L’hiver est enfin arrivé.

Pour cette fois, nous allons laisser les jeux vidéos de côté pour parler série. En particulier une incontournable qui aura marqué le paysage audiovisuel et qui entre dans sa phase finale. Tout le monde aura déjà deviné de qui je vais parler : Game of Thrones (évidemment).

Tout d’abord je tiens à préciser que je ne suis pas spécialement fan ce de la série. Entendons nous bien, quand j’emploie ici le mot fan, c’est dans un sens absolu. Je n’ai pas regardé les épisodes de la série le jour de leur sortie, je n’ai pas les DVD chez moi, ni même les livres que je n’ai pas lu (ou presque), je ne glane pas la moindre infos sur son sujet sur internet (enfin dans un sens si, mais un sens spécifique), je ne commente pas les épisodes sur les réseaux sociaux. Cependant, ça ne veut pas dire que je déteste la série au contraire, je l’apprécie mais pas au point de pester ou de pleurer devant mon écran pour chaque mort que je trouve injuste. Si j’en parle c’est parce qu’étant donné qu’elle se termine bientôt, il me semblait important, d’une certaine manière, de revenir dessus. Parce qu’il n’y aura plus de dernière fois. Parce qu’on attendra plus la derrière saison fiévreusement. Quelque chose se clos.

Pour en revenir à la genèse de mon histoire avec la série, il faut revenir au temps jadis de la saison 1. J’ai entamé la série la première saison terminée. Compte tenu de l’engouement qu’avais suscité la série, j’avais décidé d’y jeter un œil par des moyens quelque peu détournés sur mon écran d’ordi pendant l’été. Il me semble que je ne suis pas allée au bout de la S1 car coupée dans mon élan. Et généralement, j’ai du mal à reprendre par la suite. J’avais trouvé le tout intéressant, pourtant ça n’avait pas vraiment été un déclencheur car je n’ai pas regardé les saisons suivantes, jusqu’à ce que…jusqu’à ce que j’aille passé quelques jours chez une amie qui, elle, avait les DVD de la série de la S1 à la S3 (les seules officiellement sorties à l’époque). J’ai donc englouti deux saisons, plus la quatrième qui venait de s’achever. J’ai regardé la S4 avec une qualité d’image correcte mais sous-titrée avec les pieds. Ceci m’ayant d’ailleurs permis de voir que le sous-titrage est un vrai métier et qu’il n’est pas chose aisée. Et de mettre à contribution mes connaissances de la langue de Jane Austen. J’ai donc avalé quasiment 30 épisodes d’une traite. Ce qui ne gênait d’ailleurs pas ma logeuse, qui avait un œil sur moi, attendant de voir ma réaction devant un certain mariage en rouge et une part de tourte avalée de travers.

Et comme j’ai des tendances monomaniaques, c’est à dire que quand un sujet m’intéresse je peux disserter dessus pendant des semaines et lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet, j’ai donc noyée ma pote sous un flot de trucs relatifs à GOT. Outre le fait que j’ai du me faire violence pour éviter de trop la saouler, je me suis lancée dans une quête du savoir (défaut du chercheur). Je me suis donc mise à lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet : wiki en tout genre pour connaitre les moindre recoins de Westeros et des personnages, théories en tout genre, différences entre les livres et la série, inspirations, analyse des personnages, analyse de la réception de la série. Et ça tombait bien puisque le phénomène GOT a permis – me semble t-il- de mettre en avant l’analyse sérielle, le transmédia et la critique de la réception.

Je différencie ma monomanie envers GOT, de celle d’un fan car ce n’est pas pour moi une envie ou un plaisir mais un besoin vital. Voyez ça comme du gavage. Tant que je n’ai pas étanché ma soif d’informations, quelles qu’elles soient, je ne peux trouver la paix (et le sommeil). Tant pis si je me spoile à mort. Pour remédier à cela, mon amie me passe les livres. Mais pas les premiers, non, mais ceux relatifs à la S4. Et comme, encore une fois, je ne fais rien comme tout le monde, je ne lis pas le livre d’une traite mais en faisant des va et viens entre les pages. Cela m’a permis de revenir sur certaines scènes emblématiques et de les voir sous un tout nouvel angle. En effet, les descriptions entre les deux supports sont différents. Le livre et l’écriture de Martin permet de développer plus en profondeur la psychologie (à supposer qu’il en est une) et les pensées des personnages auquel le lecteur a accès, ce qui n’est pas le cas de la série. De plus, les livres sont beaucoup plus crus sur certains aspects et parfois abscons dans les descriptions. Pour ce dernier point, je pencherais plus pour le style de l’auteur. En effet, j’ai pu avoir accès à d’autres de ces écrits traduit en français et j’avoue ne pas avoir été happé comme j’ai pu l’être par d’autres écrivains de fantasy. Ceci dit, de souvenir, le style est moins lourd et ampoulé que des auteurs plus anciens (je te regarde Tolkien). Bref.


Le fait d’avoir accès aux deux supports permets d’étendre la compréhension de cette univers qui prend des saveurs et des tournures différentes. J’emploie ici un exemple qui m’a marqué : la relation Tyrion/Shae. Evidemment, je fais ceci de mémoire, enfin des mémoires des conclusions que j’avais eu en analysant cette relation sur les deux supports. Dans le livre, la relation établie est définie sur une relation affectueuse qui n’a rien de romantique et qui entretenu par l’argent. Si Shae possède un certain attachement à notre nain préféré, il me semble qu’il est clairement posé que si une meilleure opportunité se présentait à elle, elle la saisirait. Elle ne le cache pas et Tyrion le sait. Sa trahison ne vient donc pas de nul part et agit comme quelque chose qu’il était possible d’anticiper. C’est une possibilité logique qui fait tout de même mal à l’un des personnages qui, malgré le fait qu’il est conscience que cela pouvait arriver, imaginait qu’il y avait plus entre eux. On retrouve quelque chose de classique dans cette homme bafoué par la femme qu’il aime. Classique mais efficace.
La version TV s’emploie à rendre le tout plus romantique (Shae peut se montrer jalouse, elle a de l’affection pour Sansa) et dénuée d’intérêt (« true love » comme attesté par Varys). Ce qui avait rendu mon visionnage de la trahison désagréable parce que, comme beaucoup, je m’étais attachée à Shae et à ce couple. Ce n’est pas juste déplaisant pour Tyrion, ça l’est aussi pour moi spectateur. Mais au delà de l’affectif que j’ai pour un/des personnages, c’était pénible car illogique. Je ne comprenais pas ici les raisons qui avait poussé ce personnage à agir de la sorte.
Il faudrait donc, après que tout soit terminé, que je relise les livres de manière approfondie. Cela permet quelque part de prolonger l’aventure.

La version TV reste tout de même le support le plus proéminent. Puisque la plupart des références que l’on peut voir circuler ça et là viennent directement de la série et non des livres (sauf si c’est Shakespeare). Néanmoins, sans avoir même sans avoir vu la série Tv pendant plusieurs années, j’ai tout de même réussi à comprendre certaines références et jeux de mots qui font les bonheurs des réseaux sociaux pendant un temps.

J’avoue, celle-ci j’ai du regarder pour comprendre. (Même si j’avais ma petite idée)

Et puis, je suis finalement rentrée chez moi et je n’ai plus touché à GOT. Ça ne m’avait pas particulièrement titillé, même en regardant mes amis anglophones pleurer ou commenter vigoureusement chaque épisode (surtout les fans de Jon Snow). J’ai vu des « Hold the door » dessinée sur les boutons de portes des ascenseurs de ma fac, j’ai capté les différentes références balancées ça et là dans d’autres séries, mais ça n’a pas relancé mon intérêt pour la série. Bien que j’avais un peu peur de l’effet netflix & co, cette effet qui fait que quand tu n’as pas regardé une série dont tout le monde parle tu es hors du coup. Il y avait aussi le fait évident que je n’avais pas le temps et pas de vacances (6 ans sans vacances tout de même).

J’avais un peu peur que mes journées ressemblent un peu à ça.

L’annonce imminente de la fin m’a donc poussé de ma retraite, par curiosité et par envie de reprendre une aventure là où je l’avais laissé. Ce n’est pas chose aisé, quand on a laissé s’écoulé autant de temps. Mais certains personnages et leurs relations ne s’oublient pas. J’ai donc commencé à regardé la S6 (oui je ne fais jamais rien dans l’ordre). Je n’étais pas perdu mais je n’ai pas eu ce frisson attendu des retrouvailles. Je n’ai pas été émue devant certaines morts comme certains l’ont été, à dire vrai il y avait un certain ennui. C’est le problème de GOT, on s’habitue à la mort et on commence à connaître le fonctionnement, ce qui rend le tout prévisible. Certains personnages sont donc évacués alors qu’ils auraient mérité un meilleur traitement (je pense à toi Osha).

Mais voilà, le moteur diesel que je suis s’est mis en route et mon intérêt est ravivé. Je me retrouve donc à arpenter Isidore et HAL qui m’explique pourquoi GOT est un cas clinique, un monde en crise, un voyage imaginaire vers d’autres mondes. Certains tentent de comprendre l’engouement, ce miracle de HBO et de la fantasy. Arrivera-t-on à reproduire pareil phénomène ? Des séries de qualités il y en a c’est certain. Mais y aura-t-il un autre GOT ?

Il est certain que HBO produit des séries de qualités. GOT a réussi à dépasser les Sopranos pourtant emblématique. Y aura-t-il une autre série capable de surpasser celle-ci ? A l’heure où la consommation de série évolue à cause de nouvelles plateformes, le fait de devoir regarder religieusement les épisodes de GOT chaque semaine et avoir le loisir de disserter dessus en attendant le suivant est un supplice plaisant. J’en ai vu clamer par exemple que Netflix ferait une erreur en ne diffusant pas cette dernière saison chez eux. Je doute que cela soit la politique de Netflix dont l’évaluation des qualités d’une série se joue sur un plan très particulier. Peut-être trouverons nous sous peu des intégrales de la série mais en attendant il faut se satisfaire d’autres adaptations.
Mais y aura-t-il une ou d’autre séries qui auront ce même état de grâce auprès du public alors que les épisodes sont balancés par pack de 12 et oubliés une fois visionnés ? On en revient à ce point qui me taraude, pourquoi cette série plutôt qu’une autre ? Il y a une flopée de personnages, bien trop nombreux pour qu’on arrive à se souvenir de tous, et qui meurt avec une facilité déconcertante, de la politiques et des magouilles qu’il est parfois difficile de suivre le fil de qui est avec et contre qui. Des éléments qui, généralement, déplaisent au public. Il y a toujours la saison de trop, ou celle parti trop tôt, ou encore des inégalités, des répétitions entre chacune d’entre elles. Des personnages et des sous intrigues inutiles ou sous exploités. Peut être que GOT évite tout ça ou que la série dans sa globalité fait que ces possibles défauts soient moins voyant. Peut-être que dans quelques années, on nous parlera de GOT comme d’une série moyenne ou sympa et qu’on ne critiquera qu’en évoquant ses défauts comme lorsque les générations actuelles parlent de Friends ou de Sex and the city.

Pour l’instant, j’observe tout ce petit monde se préparer et faire le décompte. Mais au fond en regardant cette série je m’y suis plongée pour de vrai, même en sachant ce qui allait arriver. Mais voilà, c’est le début de la fin.
La musique de GOT va me manquer, entendre son générique va me manquer, regarder les petits détails qui changent dans le générique va me manquer, ses personnages vont me manquer, mais plus que tout disserter de manière plus ou moins philosophique sur le fond de la série et saouler les gens avec va me manquer.

Pour l’instant, je vois juste les gens se préparer comme si nous allions vivre un événement historique. Les festins se préparent de outre Atlantique pendant qu’ici les gens veillent du fond de leurs lits ou canapé.
Moi aussi à mon tour, je vais tenter d’être dans le coup une derrière fois. Sans doute pour dire j’y étais et plus tard, revenir avec nostalgie dessus, afin d’en expliquer le pourquoi.

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