Hanayome wa motodanshi, la mariée était un garçon

Je vais essayer d’alterner entre billets longs comme le bras et ceux un peu plus courts pour laisser respirer. Mais il faut savoir que c’est difficile pour moi d’écrire quelque chose de court sur certaines œuvres.

Derrière ce titre, ce cache un manga en un seul volume qui est la version papier d’un blog.
Il existe pléthores de manga et d’animes dans lesquels nous pouvons retrouver un garçon ou une fille habillé(e)s ou se revendiquant du sexe opposé pour des raisons scénaristiques diverses et variées, parfois comiques ou sujets à quiproquos. Tout ceci nous donne l’illusion que le Japon est un pays relativement cool et permissif qui autorise toutes les fantaisie et est très LGBT friendly. Je ne vais pas vous faire un topo sur le sujet, parce que ce serait long et complexe alors que je veux aller directement au but, en parlant de Hanayome wa motodanshi. Jusqu’à présent, je n’étais pas tombée sur des mangas parlant de manière sérieuse de la question trans au japon. Il y a bien Hourou Musuko (Wandering son) ou Bokura no hentai me direz-vous mais cela reste de l’ordre de la fiction, du romancé. J’ai trouvé Hanayome wa motodanshi complètement par hasard. Le titre, le style mignon et rondouillard, le 4-koma me laissait penser -à tort- qu’il s’agissait d’une énième BD comique.

En réalité, Hanayome wa motodanshi parle de la vie de Chii et de son expérience en tant que personne trans, le chemin parcouru pour devenir femme et épouser sa moitié. Le manga est découpé en plusieurs chapitres qui retrace le parcours de Chii : sa vie amoureuse, l’annonce de sa volonté de changer de sexe à ses parents, comment elle a rencontré son mari, son opération, la demande en mariage, la rencontre avec les parents, sa vie de couple marié….le tout entrecoupé d’anecdotes et d’informations sur la situation LGBT au japon.

Ce manga est la fois intéressant et rafraichissant, il aborde les choses de manières simples, sans en faire trop, parfois avec humour. On ne tombe jamais dans le pathos, le voyeurisme, ce n’est jamais « trop ».
Le personnage du mari est aussi délicieusement croqué. C’est quelqu’un de très gentil, complétement gaga de Chii qui l’accompagne et la supporte dans ses démarches, ne presse en rien les choses mais en même temps vit un peu dans sa bulle. Sa réaction lorsque Chii lui annonce qu’elle était un garçon (et qu’elle l’est toujours techniquement) est assez géniale (j’avoue que je m’y attendais). De même que la réaction des parents est pleine de compréhension (même si le père à l’air un peu à l’ouest).
Ici, le parcours de Chii nous est montré de manière très positive, l’auteure étant accompagnée par ses amis et sa famille dans ses démarches. A part le processus administratif pour légalement changer de sexe aux yeux de la loi qui est procédurier et long, et la douleur des opérations, Chii ne rencontre pas de réelles difficultés. Peut-être que certaines ont été occultées ou qu’il n’y en a eu vraiment aucune. A part le cas de Chii qui s’est bien passé, difficile de savoir s’il en est de même pour les autres personnes trans au japon (mais d’après les exemples donnés ça ne semble pas être simple pour tout le monde).
L’autre point intéressant, c’est qu’à chaque fin de chapitre, Chii développe une problématique sur la question LGBT (plutôt orientée trans) : qu’est-ce que le drapeau arc-en-ciel ? qu’est-ce que le SRS ? qu’est-ce qu’une personne transgenre ? comment transitionne-t-on ? Mais aussi toutes les problématiques associées aux changements de sexe, comme le fait que le mariage homosexuel ne soit pas reconnu au Japon à l’heure où j’écris et que donc certaines personnes soient obligées de divorcer ou d’abandonner l’idée de changement de sexe, ainsi que les autres problèmes légaux comme le « gender dysphoria special cases act ». A ce propos, comme je l’ai évoqué au départ, Chii tient un blog dans lequel nous pouvons retrouver ces thématiques qu’elle explique en dessin de la même manière que dans le manga, ainsi que des petits moments comiques.

 

En somme, je conseille ce manga car il est intéressant et instructif si vous décidez de vous pencher sur ces problématiques. C’est aussi une histoire rapide à lire, touchante et adorable. Chii et son mari sont vraiment mignons et le tout est raconté de manière à sortir de cette lecture le cœur léger.

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3 réflexions sur “Hanayome wa motodanshi, la mariée était un garçon

  1. ça a l’air très intéressant, je vais aller jeter un œil à ce manga (justement je réfléchissait hier à faire un billet sur le sujet de l’identité sexuelle dans le manga… ouai bon c’est pas pour demain mais, je note ce titre dans un coin de ma réflexion ^^) Merci 🙂

    • Ah ben nous avons la même idée alors ^^
      Pour ma part ça me trotte dans la tête depuis un moment, malheureusement ça fait partie des notes « longues » que je veux mettre en place et qui demande du temps que je n’ai pas pour l’instant.
      Mais ça serait intéressant d’avoir ton point de vue sur la question 🙂

      • C’est clair ! C’est le genre d’article qu’on prépare longtemps (et que parfois on ne publié jamais T_T) moi aussi je suis intéressé par ton point de vue 🙂 j’y puisera issus sans doute un tas d’informations sur des manganèse que je ne soupçonne même pas 😀

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