Aya et la sorcière

Les cinémas sont fermés et le bol d’air que ceux-ci me procuraient me manque. Ma consommation de films a donc sacrément chuté. Mine de rien j’ai l’impression d’avoir moins de temps pour les loisirs alors que les ouvrages à lire, les jeux à faire et les films à voir s’empilent. Cependant, je trouve tout de même de quoi faire une petite place pour un film de temps en temps.

Les différents festivals se sont adaptés et sont passés en ligne. C’est là que j’ai vu passer le festival de Gerardmer en version dématérialisé. Ce n’est clairement pas mon type de films qu’il propose, toutefois dans le lot le dernier Ghibli était proposé : Aya et la sorcière. Il s’agit d’une autre adaptation par le studio d’une œuvre de Diana Wynne Jones mais clairement plus orientée vers les enfants. Bien que je n’ai pas lu l’œuvre d’origine, qui jusque là n’avait pas été traduite en français il me semble (erreur bientôt réparée), le film semble plutôt coller au matériau d’origine. Plus en tout cas que le château ambulant, qui bien que reprenant le même postulat que le livre, finissait pas partir dans une autre direction.

Revenons donc à Aya et la sorcière. Il faut croire que les sorcières ont le vent en poupe dernièrement puisque nous avions eu Mary et la fleur de la sorcière qui était également une adaptation littéraire. Concernant Aya ce n’est pas un film que j’attendais particulièrement et les premiers visuels ne m’inspiraient pas du tout. L’affiche avec le groupe de rock en arrière plan (qui n’a qu’un intérêt minime dans le film) ne laissait pas vraiment entrevoir ce que serait l’histoire et je ne voyais pas bien le rapport avec le monde de la magie… Non ce qui faisait surtout peur c’était la 3D. Je ne sais pas pourquoi mais les expressions faciales, surtout exagérées, des personnages Ghibli ne rendent pas bien en 3D. Cela accentue l’effet plastique/faux, voire bas de gamme, sinon très datée de cette 3D. De plus les mouvements semblaient rigides, les textures assez moches, j’en passe et des meilleurs. La bande annonce avait de quoi refroidir. Néanmoins quand l’occasion s’est présentée, j’ai tout de même décidé de laisser une chance au film.

Pour rappel : de quoi parle Aya et la sorcière ?

Le film débute sur une course poursuite entre une femme aux cheveux rouges à moto possédant des pouvoirs (une sorcière donc) et une voiture qui ne lui veut pas que du bien. Parvenant à échapper à ses poursuivants, la jeune femme dépose son bébé « Manigance » (Earwig en vo) devant la porte d’une orphelinat avec une cassette et un mot indiquant qu’elle viendra chercher sa fille une fois qu’elle aura battu les douze sorcières.
Les années passent et Aya compte rester pour toujours à l’orphelinat afin de continuer à mener tout le monde à la baguette. C’est sans compter sur le jour des adoptions où, sans préavis, Aya est choisie par Bella Yaga et Mandrake, respectivement une sorcière et un démon, pour venir chez eux afin de servir à Bella Yaga de petites mains (pour ne pas dire de bonne à tout faire et d’esclave). Aya ne se démonte pas car elle est bien décidé à devenir une sorcière sous la supervision de Bella Yaga.

Verdict ? Aya et la sorcière était-il un mauvais film ?

Oui…et non. Clairement ce n’est pas le meilleur du studio. Le film a des défauts mais je m’attendais vraiment à pire et finalement ça se laisse regarder. Ce que Aya et la sorcière me rappelle, ce sont ces films pour enfants vite regarder et vite oublier que l’on peut retrouver le soir sur des chaînes comme Gulli. Individuellement ce ne sont pas de mauvais films, ils sont pleins de bonnes intentions mais ne marquent en rien. Aya et la sorcière n’a pas de souffle épique, de morale ou de grandes choses à nous apprendre sur la vie, ce n’est pas un film qui vous touchera. Sans doute parce que le film n’a pas cette ambition et ne l’a sans doute jamais eu. Après tout il s’agit d’un téléfilm, cela se ressent et se voit dès le générique de début. Parce que soyons honnête, il ne se passe pas grand chose dans le film et quand enfin il y a une avancée, le film se clôture. Ce dernier n’est pas forcément lent (quoique) mais il est assez vide. Une fois que notre héroïne quitte son orphelinat, son seul univers restera les murs de sa nouvelle maison dont elle ne sort presque pas. Son univers et donc celui du spectateur se résume à la cuisine, la salle de bain, le laboratoire et sa chambre. Ce n’est pas un hui-clos mais j’ai eu comme un sentiment d’enfermement et de vide. Les pièces ne sont pas vraiment décorées, bien que cela puisse s’expliquer dans l’histoire. C’est d’autant plus dommage qu’habituellement les décors des films du studio regorge de détails. Ici le contraste est flagrant. Il est possible que cette impression de platitude et ce final un peu abrupte s’expliquent lorsque nous regardons l’œuvre d’origine. Earwig and the witch (de son titre original) est un livre pour enfants que l’autrice a écrit à la fin de sa vie juste avant de décéder. Il est donc possible que le côté « abrégé » de l’histoire soit dû au fait qu’elle savait qu’elle n’en avait plus pour longtemps, d’où une conclusion rapide. En tout les cas, le film suit d’assez prêt le livre à quelques éléments près.

Le groupe de rock n’aura aucun intérêt dans le film

Plusieurs choses resteront sans réponses ou simplement pas claires, un comble dans un univers aussi petit. Pourquoi la mère d’Aya quitte le groupe de musique ? Parce qu’elle était enceinte ? Qui est le père d’Aya ? Aux vues des flashbacks, nous serions tenté de penser qu’il s’agit de Mandrake mais rien ne le prouve. Pourquoi c’est trois là formait un groupe ? Est-ce que ça fait partie du « devoir » des sorcières ? Dans ce cas quel lien avec le monde de ma magie ?

Il est possible de penser que la mère d’Aya ait quitté le groupe car elle se savait enceinte (qu’est-ce que cela implique dans l’univers des sorcières ?). Il est aussi possible de penser que les autres membres ne savaient pas celle-ci enceinte (pour cette raison qu’ils ne savent pas qui est Aya ou ne cherche pas la fille de leur amie) dans ce cas pourquoi est-ce leur voiture que nous voyons dès l’ouverture en train de poursuivre la mère d’Aya ? Pourquoi ne l’ont-ils plus chassé par la suite ? Comment c’est trois là se sont connus, nous ne le saurons jamais. A la rigueur ce point là n’est pas très important.

La relation Bella Yaga/Mandrake est sans doute celle qui intrigue le plus. Au départ on dirait un simple couple souhaitant adopter un enfant (c’est dans doute la seule raison de la venue de Mandrake, avoir l’air d’être en couple). Lorsque l’on connait enfin leur véritable nature, j’ai été tenté de penser que Mandrake était sous contrat avec Bella Yaga mais il n’en est rien. Cette dernière le craint (ou craint ses colères) et Mandrake semble avoir de l’ascendant sur elle puisque quand il lui demande de faire quelque chose elle le fait, même si c’est avec réticence. On peut donc se demander ce qu’ils fichent ensemble sous le même toit puisque chacun fait sa vie de son côté. Bella Yaga prépare des potions, tandis que Mandrake tente de percer en tant qu’écrivain, tout en continuant de jouer de la musique. Le seul moment où ils se croisent ces deux-là (plus Aya), c’est pour manger. D’ailleurs étant donné que les petits démons de Mandrake lui apportent la nourriture qu’il veut comme il la veut, pourquoi demander à Aya de cuisiner (sachant que cela ne sera jamais comme il le souhaite) ? Bref, beaucoup de questions sans réponses. Cela à tendance à m’agacer car je cogite beaucoup durant les films. Une fâcheuse manie certes, surtout la sur analyse, mais c’est aussi un avantage professionnel.

La question du statut des sorcières dans cet univers peut aussi poser question. D’un côté on a l’impression que c’est un mythe, de l’autre les gens sont conscients qu’elles existent. Bella Yaga est sorcière et c’est son emploi principal. Elle répond à des commandes diverses de petits maléfices à coup de potions et de sort pour faire gagner des compétitions par exemple. Ce sont des gens « normaux » (non sorciers) qui les lui achètent. Sorcière c’est donc un commerce de proximité. Il suffit de téléphoner comme on téléphonerait pour se commander une pizza.

Aya fait franchement des têtes bizarres

J’ai également un peu de mal avec le personnage principal. Non pas que Aya ne soit pas sympathique ou attachante mais j’avais du mal à la situer. De plus, c’est difficile de mettre le doigt sur ce qui me gêne. Elle n’est pas méchante. A la rigueur, si elle fait quelque chose de « mauvais » c’est plus en réaction à quelque chose. L’héroïne n’est pas non plus foncièrement gentille puisque ses actes de gentillesse sont souvent intéressés. « Si je suis gentille je pourrais plus facilement obtenir ce que je veux. » Elle est donc assez ambivalente, tout en étant têtue et maline. Ces derniers éléments sont des choses que l’ont retrouve souvent dans les œuvres avec des enfants pour des enfants. Ceux-ci même qui aiment parfois faire tourner en bourrique les adultes ou bien savoir contourner leur autorité. Je pense que ce qui m’embête vient de son statut d’esclave -littéralement-. Aya c’est l’enfant qu’on a adopté pour faire les tâches ingrates et trimer comme une bête de somme pour des clopinettes en restant enfermer entre 4 murs. Aya ne sort quasi jamais de chez elle. Elle ne se rebelle pas vraiment, essaie de profiter des avantages potentiels de son nouveau mode de vie. Certes elle ne se décourage pas mais sa situation n’évolue pas beaucoup et elle met du temps à la faire évoluer.

Aya est déjà une sorcière même si elle ne le sait pas. Cela vient sans doute expliquer son pouvoir de persuasion sur les gens. Son but c’est de mener tout le monde à la baguette, même ses ami.e.s. Ce qui fait que le personnage peut sembler manquer de sincérité.

Je finirais sur ce film avec son générique dynamique qui boost un peu le tout. Au final l’emballage comme le contenu n’était pas extraordinaire, toutefois, je n’ai pas eu l’impression d’avoir été déçu ou de m’être ennuyé. Juste que j’ai passé une soirée tranquille devant un petit film dont je me rappellerai pour son étrangeté, une sorte d’ovni, de test, de pas de côté du studio.

ps: je trouve qu’Aya a une meilleure tête les cheveu lâché.

Un été animé

C’est l’été, il fait chaud, on transpire…les corps brillent, les corps brûlent…

Hum. Plus sérieusement, cet été a été l’occasion de plusieurs séances dans les salles obscures pour regarder des films d’animations. Pas moins de 4 films, je suis allé voir. 4 films très différents qui vont du tranquillement frais pour l’été, à un peu remu méninge jusqu’à celui qui m’a donné envie de bouffer le siège avant tellement j’étais énervé, frustré.

Promare

Je n’ai aucune sympathie pour ces deux personnages.

 J’avoue je n’avais pas trop regardé de quoi ça allait parler, mais il y avait une forme de hype derrière (Trigger tout ça) donc j’y suis allé les yeux fermés, en me disant cool, un film d’action vitaminé pour passer un bon moment. GROSSE ERREUR. Je n’ai pas DU TOUT aimé Promare.
En disant cela, je ne fais sans doute pas des amis. Alors je vais essayer d’être plus clair. Je ne remet pas en cause l’animation, ni la proposition stylistique que j’ai apprécié et trouvé originale, même si ça pique un peu les yeux. J’ai aussi apprécié la musique, qui sans me laisser un souvenir impérissable, fonctionner bien avec les scènes d’actions.

Ce que je n’ai pas aimé c’est la narration, les personnages, la surdose de combats au point d’en avoir la gerbe et de décrocher, les discours simplistes et puants…
La séance a aussi été une expérience désagréable parce que j’avais une bande de mecs dans la rangée du dos dont l’un d’entre eux me filait des coups de pieds chaque fois qu’il décroisait les jambes. De plus, la salle sentait le brûler. Oui c’est très à propos avec un film comme Promare mais autant dire que j’étais pas super à l’aise.

Mais surtout le film m’a laissé un arrière goût de sous Gurren Lagann, et je n’aime pas Gurren Lagann (et je me suis rendue compte des années plus tard dans une intervention sur les mechas que j’étais pas seul). Je n’ai jamais compris l’engouement pour ce titre dont j’ai essayé de regarder plusieurs fois sans jamais dépassé la barrière des 4-6 premiers épisodes. J’y suis finalement parvenu en me motivant à mort lorsque je me suis mis à bouffer des animes de mecha par pack de 12 (qu’est-ce qu’on ferait pas pour la recherche…). Peut être qu’un jour je développerais plus en profondeur mon aversion pour cet anime. Mais quoiqu’il en soit, si je devais résumer : je trouve le discours de l’anime nauséabond, je trouve le discours de Kamina puant dans son hypermasculinité toxique et je trouve le personnage de Kamina détestable. Je savais depuis des lustres qu’il allait y passer et sa mort ne m’a pas ému le moins du monde. J’ai trouvé la seconde partie de la série plus intéressante que la première sauf qu’elle gâche son potentiel en donnant raison à des personnages débiles, parce qu’apparemment être un personnage sensé et réfléchi c’est trop naze dans cette série. Bref, les discours de Kamina avaient tendance à me hérisser le poil, imaginer ce que ça donne sur son sosie bon marché qu’est Galo. J’ai soupiré en roulant des yeux, tout en serrant les dents pour ne pas faire exploser ma frustration devant tant de…de…débilité. C’est même pas de la débilité marrante et décomplexée, ou pas prise de tête, parce que Promare m’a pris la tête au point d’avoir envie de me la frapper contre un mur.

On nous fait des présentations stylés de personnages qu’on ne développera pas (les gens de la brigade) et qui n’auront pas d’impact sur le scénario (ils seront là et puis c’est tout). Aina c’est une Yoko, low cost dont on garde le côté malaisant. Les plans fesses/poitrines sont-il vraiment nécessaire en 2019 ? C’est lourd, c’est gras, ça n’a aucun intérêt et ça plombe l’ambiance.

J’aime bien les scènes de combats mais c’est la première fois de ma vie que je trouve ça abominablement long. Ce temps perdu qui aurait pu servir à développer des personnages ou une intrigue cohérente. Mais non, tout dans le visuel et rien dans le fond. Sauf qu’être visuellement sympa, ça sauve pas un film. Pas de bol, j’ai plus 14 ans, j’ai acquis du goût, développer mon sens critique

Il n’y a pas de série Promare mais je peux comprendre le sentiment d’être largué sans rien comprendre. Le film a un fort goût de Gurren Lagann (que j’ai pas aimé) dans ses personnages (design comme certaines caractéristiques) et le traitement de l’intrigue. Le film fait encore moins dans la subtilité que GL, qui pourtant était pas bien fin. Même le discours de Lio, je le trouve…meh….simpliste. Et puis la tenu de Lio…je déteste les chemise à jabot alors ça n’aide pas à aimer le personnage. La présentation du début au sujet des burnish est assez bancale je trouve, de même que le rejet à leur encontre. D’ailleurs le héros, dont je me rappelle plus le nom (comme quoi..), avec son accent de Kamina qui aurait juste garder l’aspect très con (sans le discours viriliste puant) me sortait par les yeux. Le personnage d’Aina c’est le même principe que celui de Yoko dans GL donc c’était très malaisant . A la fin du film j’en pouvais plus de tout ce « over the top » que pourtant j’avais apprécié dans Kill la kill. Le film est très con, très fun etc. c’est fait pour, mais clairement pas pour moi. Et puis les délires méta sont très mal exploités.

La présentation des burnish est, à mon sens, très bancales. Au départ, on a l’impression que se sont des phénomènes aléatoires. Des gens s’énervent et ça s’embrase. Donc on pourrait presque dire que c’est pas de leur faute sauf que ça escalade et que ça empire au point que ça deviennent volontaire et qu’ils crament toute la planète. J’ai de ce fait un peu de mal de les voir comme des « pauvres victimes » alors que l’introduction ne les a clairement pas présentée comme des gentils. De plus, ce début de film se finit avec la terre en feu (on se demande d’ailleurs comment des gens ont survécu) et hop on passe à aujourd’hui où tout va bien dans le meilleur des mondes. Comment est-on passé de cette situation de fin du monde à celle « youpi-tralala tout va bien » ? Il manquerait pas une transition explicative ?

Je rajouterais pour enfoncer le clou le traitement désastreux de la seconde partie du film (attention informations pouvant dévoiler des parties de l’intrigue). On y apprend que la terre est foutue et que donc certains élus sont choisis pour monter à bord d’une grand arche pour s’échapper et tenter leur chance ailleurs. Soit. Problèmes : Outre le fait que c’est exactement la même histoire que dans la seconde partie de Gurren Lagan (pourquoi s’emmerder à avoir un scénar intéressant ? y qu’à c/c), les créateurs se sont dit que des enjeux moraux complexes ça servaient à rien donc on les enlève pour laisser plus de place aux combats car ça c’est le plus important ! (ndlr : Non)

Alors certes, comme je le disais, nous retrouvons cet aspect du scénario dans Gurren Lagann, notamment à travers le personnage de Rossiu. Celui-ci n’avait pas envie de faire toutes ces choses mais il se retrouvent à devoir faire des choix drastiques dans l’intérêt du plus grand nombre. Rossiu paie les pots cassés de la 1ère partie et essaie de sauver les meubles. Il n’a pas envie de faire ce qu’il fait mais il faut bien que quelqu’un le fasse quitte à ce qu’il passe pour le méchant. Cela rendait le personnage touchante et intéressant et donnait de la consistance à l’histoire.
Là non. Là on enlève tout les dilemmes moraux et la complexité, ce qui rend juste le plan très très con et le méchant (qui ressemble à un All Might de contrefaçon) fade à souhait.

Bref, je crois que ce film est rentré dans le top très sélect des film qui m’ont fait regretté d’avoir acheter une place de cinéma.

Wonderland

Si je devais résumer Wonderland je dirais sympathique…et oubliable. L’univers de fond est très coloré et très sympa, bien que très simpliste (ici le monde de la neige, ici le monde des sables,etc.). Cette simplicité n’est pas gênante parce que c’est un peu le but du film, on essaie d’aller à l’essentiel et puis c’est adapté d’un livre pour enfant donc ça reste un peu manichéen (Est-ce que le fait que ça vienne d’un livre pour enfant qui fait que les enjeux sont plats ?). Il n’y a pas vraiment de « vrai » méchant. J’ai tout de même apprécié l’univers présenté, les décors et surtout la vaisselle du maire dans le petit village moutonneux (coup de coeur).

Pour le reste soyons honnête l’héroïne ne sert à rien tellement elle est transparente et n’a aucun développement du début à la fin. Le film nous signifie un problème avec des camarades de classe mais c’est tellement mal amené et ça n’impacte tellement pas notre héroïne, qu’on ne voit pas pourquoi cela devrait nous toucher, nous, spectateurs. De plus, son rôle d' »élue » n’a pas l’air de la motiver ou de la démotiver et faire un vrai parallèle avec le prince. Celle qui tire plutôt la couverture à elle, c’est la cousine/tante (je n’ai pas bien compris je l’avoue) qui aurait pu être la vrai héroïne de l’histoire. Elle est dynamique et curieuse, c’est elle qui anime quelque peu le groupe sinon on s’ennuierait vite.

Autrement le film propose quelques beaux moments comme celui où le prince tranche l’eau pour transformer les gouttes en oiseaux. Le reste demeure très coloré. Si je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce film. Une fois la séance finie, il ne reste pas grand chose du film en tête. Bref, Wonderland est sympathiquement oubliable.

Le mystère des pingouins

Du lot de films vus, c’est sans doute celui que j’ai le plus apprécié car il est selon moi le plus équilibré.

J’ai trouvé le héros supportable pour un gamin, ce qui changeait de mon expérience de celui de Mirai ma petite soeur assez désagréable (le héros de Mirai…au secours). Quelqu’un m’a dit que l’on avait atténué/censuré son attrait pour les seins dans le film par rapport au roman, si c’est vrai je sais pas ce que ça peut donner dans l’oeuvre originale. Cet aspect ne m’a pas gêné outre mesure sans doute parce que cet attrait pour les poitrines je l’ai déjà vu auprès d’enfants du même âge. Cependant, l’approche était moins scientifique.

Le mystère concernant les pingouins est en lui-même assez vite résolu. On sait comment ils sont produits. Le tout est de savoir pourquoi, ce qui sera une partie de l’enjeu du film. J’imagine que le roman apporte un peu plus de précision (maintenant qu’il sera publié en français).

*ce qui suit contient des informations sur l’histoire*

En réalité, la seule chose que j’ai trouvé un peu flou tourne autour de l’assistance dentaire. Le fait qu’elle est crée des pingouins n’a pas l’air de la choqué outre mesure. Elle demande donc à notre héro d’enquêter sur son identité et le pourquoi elle crée des pingouins. A partir de là, il y a un point qui est un peu confus pour moi, à savoir si oui ou non elle sait qu’elle n’est pas humaine et la raison pour laquelle elle lui demande d’enquêter. Au départ, nous avons l’impression qu’elle ne sait rien. Pourtant plusieurs moment de l’intrigue laisse supposer qu’elle sait ce qu’elle est et la raison de sa venue puisque nous la voyons s’interroger sur ses souvenirs d’enfance (étaient-ils vrai ?) et agir comme si elle en savait plus. Dans ce cas, si elle sait, pourquoi demander au héros d’enquêter ? Sinon il n’y aurait pas eu de film vous me diriez. C’est pour cela que je trouve cette base qui fait en partie le fond de l’histoire un peu confus. Soit elle ne sait rien (mais prend tout avec désinvolture), soit elle sait tout (mais dans ce cas pourquoi ne rien dire ?), soit elle ne savait pas jusqu’à ce que cela lui revienne (mais dans ce cas, si elle sait ce qui ce trame pourquoi ne rien dire ?)

Il n’en reste pas moins que le mystère des pingouins est un bon divertissement avec une intrigue sympa.

Les enfants de la mer

Disons le de suite je n’ai pas lu le manga d’où le film est tiré. Est-ce que le film est compréhensible sans cet apport ? oui, bien que j’ai senti que le support papier devait apporter et développer plus d’éléments et de personnages. En effet, certains personnages, on l’air intéressant dans le film mais ils ne servent au final pas à grand chose. A part attendre. De même, l’histoire des parents de l’héroïne est sans doute mieux aborder et plus explicitée. Je pense notamment aux parents de l’héroïne. Au départ j’ai cru qu’ils étaient divorcés/séparés alors qu’ils sont toujours mariés. La mère se noie dans l’alcool suite à un accident mais les raisons de leur distanciation n’est pas très claire et leur réconciliation expédiée.

Une chose m’aura fait tiqué, c’est le traitement subit par l’héroïne au début du film. Elle est clairement rejetée par ses camarades qui s’en prennent à elle. Et quand elle blesse accidentellement l’une d’entre elles, cela lui vaut l’exclusion et une demande d’aller s’excuser platement auprès de celle qui, quelques minutes avant, lui pourrissait la vie. J’ai trouvé cela complètement injuste, surtout que notre héroïne ne peut même pas se défendre. A la fin du film, elle ira s’excuser et tout rentrera dans l’ordre, les filles deviendront amies. Ok donc elle doit s’excuser de s’être fait harceler ? mais what ? je ne sais pas quel message est véhiculé ici mais j’avoue que cela m’est resté en travers de la gorge.

J’ai lu à plusieurs reprises que le film était difficile à appréhender car trop métaphysique. En réalité, il est d’une extrême simplicité. Sa compréhension ne passe cependant pas par des mots mais par les sensations véhiculées par le film. On comprend sans avoir besoin d’expliquer par des mots. Je dirais donc que du lot c’était le plus beau à voir et celui qui m’a fait ressentir le plus de chose. Et toute cette eau, même de la voir ça rafraîchit en plein été.

Pour conclure, l’été a donc foisonnant en films d’animation japonais aux styles et aux univers variables qui vont du agréable au moins bon. En espérant que les années suivantes soient aussi fastes.

Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse de recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

Le fil de la vie

Après quelques mois d’absence, je reviens vers ce blog pour parler film. Il y a quelque temps déjà, j’avais lancé une rubrique sur les films d’animation oubliés ou presque (Chat c’est Paris, La dernière licorne, les films d’animations russes, etc.) mais qui méritent qu’on y jettent un œil.

Aujourd’hui je vais donc évoquer un film que j’avais malheureusement raté à sa sortie et dont il est difficile d’avoir des informations. Entendez par là, que si vous tapez son titre dans votre moteur de recherche peu de choses en sortirons et que je vous souhaite bien du courage pour trouver une version DVD avec du français dedans.

Je vais donc parler du film « Le fil de la vie« , de son vrai nom « strings », (moins poétique mais tout aussi évocateur) sorti en 2005 chez nous. Ce film a donc plus de 10 ans (déjà!).

Je tiens à en parler pour deux choses : la première c’est qu’il est -il me semble- un peu passé aux oubliettes et qu’il mérite un peu plus de reconnaissance, la seconde pour sa technique d’animation.

L’affiche est quelque peu mensongère : Zita n’est pas l’héroïne et il n’est pas question d’épée

J’avais déjà écrit un billet à chaud après mon visionnage de la série Thunderbolt Fantasy (qui a eu droit à un film et aura une seconde saison mais j’y reviendrai dans un prochain billet) qui utilisait des marionnettes, ce qui avait engendré un débat sur le fait de savoir si c’était de l’animation ou non. Ici, nous nous retrouvons peu ou prou avec la même choses : des marionnettes. Sauf qu’ici leur fonctionnement est un peu différent puisqu’elles ont des fils. C’est à la fois la force et la faiblesse du film mais j’y reviendrai. Mais d’abord un peu plus de détail sur le film en lui même.

Il s’agit donc d’un film d’animation sorti en 2005 en France avec une version française -que je n’ai malheureusement pas pu voir- et réalisé par Anders Ronnow-Klarlund. C’est une coproduction danoise, norvégienne, suédoise et britannique.

L’histoire débute au moment où le roi s’apprête à s’ôter la vie. Avant cela, il écrit une lettre à son fils Hal afin de lui expliquer son geste, ainsi que de le mettre en garde contre son oncle Nezo et l’acolyte de celui-ci, Ghrak. Il lui demande également de prendre soin de sa sœur Jhinna et de rétablir la paix entre leur peuple et les Zeriths. Malheureusement, Nezo trouve la lettre et fait passer le suicide en assassinat commis par leurs ennemis, lançant le fils dans une quête vengeresse pendant qu’il prend le pouvoir et déclare la guerre aux Zeriths.

L’intrigue du film est en somme très classique et aura un arrière goût de déjà vu. Néanmoins, c’est aussi cette inspiration des classiques gréco-romain (trahison, meurtre, vengeance, amour, rédemption, etc.) qui font aussi partie de son charme. L’histoire amène une certaine esthétique antique dans les décors, l’atmosphère et les tenus des personnages.

L’autre point fort et d’intégrer ces fameux fils qui servent à faire évoluer les marionnettes comme de véritable éléments de l’intrigue. C’est grâce à elles que les personnages vivent et bougent, et les protagonistes en sont conscients. Couper son fil de vie c’est mourir, de même que couper le fil d’une articulation revient à une amputation – remplacer un membre revient à prendre celui de quelqu’un dont les fils ne seraient pas coupés-. Le film arrive à construire, avec plus ou moins de cohérence, tout un univers autour des fils. Etant donné que les fils montent jusqu’au ciel, sans qu’on en voit la fin, les personnages croient en une forme de force divine qui les relient tous les un aux autres (« je commence là où tu finis »). Ces fils ne semblant pas avoir de fin, une porte fortifiée n’est donc pas nécessaire pour protéger la ville, une simple barre placée en hauteur suffit -puisque les gens ne peuvent passer en dessous-. Il en va de même pour les prisons : les gens sont confinés dans les interstices d’une grille. Les naissances sont aussi des moments particulier puisque comme il s’agit de marionnettes, les nouveaux nés sont sculptés dans le bois avant que des fils ne se détachent de la mère pour ensuite être relier manuellement au corps. De part leurs corps aux pièces remplaçables, il y a un commerce d’esclaves qui servent à la fois de main d’oeuvre comme de pièces de rechange.

Toutefois quelques questions subsistent : comment les hommes de Ghrak n’arrivent-ils pas à trouver les Zériths alors même qu’il est possible de repérer les gens grâce à leurs fils ? Comment se fait-il que les personnages puissent se noyer alors même qu’ils sont fait de bois (ça flotte) et qu’ils ne semblent pas avoir besoin de respirer (un bébé n’a ni nez, ni bouche par exemple) ? Comment peuvent-ils traverser des grottes ? Pourquoi avoir des toits et des murs ?  De même, je trouve un peu idiot d’aller mettre le feu à une forêt alors que votre corps est en bois et que vos fils prennent feu comme de la paille…

Du détail certes, qui ne m’ont pas empêchée d’apprécier le film.

De très beaux effets de lumière et des environnements variés

Les mouvements des personnages sont très fluides et harmonieux, on est loin des sentinelles de l’espace ou de team america. Il y a juste les scènes de combats qui manquent parfois de dynamisme et on peut se perdre visuellement à cause des nombreux fils. Les marionnettes partagent quelques points communs avec celles de Thunderbolt fantasy, à savoir que l’essence de leur expressivité faciale se résume surtout aux clignements des yeux. Personnellement ça ne me dérange pas puisque l’empathie passe par le mouvement et le doublage. Cependant, j’ai pu voir des commentaires de personnes que cela gêné pour l’immersion. Parlons-en du doublage, en version anglaise on retrouve du beau linge avec James McAvoy dans le rôle de Hal, Derek Jacobi (Feodor Atkine en VF) dans celui de Nezo, Ian Hart en Ghrak ou encore David Harewood en Erito.

Le film ne souffrent d’aucun temps mort et aurait mérité selon moi d’un peu plus de temps -le film fait 1h30- pour permettre de plus développer ses personnages qui restent très basiques. Cette impression d’aller droit au but sans traîner à aussi ses inconvénients puisqu’on comprend rapidement ce qui va se passer et les relations se font et se défont très vites (Hal et Zita). Jhinna sert majoritairement à apporter les éléments poétiques du film et aurait mérité un peu plus que d’être une jeune fille à sauver. De même tout le passage dans le désert aurait mérité d’être plus long et développé. Surtout le moment où Hal retrouve l’esclave à qui il a pris la main, puisque le héros le qualifiera plus tard d’ami à qui il fait une promesse alors que rien n’est montré en ce sens.

Pour conclure, Le fil de la vie est un film qui mérite qu’on s’y intéresse. Il est certes classique dans le fond et avec les défauts inhérents à ce genre de production mais change de ce qu’on a l’habitude de voir. De plus, il possède une belle mise en scène et de très belles musiques qui s’accordent parfaitement avec l’univers aux accents de tragédie antique.

Il est possible de voir le film gratuitement et en toute légalité sur le site médiathèque numérique, après inscription à la plateforme. Toutefois, le film n’est disponible qu’en version anglaise sous titrée français et qu’il n’est pas disponible en HD.

Les trésors de l’animation russe 2

Rebelote donc avec la suite de mes aventures filmiques du mercredi ou samedi, on sait plus trop, sur Canal J. Voici donc le reste des dessins animés russe issus de contes.

Blanche neige et les 7 chevaliers ou les 7 bogatyrs

ou encore « Tale of The Dead Princess and The Seven Knights » ou « the Dead Tsarevna and Seven Bogatyrs »

Oui princesse morte c’est moins glamour. On dira donc blanche neige.

Un petit film de 32 minutes datant de 1951

Là aussi je vous ferai pas l’affront d’un résumé d’uns histoire vue et archie vue, cependant vous noterez que tout comme dans le titre il ya quelques différences :

déjà il ne s’agit pas de 7 nains mais de 7 chevaliers, plus virils. Auncun grincheux, atchoum, simplet and co… que des mecs tout en muscles et en casques qui vivent en célibataires au fond de la forêt. Ceci n’empêche pas dans cette version ci, que dès que blanche neige arrive chez eux par erreur elle trouve le moyen de faire le ménage. Normal.

Bon après notre héroïne est déjà fiancée, un beau prince russe blond avec sourcils de couleurs différentes (très important!) qui pleure des larmes viriles, mais elle a toujours le pack chant et conversation avec les animaux de la forêt niveau bilingue. L’honneur est sauf.

Après ça sa belle mère ne cherche pas à la tuer, juste à la paumée dans la forêt profonde, exit le gentil chasseur, bonjour la perfide bonne.

La princesse grenouille

Rien à voir avec le film de Disney je précise. Il s’agit d’un film datant de 1954 de 39 minutes.

Petit résumé made in wikipédia :

Préoccupé par sa succession, un roi demande à ses trois fils de tirer chacun une flèche dans une direction différente : ils épouseront alors les femmes qui ramasseront leur flèche. Le premier épouse la fille d’un général, le second la fille d’un riche marchand. La flèche du plus jeune étant tombée dans un marais, il doit épouser la grenouille qui l’a trouvée. En fait, la grenouille est une jeune magicienne du nom de Vassilissa, « la très belle ». Frappée par un sort que lui a jeté un sorcier, elle a été condamnée à garder une apparence de grenouille. La princesse retrouvera son apparence humaine de différentes façons selon les versions.

Celui ci est bien issus du folklore russe et porte en VO d’autres noms comme : « la grenouille tsarine » ou « Vassilissa la sage ». De mon côté ça m’a toujours fait pensé à 3 histoires différentes :

Par son titre au « prince grenouille », où là c’est une princesse qui doit tenir son engagement face à une grenouille qui lui a retrouvé sa balle en or, ce qui consiste à se tenir à sa table, manger dans son assiette, boire dans son verre et dormir avec elle. Ce qui dégoute la princesse qui tire une tronche pas possible un peu comme ce cher prince dans ce film d’animation. Bien évidemment dans les deux cas c’est un sort qui les as rendu ainsi, et l’amour triomphe. Blablabla. Je dis ça mais j’adorais le conte de grimm de la « princesse et la grenouille » pour la bonne est simple raison que c’est le seul conte avec pincesse + grenouille, et qu’il n’y a pas de baiser à la fin. Non! C’est mille fois mieux, la fille est tellement écoeurée par la grenouille qu’elle la balance contre un mur de toute ses forces en espérant la voir morte, et là BIM! C’est un beau prince qui apparait. Et comme il est beau (et prince) elle l’épouse. Si c’est pas beau la vie…Je tiens quand même à dire que parmi tout les contes que j’ai lu il n’y a jamais eu, JAMAIS, de princesse qui embrassent des grenouilles et les transforment en princes. Je sais pas d’où ça sort.

Secondo, au conte « les 3 plumes » toujours de Grimm. Parce qu’ils y a 3 frères à qui leur père fait subir des épreuves. Chacun allant dans une direction, dans le film via des flèches, ici via des plumes. Que chaque fois c’est le petit dernier qui ramène les plus beaux trucs alors qu’il en a pas foutu une !On lui a tout fourni sans effort. Non mais je vous jure. Branleur !

Tertio, le lac des cygnes. Pour le coup de la jeune et jolie jeune fille prisonnière d’un mage méchant pas beau et que seul un amour véritable pourra sauver. Mais le film est moins version émo, guarantie sans suicide.

Ceci dit le prince devra subir quelques épreuves pour retrouver sa femme, parce bien entendu il aura fait une connerie, mais tout finira bien. Et pour le coup des épreuves, dû au fait d’avoir carbonisé la peau de grenouille de son épouse, on retrouve tout un tas d’éléments (Baba Yaga et sa maison en tête), que j’ai aussi retroué en vrac dans la série « monstres et merveilles » de Jim Henson dont je parlerais dans une autre note.

Les trésors de l’animation russe

Navrée pour l’oublie de la semaine dernière dû à beaucoup de travail, d’ailleurs cette semaine c’est pareil, même pire, mais bon je m’y colle quand même. Je suis heureuse de m’y mettre hein…faut pas croire.

Donc, la dernière fois j’abordais le « bâteau volant » qui bien que n’étant pas réalisé par des russes reprennait leur folklore, ce petit film me permet donc d’entrer dans le vif du sujet de quelque chose qui a vraiment marqué mon enfance : l’animation russe. Et comme cette année était l’année franco-russe c’était l’occasion parfaite. Mais je me répète un peu là…

Je vais déjà évoquer mon amour de l’animation russe, qui pour moi fût une révélation :
*flashback avec flou écran noir tout ça*

C’était sur canal J, et ses super mercredi aprem (ou samedi on sait plus trop), j’avais droit à ma petite séance ciné. La plupart de ces films ne dataient pas d’hier et pourtant le charme était toujours présent. Ce qui me marqué c’était la finesse des dessins, une animation fluide et maniérée, et surtout une atmosphère russe. Car si l’on reprenait les fameux contes que tout le monde connait (blanche neige, la reine des neiges, Hansel et Gretel, le roi grenouille…) tout était russe. J’entends par là que les décors, les maison, les châteaux, les vêtements sont russes. De même que les caractères sont russes. Pour le coup je me base sur mon expérience littéraire.
Les femmes sont bien en chair, avec du caractère, les hommes grands et forts en général barbus et quand ils ne le sont pas se sont de jeunes princes (qui savent pas faire grand chose de leurs dix doigts) qui pleurent de manière viril. Le tout sur fond de grands gestes et de grandes embrassades.
En fouillant un peu, tout cela est dû à la période (soviétique) et une page de l’animation russe qui se voulait « réaliste », d’où l’utilisation de la technique de rotoscopie pour calquer au plus près les mouvements humains. Pour ceux qui voient pas, c’est la technique employée pour le premier film du seigneur des anneaux (celui de 1978 hein…). C’est aussi durant cette période que de nombreux contes de tout pays furent adaptés en animation. Il me semble que c’est la période de l’âge d’or de l’animation russe.

Je vais faire en sorte d’en regrouper plusieurs histoire d’être plus concis.
Pour ce premier post je vais parler des films réalisés par Lev Atamanov qui est un des grands noms de l’animation russe (soviétique)

Le premier et sans doute le plus connu : l’antilope d’or.
Réalisé en 1954 et primé à Cannes (prix spécial je crois), il reçu aussi d’autres prix à Londres et à Belgrade pour ses qualités artistiques. Contrairement à ce que j’en ai dit plus haut, ce film ci met l’accent non pas sur le côté russe mais sur ses origines indiennes (je ne connais pas le conte original).
C’est l’histoire d’une antilope qui peut faire apparaître des pièces d’or en un claquement de sabots, poursuivie par la Maharadjah lors d’une chasse, elle n’arrive à lui échapper qu’avec l’aide d’un jeune garçon. Obsédé par l’idée de posséder un tel animal le Maharadjah met tout en oeuvre pour la capturer.

Ce film était disponible en france en VHS et ensuite en DVD avec d’autres courts dans la rubrique « trésor de l’animation », difficilement trouvable aujourd’hui.
Le film en lui même est très beau, non dénué d’humour dans ses personnages parfois caricaturaux. On retrouve le classique « parcours iniatique avec des animaux » : le garçon aide un/des animaux qui par la suite l’aideront quand il aura un problème. Une ficelle qu’on retrouve dans beaucoup de contes.

Pour la plupart je les ai retrouvé en VO (en russe donc) sur youtube avec bien d’autres merveilles
Le film est court, environ 30 minutes

Autre histoire très remarquée et très connue : la reine des neiges.
Le film est plus vieux (1957) et plus long (plus d’une heure).
Je vous ferais pas un résumé je pense que tout le monde connait le conte de Andersen, où la jeune Gerda part en quête de son ami Key qui a des bouts de miroir incrustés dans le corps.

Comme son prédécesseur, ce film recevra plusieurs distinctions : lion d’or festival de Venise, prix au festival de Cannes, de Moscou et de Londres.

belle et la bête

The little red flower
Le film de 42 minutes datant de 1952 est l’équivalent de la belle et la bête.

Je met ici un extrait de très bonne qualité. Comme les autres l’on peut retrouver le film entier en qualité correct sur youtube.

L’histoire d’un marchant ayant 3 filles qui avant de partir pour un long voyage demande à chacune d’entre elles ce qu’elles souhaitent. Comme d’hab dans les contes les 2 premières demande des trucs cher et hors de prix et la dernière une simple fleur rouge. L’homme réussi à tout trouver sauf la fleur, jusqu’à ce qu’il tombe sur une île étrange où il la trouve enfin. Seulement après l’avoir cueilli un monstre apparait et lui dit qu’en échange de cette fleur il devra lui donner une de ses filles. Seulement il n’a pas vraiment le choix, soit il donne la bague magique que lui transmet le monstre pour qu’une de ses filles soit transportée direct sur l’île, soit le monstre débarque chez lui et le tue. L’homme rentre donc chez lui bien embêté. Malheureusement la plus jeune des filles découvre le secret de son père lors d’une conversation et enfile la bague. La voilà donc sur l’île, où un mystérieux hôte s’occupe d’elle, mais sa famille lui manque. Le monstre lui accorde donc d’aller la voir mais de revenir rapidement sinon il mourra de solitude. Bien sur les méchantes sœurs s’en mêlent car jalouse de voir leur cadette si bien paraît, les bras plein de cadeaux, et retardent donc la pendule de 2h. Forcement notre héroïne arrive trop tard et le monstre meurt. Sauf que ça serait pas un conte de fée si ça s’arrêtait là. La jeune fille pleure et regrette, c’est a ce moment là que la fleur rouge se réanime et miracle ! A la place du monstre on a un beau prince qui était en fait ensorcelé. Ils se sourient comme deux gros benêt heureux et vécurent dans la guimauve jusqu’à l’overdose.

Je vous abrège la fin tout le monde la connait. Je suis méchante avec ce pauvre film, mais en fait je l’aime beaucoup.

Bref comme les autres si vous avez l’occasion de voir ces films en VF, VO sous titré n’hésitez pas. De cette manière j’ai découvert le russe et en animation  ça rend pas mal, a mon sens inutile de comprendre pour apprécier.

Le bateau volant

Je me rend compte que j’ai failli oublier ma chronique de la semaine (que personne ne lit mais c’est pas grave) sur les films/séries d’animation chef d’oeuvre souvent de mon enfance. Je passe sur le roi et l’oiseau de Paul Grimault que tout le monde, je pense, connait. Il ya bien sur bien d’autres films and co mais j’en parlerai une autre fois. Ici je voulais faire court en abordant juste un petit film qui va me permettre de me lancer ensuite sur la Russie et Dieu sait qu’il y a à dire dessus.

Le film dont il s’agit c’est « le bâteau volant » ou « The Fool of the World and the Flying Ship »  qui un film d’animation en stop motion avec des marionettes, ce qui ne l’empêche pas d’être jolie et sensible. A l’époque je l’avais vu à plusieurs reprises sur Canal J (ah ces fameux films du mercredi!).
Si le film ne cache pas son influence russe puisqu’il est adapté d’un conte, jusqu’à tard, j’avais toujours cru que le film avait été réalisé là bas. Hors il n’en est rien. Le bâteau volant est issue d’une émission « Long ago & Far away » qui a été diffusé de 1989 à 1993, et a proposé  environ une trentaine de petits films ayant pour thèmes des contes et histoires du folklore du monde entier. Le film date de 1990, dure environ 60 mn et a été réalisé par Cosgrove Hall, un studio d’animation anglais. C’est le seul du lot à avoir été diffusé en France, enfin je crois, en tout les cas seul le film en lui même fût diffusé, pas le pataspitch de l’émission « Long ago and far away ».

 

L’histoire :
Le tsar de toute les Russies à l’habitude de recevoir de beaux et incroyables cadeaux, ce dont il est fier. Les prétendants se pressent d’ailleurs à sa porte pour lui apporter les plus beaux présents afin de pouvoir épouser sa fille la princesse Alexïa qui n’en a cure. C’est alors que celle ci propose de prendre pour époux celui qui sera capable de lui apporter un bâteau qui puisse voler. Enthousiaste à cette idée, le tsar Nikolai fait passer le message dans tout le pays. Au fin fond de la forêt profonde vit le jeune Piotr avec sa famille, composée de son père bûcheron, de sa mère et de ses deux frères. Ils ne sont pas riches mais vivent tranquillement, jusqu’à ce que les deux frères aient vent de cette histoire de bâteau volant dans laquelle ils voient un moyen de s’enrichir, et réussissent à convraincre leur père de leur passer toute ses économies qu’ils s’enpressent d’aller dépenser dans la taverne la plus proche. Piotr le benjamin de la famille et le plus rêveur voudrait lui aussi participer à cette quête, c’est à ce moment qu’il rencontre un drôle d’homme qui va lui offrir cette occasion, à une condition : qu’il ne refuse jamais quelqu’un qui désire monter à bord du bâteau volant. Voilà donc notre héro partie vers le palais du tsar, et qui rencontrera de bien curieux personnages en route.

Navré j’ai fait un résumé un peu long.
Ce film m’avait beaucoup marqué parce qu’il avait plusieurs points communs avec le baron de münchausen (dont ses personnages), d’ailleurs il est dit que Terry Gillian s’est inspiré de ce conte russe pour son film. Je tiens quand même à dire que j’adore ce film, et tout son côté WTF surréaliste.
Pour en revenir  au bâteau volant c’est un très jolie film, très poétique et bien réalisé. La musique est sympa et reste bien en tête. Je ne sais pas s’il a été édité en France, en tout les cas on peut le trouver en DVD en anglais par contre. Mais heureusement l’ami youtube est là ! Le film est donc dispo en VF (en qualité assez moyenne mais c’est déjà ça) et scindé en plusieurs parties. La VF est d’ailleurs très bonne. Après on aime ou pas, Piotr c’est l’archétype du héro tout gentil, tout naïf, avec un coeur gros comme un airbus, et on sait tous comment ça va se finir. Mais on s’en fiche c’est pas ça l’important!

Autre chose en VO (ou VA) c’est David Suchet (Hercule Poirot) qui est le narrateur de l’histoire, ce qui n’est pas rien ! Deplus le bâteau volant à reçut plusieurs prix, raison de plus pour le voir !

All the world will be your enemy

Je continue dans la rubrique « merveilleux films pas/peu connus » avec non pas un mais deux films issus du même auteur Richard Adams et qui illustrent parfaitement « l’animation ce n’est pas que pour les enfants ». Pour l’instant je n’ai pas trouvé grand monde qui n’ai pas été marqué/traumatisé/fait des cauchemars à cause de l’un des deux films qui sont « à destination des enfants ». Quelque part c’est un mal pour un bien, c’est souvent les films qui vous marquent qui restent.

Il s’agit donc de « watership down » et « the plague dogs », respectivement « les garennes de watership down » et « les chiens de la peste » en français. Les deux films n’ont pas été édité ni diffusé en france (en tout les cas pas à ma connaissance) contrairement aux livres dont ils sont issus qui eux sont désormais difficilement trouvable.

Commençons avec « watership down », tout comme « the plague dogs » il s’agit d’un livre du romancier anglais Richard Adams publié en 1972 succès de l’auteur et son chef d’oeuvre devenu un classique des grandes épopées animales. A l’origine il est dit qu’il s’agissait d’histoires qu’Adams racontait à ses filles qui lui ont demandé de les publier. Il en résultat un film d’animation, une série, une pièce de théâtre, et plusieurs citations (Lost, donnie darko…). Des années plus tard l’auteur publia « tales from watership down » qui est un recueil de nouvelles.

Histoire :
Pressentant un danger aussi implacable qu’imminent, un groupe de lapins aventureux sort de sa garenne à la recherche d’un territoire plus sûr. En chemin, ils vont rencontrer des situations extraordinaires qui vont les conduire à déployer des talents exceptionnels. Au bout d’aventures formidables au sein d’une garenne totalitaire, dans une ferme dangereuse, puis au terme d’une bataille fantastique, ils parviendront à établir leur garenne pacifique sur les hauteurs de Watership.

Source wikipedia

Malheureusement je n’ai pas lu le livre mais j’ai cru comprendre que plusieurs choses changées, tout en gardant l’essentiel de la force du livre. La force de celui ci réside dans le fait d’avoir créé une vrai mythologie autour de cette communauté de lapins. Ils ont leur dialecte, leurs contes et histoires, leurs héros, leur dieu…tout en restant néanmoins des lapins. Ce qui veut dire qu’ils restent des proies : tuer par les chasseurs, les chiens, les chats, les oiseaux de proie, et autres renards, écrasés par des voitures, prient au piège par des collets, quand ils ne s’attaquent pas entre eux pour des questions de territoire. Bref la vie d’un lapin c’est pas de tout repos.
Pour détailler un peu le language des lapins est le « Lapine », Frith est le nom du soleil mais aussi leur Dieu, quant à El-ahrairah qui signifie « Prince with thousand enemies » c’est le héro de la mythologie des lapins, leur ancêtre à tous…d’ailleurs le film nous met directement dans bain en expliquant pourquoi les lapins sont ce qu’ils sont (toujours d’après la mythologie lapin). Ces histoires leur permettent de se donnaient courage mais aussi de comprendre leur place, ce qui donne aussi crédibilité et profondeur au récit.

Outre la grande épopée de ces lapins vers une terre d’accueil où ils pourront vivre en paix, le film n’en reste pas moins violent voir sanguinolent. Même moi ,qui n’était alors plus vraiment dans la tranche d’âge 7-10 ans depuis un moment, j’ai été marqué la 1ere fois que je l’ai vue. Le film évoque aussi plusieurs thèmes comme la dictature, en vivant dans la peur et l’anxiété, mais fait la part belle à la ruse de certains lapins pour leur survie. Le livre avait quelque peu remué certaines féministes, car les rôles féminins, celui des lapines, étaient minimes, n’étant là que pour la reproduction.

‘All the world will be your enemy, Prince of a Thousand enemies. And when they catch you, they will kill you. But first they must catch you – digger, listener, runner, Prince with the swift warning. Be cunning, and full of tricks, and your people will never be destroyed.’

Concernant l’animation, là aussi on sent que le film n’est plus de 1ere jeunesse (il date de 1978), mais il reste plaisant à voir, avec de jolie musiques, comme bright eyes de Art Garfunkel. Le film reçu un accueil positif, et fût même nominé, quand au thème principal composé pour l’occasion, ce fût un hit en Angleterre qui restera six semaines au top 10,et sera reprit plusieurs fois. Il reste néanmoins de très jolie séquences (les visions de Fiver) qui ne sont pas là uniquement pour faire jolie mais apparaissent dans les moments clés de l’histoire, et des passages émouvant.

A noter que « watership down » existe (apparemment) et serait situé dans le Hampshire.

« The plague dogs » évoque aussi une grande épopée animale mais cette fois avec des chiens, et place la barre plus haut dans la beauté du pessimisme et de la tristesse. Rien que les premières image du film donne le ton : on ne va pas rigoler.

Histoire :
Deux chiens, Rowf et Snitter, cobays d’un laboratoire où ils n’étaient jusqu’à présent que des outils de recherche, parviennent à s’échapper. Goûtant enfin à la liberté, ils doivent apprendre à se débrouiller. Malheureusement leur bonheur sera de courte durée quand une chasse s’engagera pour les attraper, intensifié par la peur que l’un d’entre eux est porteur du virus de la peste.

Le film date de 1982 et de mon point de vue n’est pas très beau, se voulant sans doute plus proche de la réalité, cependant ça n’enlève rien à la gravité et aux choques de certaines séquences. Le film reprend d’ailleurs que la 1ere version du livre, une seconde ayant été publié plus tard modifiant la fin, cette fois ci par une note d’espoir.
Les premières scènes nous emmène dans le laboratoires où l’on découvre la cruauté de la recherche sur les animaux, leurs vies insalubres et leurs fins quand ceux ci ne sont plus utile.  Le réalisateur du film (Martin Rosen) a tout de même notifié que le film n’était pas là pour dénoncer mais pour faire partager une aventure. Il existe d’ailleurs 2 versions du film l’une de 86 et l’autre de 103 minutes. La version uncut est disponible sur youtube.
Que dire du film à par que les humains n’ont vraiment pas le beau rôle, même si les motivations de certains au centre de recherche sont justement de faire avancer la science et de guérir des maladies. D’ailleurs on ne les voit jamais vraiment en entier, on voit des jambes, des mains mais pas vraiment de visages.Il faut dire que visuellement ils ne sont pas très beaux. C’est un des aspects qui m’a quelque peu gêné, non pas qu’on ne les voit pas vraiment, mais le fait est que quand ils sont doublés j’ai eu du mal à savoir qui parlait, de plus leurs voix  me semblaient très lointaines comme en décalées par rapport à l’image.

Là où le film n’est vraiment pas pour les enfants, outre le ton employé, les couleurs grises délavées, c’est aussi par ses scènes « choquantes » qui ne sont pas forcement adaptées : la scène de début en laboratoires (Rowf ramené plusieurs fois à la vie, les singes, le chien qu’on ramasse à la pelle), Snitter qui dans sa joie tue accidentellement un chasseur, ou encore (dans la version uncut) lorsque l’on retrouve le corps d’un homme partiellement dévoré par Rowf et Snitter (qui étaient mort de faim et de froid sachant que l’homme était mort en tombant de la falaise où il c’était perché pour essayer de les tuer).

Si je parle de ces deux films ce n’est absolument pas par fibre nostalgique comme les deux autres, ni pour la beauté, ni pour les chansons, mais bien du propos. On est loin de l’univers gentillet, des chansons mielleuses, de la morale bien pensante, et du « ils vécurent heureux… ». Pourtant autant l’un que l’autre sont considérés comme des chefs d’oeuvre, des films ayant marqués, recommandés et souvent classés dans les 100 meilleurs films d’animation.
S’ils ne sont pas tout public, ces films méritent qu’on y jette un oeil ne serait ce qu’une fois.

Promis, la prochaine fois je parle de films plus optimiste !

ps: je viens de voir un documentaire sur christopher Lee sur arte, il y avait un court passage sur son doublage de la derniere licorne en allemand 🙂

La dernière licorne

Cette fois ci j’aborde un film qui est normalement plus connu et qui est sortie chez-nous en DVD, donc trouvable.
Comme « arabian knight » qui mit des années à sortir, comme « gay purr-ee » qui tentait de sauver son studio, « the last unicorn » (son titre original) connait aussi des déboires, en tout cas son adaptation live.

On quitte l’orient et Paris, pour se plonger dans la fantasy. Le film est une adaptation d’un livre du même nom de Peter S.Beagle -que je n’ai pas lu mais dont je pense ne pas tarder à le faire- auteur reconnu dans le monde de l’heroic fantasy -sans doute pour les puristes parce que moi ça me disait rien, faut dire que je suis pas non plus une spécialiste en fantasy-, et qui c’est aussi occupé du scénario du long métrage.
Ce film est issu d’une collaboration americo-japonaise -et moi qui avais cru pendant longtemps qu’il n’était que japonais-, les américains aux commandes et les japonais pour l’exécution. Sortie en 1982 il a bénéficié d’un grand soin au niveau du doublage comme de la musique. Pour les voix des personnages nous trouvons Christopher Lee (le roi Haggard), Mia Farrow (la licorne), Jeff Bridges (Prince Lir), Angela Lansbury (mère fortune), Alan Arkin- le grand père dans little miss sunshine- ( Schmendrick). Quant aux musiques certains sont signés du groupe America -que j’affectionne beaucoup-, qui rend d’autant plus le film mélancolique, contemplatif, et beau.

Histoire :
Dans une forêt enchantée, une licorne réalise qu’elle est la dernière représentante de sa race et décide de s’embarquer dans une quête pour apprendre ce qu’il est advenu des autres licornes. La Licorne comprend à travers le discours tarabiscoté d’un papillon qu’une bête connue sous le nom du Taureau de Feu les a toutes menée jusqu’au bout du monde connu. S’aventurant en territoire inconnu, hors de la sécurité magique de sa forêt natale, la Licorne commence un voyage pour trouver ses semblables et les ramener dans son monde.

source wikipédia

Contrairement aux films Disney (on ne peut échapper à la comparaison), ce long métrage est résolument tourné vers des thèmes plus adultes, et possède quelques séquences assez sombres (mère fortune et la harpie). L’amour est un des thèmes majeur et commun à bien des films, mais ici sont aussi touchés l’immortalité, l’identité. L’immortalité de la licorne qui par là même rend aussi immortelle la forêt dans laquelle elle vie, et à travers bien d’autres personnages qui cherche eux aussi cette immortalité quelle soit direct ou bien de manière détournée. Quant à l’identité, la licorne y sera confrontée directement entre des gens désormais incapable de reconnaître une vraie licorne, ne voyant qu’une jument blanche, et à travers Dame Althéa.
De plus, pas de happy end, pas de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », ce qui rend le film encore plus touchant. Ça a atteint ma corde sensible étant enfant.

Là aussi le film a vieilli, et l’animation n’est pas exempt de défauts, mais l’intérêt est ailleurs. Personnellement j’avais beaucoup aimé la finesse des personnages, surtout le design de la licorne.
Je faisais un peu plus haut mention de la musique jouait par le groupe America. J’apprécie surtout le thème principal, que l’on retrouve dans le générique d’ouverture, très inspiré des tapisseries comme celle de la dame à la licorne.
Apparemment le film aurait connu un certain succès aux USA mais aussi en Allemagne où il serait régulièrement rediffusé. Ce qui a aboutit à un projet de film live, regroupant plusieurs des acteurs qui avaient doublés le film animé. Ce projet annoncé en 2002, n’a depuis pas avancé, si un site existe malgré le côté très amateur, rien n’a évolué depuis et je commence à émettre des doutes quant aux faits qu’il aboutisse un jour. Ces problèmes seraient dû à des soucis juridique entre Peter S. Beagle initiateur du projet et Granada International.

En définitif la dernière licorne c’est bien, c’est beau, mangez en !

ps: quand j’étais petite j’aimais beaucoup le prince Lir, et j’avais beaucoup de mal à comprendre la colère de Molly Grue lorsqu’elle voit pour la 1ere fois la licorne.

Gay purr-ee

Contrairement à ce que laisse supposer le titre la note n’aura rien de gay, quoique après vous pourrez aller à vos divagations Freudienne. Après avoir fait une note sur FB « 15 films, 15 minutes », le nom « Gay purr-ee » est entré dans la liste et je me doute que pour ceux qui y ont jeté un oeil c’est un inconnu au bataillon. Cette courte note me permet de lancer un sujet que je voulais aborder depuis un moment surtout avec l’année franco-russe qui s’achève, à savoir les chefs-d’œuvre de l’animation. Je ne parlerai pas que des films russes, quoiqu’il y ait matière, mais des films qui m’ont marqué, qui ne sont pas forcement connus du grand public. Bien sur quand je parle de chef d’oeuvre c’est à différent degrés parce que ça reste mon point de vue : en terme d’histoire, de musique, d’ambiance… la plupart de ces films ont vieillis, certains sont moins innocents que d’autres etc…J’avais déjà plus ou moins abordé le sujet avec « la princesse et le cordelier » dans ma review des films de 2009 (qu’il faudra que je finisse un jour d’ailleurs) avec son parti graphique qui malheureusement passera à la trappe face à Aladin.

Bref.. »Gay Purr-ee » c’est tout simplement la prononciation de « Gai Paris » qui fût traduit en français par « Chat c’est Paris » qui est une histoire qui parle de…chats. C’est un film d’animation américain datant de 1962, soit 12 ans avant les aristochats de Disney, et après avoir lu quelques sites ça et là, le film avait surtout marqué une innovation dans le fait que les humains étaient quasiment absent du film. Il y en a, mais ils servent, pour le peu qu’on en voit, de toile de fond, bien que la discussion entre deux soeurs au début du film servent d’élément déclencheur à l’histoire.

Et de quoi ça cause ?
C’est l’histoire de Mewsette jeune chatte vivant paisiblement à la campagne, courtisée par Jaune Tom chasseur de souris émérite toujours accompagné de son acolyte Robespierre. Un jour Mewsette en a marre, et ne veut pas croupir le reste de sa vie dans sa campagne de Provence, elle rêve d’autre chose : de Paris ! Elle plaque donc tout pour monter sur la capitale, et y rencontre Meowrice chat raffiné qui décide la présenter à sa soeur Mme Rubens-chatte pour en faire un dame de la haute. Jaune Tom apprenant que sa bien aimée s’en est aller pour la capitale, décide de la rejoindre.

L’histoire en elle même n’est pas très compliquée, c’est celle de la provinciale naïve qui rêve d’un Paris idéalisé bien loin de la réalité. Avec le recul j’avais trouvé Mewsette horripilante à souhait quand elle commence à tout dénigrer en n’ayant que Paris à la bouche.  Le film a vieilli, l’animation n’était pas ce qu’il y a de meilleur, mais reste très correcte quand même. En étant honnête le film fait son âge, comme en démontre les chansons, oui il y en a, on est dans une comédie musicale. Mais d’un autre côté il ne faut pas s’arrêter là.

Le point fort du film, et c’est ça qui m’avait marqué, c’est son style graphique et son ambiance. Tout, absolument tout, est un hommage à Paris, la France, et surtout son art. C’est simple c’est une succession de tableaux. La Provence où vie Mewsette : du Van Gogh, son Paris : du Modigliani, le Meowlin Rouge : du Toulouse Lautrec…la preuve la plus flagrande est qu’elle celle ci se fait peindre son portrait : Claude Monet, Henri de Toulouse-Lautrec, Georges Seurat, Henri Rousseau, Amedeo Modigliani, Vincent van Gogh, Edgar Degas, Auguste Renoir, Paul Cézanne, Paul Gauguin et Pablo Picasso…ce qui est aussi l’occasion de quelques anachronismes : le tableau façon Guernica de Picasso (1937), alors qu’on est censé être en 1895…
A l’époque cette séquence m’avait beaucoup marqué, et encore aujourd’hui je la trouve très belle, je me demande même si elle n’a pas marqué au point d’orienter ma vocation..

L’autre point fort c’est la présence de Judith Garland (le magicien d’Oz) au doublage de Mewsette et pour les chansons, à l’époque c’était THE argument du film si bien que même sur ma jaquette de cassette vidéo on ne voit qu’elle. En ce qui concerne les chansons, le style est vieillot, certaines sont meilleures que d’autres.

Le hic dans tout ça, c’est que même si je conseille ce film, il sera difficilement trouvable dans notre contrée, à ma connaissance il n’a jamais était édité que ce soit en DVD ou cassette. Si j’ai eu de la chance de le voir c’est parce qu’on me l’a enregistré lors de son passage sur canal fin des années 80. Bizarrement je l’ai en VF avec les chansons en VOSTT, alors que planète jeunesse semble dire que lors de ce passage ci il était en VO… hum…

Pour conclure, Gay Purr-ee est un très beau et bon film dans un style qui lui est propre et qu’il serait dommage de faire une comparaison avec les aristochats tant ils sont différents (excepte pour le thème). Mais si vous avez l’occasion de jeter un oeil dessus n’hésitez pas. J’espère vous avoir donné envie.