toutes plus débiles les unes que les autres), Picture of the Week qui commente une image de l’actualité et Wheel of News, où deux comédiens se voient attribuer une thématique et doivent faire un court sketch dessus. Ma séquence préférée reste Scenes we’d like to see, où les comédiens enchaînent les blagues et les improvisations sur des thématiques données (« les trucs improbables à dire lors d’un premier rendez-vous », « les choses que l’on entendrait pas à la radio », « les pubs qui n’ont jamais été diffusées » etc.). Ce passage est l’occasion de voir les spécificités, mimiques, tics…de chaque humoriste (Frankie Boyle est l’humour noir, Milton Jones son humour absurde et ses chemises improbables, Hugh Denis son ton pince sans rire et ses chemises qu’il n’arrive jamais à boutonner…). Les blagues et les punchlines s’enchainent très vite et là aussi il faut avoir une bonne culture anglaise pour saisir les jeux de mots et les références.

A force d’enchainer les courtes séquences issues d’émission humoristiques anglaises, l’algorithme YouTube passait son temps à me proposer une vidéo avec une femme jouant à cache cache planquer dans une poubelle. Je me suis laissé tenter et j’ai fini par tomber sur la perle : Taskmaster. Le principe est simple : 5 comédiens (ou simplement des personnalités de la TV) sont amenés à réaliser des séries d’épreuves dans un temps imparti sous la supervision de Alex Horne, une fois la tâche accomplie, ils seront notés par le Taskmaster, Greg Davies. La série existe depuis 2015 et est passée de la chaîne Dave à Channel 4 en 2020. Nous en sommes actuellement à la 10ème saison et le cast de la 11ème vient d’être révélé. Les premières saisons avaient 5/6 épisodes de 45 min (60 avec la pub), avant de passer à 8, puis 10. Chaque épisode est calqué sur le même format. Lorsque l’émission commence chaque participant est sommé d’amener un prix à présenter au taskmaster selon une thématique (le truc le plus pointu, le meilleur bruit, le truc le plus bizarre à ramener chez soi…etc.) qui sont évalués par celui-ci en leur attribuant des points. Sachant qu’à la fin le gagnant de l’épisode (celui avec le plus de points) repartira avec l’ensemble des prix. Par la suite, les participants ont 3 tâches à accomplir individuellement (parfois en équipes) en un temps imparti qui peut aller de quelques secondes, minutes, heures…voire semaines. Le résultat est présenté à Greg Davies qui les note de la plus mauvaises à la meilleure exécution (selon lui). La dernière tâche est réalisée en direct devant le public et les comédiens la font tous en même temps. La personne qui a récolté le plus de points au cours des différents épisodes repart avec le trophée final : une sculpture de la tête de Greg Davies. Les gagnants des différentes saisons se retrouvent ensuite pour un affrontement au sommet dans le Champion of champions.

Pourquoi ça fonctionne ? Le principe est tout bête et pourrait sembler répétitif mais chaque défi arrive à se renouveler et cela tout au long des 10 saisons. De même, la série se déroule presque toujours au même endroit : une petite maison et son jardin dans l’ouest de Londres rempli de portrait de Greg Davies, ce qui donne l’impression que la série est à petit budget (apparemment elle l’est). C’est extrêmement drôle car les défis sont complètement farfelus et les réponses des candidats aux demandes peuvent être tout aussi débiles. Bien que la tricherie ne soit pas admise, il est tout à fait possible de détourner, subvertir les règles. Par exemple : s’il est demandé de remplir le plus de larmes possible dans un coquetier, rien n’indique que cela doit être nécessairement celles du candidat, de même s’il est indiqué que le candidat doit lancer un truc d’un tapis, il n’y a aucune contre indication au fait qu’il déplace le tapis. Rajoutez à cela des règles cachées (souvent fourbes) et vous obtenez un cocktail explosif. Nous voyons donc des personnes logiques et rationnelles qui devant des tâches absurdes se retrouvent à devoir penser autrement, paniquent souvent et finissent par faire n’importe quoi sous la pression.

L’autre atout charme de Taskmaster est le duo Alex Horne/Greg Davies. Alex joue l’arbitre et le trouffion, tout en se faisant malmener par Greg et les candidats. Si bien qu’on fini par se demander si Alex Horne n’aurait pas une certain penchant fétichiste pour l’humiliation quand on voit ce qu’il est obligé d’avaler ou de faire et qu’il s’exécute sans broncher toujours avec une forme de candeur mélangée à de la gêne. Si nous avons droit à des moments d’anthologie, il y aussi de grands moments de solitude et de malaise dans Taskmaster.
Greg Davies joue le Taskmaster, le maître des tâches, qui aime malmener le petit Alex Horne et les candidats en attribuant, de manière plus ou moins juste, les fameux points qui permettent à la fin de gagner un trophée -qui est la tête de Greg Davies-. Davies n’hésite pas à dire aux candidats que leur prestation est à chier, que leurs cadeaux sont nuls ou à les enfoncer. Si c’est parfois injuste (je pense notamment au traitement de Hugh Denis dans la saison 4), ce n’est jamais complètement méchant (quoique). L’ironie étant que le cerveau derrière la série n’est pas Davies mais Horne. C’est le pauvre gars qui joue les arbitres, fait le cobaye, s’exécute quand on lui donne certains ordres et fait le laquais qui est en réalité le créateur de la série.
Cette dynamique maître/valet (alpha/bêta, persécuteur/persécuté) est parfois mêlée d’homoérotisme un peu bizarre. Et ce n’est pas un fantasme de ma part, car beaucoup de gens se posent la question et vont même jusqu’à écrire des fanfictions. Sans doute parce que pour pas mal de personnes, d’une façon qu’elles ont elles-mêmes du mal à expliquer, trouvent Greg Davies attirant. D’ailleurs celui-ci n’a aucun soucis à prendre dans ses bras et à embrasser des hommes. Malgré ses piques aux candidats, ses touches sarcastiques et ironiques, Greg Davies garde une aura de sympathie (en vrai c’est un mec sympa). Et puis mince quoi…ce sourire !

Sorti de nul part, l’instant que tout le monde attendait (ou pas)

C’est aussi une série typiquement anglaise. Certains des candidats sont habillés de manière complètement inattendue et sans aucune raison spécifique que celle d’être anglais et d’aimer les déguisements (en squelette, en ouvrier de chantier, en super héroïne, en Bruce Lee, en mode safari…). Et puis il y a se flegme anglais d’arriver devant les enveloppes contenant les missions avec une tasse de thé à la main d’un air détaché. Les explications sur pourquoi ils ont fait les choses d’une manière et pas d’une autre sont souvent foireuses. Il y a beaucoup d’injures, de gens qui râlent et pestent mais aussi énormément de bonne humeur. Taskmaster possèdent des moments d’anthologies (« bastard’s crying innit » ou encore « I’m always seeing you (do cool stuff) »). Le but au final n’est pas tant de gagner que de passer du bon temps et les comédiens restent dans leur personnage (en particulier James Acaster).

Taskmaster a aussi trouvé un moyen de fédérer les gens et de leur apporter un peu d’amusement pendant cette période de confinement. En effet, quand les anglais étaient enfermés chez eux, l’émission proposait des mini défis à réaliser chez soi (Home Tasking) et c’était très sympa de voir l’inventivité des gens. Après le confinement, l’émission a repris le chemin des studios. Cependant, l’effet COVID se fait sentir avec des comédiens à plusieurs mètres les uns des autres et une salle désormais vidée de son public lors de la présentation des différentes tâches. Le fait de ne plus avoir la réaction de l’audience, qui faisait aussi parti du charme, est un vrai manque.

Taskmaster a su trouver sa place parmi les comédies britanniques et dans le cœur de gens car l’émission a gagné un BAFTA en 2020 dans la catégorie « meilleure série comique ». Prix amplement mérité. Le succès est tel qu’une adaptation américaine a vu le jour mais comme beaucoup d’adaptations américaines de comédies britanniques le résultat n’est pas probant (voir nul). Il existe également une adaptation en Norvège, qui a apparemment eu pas mal de succès, mais également en Finlande, Suède, Nouvelle Zélande, Espagne et Belgique (!). Il existe également des goodies en lien avec la série comme un jeu de plateau avec des missions amusantes à faire entre amis.
La musique de la série est aussi partie prenante de son identité, en particulier son générique et ses petites musiques pour les missions qui sont assez prenantes et restent bien en tête.

Si vous êtes déprimé, si vous vous ennuyez, si vous ne savez pas quoi faire…si vous voulez voir des gens jouer à cache-cache, commander une pizza sans employer le mot pizza (ou ses ingrédients), jeter des sachets de thé dans un mug, faire rougir un suédois, détruire un gâteau à la perfection, faire d’une noix de coco un homme d’affaires, regardez Taskmaster.

Bienvenue à Austenland… l’insulte ?

Quand est sorti le film Austenland, lui-même adapté d’un livre, je n’ai pas été surprise. Je me demandais combien de temps il faudrait pour que nous voyions l’ouvrage sur grand écran. Austenland n’est pas une énième adaptation d’une de des œuvres de Austen mais bien une adaptation du phénomène et de ce qu’elle (Austen) représente.

Les premières images que j’ai pu voir laisser croire à une comédie romantique légère et distrayante et  honnêtement, je ne lui en demandé pas plus. Nous avions JJ Feild, qui avait déjà incarné le parfait Mr Tilney dans un téléfilm consacré à Northanger Abbey, (et que j’apprécie beaucoup) jouait ici les Mr Darcy (ou s’approchant). Finalement, on reprend les mêmes grosses ficelles et on recommence…dans un contexte plus contemporain et qui se veut plus méta.

Cependant, une inquiétude me taraude, compte tenu du sujet. Comment allait être traité les fans de Jane Austen ?  De manière sérieuse ? Humoristique ? Semi-sérieuse ?  A quelle sauce allait être mangé les janéites, ses fans féminines de Jane Austen ? On est tout à fait en droit de se moquer d’un univers  ou encore de la manière dont cet univers est traité par les fans, du moment que cela est bien fait.

Les premiers retours que j’ai pu lire décrivaient une histoire sympathique, bonne enfant. Un bon délire, pour certaines c’était déjà un film culte. J’ai donc regardé le film et que dire….à part que c’est mauvais…très mauvais. Voir pire. Insultant.

Je ne pourrais pas parler de la fidélité au livre d’origine car à l’heure où j’écris ses lignes, je ne l’ai pas lu. A priori, si l’histoire de base est la même : une jeune femme complètement dingue de Jane Austen et de ses adaptations (et surtout de Mr Darcy) se rend dans un parc à thème consacrée à son autrice préférée (où plutôt un parc sur le thème de la régence), plusieurs petits changements sont opérés. Ici c’est l’héroïne qui se paie son voyage en cassant sa tirelire et non une grande tante qui lui offre en héritage. De même, il n’y a pas d’histoire de forfait qui fait que l’héroïne n’a pas le droit à toutes les prestations.

Quoiqu’il en soit ce qui m’a marqué c’est notre héroïne a dès le début du film 5 minutes d’exposition, pas plus. 5 minutes c’est très court, surtout pour ne montrer que des clichés et de la caricatures sans subtilités ni humour. Notre héroïne est fan de Jane Austen. En réalité je dirais qu’elle est surtout fan de la série de 95 puisque nous ne verrons rien d’autre des œuvres de Jane Austen. Qu’une personne adore cette autrice et la série de 95, aucun soucis, que notre héroïne se trimballe avec un sac I love Darcy, qu’elle est étudiée Austen en cours, qu’elle aime se repasser régulièrement la série, qu’elle ait une version grandeur nature de Colin Firth en carton chez elle, aucun problème. Mais pourquoi avoir tout un intérieur vieillot tapissé de fleurs ? Pourquoi collectionner des poupées anciennes (qui font peur) ? Quel est le rapport avec Austen ? Notre héroïne a même indiqué au-dessus de son lit « M. Darcy est passé par ici », elle a même une poupée hideuse de Darcy qu’elle qualifie de collector (j’en ai jamais vu des comme cela) à ce niveau-là, ce n’est pas être fan, c’est être dérangée. Cela soulève donc un problème majeur qui va teinter tout le film : le traitement des fans de Austen. Les 3 femmes clientes du parc à thème sont des caricatures très peu flatteuses car montrées comme des femmes en manque (d’amour ou de sexe). Notre héroïne Jane est la plus équilibrée du lot car étant capable de se tenir convenablement sans se jeter comme une bête en rut sur le premier mâle venu.

Mon premier soucis vient de Jennifer Coolidge qui nous joue toujours des rôles de quadra vulgaire et sans cervelle, croqueuse d’hommes au point d’en devenir une prédatrice sexuelle. Son personnage n’a a priori aucune idée de qui est Jane Austen et de comment se conduisaient les gens durant cette période (on se demande ce qu’elle fait là), est riche à millions (on se demande comment) et a pour seul objectif de s’amuser  (et d’assouvir ses pulsions sexuelles)

La seconde femme du trio de clientes, nous l’apprendrons sur la fin, est une américaine ayant épousée un homme riche, vieux et impotent. Aller dans ce parc à thème est un moyen pour elle de se défouler.

Quant à notre héroïne, sa seule présence dans le parc est de pouvoir enfin faire de son rêve une réalité. Sauf qu’il nous est clairement expliqué, à grand renfort de son amie dont on ne connait pas le nom, qu’assouvir son rêve lui permettra peut-être de revenir à la réalité. De là à en conclure que les fans (femmes) de Jane Austen vivent dans une  bulle loin de la vrai vie véritable, il n’y a qu’un pas. Sauf que l’univers qu’on leur présente dans ce parc à thème, fait toc de bout en bout. Tout fait bas de gamme et faux. Bien sûr, on peut se douter qu’on ne pourra jamais faire revivre l’époque telle quelle et personne ne le souhaite (il n’y a qu’à voir le passage sur les toilettes).

Je vois souvent une petite pique humoristique sur le fait que Darcy (ou Jane Austen) a rendu les attentes des femmes en matière d’hommes très hautes, voire impossible. Cependant, lorsque nous voyons les deux spécimens masculins qu’a fréquenté l’héroïne : un qui la traite de cinglée lorsqu’elle essaie de lui faire partager sa passion et l’autre à son travail qui ne lui montre que du mépris et lui claque une règle sur les fesses, nous pouvons penser qu’elle a raison de vouloir mieux.

La vision des femmes et de l’univers de Austen me pose problème. J’ai lu quelque part que le film se moquer d’un certain type de fans américaines. J’en conclue que ce sont des femmes vulgaires, pas très cultivées qui comprennent de Jane Austen que l’aspect romantique (qui n’existe pas) en voyant le film. D’ailleurs l’aspect romantique est transformé ici en aspect sexuel puisque chaque cliente se voit attitré un homme (sans qu’elle le sache) avec lequel assouvir ses fantasmes. Ceci dit, le ton est donné dès le début quand l’opérateur nous vend le voyage en montrant que le parc est peuplé exclusivement de beaux mecs bien fichus, qui aiment les balades au grand air et les bébés animaux. Déjà quelque part, il y a tromperie sur la marchandise puisque ça ne représente pas du tout un univers début XIXe. Cela sera d’autant plus marquant quant à la fin l’une des clientes fortunées achètera le lieu pour en faire un parc d’attractions rose bonbon avec des rubans et des bulles partout, sur le thème de Jane Austen qu’elle n’a toujours pas lu. Je crois qu’on ne peut pas faire pire…

Dans le cas de Jane, le rapport fantasme/réalité est tronqué. Jane n’est pas venue dans le but de se trouver un Darcy mais de vivre une aventure sous le signe de la régence. Toutefois, les dessous du parc c’est d’assigner un gentleman à chaque cliente. Evidemment se sont des acteurs qui jouent un rôle et donc séduisent ces dames de manière plus ou moins subtile. Dans ce mode, à part Nobley, tous les autres en font trop. Evidemment on vise la caricature et l’humour, sauf qu’ici c’est infiniment lourd. Ca a aussi quelque chose de dérangeant. Nous avons donc des acteurs (enfin pas tous) payés pour séduire des femmes afin qu’elle passe un séjour agréable et assouvissent leurs fantasmes. Ce qui me gêne c’est que ces dames ne savent pas qu’un homme leur a été attribué, ce qui fausse la relation qui est tout sauf naturel. Pour moi c’est donc un rapport très ambiguë et malaisant qui s’instaure. Cela est d’autant plus vrai pour Jane puisqu’elle « sort du jeu » et s’attache au palefrenier/homme à tout faire avec qui elle a des discussions sur le monde moderne.

Notre héroïne n’avait aucune idée qu’on l’avait « associé » avec le palefrenier dont le rôle était de la séduire. Le souci c’est que de un, Jane n’était pas vraiment là pour ça puisqu’elle souhaite vivre une aventure dans l’univers Jane Austen ou au moins vivre comme au temps de la régence. Elle s’attendait donc à des dîners mondains où l’on échange de bons mots et des répartis cinglantes sauf que non. Le film part dans une toute direction au lieu d’aller dans celle qui me semble être la plus intéressante et la plus intelligente. Non il préfère aller se vautrer dans le gras et le vulgaire.

Le second souci, c’est le palefrenier. Pas forcément le personnage en lui-même, on essaie tout de même de nous le présenter comme sympathique, mais ce que le film en fait. Déjà, le fait qu’on est associé le palefrenier et la jeune orpheline dans le scénario renvoie plus à de la regency romance qu’à véritablement une histoire de Austen.

L’autre point le concernant c’est son traitement, pas en tant que personnage en lui-même mais de ce qu’il dit des femmes et de l’héroïne. Au départ, nous avons juste l’impression que Bret Mckenzie est véritablement un homme à tout faire à qui on a demandé d’enfiler le costume de palefrenier pour le décorum. Sauf que finalement on se rend compte que c’est un acteur qui doit faire semblant de jouer les palefreniers. Ce qui change la donne. En effet, il n’est de ce fait pas considéré par l’héroïne (comme par le spectateur) comme faisant partie du lot de ceux jouant la comédie pour le plaisir de ces dames. Jane et le spectateur sont donc tout deux dupés. Jane ne joue pas le jeu avec lui, elle lui parle et échange avec lui comme avec une personne du XXe et Bret fait exactement la même chose. Discuter avec le palefrenier est pour Jane un moyen de s’évader de cet univers factice, d’avoir pied avec la réalité. Nous voyons donc que c’est une femme rationnelle, avec les pieds sur terre qui ne tombe pas à pied joint dans le fantasme. Elle n’est pas là pour séduire ou se laisser séduire. Bret, de son côté, nous convainc qu’il est différent des autres du groupe de par son statut d’homme à tout faire et le fait qu’il ne vit pas avec les autres acteurs dans leur bungalow. Il dit à notre héroïne qu’elle n’est pas comme les autres et qu’elle est différente de ces femmes (en manque) qui viennent habituellement dans le parc. Sur ce point, j’ai quelque peu tiqué. Le personnage exprime clairement une forme de dégoût et de réprobation pour les clientes qui viennent dans ce parc. Le film fait en sorte de ne pas lui donner tort vu leurs comportements. Et si j’ai moi-même exprimé une certaine aversion pour elles, c’est plus pour la manière dont elles sont traitées et de comment le film les traite. Finalement Bret montre le même mépris que les quelques ex de Jane que nous avons aperçu.

L’autre point que j’ai évoqué plus haut et qui me gêne, c’est que leur relation est fondée sur un mensonge. Si Bret avait joué un personnage Austenien, tel un Darcy,  et que Jane s’était laissée prendre au jeu ne sachant plus distinguer le vrai du faux, j’aurais dit « pourquoi pas ? ».

Ici c’est plus vicieux car elle tombe amoureuse du seul acteur qui joue à ne pas être l’acteur, qui fait semblant de ne pas jouer. Dans le premier cas, on aurait pu dire qu’elle se serait prise à son propre jeu, dans le second on la dupe de bout en bout puisqu’il lui promet même se la revoir après et de continuer leur relation hors cadre alors qu’il n’en a aucune intention. Ce qui me gêne c’est que Jane n’est pas volontaire dans cette mascarade, on la manipule. La fille avec un brin de jugeote devient une jeune femme romantique et naïve prête à croire le premier type qui se montre un tant soit peu sympa avec elle.

Sa relation avec Jane n’a pas vraiment de sens. La fin nous montre qu’il n’a jamais eu aucun intérêt réel pour Jane et que sa drague était sur demande de sa patronne. Dans ce cas, pourquoi nous montrer des moments où il se montre jaloux alors que personne ne le regarde ? Dans le contexte, ça n’a pas de sens.

Le pire, c’est que pendant un instant je me suis fait avoir car le début du film nous laissait penser que l’histoire aller se passer avec Nobley. Sauf que le film se tourne vers le palefrenier. Je me suis dit « ah tiens, ça change pour une fois ! ». Sauf que au final « Hey non ! ». J’ai même cru un instant que pour une fois, l’héroïne allait repartir sans personne, sans mâle ou amour sortir par magie du chapeau. Mais non. Le film va passer du temps sur la relation entre Jane et le palefrenier et pas du tout sur Jane/Nobley qui vont se retrouver finalement ensemble parce que…magie du scénario.

Et si les personnages féminins ne sont pas glorieux, autant les clientes que la gérante, une ex actrice en manque de reconnaissance qui traite Jane comme une moins que rien parce qu’elle n’a pas assez payé pour son séjour, parlons des personnages masculins.

Nous avons le mari ( ?) de la gérante, un alcoolique qui harcèle sexuellement les clientes qui reprend en quelque sorte son rôle de poivrot qu’il était dans P&P95 avec Mr Hurst.

Le capitaine de navire tout droit sortie d’une romance bas de gamme, ancien acteur de série Z (ou de porno on ne sait pas trop), pas bien malin et qui passe son temps à regarder les séries où il apparait. Il n’est donc,  malgré les apparences, absolument pas sûr de lui.

Le colonel qui en fait également des caisses pour cirer les pompes de ses dames mais essaie tout de même de rendre leur séjour agréable. Le film te crie qu’il est gay quand bien même il se fait littéralement harceler sexuellement par Jennifer Coolidge (gros moment de malaise).

Et nous avons le pauvre Nobley, sorte de Darcy du pauvre qui fait la gueule tout le temps et on le comprend quand on sait qu’il a été trainé dans ce parc pour faire plaisir à sa tante qui n’est autre que la directrice. J’ai eu mal pour ce pauvre JJ Field comment a-t-il pu finir dans un truc pareil ?

Sa relation avec Jane aurait été intéressante si elle n’avait pas été non existante. Je n’ai pas du tout sentie d’alchimie entre eux. Nobley tombe sous le charme de Jane on ne sait trop comment et je regrette que nous n’en apprenions pas d’avantage sur lui. Nous savons juste qu’il n’est pas acteur mais prof d’histoire, qu’il est le neveu de celle qui dirige le parc et qu’il sort d’une rupture amoureuse difficile. Point. Jusqu’à la quasi fin, Nobley joue Nobley parce qu’au final, contrairement aux autres il n’a jamais caché son identité, il s’appelle vraiment Nobley.

Ce qui me chagrine c’est que le triangle amoureux est mal géré, entre Jane, Nobley et Bret. Entre l’héroïne, celui dont on ne sait pas s’il fait semblant d’être amoureux (le mec normal qui joue à l’acteur) et celui dont on pense qu’il est vraiment amoureux (l’acteur qui joue le mec normal).

Le seul passage que j’ai véritablement apprécié et dont l’humour a fonctionné sur moi, c’est le moment à l’aéroport en fin de film. Je l’apprécie parce qu’il contient la seule blague méta du film où Bret révèle qu’il n’est pas anglais mais néo-zélandais et où JJ Field lui rappelle qu’il a joué dans le seigneur des anneaux (hello Figwit).

Un des rares bons passages du film

Pour conclure sur ce film dont j’ai, à mon sens, plus discouru qu’il ne le mérite, je n’ai pas trouvé que c’était un bon film. Je n’ai même pas trouvé que c’était un film distrayant dans le genre pas prise de tête. J’ai trouvé ce film, mal géré, mal écrit, pas drôle, lourd, vulgaire et pas subtil. Il y a cependant quelques bons mots ou scènes qui arrivent à se démarquer mais malheureusement ça ne sauve pas le reste.

Je trouve ce film problématique car je ne sais pas ce qu’il essaie de dire. Ce film ne parle clairement pas de Austen, ni de son univers mais est une caricature de caricature. Je ne sais pas ce qu’il essaie de dire au sujet des femmes qui sont dans ce film. Est-ce que c’est réveiller vous les filles le prince charmant n’existe pas ? Est-ce que c’est une manière condescendante de dire aux jeunes femmes célibataires qu’il faut qu’elles arrêtent de fantasmer et doivent revenir à la réalité dans laquelle on les traite comme de la merde ?

Ce film c’est du potentiel gâché sur la manière de traiter un univers et un phénomène avec des bons acteurs et que j’apprécie qui ici se retrouve dans un navet.

Très certainement que mon discours sur Austenland, ne va pas encourager les gens à aller le voir. Cependant, je pars du principe que vous faites ce que vous voulez de mon avis qu’il vous plaise ou non. Allez voir le film si vous le souhaitez et je serez ravie d’en discuter avec vous par la suite.

Sanditon, la plus mauvaise adaptation ?

En 2019 ITV décide d’adapter le roman inachevé de Jane Austen: Sanditon. Branle bas de combat chez les adeptes de period dramas et les fans de l’autrice. Depuis des décennies, les principaux romans de l’écrivaine anglaise sont mises en scène sous toutes les formes : films, séries, pièce de théâtre, j’en passe et des meilleurs. Cependant certains romans, notamment ceux inachevés ou trop courts n’ont jamais eu cet honneur. Et voilà qu’en 2016 un film reprenant le roman épistolaire Lady Susan qui arrive sous le nom de Love and Friendship, et en 2019 une série sur Sandition.
De plus, pour cette dernière, c’est Andrew Davies qui est aux commandes. Lui a qui nous devions la série culte d’Orgueil et préjugés de 1995 et qui est responsable d’une flopée d’autres adaptations de Jane Austen (Northanger Abbey, Raison et sentiments) et d’œuvres littéraires : La petite Dorrit, Guerre et paix, Avec vue sur l’Arno, Les misérables...Une série sur une oeuvre injustement boudée avec un spécialiste du genre dont le travail d’adaptation n’est plus à prouver, tout ne pouvait aller que pour le mieux, n’est-ce pas ?
Et bien oui….et non. Après avoir écumé, le web, il faut bien constater que Sanditon ne fait pas l’unanimité mais bénéficie tout de même d’une certaine aura.

Mais venons-en à l’essentiel, Sanditon la série est-elle une bonne adaptation du roman d’origine ? Non. Clairement non.
Mais comment puis-je juger ces qualités intrinsèques alors que je n’ai même pas lu le roman ? Je n’ai effectivement pas lu le roman car comme je l’expliquais, il y a fort longtemps, je prend mon temps. Toutefois, j’ai lu Jane Austen, j’ai étudié son style, je connais ses personnages et ses dérivés, je connais maintenant assez bien les period dramas anglais et ce qui touche de près ou de loin à la régence, je peux donc dire ce qui a mon sens fonctionne et ne fonctionne pas.
Cependant dire que c’est une mauvaise adaptation ne veut pas dire que c’est une mauvaise série, loin de là. Sanditon est une série correcte. Elle n’est pas parfaite, possède de nombreux défauts qui sont contrebalancés par une aura de sympathie et de bons acteurs. Cette aura elle l’a doit sans doute à sa diffusion le dimanche soir et au fait d’être devenue un plaisir coupable partagé par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux. Toutefois, malgré l’engouement qu’elle a l’air de suscité, la série ne sera pas renouveler pour une seconde saison alors que ses auteurs en avaient prévu plusieurs. Prévoir plusieurs saisons pour une oeuvre qui, rappelons-le, ne fait que 11 chapitres et n’a jamais été terminée (même si plusieurs fois complétée par d’autres) est audacieux. Pour ma part, cela montre clairement une volonté de s’éloigné du matériau d’origine. Nous allons donc plus vers l’adaptation libre, voir d’inspiration régence que d’une véritable adaptation littérale.
Quoiqu’il en soit, Sanditon n’a pas su fédéré autant que ITV l’aurait souhaité, de ce fait elle n’a pas été reconduite et a laissé beaucoup de spectateurs sur le carreau. La fin n’étant pas vraiment une fin mais un cliffhanger, elle a brisé le coeur de nombreuses personnes. Cependant, les réalisateurs ne désespèrent pas de donner une suite à leur histoire et ce tourne désormais vers PBS (le réseau américain) comme potentiel nouveau partenaire. De leur côté les fans ont lancé une pétition et une vague de protestation sur les RS pour avoir le retour de leur série, au moins pour qu’elle ne finisse pas, comme le roman de Jane Austen, inachevée.

En 11 chapitres, Austen n’avait fait que poser les bases de son intrigue. Plusieurs personnages n’arrivaient malheureusement qu’à la fin et n’avait que quelques lignes pour brosser leurs caractères. De ce fait, cela laisse tout loisir à l’interprétation que cela soit des personnages, du décor ou de ce que Austen avait en tête.

De quoi parle Sanditon ?

Pour faire court, Sanditon est le nom d’une ville en bord de mer dans laquelle se rend la jeune Charlotte Heywood. Cette dernière après avoir porté secours à un couple (les Parker) après leur accident de voiture, se voit inviter par ses débiteurs à passer l’été dans la station balnéaire que Mr Parker essaie de faire prospérer. Là bas, Charlotte fera la rencontre de nouvelles personnes : la riche veuve Lady Denham, principal investisseur du projet de Tom Parker, les neveux de celles-ci Sir Edward Denham et sa soeur Esther, son autre nièce Clara Brereton, la jeune héritière Miss Lambe, le jeune Stringer travaillant comme ouvrier sur le chantier de Tom et enfin la famille de Tom Parker, notamment le frère de celui-ci, le jeune et ténébreux Sydney Parker.

Regency romance vs réalité

Nous pouvons pardonner à la série son aspect carton pâte. Les premières vues de la ville font très bon marché, de même que certains costumes et décors. Les décors d’intérieurs sont toujours les mêmes, à croire que les grands châteaux n’ont qu’une seule pièce. Et même ces intérieurs font vides et clinquant. Cependant, la série arrive à nous gratifier de beaux paysages et de belles scènes extérieures. Oui nous sommes bien sur les bordures de falaises, ballottés par le vent et les embruns.


Toutefois, il a des éléments dans la série qui sont plus présent et plus discutables, notamment le traitement de l’aspect romantique. Il s’agit sans doute d’un des reproches que j’ai le plus vu parmi les critiques françaises. Sanditon ne serait pas inspiré de Jane Austen mais bien plus des regency romance. Vous voyez le héro ténébreux avec un passé douloureux, sans doute causé par une femme, qui s’adonne à la boisson et au plaisir du jeu ? Vous voyez la jeune ingénue débarquée de sa campagne avec une certaine vision de la vie et de l’amour ? Vous voyez toute cette tension amoureuse et sexuelle qui n’ira jamais plus loin qu’un baiser et dont on ne saura rien une fois la porte close ? Vous avez là les ingrédients principaux d’une romance régence. Pourquoi régence ? Parce que cela se déroule durant cette période, par contre cela a été écrit par des autrices plus contemporaines pour un public principalement féminin. Celles et ceux qui ont déjà lu du Georgette Heyer ou sa copie Barbara Cartland doivent voir de quoi je parle.
C’est en partie pour cela que certains ont criés au scandale : le non respect de tout un tas de règles de bienséances et d’étiquettes qui ne sont pas respectées. Sydney Parker se balade toujours avec une barbe de 3 jours, Charlotte est toujours échevelée en balade et sans chaperon, les personnages se connaissent à peine mais parlent plus ou moins ouvertement de sexe ou de leurs problèmes amoureux.

Cette couverture manque d’épaule dénudée et de torse musclé.


J’ai même eu l’impression de voir une Mary Sue avec Charlotte. Charlotte sait chasser, ramer, jouer au cricket, n’a pas peur de déchirer sa robe et de jouer les infirmières, est une parfaite secrétaire, s’y connait en architecture, peut aller à Londres toute seule et n’est pas plus choquer que cela de rentrer dans une maison close. Oui Charlotte sait quasiment tout faire. Cependant, cela est contrebalancé par quelques défauts, que je qualifierais d’artificiels par leurs côtés forcés.
Rappelons que Charlotte a toujours vécu à la campagne avec sa famille (pour se qu’on en sait) et qu’elle découvre la mer et sa faune. Notre héroïne pose donc des yeux nouveaux sur tout un tas de choses, un regard émerveillé, bienveillant, parfois naïf. Toutefois, l’histoire et le contexte nous montre que Charlotte et une jeune femme indépendante, équilibrée et tout à fait capable de penser et de faire les choses par elle même. Pourtant à plusieurs reprises elle sera accusée de jugement hâtif, de préjugés, de naïveté. Il suffit de prendre la scène du bal à la fin du premier épisode. Charlotte s’accorde une pause et regarde l’ensemble du bal du haut d’un balcon à côté de Sydney Parker, s’engage alors une discussion entre eux. Celle-ci admet aimer observer les gens et dessiner leur caractère à partir de ce qu’elle voit (des interactions qu’elle a eu avec ces personnes ainsi que de ce qu’on lui a dit). Sydney lui demande alors son avis sur sa famille, notre héroïne lui donne avec un certain enthousiasme, sans arrière pensée, sans médisance. Elle donne une définition qui sonne à mes oreilles plutôt juste, pour se faire rabrouer de manière la plus désagréable qui soit et de façon qui est, selon moi, totalement gratuite. Si Sydney ne voulait pas de son avis pourquoi l’avoir sollicité ? Et c’est quelque chose que nous retrouvons par la suite à plusieurs reprises. Charlotte devra plusieurs fois s’excuser de ses préjugés, notamment à l’égard de Sydney qui se montre dans la première moitié de la série assez odieux avec elle. Cela m’a donné une impression d’artificialité dans leur relation dans le sens où les deux doivent forcément se détester avant de tomber dans les bras l’un de l’autre. Chacun accuse l’autre de quelque chose : Sydney accuse Charlotte d’être une pauvre fille de la campagne qui ne connait rien du monde et elle l’accuse en retour d’être une personne sans coeur, raciste, en plus d’être esclavagiste. Du côté de Sydney, je trouve que ses accusations sont de mauvaise foi car il a pu voir à plusieurs reprises que Charlotte était plus que cela. Dans le cas de cette dernière, compte tenu du contexte de l’époque, de ce que lui disent ses amis et du comportement de Sydney, elle est en droit de croire à ce qu’elle dit. Personnellement, j’aurais tendance à me ranger de son côté que du sien à lui. Sydney va donc devenir un personnage que le spectateur, et surtout la spectatrice, va adorer détester tout en nous le rendant sexy. Car s’il fait mal, c’est parce qu’il a de bonnes raisons.

Que serait une adaptation de Austen sans ses scènes de bal ?


Ces interactions démontrent une mécanique qui est loin de la critique minutieuse et des petites piques ironiques de Austen. Les sentiments sont plus exacerbés, on parle avec moins de retenue, les grosses ficelles sont montrées. Non nous sommes effectivement loin de Austen, mais plus près de tempéraments mille fois esquissés mais dont la recette fonctionne toujours. Il a été remarqué à plusieurs reprises que leur relation faisait écho à celle de Darcy et d’Elizabeth. Encore une fois, je dirais que dans cette optique de « on se déteste d’abord avant de s’apprécier ». La relation dans P&P reste surtout verbal, Darcy ne crache pas sa rage à la face d’Elizabeth à la moindre occasion et même lorsqu’ils se disputent cela reste polie et contenue. Non, chez Sydney, c’est de la rage bouillonnante prête à exploser au moindre instant. Charlotte le fait sortir de ses gongs, au point qu’on a l’impression qu’il est à la limite d’en venir aux mains. Dans la réalité, personne ne dirait que c’est une relation saine. Oui Sydney est très dévoué à ses amis et sa famille, oui il deviendra un homme meilleur, plus calme, en se confrontant à Charlotte. Cependant, il n’en demeure pas moins que nous pouvons nous demander si la méthode est bonne. Ce n’est pas parce que la série nous le montre en tenue d’Adam qu’il est soudainement plus sympathique. Peut-on encore écrire un personnage comme cela en 2019 ? Sydney fonctionnerait sur moi si j’étais encore ado mais ce n’est plus le cas.

Sanditon est donc un lieu, où sous se calme apparent, règne complot, manipulation, enlèvement, amour contrarié…dans lequel des personnages de Austen semblent s’être perdus notamment le couple d’hypocondriaques formé par le frère et la soeur Parker.

Sea, sex and sun

Apparemment, les coins d’eau en Angleterre, comme Bath ou Brighton, sont des lieux où relâcher la tension, faire de nouvelles rencontres (pas forcément bonnes), se trouver un époux ou une épouse et où la mixité sociale serait plus forte. En somme, là bas, tout peut arriver. C’est amusant de penser que c’est encore le cas aujourd’hui d’une certaine façon (surtout Brighton, Bath est plus familiale). Sanditon est donc une ville en pleine expansion, où du moins elle essaie, autour de laquelle gravite plusieurs personnages et intrigues. Ce qui fait que Andrew Davies nous a rajouté plusieurs scènes à caractère sexuel. Scandale chez les fans purs et durs de Jane Austen pour qui ont dénature l’oeuvre d’une grande autrice. Entre ceux qui ont lâchés au bout de quelque épisodes, trop dégoûtés pour continuer, et ceux qui ont eu l’impression d’avoir perdu 8h de leur vie qui ne reviendront jamais. Il y a évidemment d’autres éléments qui ont joué sur ce désamour qui ne sont pas liés aux scènes sexuelles mais j’y reviendrais.

Non, rien de rien…les fesses de Sydney ne me font rien.


Entre une masturbation en pleine forêt (j’avoue que la première fois le « handjob » m’avait échappé), un couple qui s’adonnent au plaisir de la chair à même le sol marbré, le héros ténébreux de la série qui surgit de l’eau en tenu d’Adam, les relations sulfureuses entre des frères et sœurs (non liés par le sang)…Pour certains c’étaient « too much », en inadéquation avec l’esprit de Austen, ou encore vulgaire…pour d’autres c’était un souffle bienvenue. Cette présence de sexe tant décriée est du à plusieurs choses. Déjà Davies serait connu pour rendre plus sexy certaines adaptations littéraires. On se souviendra longtemps de la chemise mouillée de Mr. Darcy qui a tant fait chavirer les coeurs au point d’être devenue culte et d’être repris dans Bridget Jones et Lost in Austen. Par la suite, Davies a rajouté une relation incestueuse dans son adaptation de Guerre et Paix, non présente dans le roman. Le hic c’est que ça sent le recyclage dans Sanditon : un beau brun ténébreux qui sort de l’eau ? Check. Un relation scandaleuse entre membre d’une même famille ? Check. Sauf que dans le cas de la fameuse chemise mouillée de 95, si on met de côté l’aspect fan service de la chose, cela permettait également d’avoir un des rares moments où l’on pouvait rentrer dans l’intimité de Darcy. Nous le retrouvons sans sa carapace, mis à nu pour ainsi dire, et en proie à ses désirs, tentant d’oublier Elizabeth. Ici Sydney Parker est nu parce que…euh..il voulait prendre l’air. Mais là où nous avions un Darcy déconfit et mal à l’aise quand il tombe nez à nez avec justement la personne qu’il voulait éviter, Parker affiche pleinement sa nudité sans gêne et semble même s’en amuser. J’imagine que c’est pour marquer le côté mauvais garçon.
Davies aurait souhaiter montrer que derrière cette façade guindée se cache la luxure et le vice. Certes, personne n’est dupe que cela existait, cependant c’est tellement mal amené, tellement peu subtil. Actuellement il semblerait qu’il y ait un vent de changement dans les period dramas : l’ajout de personnages plus diversifiés et surtout le fait que cela commence à se décoincer. Des critiques ont pointé les nouvelles approches de ce qui touche à la chair dans un monde post #metoo. Tout n’y es pas forcément érotique et glamour. Et des séries arrivent à parler intelligemment de la chose.
Parler de sexe et de sexualité n’a jamais été un soucis pour moi, mais tout dépend de comment on le fait. Je pense que beaucoup de personnes en ont assez de voir des femmes nues pour le plaisir de mettre des femmes nues sans que cela n’apportent rien à l’intrigue, à l’univers, aux personnages. Toutefois, j’ai appris avec le temps qu’il n’y a rien de plus sexy qu’une cravate savamment décravatée et qu’une simple caresse du bout des doigts pouvait exprimer bien plus que des gens s’envoyant en l’air en gros plan. C’est un fait connu que suggérer plutôt que montrer s’avère souvent plus efficace à faire travailler l’imagination du spectateur.

Une bonne louche de modernité

On ne demande jamais vraiment à une adaptation d’être 100% littérale. Soyons honnête cela serait très ennuyeux. Il est plus intéressant d’apporter un autre éclairage sur le texte ou encore sur la période. C’est ce que fait Sanditon au départ avant de laisser quelque peut l’aspect social.
En effet, Miss Lambe était le premier personnage métissé apparu dans une oeuvre de Austen, malheureusement nous ne serons jamais ce que l’autrice avait prévu de faire de ce personnage. Cependant, avec Mansfield Park, cela a permis d’extrapoler sur la position de Austen concernant l’esclavage. De ce fait, la série prend le partie de rendre Miss Lambe noire, fille qu’un gentleman ami de Sydney a eu avec une esclave. Le soupirant de Miss Lambe est lui-même un esclave affranchi tentant de faire fortune et militant pour la libération de ses frères africains. Car, comme il nous le sera expliquer dans la série, ce n’est pas parce que la traite des noirs est désormais interdite que l’esclavage et le racisme ont disparu. Charlotte apprendra donc d’où vient, en partie, la fortune de tous ces riches messieurs et sur quelles vies sacrifiées reposent le sucre qu’elle met dans son thé et le coton qui sert à fabriquer ses robes.

Miss Lambe, véritable touche de modernité ?


En plus de poser les bases d’un contexte historique et social spécifique, Sanditon s’aventure sur les activités de plein air de l’époque. Outre les éternelles balades de bord de mer, nous voyons des piques-niques, des concours de châteaux de sable, des courses de bateaux, des matchs de cricket et des baignades. La série essaie donc d’apporter un fond « réaliste », de donner une consistance à son univers, là où Austen restait souvent vague.
Il en va de même en ce qui concerne la ville et son expansion qui est, en quelque sorte, le fil conducteur de la série. Sanditon doit devenir une ville balnéaire à la mode. Comment faire pour attirer les gens ? Il faut faire venir des touristes fortunés, construire des résidences, organiser des fêtes, des activités, il faut faire en sorte que jamais les gens ne s’ennuient. Sydney Parker le londonien, avec ses contacts et donc celui chargé de ramener tout ce beau monde, même si au final il ramène toujours les deux mêmes clampins. On nous montre, de manière que je qualifierais d’un peu simpliste parfois, tout ce qui peut être mis en oeuvre en terme de communication à l’époque.
Sanditon met aussi en scène les changements sociaux qui s’opèrent dans l’Angleterre du XIXe. Nous voyons des ouvriers dont certains essaient de s’extraire de leur condition par la force de leur poignée et leur talent. Des travailleurs prêt à se mettre en grève pour de meilleur condition de travail, fatigués de promesses de gentlemen qui ne valent plus rien à leurs yeux. Des gentlemen d’ailleurs montrés la plupart du temps comme oisifs. Sanditon c’est la mention de cette Angleterre industrielle montante que nous retrouverons dans des oeuvres comme Nord et Sud. C’est aussi l’occasion de voir apparaître de nouvelles inventions (même furtivement) comme la douche et les avancées de la médecine.

Néanmoins, richesse et classe sociale restent encore très présente et se jouent sur des éléments qui peuvent nous paraître insolite aujourd’hui. En effet, un épisode se pose sur une réception en l’honneur de Miss Lambe et sur l’achat d’un ananas. Cela peut sembler ridicule de mettre en avant ce fruit, certes maturé en serres, mais livré dans un coffret comme s’il s’agissait de diamants. Il trône fièrement au milieu de la table et sa découpe sera le clou final du dîner.

L’ananas de la discorde.

J’ai évoqué la présence de débauche et de sexe qui avait tellement rebuté nombre de spectateurs. Si effectivement la subtilité n’est pas de mise, elle a toutefois le mérite de montrer de manière très frontale l’amour comme « capital ». Généralement les gens confondent les oeuvres de Austen avec de la romance et mettent de côté tout ce microcosme passé au crible de la critique ironique. Cet aspect bluette, nous le devons beaucoup aux adaptations qui nous montrent des baisers, des mariages, des tensions sexuelles et romantiques aux travers d’échanges et de danses. Sanditon n’échappe évidemment pas à la règle mais met également sur le tapis la position des femmes dans la société. Que cela soit Charlotte, Georgiana Lambe, Esther Denham, ou encore Clara Brereton, toute montre un aspect de ce qui attend les femmes sous la régence.
Charlotte n’est pas riche, elle n’est pas à Sanditon en quête d’un mari, même si c’est ce que certaines femmes espèrent pour elle. Non Charlotte, si elle trouve quelqu’un se sera pour aimer dans un respect et une compréhension mutuelle.
Georgiana Lambe est l’héritière d’une grande fortune, ce qui fait d’elle une proie pour les chasseurs de dotes et autres prédateurs en tout genre. De ce fait, ses relations sont étroitement surveillées par son tuteur. Elle doit se marier avec quelqu’un qui égale son rang. Elle est par conséquent, comme le montrera son kidnapping, une femme qui se troque et se monnaye. L’important n’est pas qui elle est, mais ce qu’elle représente puisque sa fortuite passera directement sous la coup de son mari.
Esther Denham fait partie de la caste des gens de la haute désargentés qui n’ont rien d’autres que leur prestige à troquer. Cela est représenté par son château qui part à vau-l’eau. Elle, tout comme son frère, sont priés de se marier pour renflouer les caisses. Esther est donc une personne présentée comme froide et calculatrice, uniquement motivée par l’appât de l’argent. Bien qu’elle ne soit pas pressée de se marier, elle n’est pas aveugle aux effets qu’elle fait sur les hommes (un en particulier).
Clara Brereton est la parente pauvre et sans rang, obliger de jouer les dames de compagnie en espérant gagner les faveurs d’une vieille tante. Elle aussi est priée de se marier (mais moins prestement). Son comportement est moins motivé par l’argent que par un besoin de survie, quel qu’en soit les moyens.
Les deux premières cherchent l’amour mais pour l’une c’est sa pauvreté qui fait obstacle, pour l’autre c’est son argent. Les secondes cherchent l’argent mais pour l’une c’est l’amour qui fera obstacle, pour l’autre le sexe.
On regrettera cependant, qu’il y ait si peu d’amitié féminine saine au sein de la série. Certaines auraient pu être développées comme Charlotte/Esther/Clara, quand d’autres sont à peine esquissées (Charlotte/Mary), voir sorte de nulle part compte tenu du contexte (Charlotte/Lady Susan). Il n’y a qu’à voir les femmes entre elles. Lady Denham, aussi franche qu’elle soit, est un tyran.

Jane Austen montrait dans nombre de ses œuvres que le mariage et « l’amour » étaient mu par des échanges financiers. A moins d’être riche et bien lotie, le mariage était votre seul salut. Et même si vous étiez riche, un mariage ferait directement passer votre argent sous la responsabilité de votre mari. Chez Austen point de passion dévorante, de sentiments à fleur de peau, nous ne sommes pas chez les Brontë. Les héroïnes austenienne recherchent des partenaires, des personnes qui les respectent et qu’elles respecteront.
Le personnage de Clara est le plus ambiguë de part son traitement. Dans le roman c’est une belle et douce jeune femme. Dans la série, ces traits ne sont qu’apparent puisqu’il nous est rapidement révélé qu’elle est loin d’être une jeune oie blanche. Avec elle, la série évoque le traitement des femmes avec un regard post #metoo. Clara a été victime d’abus sexuelle et même d’inceste. Cependant, elle est loin d’être une victime larmoyante, repliée sur elle même à cause du traumatisme. Cette expérience l’a transformé en une personne différente. Clara n’aime pas les hommes, elle ne sait que trop bien ce dont ils sont capables. Elle a également bien vite compris qu’elle pouvait se servir de son corps et du sexe comme d’une arme pour obtenir ce qu’elle souhaite. Là où Esther malgré sa méchanceté, reste digne, Clara, elle, n’hésite pas à se salir les mains. Elle est déjà souillée alors quitte à l’être un peu plus. Comme dira la personnage à plusieurs reprises dans la série « Je n’ai rien à perdre ». Esther reste par son traitement une méchante plus classique. Elle ne sort sa langue de vipère que de manière calculée et réplique quand on s’attaque à elle. Esther ne minaude pas et son caractère reste entier. Clara, se son côté, attaque partout et tout le temps, même quand elle semble motivée par de bonnes intentions. Bizarrement je n’ai pas eu de sympathie pour se personnage que j’ai trouvé détestable. Sans doute parce que Clara continue de s’enfoncer, malgré qu’elle soit consciente de ses actes, trop motivée par la rancœur, alors que Esther a toujours été honnête quitte à paraître froide. Esther finira par jeter les armes fatiguée de jouer le jeu d’autres et de l’environnement dans lequel elle évolue gangrené par l’argent. Elle est, au final, également une victime, pas au sens sexuel et physique mais au sens psychologique. Victime d’un homme qu’elle aime dont elle verra finalement qu’il est plus touché par le cancer de l’argent qu’elle. Esther aura droit à la rédemption et à la récompense en s’amendant, en s’affranchissant des relations toxiques qu’elle entretient.

Jeune Stringer, tu étais trop bien pour cette série.

Les hommes n’ont pas contre pas vraiment le beau rôle dans la série. Il suffit de voir les frères Parker : l’aîné est un mauvais gestionnaire qui fuit ses responsabilités de patron et de père de famille, le second est froid, bourru et prompt à critiquer, le dernier est un hypocondriaque grassouillet (tendance bipolaire selon moi). Les amis de Sydney Parker ne pensent qu’à la boisson et au plaisir immédiat, même si l’un d’entre eux s’adoucira. Edward Denham, le frère d’Esther est calculateur et égoïste. Le seul qui s’en sort c’est le jeune Stringer. Personnage absent du roman (enfin présent sous une autre forme), c’est un ouvrier de Sanditon honnête, droit, travailleur, loyal envers ses amis, ses hommes et sa famille. Il aime son père qu’il respecte et tombe sous le charme de Charlotte. Il a de l’ambition mais ici cela est montré que c’est pour quelque chose qu’il a à coeur, pour lequel il travaille dur et qu’il ne magouille pas pour avoir. Les échanges entre Stringer et Charlotte font plaisir à voir car ils sont honnêtes, sans faux semblant et se font sur un pied d’égalité. Ils apprécient leur compagnie mutuelle (l’un plus que l’autre). Il est dommage que la série pousse Charlotte et le spectateur vers Sydney qui se montre, durant une grande partie des épisodes, détestable. Stringer est attiré par Charlotte mais ce sont leurs échanges (hélas pas assez nombreux) qui renforcent son affection. Il a conscience qu’elle est sans doute trop bien pour lui, dans le sens de « en dehors de sa classe sociale », mais il ne tombe pas dans le trope du « nice guy ». Lorsqu’il se rend compte que Charlotte en aime un autre, il préfère taire ses sentiments et lui souhaiter bonne chance.

Pour conclure

Sanditon part donc d’un matériau de base existant pour finalement s’en défaire, en ajoutant de la modernité mais hélas peu de subtilité. L’oeuvre devient donc un soap opera plaisant mais des plus banals, peu de temps et de subtilités sont accordés aux dialogues et on laisse fondre le spectateur dans le mélo.

Je peux donc comprendre la frustration des spectateurs qui après 8 épisodes de presque 1h se sentent flouées avec une série qui à l’audace de ne pas se terminer. Une série avec quelques bons passages qui, hélas, ne sauvent pas les facilités scénaristiques et la pauvreté de certains dialogues. Rien n’est à reprocher aux acteurs eux-mêmes qui sont tous très bons, les reproches sont plus à faire en coulisses. Beaucoup en veulent à Andrew Davies de finir la série de telle façon. Je comprends les gens tellement mécontent de la fin qu’ils ne souhaitent pas de seconde saison. A vrai dire si un jour une autre saison il y avait, que resterait-il à dire ? Outre la relation Sydney/Charlotte/Stringer ? Pour quels motifs Charlotte reviendrait-elle à Sandition maintenant que l’été est terminé ?

Au final, ce qui est bien avec Sanditon, c’est que l’on ait aimé ou pas la série, il y a quelque chose à en dire.

Orgueil, préjugés…et zombies.

Oui vous avez bien lu. Zombies. Nous allons parler de Jane Austen une autrice anglaise début XIXe et de mort-vivant. Ne vous inquiétez pas, tout ceci est parfaitement logique cependant une petite explication s’impose.
Dans les années 90′ a débuté la darcymania (merci PP95) et surtout un regain d’intérêt pour Jane Austen qui entraîna dans les années 2000 plusieurs adaptations de ses oeuvres. Des adaptations plus ou moins libres on en connaissait. Certaines se situées dans des univers plus contemporain (Clueless), voire dans une autre culture (Bride and prejudice). Cependant, cela ne s’arrêtait pas à l’audiovisuel et les dérivés écrits anglais jusque là inédit on finit par arriver, notamment par le biais de Milady. Les anglais avaient donc un peu d’avance sur nous. Amourachés de l’oeuvre de Jane Austen et peut être lassé de lire ses oeuvres en boucles certaines (parce que se sont majoritairement des femmes) se sont lancées dans leurs versions des oeuvres de l’autrice avec plus ou moins de succès. Nous avons eu donc droit aux histoires racontées du point de vue des personnages masculins principaux (Le journal de…), aux histoires des potentiels descendants, aux récits de personnages secondaires, au livre dont vous êtes le héros, aux intrigues policières et évidemment au fantastique avec des vampires, des zombies et des monstres marins.

Nous avons donc vu débarqué en France Orgueil, préjugés et zombies. D’abord en roman, puis en roman graphique et en 2016 est arrivé le film. Toutefois, les versions zombies et monstres des mers restent inédites chez nous.
Le roman avec zombies a, semble-t-il, eu un certain succès un partout dans le monde même s’il recueille parfois des réactions très mitigées. Le film par contre a été un échec au box office. Je n’ai pas souvenir de l’avoir vu sur les écrans français (même s’il semble y avoir fait un séjour éclair).

Pour développer un peu plus mon avis sur cette version zombies, il faut remonter dans le temps pour arriver à la rencontre avec le phénomène. Au moment de la sortie en français, j’étais déjà au courant de ces adaptations très libre donc elles n’ont pas été une surprise en soi. J’étais par contre plus étonné par le fait de les voir publiées en français. C’est un pari risqué. Les personnes qui apprécient l’oeuvre de Jane Austen, et les auteurs anglais en général, sont très à cheval sur ce que l’on fait avec le matériau d’origine et il y a parfois des limites à ne pas dépasser. Certains avaient déjà du mal avec la version de P&P2005 alors imaginez avec des zombies…Pour ma part, je n’étais pas très emballé mais comme j’étais dans une période faste et que tout ce qui a trait de près ou de loin à une de mes oeuvres préférées m’attiraient autant essayer. J’ai donc acheté le roman de Seth Grahame-Smith peu après sa sortie chez Flammarion en 2009. Pour marquer le coup, une réédition de Orgueil et préjugés avait été publiée même format, même couverture mais les zombies en moins. A l’époque, j’avais entamé le livre version zombies pour finalement m’arrêter quelques pages plus loin et sans jamais avoir trouvé le courage de le reprendre par la suite. En toute honnêteté, c’est l’un des rares livres que j’ai arrêté en court de route et dont j’ai regretté l’achat au point d’avoir envie de le balancer à la poubelle et d’y mettre le feu. J’ai vraiment eu beaucoup de mal rien qu’avec le début de ce livre. C’est comme si quelqu’un avait fait un copié/collé du texte original en en enlevant toute la substantifique moelle. J’avais trouvé cela fade et plat. Certains passages étaient de mauvais goût, non pas gore, à cause du ton employé, parfois trop contemporain, qui dénotait avec le reste de l’oeuvre. En somme le livre était un mauvais collage. C’est cette impression que j’ai eu à ce moment là en lisant le livre et cela s’est imprimé dans ma tête au point de me dégoûter de cette adaptation.

Avec le recul, je pense que je n’étais pas prête. Il y a des œuvres qu’il ne faut pas se forcer à lire. Dans mon cas, c’est l’envie, parfois soudaine, de me plonger dans une oeuvre alors enfouie dans ma bibliothèque qui m’indique que c’est le bon moment. Quelques années plus tard alors que je flânais dans une rue de Paris, je tombais sur un marchand de livres d’occasions. Evidemment, je ne résiste pas à la tentation et entre dans son antre. Au fond de la boutique, dans une caisse je tombe sur Sense et sensibility et sea monsters. Après quelques hésitations, je finis par repartir avec. Cela marque pour moi le début d’une ouverture, d’un pas en direction vers se détournement fantastique. Je ne le lis pas mais le fait de l’avoir dans ma bibliothèque commence à apparaître comme une forme de fierté, déjà parce que j’apprécie la couverture. Fierté parce que c’est un livre en VO (ça fait toujours bien) et aussi parce que j’arrive à accepter cette dérision de l’oeuvre et de moi-même qui possède ça et ne s’en cache pas.

Quelques années plus tard encore, alors que j’avais une envie de compléter ma collection d’oeuvres en lien avec Austen, je tombais sur le film Orgueil, préjugés et zombies en DVD dans l’hexagone est décidé de l’acheter. C’est lorsque j’en parlais avec un ami, et que celui-ci intrigué avait exprimé le souhait de le visionner, que je décidais de déballer le DVD pour ne finalement le regarder quasiment un an plus tard. Et encore, il faut mettre en place d’autres paramètres. Notamment le confinement. A l’heure où tout le monde reste chez lui, comme beaucoup je me suis dit que j’allais enfin mettre de l’ordre dans mes affaires, lire et visionner tout ce qui s’entasse sur mes étagères et qui attendent depuis des années que je daigne y jeter un oeil. De plus, en ces temps d’isolement et de médias qui diffusent en boucles les mauvaises nouvelles et le nombre de morts, lire du Jane Austen (ou ses dérivés) est apparu comme une évidence. Une émission de France culture sur l’autrice et sa vie évoquait Churchill alité qui relisait du Austen en temps de guerre. C’est un des pouvoirs de Austen, nous faire revivre dans un monde aujourd’hui disparu. Sans être réac’ du « c’était mieux avant », le fait de se replonger dans ce microcosme de la campagne anglaise fait du bien. J’ai donc entamé quelques adaptations littéraires avant de visionner la version 2020 d‘Emma (j’en parlerai sans doute) qui m’a fait ressentir que j’étais prête à regarder le film de Orgueil et préjugés et zombies.

Bref, après cette longue introduction passons enfin au film. Globalement qu’est-ce que j’en retiens ? Pas grand chose. Soyons honnête, ce n’est pas un bon film. C’est un film correct et divertissant tout au plus. Cependant, il est moins déjanté que ce que j’attendais. Je ne sais pas si on peu le qualifier de nanard.

Le film reprend donc l’histoire de P&P mais en y ajoutant des zombies. Conséquences, les filles de bonnes familles apprennent les arts martiaux : japonais si vous êtes riches, chinois pour les autres (même si ça ne sert à rien dans l’intrigue). On se barricade chez soi (la maison des Bennett est une forteresse avec un Dojo) tout en organisant des bals et des dîners mondains. Londres s’est emmuré pour prévenir le reste du monde d’attaques de zombies. Bref la vie suit son cours et l’on fait bien attention lorsque l’on sort dans le Hertforshire.

Première chose. J’ai voulu regarder le film en VOSTFR et il s’est lancé en français. Dès la première phrase j’ai su que quelque chose clochait. Le film n’est pas doublé en français mais en canadien. Plus précisément le français canadien, sans avoir l’accent (sauf pour les noms anglais comme ceux de domaines), cela s’entend. J’ai grandi avec des vidéos avec ce type de doublage donc je les reconnais. J’ai beaucoup de mal avec car je trouve les voix souvent très plates et sans relief. Le fait que le film propose une version française canadienne, en générale, n’augure rien de bon sur la qualité et l’intérêt du film.

Au niveau du casting, il est pour moi 3 étoiles avec de bons acteurs que j’apprécie, que cela soit Matt Smith, Lily James, Charles Dance, Lena Headey…Hélas beaucoup d’entre eux seront sous exploités dans le film. J’avais lu quelque part que le film n’avait pas trop fonctionné notamment à cause de son casting plein de têtes inconnues alors que clairement non.

Concernant le contenu. Le film fait environ 1h45 et mine de rien tout passe très vite. Trop vite. J’ai eu l’impression que tout était expédié, que les répliques étaient débitées. Certes nous connaissons l’histoire et ses personnages mais un peu de construction n’aurait pas été du luxe. Franchement j’ai du mal à croire à l’attachement des personnages que cela soit en actes ou paroles. Ils passent si peu de temps ensemble, se parlent à peine comment y croire ? La déclaration de Darcy dans le roman d’origine et ses quelques adaptations pouvait surprendre mais au final nous lecteur/spectateur avions eu l’occasion d’observer quelques interactions entre eux. Que cela soit les regards que lançait Colin Firth à Jennifer Ehle, les moments de malaise de Matthew McFadyen face à Keira Knightley alors que la réalisation nous faisait ressentir leur attraction malgré eux. Ici rien. Notre Darcy, joué par Sam Riley, n’est ni ténébreux, ni charismatique, et sa voix est complètement éraillée (j’ai du mal). Après avoir dénigré l’héroïne durant le bal, il se montre impressionné et admiratif de son art martial et c’est tout. Sa demande en mariage tombe comme un cheveu sur la soupe et le revirement de Lizzie qui dit l’aimer (et même l’aimer depuis le début) n’a aucun sens. A quel moment s’est-elle mise à l’apprécier ? De même, à quel moment s’est-elle mise à le détester ? Oui il a été grossier une fois, de là à lui vouer une haine éternel…Les héros sont censés apprendre de leurs erreurs et dépasser leur orgueil et leurs préjugés, ce que nous ne voyons jamais dans le contexte de ce film. Sans doute parce que celui-ci ne s’offre aucun temps mort. Il y a bien des moments qui auraient pu, qui auraient du, être émouvant mais qui sont passés si vite (comme la mort du père de Darcy).
Les réalisateurs ont décidé d’aller à l’essentiel, dans ce cas pourquoi garder certains personnages ? Je pense notamment aux Hurst, ils n’ont aucune utilité (il n’en avait déjà pas beaucoup dans le roman), pourquoi s’embarrasser d’eux ? Il aurait plus logique de mettre le colonel Fitzwilliam qui est un militaire, c’est plus utile dans une guerre contre les zombies.

De même l’histoire introduit la notion d’apocalypse proche avec l’apparition des quatre cavaliers. Ces personnages ne servent finalement à rien puisqu’il n’apparaissent que 3 fois (4 à la rigueur).
Le fait que les zombies restent « humains » tant qu’ils ne goûtent pas de chaire humaine et donc que nous pouvons vivre potentiellement avec eux est une idée intéressante. D’autant plus que, comme le dit Wickham, il faut être réaliste, « ils se reproduisent plus vite que nous ». Ajouter ce dilemme était intéressant mais finalement des zombies resteront des zombies.
Le film se finit sans se finir. Je ne sais pas si la scène post-crédit devait annoncé une suite mais il y a peu de chance qu’elle voit le jour.

Le seul élément comique, c’est Collins jouait par Matt Smith, malheureusement sous exploité. Nous avons eu le Collins lourd et obséquieux, nous avons eu le Collins sentimentale et maladroit, ici il est un peu un mélange de tout ça. Il dénote par rapport aux restes par son enthousiasme et sa manière de parler dans laquelle il est dans un premier temps très polie avant de laisser tomber les masques. Il aurait pu être un Collins intéressant, à défaut, il reste sympathique.Lady Catherine en guerrière était quelque chose là aussi d’intéressant mais qui là aussi n’est jamais vraiment développé.
Et c’est sans doute un des problèmes de cette adaptations, le manque d’humour. Le roman d’origine se veut parodique, parfois de manière noire, cynique ou grinçante. C’est pour cela qu’à mon sens, le film aurait pu aller plus loin dans le délire. Certains trouvaient qu’il se prenait trop au sérieux. Déjà qu’il adapte une adaptation. Le film subit pas mal de coupures par rapport au roman pour aller à l’essentiel au point qu’on arrive à des incohérences. Ainsi c’est Wickham qui indique à Elizabeth que Darcy a éloigné Bingley. Les raisons évoquées sont les mêmes que dans le roman de Austen alors que dans le roman de Smith c’est parce qu’il croit Jane infectée, ce qui est plus logique dans le contexte. Au final ce n’est pas tant le fond qui pose problème que la manière dont cela est amené. Que cela soit par une autre personne pourquoi pas mais pas Wickham qui vient de se faire jeter de chez lady Catherine de Bourgh, l’endroit indiqué comme le plus sûr et le mieux gardé de toute l’Angleterre. Le gars retourne au château comme si de rien n’était. Il sort de nulle part au milieu de la nuit pour balancer deux-trois révélations à Lizzie et repartir. C’est incohérent dans le film.
Idem, pourquoi capturer Lydia ? Pourquoi faire ?

Le film souffre à mon sens de ne pas avoir su saisir l’opportunité qui s’offrait à lui en restant grand public dans un ton plus film d’aventure. Sans aller jusqu’à faire du Romero, les films de zombies ont permis par moment d’élaborer une critique de notre société. Jane Austen critique et caricature un microcosme. Sans nécessairement garder le côté guindé, il y avait matière à dire et à faire. Au final il ne ressort rien de ce film, même pas des combats intéressants (on attendait Lady Catherine et rien).

Le film possède quelques points positifs. La cinématique d’introduction qui explique comment l’infection est arrivée et s’est propagée. L’effet petit théâtre de dessin de caricatures animés est assez sympa et permet d’avoir le contexte.
La déclaration de Darcy à Elizabeth. C’est pas tant la déclaration en elle-même que la dispute qui s’en suit puisqu’ils en viennent au mains et éclatent les meubles. La touche sexy par contre était peut être en trop.

Le film est donc plein de petites incohérences avec son propre univers. Il essaie désespérément de se raccrocher à l’ouvrage d’origine de Austen et essaie entre deux passages du livre de coller des attaques zombies. C’est pour cela que le résultat final ressemble à un mauvais patchwork. Il aurait été plus judicieux à mon sens de ne pas tenter désespéramment de coller au récit. Faire quelque chose d’original quitte à délaisser complètement P&P mais garder cet univers régence et le ton austennien.
Je reste relativement bon public. Je pense que c’est un film à voir au moins une fois si on est amateur de Jane Austen ou de zombies. A mon sens, il ne faut rien attendre de particulier de la part du film. Il en révolutionne rien, n’apporte rien mais se laisse regarder.

Finalement, le fait d’avoir attendu aura été bénéfique puisque j’ai pu regarder le film dans de bonnes dispositions, sans a priori et avec du recul. Mes goûts évoluent et je me rends compte que je m’ouvre à de nouvelles choses. Ce que je trouvais rebutant hier, ne l’est plus aujourd’hui ou en tout les cas moins.

Un été animé

C’est l’été, il fait chaud, on transpire…les corps brillent, les corps brûlent…

Hum. Plus sérieusement, cet été a été l’occasion de plusieurs séances dans les salles obscures pour regarder des films d’animations. Pas moins de 4 films, je suis allé voir. 4 films très différents qui vont du tranquillement frais pour l’été, à un peu remu méninge jusqu’à celui qui m’a donné envie de bouffer le siège avant tellement j’étais énervé, frustré.

Promare

Je n’ai aucune sympathie pour ces deux personnages.

 J’avoue je n’avais pas trop regardé de quoi ça allait parler, mais il y avait une forme de hype derrière (Trigger tout ça) donc j’y suis allé les yeux fermés, en me disant cool, un film d’action vitaminé pour passer un bon moment. GROSSE ERREUR. Je n’ai pas DU TOUT aimé Promare.
En disant cela, je ne fais sans doute pas des amis. Alors je vais essayer d’être plus clair. Je ne remet pas en cause l’animation, ni la proposition stylistique que j’ai apprécié et trouvé originale, même si ça pique un peu les yeux. J’ai aussi apprécié la musique, qui sans me laisser un souvenir impérissable, fonctionner bien avec les scènes d’actions.

Ce que je n’ai pas aimé c’est la narration, les personnages, la surdose de combats au point d’en avoir la gerbe et de décrocher, les discours simplistes et puants…
La séance a aussi été une expérience désagréable parce que j’avais une bande de mecs dans la rangée du dos dont l’un d’entre eux me filait des coups de pieds chaque fois qu’il décroisait les jambes. De plus, la salle sentait le brûler. Oui c’est très à propos avec un film comme Promare mais autant dire que j’étais pas super à l’aise.

Mais surtout le film m’a laissé un arrière goût de sous Gurren Lagann, et je n’aime pas Gurren Lagann (et je me suis rendue compte des années plus tard dans une intervention sur les mechas que j’étais pas seul). Je n’ai jamais compris l’engouement pour ce titre dont j’ai essayé de regarder plusieurs fois sans jamais dépassé la barrière des 4-6 premiers épisodes. J’y suis finalement parvenu en me motivant à mort lorsque je me suis mis à bouffer des animes de mecha par pack de 12 (qu’est-ce qu’on ferait pas pour la recherche…). Peut être qu’un jour je développerais plus en profondeur mon aversion pour cet anime. Mais quoiqu’il en soit, si je devais résumer : je trouve le discours de l’anime nauséabond, je trouve le discours de Kamina puant dans son hypermasculinité toxique et je trouve le personnage de Kamina détestable. Je savais depuis des lustres qu’il allait y passer et sa mort ne m’a pas ému le moins du monde. J’ai trouvé la seconde partie de la série plus intéressante que la première sauf qu’elle gâche son potentiel en donnant raison à des personnages débiles, parce qu’apparemment être un personnage sensé et réfléchi c’est trop naze dans cette série. Bref, les discours de Kamina avaient tendance à me hérisser le poil, imaginer ce que ça donne sur son sosie bon marché qu’est Galo. J’ai soupiré en roulant des yeux, tout en serrant les dents pour ne pas faire exploser ma frustration devant tant de…de…débilité. C’est même pas de la débilité marrante et décomplexée, ou pas prise de tête, parce que Promare m’a pris la tête au point d’avoir envie de me la frapper contre un mur.

On nous fait des présentations stylés de personnages qu’on ne développera pas (les gens de la brigade) et qui n’auront pas d’impact sur le scénario (ils seront là et puis c’est tout). Aina c’est une Yoko, low cost dont on garde le côté malaisant. Les plans fesses/poitrines sont-il vraiment nécessaire en 2019 ? C’est lourd, c’est gras, ça n’a aucun intérêt et ça plombe l’ambiance.

J’aime bien les scènes de combats mais c’est la première fois de ma vie que je trouve ça abominablement long. Ce temps perdu qui aurait pu servir à développer des personnages ou une intrigue cohérente. Mais non, tout dans le visuel et rien dans le fond. Sauf qu’être visuellement sympa, ça sauve pas un film. Pas de bol, j’ai plus 14 ans, j’ai acquis du goût, développer mon sens critique

Il n’y a pas de série Promare mais je peux comprendre le sentiment d’être largué sans rien comprendre. Le film a un fort goût de Gurren Lagann (que j’ai pas aimé) dans ses personnages (design comme certaines caractéristiques) et le traitement de l’intrigue. Le film fait encore moins dans la subtilité que GL, qui pourtant était pas bien fin. Même le discours de Lio, je le trouve…meh….simpliste. Et puis la tenu de Lio…je déteste les chemise à jabot alors ça n’aide pas à aimer le personnage. La présentation du début au sujet des burnish est assez bancale je trouve, de même que le rejet à leur encontre. D’ailleurs le héros, dont je me rappelle plus le nom (comme quoi..), avec son accent de Kamina qui aurait juste garder l’aspect très con (sans le discours viriliste puant) me sortait par les yeux. Le personnage d’Aina c’est le même principe que celui de Yoko dans GL donc c’était très malaisant . A la fin du film j’en pouvais plus de tout ce « over the top » que pourtant j’avais apprécié dans Kill la kill. Le film est très con, très fun etc. c’est fait pour, mais clairement pas pour moi. Et puis les délires méta sont très mal exploités.

La présentation des burnish est, à mon sens, très bancales. Au départ, on a l’impression que se sont des phénomènes aléatoires. Des gens s’énervent et ça s’embrase. Donc on pourrait presque dire que c’est pas de leur faute sauf que ça escalade et que ça empire au point que ça deviennent volontaire et qu’ils crament toute la planète. J’ai de ce fait un peu de mal de les voir comme des « pauvres victimes » alors que l’introduction ne les a clairement pas présentée comme des gentils. De plus, ce début de film se finit avec la terre en feu (on se demande d’ailleurs comment des gens ont survécu) et hop on passe à aujourd’hui où tout va bien dans le meilleur des mondes. Comment est-on passé de cette situation de fin du monde à celle « youpi-tralala tout va bien » ? Il manquerait pas une transition explicative ?

Je rajouterais pour enfoncer le clou le traitement désastreux de la seconde partie du film (attention informations pouvant dévoiler des parties de l’intrigue). On y apprend que la terre est foutue et que donc certains élus sont choisis pour monter à bord d’une grand arche pour s’échapper et tenter leur chance ailleurs. Soit. Problèmes : Outre le fait que c’est exactement la même histoire que dans la seconde partie de Gurren Lagan (pourquoi s’emmerder à avoir un scénar intéressant ? y qu’à c/c), les créateurs se sont dit que des enjeux moraux complexes ça servaient à rien donc on les enlève pour laisser plus de place aux combats car ça c’est le plus important ! (ndlr : Non)

Alors certes, comme je le disais, nous retrouvons cet aspect du scénario dans Gurren Lagann, notamment à travers le personnage de Rossiu. Celui-ci n’avait pas envie de faire toutes ces choses mais il se retrouvent à devoir faire des choix drastiques dans l’intérêt du plus grand nombre. Rossiu paie les pots cassés de la 1ère partie et essaie de sauver les meubles. Il n’a pas envie de faire ce qu’il fait mais il faut bien que quelqu’un le fasse quitte à ce qu’il passe pour le méchant. Cela rendait le personnage touchante et intéressant et donnait de la consistance à l’histoire.
Là non. Là on enlève tout les dilemmes moraux et la complexité, ce qui rend juste le plan très très con et le méchant (qui ressemble à un All Might de contrefaçon) fade à souhait.

Bref, je crois que ce film est rentré dans le top très sélect des film qui m’ont fait regretté d’avoir acheter une place de cinéma.

Wonderland

Si je devais résumer Wonderland je dirais sympathique…et oubliable. L’univers de fond est très coloré et très sympa, bien que très simpliste (ici le monde de la neige, ici le monde des sables,etc.). Cette simplicité n’est pas gênante parce que c’est un peu le but du film, on essaie d’aller à l’essentiel et puis c’est adapté d’un livre pour enfant donc ça reste un peu manichéen (Est-ce que le fait que ça vienne d’un livre pour enfant qui fait que les enjeux sont plats ?). Il n’y a pas vraiment de « vrai » méchant. J’ai tout de même apprécié l’univers présenté, les décors et surtout la vaisselle du maire dans le petit village moutonneux (coup de coeur).

Pour le reste soyons honnête l’héroïne ne sert à rien tellement elle est transparente et n’a aucun développement du début à la fin. Le film nous signifie un problème avec des camarades de classe mais c’est tellement mal amené et ça n’impacte tellement pas notre héroïne, qu’on ne voit pas pourquoi cela devrait nous toucher, nous, spectateurs. De plus, son rôle d' »élue » n’a pas l’air de la motiver ou de la démotiver et faire un vrai parallèle avec le prince. Celle qui tire plutôt la couverture à elle, c’est la cousine/tante (je n’ai pas bien compris je l’avoue) qui aurait pu être la vrai héroïne de l’histoire. Elle est dynamique et curieuse, c’est elle qui anime quelque peu le groupe sinon on s’ennuierait vite.

Autrement le film propose quelques beaux moments comme celui où le prince tranche l’eau pour transformer les gouttes en oiseaux. Le reste demeure très coloré. Si je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce film. Une fois la séance finie, il ne reste pas grand chose du film en tête. Bref, Wonderland est sympathiquement oubliable.

Le mystère des pingouins

Du lot de films vus, c’est sans doute celui que j’ai le plus apprécié car il est selon moi le plus équilibré.

J’ai trouvé le héros supportable pour un gamin, ce qui changeait de mon expérience de celui de Mirai ma petite soeur assez désagréable (le héros de Mirai…au secours). Quelqu’un m’a dit que l’on avait atténué/censuré son attrait pour les seins dans le film par rapport au roman, si c’est vrai je sais pas ce que ça peut donner dans l’oeuvre originale. Cet aspect ne m’a pas gêné outre mesure sans doute parce que cet attrait pour les poitrines je l’ai déjà vu auprès d’enfants du même âge. Cependant, l’approche était moins scientifique.

Le mystère concernant les pingouins est en lui-même assez vite résolu. On sait comment ils sont produits. Le tout est de savoir pourquoi, ce qui sera une partie de l’enjeu du film. J’imagine que le roman apporte un peu plus de précision (maintenant qu’il sera publié en français).

*ce qui suit contient des informations sur l’histoire*

En réalité, la seule chose que j’ai trouvé un peu flou tourne autour de l’assistance dentaire. Le fait qu’elle est crée des pingouins n’a pas l’air de la choqué outre mesure. Elle demande donc à notre héro d’enquêter sur son identité et le pourquoi elle crée des pingouins. A partir de là, il y a un point qui est un peu confus pour moi, à savoir si oui ou non elle sait qu’elle n’est pas humaine et la raison pour laquelle elle lui demande d’enquêter. Au départ, nous avons l’impression qu’elle ne sait rien. Pourtant plusieurs moment de l’intrigue laisse supposer qu’elle sait ce qu’elle est et la raison de sa venue puisque nous la voyons s’interroger sur ses souvenirs d’enfance (étaient-ils vrai ?) et agir comme si elle en savait plus. Dans ce cas, si elle sait, pourquoi demander au héros d’enquêter ? Sinon il n’y aurait pas eu de film vous me diriez. C’est pour cela que je trouve cette base qui fait en partie le fond de l’histoire un peu confus. Soit elle ne sait rien (mais prend tout avec désinvolture), soit elle sait tout (mais dans ce cas pourquoi ne rien dire ?), soit elle ne savait pas jusqu’à ce que cela lui revienne (mais dans ce cas, si elle sait ce qui ce trame pourquoi ne rien dire ?)

Il n’en reste pas moins que le mystère des pingouins est un bon divertissement avec une intrigue sympa.

Les enfants de la mer

Disons le de suite je n’ai pas lu le manga d’où le film est tiré. Est-ce que le film est compréhensible sans cet apport ? oui, bien que j’ai senti que le support papier devait apporter et développer plus d’éléments et de personnages. En effet, certains personnages, on l’air intéressant dans le film mais ils ne servent au final pas à grand chose. A part attendre. De même, l’histoire des parents de l’héroïne est sans doute mieux aborder et plus explicitée. Je pense notamment aux parents de l’héroïne. Au départ j’ai cru qu’ils étaient divorcés/séparés alors qu’ils sont toujours mariés. La mère se noie dans l’alcool suite à un accident mais les raisons de leur distanciation n’est pas très claire et leur réconciliation expédiée.

Une chose m’aura fait tiqué, c’est le traitement subit par l’héroïne au début du film. Elle est clairement rejetée par ses camarades qui s’en prennent à elle. Et quand elle blesse accidentellement l’une d’entre elles, cela lui vaut l’exclusion et une demande d’aller s’excuser platement auprès de celle qui, quelques minutes avant, lui pourrissait la vie. J’ai trouvé cela complètement injuste, surtout que notre héroïne ne peut même pas se défendre. A la fin du film, elle ira s’excuser et tout rentrera dans l’ordre, les filles deviendront amies. Ok donc elle doit s’excuser de s’être fait harceler ? mais what ? je ne sais pas quel message est véhiculé ici mais j’avoue que cela m’est resté en travers de la gorge.

J’ai lu à plusieurs reprises que le film était difficile à appréhender car trop métaphysique. En réalité, il est d’une extrême simplicité. Sa compréhension ne passe cependant pas par des mots mais par les sensations véhiculées par le film. On comprend sans avoir besoin d’expliquer par des mots. Je dirais donc que du lot c’était le plus beau à voir et celui qui m’a fait ressentir le plus de chose. Et toute cette eau, même de la voir ça rafraîchit en plein été.

Pour conclure, l’été a donc foisonnant en films d’animation japonais aux styles et aux univers variables qui vont du agréable au moins bon. En espérant que les années suivantes soient aussi fastes.

Si tu as l’occasion…(2)

En même temps que je commandais sur recyclivre, j’en profitais pour tester un autre site de vente de livres d’occasion Momox.

Là aussi, j’ai préféré jeter un coup d’œil aux avis et retours sur le net étant donné que je n’en avais pas de mon entourage. A vrai dire, ils étaient plutôt mauvais mais cela concernait surtout la revente de livres. De ce que j’ai pu voir, les particuliers qui décidaient de se débarrasser de leurs livres faisaient face au même problème. Le premier envoi se passe toujours bien, Momox est satisfait donc les vendeurs sont heureux de percevoir leur argent en retour. Ce sont les envois suivant qui sont embêtant, si l’on réitère l’expérience. Plusieurs revendeurs se sont plaint d’envoyer à l’entreprise des livres dans un état impeccable ou quasi mais Momox trouvait toujours à redire sur l’état, ce que contestaient les propriétaires des livres. Et là, le site ne leur laissait pas le choix (ou un choix très restreint) qui est soit de leur laisser les livres pour rien -Momox dit qu’il va s’en débarrasser mais beaucoup n’y croit pas-, soit les reprendre en échange de 15€ (je ne sais plus si c’est par livre n’ayant pas réussi le teste). L’entreprise étant en Allemagne, parait-il que son service client est déplorable, les interlocuteurs ne comprenant pas grand chose. Evidemment, beaucoup de revendeurs abandonnent finalement la partie et ne retrouvent pas leurs livres.

Dans le cas qui nous intéresse ici, il s’agit plutôt d’acheter des livres. Surtout que l’état des livres proposés va jusqu’à « comme neuf – à offrir », ce qui était encourageant. J’en ai donc profité pour compléter les collections non finies et celles que j’avais commandé sur recyclivre. Le site promettait une livraison entre 4 et 6 jours ouvrés. Une semaine plus tard, je n’avais toujours pas mes livres et je commençais à m’inquiéter. Il sont finalement arrivés 3-4 jours après ceux de recyclivre.

Premier bon point, ils sont arrivés dans une enveloppe matelassée. Les livres étaient bien empaquetés et de manière compacte.

Deuxième point, tous les livres étaient bien là. Pas un ne manque à l’appel et pas de livre de bibliothèque.

Troisième point, ils n’ont pas souffert du voyage et sont en excellent état, surtout ceux pris à un stade en dessous de « comme neuf ». SAUF QUE. (il y a toujours un mais) Parmi eux, 2 livres (mangas) commandés dans un état « à offrir » possédaient des signes manifeste d’usure (coin abîmés, trace de pliure et de déchirure sur la couverture) et surtout des traces de stylo sur la couverture. Navré mais c’est non. Deux fois que je commande des livres d’occasions, deux fois que certains livres arrivent dans un état autre que celui indiqué.

Tome présenté comme étant « à offrir ».
Je ne crois pas non.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et ai écrit au service après-vente en croisant les doigts. J’ai eu une réponse très rapidement, m’indiquant qu’ils étaient désolés et procédaient immédiatement au remboursement des livres abîmés. J’ai été surpris qu’ils ne m’aient pas demandé des photos ou de preuves de mes dires mais comme le remboursement a été quasi immédiat je vais pas me plaindre.
Par contre, pas de remplacement de livres et je suis invité à repasser commande sur leur site. J’avoue avoir été dubitatif au niveau de la tournure de la réponse. Je ne savais pas si ils n’avaient pas les livres en stock mais m’indiquaient de passer commande sur le site si je voyais quelque chose d’autre qui m’intéressait ou si je devais repasser commande pour acheter les mêmes livres (même joueur joue encore).

BREF. Une expérience plus concluante que reclyclivre de part la qualité de l’envoi et des livres de manière générale mais un peu gâchée par le fait que j’ai une collection complétée mais avec des tomes trop disparates.
Moralité, je vais commander à nouveau les mangas en mauvais état mais cette fois-ci en neuf. En priant que je les trouve encore.

Si tu as l’occasion…

Ouh mais c’est qu’on frôlerait presque le surmenage avec tous ces articles…

Bon, je me dois d’avouer quelque chose. J’ai, comme beaucoup avant moi, une modeste collection de manga que j’entretiens depuis plusieurs années. Parmi les objets que compose cette collection, beaucoup sont d’occasions. Il faut comprendre que mon budget ne me permet pas d’acheter beaucoup de livres et que malheureusement, je ne peux pas acheter et soutenir toutes les séries que je souhaite à l’heure de leur sortie. Qui puis est, les mangas c’est plus qu’un loisir, c’est véritablement un budget. Il est fini le temps des mangas à 4€5 ou 5€5, avec 20€ je m’achète 2, voir 3 mangas tout au plus (j’ai dépensé 50€ pour 4 mangas la dernière fois). De plus, les séries que j’apprécie sont chers, parce que ce sont des séries qui visent un public plus mature qui j’imagine doit avoir plus de moyens (MOUAHAHAHA). De ce fait, pour toutes ces raisons (manque d’argent, cher, BD plus dispo), j’achète régulièrement en occasion.

De manière générale, je préfère flâner dans les boutiques à la recherche de la perle rare (le numéro ou la série manquante). Ca me permet de constater l’état dans lequel se trouve la BD et aussi de voir si le revendeur essaie pas de me vendre la dite BD à des prix défiant toute concurrence. C’est pas rare de tomber sur le net sur des volumes de manga recherchés par les connaisseurs vendus autour de la centaine d’euros, voire plus. Sérieusement qui va acheter ça ?

J’ai déjà eu l’occasion de tester l’occasion sur des sites comme amazon ou rakuten, sans soucis. Dernièrement, j’ai voulu tester d’autres boutiques dont recyclivre.

Le principe de recyclivre me brossait dans le sens du poil, l’impression de faire une bonne action et de plus écolo. Bref tout bénéf. J’avais quelques connaissances qui avaient acheté chez eux et avaient été satisfait du résultat.
Déjà, les prix sont attractifs puisque le montant de base est de 3€99 (jamais plus bas, mais peut aller plus haut…beaucoup plus haut) et que la livraison est gratuite. J’ai donc pu acheter une dizaine de BD pour une quarantaine d’euros. Il faut savoir que dans le lot des livres/mangas proposés certains sont indiqués comme étant des ouvrages de bibliothèques. Généralement, je préfère éviter de les prendre mais parfois on a pas trop le choix, comme on dit, faute de grives…
Un autre point, les ouvrages du site sont classés en 3 catégories : acceptable, bon état, très bon état (pas de comme neuf). Là aussi, je fais en sorte de prendre le mieux malgré le fait que je ne puisse pas constater moi-même l’état des objets que j’achète. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais moyen…que j’avais raison.

Mon colis a mis 6 jours pour arriver. J’avoue avoir été étonné de l’emballage. En général, quand je commande des livres, ils arrivent au choix dans une enveloppe matelassée ou parfaitement coincé dans une boîte en carton ou emballés dans quelque chose de protecteur. Ici rien. Juste une enveloppe plastique. Etant donné le soin dont la poste ou certains livreurs font preuves autant dire que j’ai manqué l’arrêt cardiaque. Là les livres avaient eu le temps de bien marquer l’enveloppe et de percer des trous dans les angles. Les dégâts à l’intérieur étaient moins pire qu’imaginés.

Seconde surprise, je me retrouve avec la méthode sociologique de Emile Durkheim que je n’ai absolument pas commandé. Alors je n’ai rien contre Durkheim et le livre ne dépaillera pas au côté du Suicide dans ma biblio mais tout de même. Evidemment, qui dit livre en plus, dit aussi livre en moins. Ce cher mimile avait donc pris la place d’un manga, qui après vérification avait le même numéro de référence. J’ai fait remonter en haut lieu. Bien sûr le manga commandé n’est plus dispo, à la place on m’a proposé un avoir. On ne m’a rien demandé concernant le livre « non voulu ». J’imagine qu’il va falloir que je trouve une place à mimile.

Troisième surprise, des mangas commandés en état « acceptable », se sont révélés être plutôt en bon état. A part le papier jauni, RAS. Par contre, des mangas présentés comme étant en bon état ou en très bon état n’avaient clairement pas ce statut. Autant j’accepte les pages jaunies (usure naturelle), les couvertures un peu salies (ça arrive) mais les jaquettes aux coins abîmés dont certaines déchirées, non. Donc ça fait chier.
De plus, j’ai bien fait attention lors de mon achat de ne pas prendre de livres qui auraient appartenu à une bibliothèque (excepté un). Problème, lors de la réception il y avait deux livres issus de bibliothèques. Le soucis est que, à part l’état des livres, on ne peut pas vérifier s’ils viennent d’une bibli ou pas quand on regarde sa facture. J’ai quand même l’impression que c’est eux qui se sont plantés mais malheureusement je ne peux pas vérifier.

En parallèle, j’ai aussi remarqué une chose. J’avais repéré un manga qui m’intéressait sur le site de recyclivre mais dont le prix était un peu élevé par rapport à celui que je m’étais fixé. J’ai donc décidé de ne pas le prendre. Je le retrouve par la suite 2€ moins cher sur le site de rakuten (livraison gratuite) vendu par….je vous laisse deviner…recyclivre. J’avoue être un peu déstabilisé de retrouver le même article à des prix différents alors que c’est le même organisme derrière la vente.

Conclusion, j’ai testé et je ne suis pas entièrement convaincu. Je ne pense pas retenter dans l’immédiat.

La rose de Versailles, suite et fin ?

Lorsque Kana a annoncé la publication de la suite de La rose de Versailles, j’avoue avoir été partagée entre joie et appréhension. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur l’utilité d’une « suite » 40 ans après la fin de la publication, tout en sachant que l’autrice, Riyoko Ikeda, avait lâché le crayon et la plume pour se reconvertir vers une carrière musicale.

Sa venue à Angoulême, il y a quelques années, démontrée qu’elle n’avait jamais complètement tourné la page et était toujours prompt à évoquer sa carrière et ses œuvres.
Néanmoins, La rose de Versailles était une oeuvre conclue et terminée sans fin ouverte. La dernière édition en date fut publiée chez nous en deux gros pavés, avec un troisième en bonus qui possédait un ton plus bon enfant et humoristique, en partie dû à la nièce de Oscar : Loulou. Un dernier tome qui se lisait sans déplaisir et dont le ton changeait radicalement des drames vécus par les personnages précédemment. C’était aussi l’occasion de finir sur une note plus joyeuse et optimiste.

Une suite utile ?

A partir de là que vaut ce quatrième tome et où se situe-t-il ? Le contexte nous est donné rapidement en introduction, quand Ryoko Ikeda explique qu’il est question d’histoires qu’elle a toujours souhaitaient racontées. Il s’agit là d’un élément commun à chaque auteur, vouloir raconter les petites histoires qui ont accompagné la grande, nous dire ce que sont devenus tous ces personnages (secondaires) auxquelles nous nous sommes attachés.
Oscar et André ne sont donc plus au centre de l’attention, leur histoire ayant été racontée, de même pour Marie-Antoinette. Néanmoins, ces derniers restent présent puisqu’ils nous aient montré comment ceux-ci ont marqué la vie des personnes qu’ils ont pu côtoyer. A l’exception d’une histoire qui revient sur les conflits d’Oscar, oscillant entre son statut de femme du XVIIIe et de militaire. Ainsi donc, nous verrons Girodelle, Axel de Fersen et sa sœur, les parents d’Oscar, Rosalie et Bernard, Alain, ou encore Marie-Thérèse de France. tous ces personnages s’entrecroisent et se mêlent à la grande Histoire qui parfois les dépasse.

Un style graphique reconnaissable

Au niveau du style, je dirais que l’on sent toujours la pâte « old school », néanmoins, j’ai pu constater à la première lecture que le style de l’autrice avait changé. Loin d’être maladroit, je dirais qu’il est plus pausé, plus fin, plus précis. Il y a moins cet effet froufrouteux et 70′ que l’on pouvait ressentir dans l’oeuvre d’époque (ça a aussi son charme). Je dirais également que la mise en page est plus carrée. Là où, dans ces précédents travaux, notamment Très cher frère, chaque page était une recherche graphique qui mettait en avant les sentiments des personnages et les exacerbés, ici l’ensemble est beaucoup plus sobre. Les cases sont moins déstructurées, les décors plus présents et fournis. Les personnages pleurent toujours mais de manière digne, discrète. Si la lecture est toujours plaisante, on sent moins l’ardeur de la passion romantique qui animait les personnages. Fini également les petites scénettes humoristiques et les petits effets de styles de l’époque. Même Loulou, qui en était pourtant l’essence même, passe aux cribles de la maturité sans se départir de son franc parler. Certaines scènes sont mêmes reprises mais offrent un sentiment plus nostalgique et mélancolique.
J’avoue avoir eu cependant quelques difficultés, à certains moments, pour différencier les personnages (entre le Général de Jarjayes jeune et François 1er, à part les sourcils….), les dames notamment arborant souvent les mêmes toilettes et coiffures. Il reste néanmoins un petit côté Candy lorsque nous voyons Marie-Antoinette jeune.

Si l’on revient sur la jeunesse et le parcours de certains et certaines, comme Girodelle et les parents d’Oscar (où d’ailleurs on apprend que sa mère est affiliée au peintre De La Tour -Georges pas Quentin-), une grande partie de l’histoire se déroule après celle principale dans les tumultes de la terreur et l’arrivée de Napoléon.
J’ajouterais également que l’Histoire est également plus présente. De son poids, elle écrase les personnages qui sont ballottés par elles. Les souverains, les dirigeants, les guerres s’enchaînent sans qu’aucun n’ait vraiment d’emprise dessus. Des personnages comme Marie-Thérèse, le père d’Oscar ou encore Axel de Fersen subissent les événements et les conséquences de décisions qui ont été prises pour eux ou indépendamment d’eux. L’autrice prend néanmoins toujours soin d’insérer le contexte historique avec des personnages dont elle ne peut guère réinventer la vie.
Le drame n’est cependant jamais loin et certains personnages s’en iront vers la mort sans que l’on puisse rien pour eux.

Que dire donc pour conclure ? Ce quatrième tome, qui regroupe toutes les histoires publiées entre 2013 et 2018, n’était pas une suite attendue. D’ailleurs, il ne s’agit pas à proprement parler d’une suite et je serais plus enclin à qualifier ce tome de nostalgique que de purement fan service (au contraire du troisième tome). Toutefois, ce fut une belle surprise venue d’une oeuvre qui a garder tout son charme et sa force. Elle est sans doute plus assagie, mais La rose de Versailles est comme le bon vin qui se bonifie avec le temps. C’est donc un tome que j’apprécie et qui fait vibrer la fibre nostalgique et mon amour des « vieux » shojos, d’autant plus qu’il n’est pas certain que nous ayons le plaisir de voir Riyoko Ikeda dessiner à nouveau.

Thimbleweed Park

Nous allons encore nous plonger dans le monde des jeux vidéos d’aventure type point & clic. Vous en avez marre ? Moi pas.

Thimbleweed Park est jeu dont j’entendais beaucoup parler et en bien, ce qui a donc attisé ma curiosité. Cependant, j’avais décidé de ne pas me pencher trop sur le jeu afin de me garder la surprise le jour où j’aurais l’occasion d’y jouer. Et comme vous vous en doutez (sinon on ne serez pas là), ce jour est arrivé. Pour le coup je remercie l’existence d’Epic Game qui met à disposition gratuitement certains jeux pour une durée limitée, ce qui m’a permis d’acquérir le jeu en question. Je me suis donc lancé dans Thimbleweed Park.

L’équipe au complet.

Je pense l’avoir déjà dit mais j’aime énormément les jeux d’aventures et les point & click. Ils font partie des jeux sur PC qui ont marqué mon adolescence (enfin surtout les jeux Sierra). Pour être honnête j’ai surtout connu ceux typés « cartoon » (King Quest 7, Torin Passage) où les énigmes reposaient beaucoup sur l’assemblage d’objets (à regarder sous toutes les coutures) et apporter le bon objet à la bonne personne pour faire avancer l’intrigue, les actions se faisant plus ou moins automatiquement. Je n’ai donc pas connu ceux qui proposaient tout un panel de verbes d’actions, tout en scrutant chaque pixel de l’écran pour vérifier s’il n’y avait pas quelque chose à déclencher.
Imaginez donc un peu ma tête quand j’ai vu que Thimbleweed park faisait partie de ces jeux là que je pensais révolus. Il s’agit d’un parti pris totalement voulu, tant tout respire cette époque là dans le jeu. Entre salle d’arcade, téléphone à pièces, cartouche du jeu E.T, polaroid, etc…tout sent la nostalgie. Il n’y a qu’à voir la maison familiale de Delores, c’est celle de Maniac Manson (il en est d’ailleurs clairement fait mention dans le jeu), tout comme le design des personnages vient clairement de là. L’interface c’est Maniac Mansion.

Personne n’a trouvé le temps de réparer ces escaliers depuis plus de 20 ans.

Mais bref revenons à l’histoire pour celles et ceux qui débarqueraient.

L’histoire donc…

Elle est assez simple puisque au début du jeu vous voyez un homme se faire tuer. Son cadavre est retrouvé peu de temps après et c’est aux deux agents fédéraux Ray, cynique et pas ravie d’être là, et Reyes, le jeune et fringuant bleu, que revient d’élucider ce crime. En parallèle, nous apprenons la mort récente de Chuck, héros de la ville, ancien patron d’une usine de fabrication d’oreillers reconvertie dans la création de machines qui pullulent dans la ville.

Sur le jeu en lui-même…

Nous commençons donc par une enquête classique avec une liste de choses à faire et deux personnages à manipuler. D’autres personnages jouables viendront par la suite rejoindre l’équipe, pour se retrouver à pas moins de 5. Ce qui est assez pratique pour se déplacer dans des endroits où d’autres n’ont pas accès et comprendre certains points de l’histoire.

On remarquera également que, si il faut se faire se rencontrer les personnages pour échanger des objets (les transvaser d’un inventaire à un autre façon Resonance), ce n’est pas le cas des informations -sauf certains éléments-. Par exemple, si un personnage X a connaissance d’un numéro de téléphone, je peux le faire exécuter par un personnage Y qui pourtant n’est pas censé détenir cette information.

Au début du jeu, il vous sera demandé de choisir entre 2 modes : casu et difficile. Le premier propose une expérience du jeu simplifié, dans le sens où certains lieux et interactions ne seront pas disponibles. Ce mode est pour les personnes qui débutent en jeux d’aventures ou tout simplement qui n’ont pas envie de se pendre la tête trop longtemps. Personnellement, j’ai pris le mode casu, tout simplement parce que compte tenu de mon emploi du temps changeant et parfois chargé, j’avais envie de le finir rapidement et de pas laisser des mois s’écouler entre deux parties. En général, ça a tendance à casser mon expérience du jeu car je ne me rappelle plus de ce que j’ai pu faire et où je me suis arrêté.
Le mode casu a ses détracteurs pour qui cela gâche l’intégralité du titre qui deviendrait une simple balade de santé. Ça n’a pas gâché mon expérience du jeu qui a duré en moyenne 5-6h. Je ne suis pas la seule personne qui ait pris ce mode et l’ait trouvé agréable à jouer. Par contre, ça serait mentir de ne pas dire que ça se sent par moment, surtout sur la fin, que certains éléments ont été simplifiés pour récupérer plus aisément certains objets. Dans l’ensemble, je n’ai pas eu de difficulté majeure, sans doute parce que je suis habitué à ce type de jeu, j’ai trouvé le tout assez intuitif. Un personnage te dit quelque chose entre deux lignes de dialogues, aussi débile et random que ça puisse sembler, tu sais que ça va servir. Il y a bien eu un ou deux blocages après avoir avoir fait les éléments demandés sur la liste et ensuite ne pas quoi savoir quoi faire après pour que le scénario bouge.
En mode difficile, il faudrait apparemment rajouté 10-15h de jeu en plus, de quoi donner envie de s’y replonger, surtout quand les résolutions de puzzles différent.

Ransome, l’atout charme du jeu.

Le jeu n’est pas dépourvu d’humour, entre Ransome le clown qui passe son temps à insulter tout le monde, l’agent Ray complètement blasée, les soeurs pigeons, l’homme pizza…le jeu est blindé de trucs débiles et insolites tout en dégageant une atmosphère particulière de mystère. Sans oublier que les personnages s’amusent à briser régulièrement le 4ème mur en plaisantant par exemple sur le fait qu’ils ne puissent pas mourir car ils sont dans un jeu d’aventure (quoique…) ou que le cadavre commence à méchamment pixeliser. Le jeu s’amuse aussi à taquiner le joueur en lui faisant ramasser des objets dont il n’aura aucune utilité ou pour le plaisir de collectionner des bouts de pixel sans intérêt.
Et c’est là que commence le hic du jeu, si je puis dire, c’est que dès que j’ai vu ces petites choses, j’ai su de suite où le jeu voulait m’emmener. Dès lors, pas vraiment de grosse surprise sur la fin, pas plus que sur l’ensemble du scénario au final. Si vous connaissez « Le monde de Sophie« , vous voyez venir les grosses ficelles de l’histoire (la philo en moins) et ça commence à sentir le réchauffer. Sans avoir avoir joué au secret de Monkey Island (on ne tape pas, merci), on comprend rapidement ce que le jeu essaie de dire. Quand le générique défile -passage assez drôle dans ce qu’il indique- et que nous voyons le nom de Ron Gilbert à l’origine de Maniac Mansion et Monkey Island, tout est dit. Thimbleweed park est clairement un mélange des deux jeux précédent avec les capacités graphiques actuelles surfant sur la vague nostalgique.
A la fin de ma partie, il restait toutefois quelques mystères à éclaircir et il me reste donc à vérifier si le mode difficile les résous. Il semblerait néanmoins que tout ne soit pas aussi simple car les joueurs élaborent de nombreuses théories sur certains points de l’intrigue.

Et tout commence avec un mec bleu.

Faut-il avoir joué aux précédent jeux de Ron Gilbert pour apprécier Thimbleweed Park ? Non clairement pas. Je pense cependant que les amateurs du genre et les nostalgiques se raviront de trouver les clins d’œil éparpillés ça et là. Néanmoins, ça se sent que par moment le jeu revient sur ces prédécesseurs, en tant que joueur il y a la sensation que quelque chose nous échappe.
Je conseille tout de même vivement le jeu car je ne l’ai pas lâché de bout en bout -à ma grande surprise- même si la fin m’a quelque peu déçue. Il ne me reste plus qu’à le faire dans l’autre mode pour de nouveaux challenges et revivre l’expérience Thimbleweed Park.