life is shit

Suite au dossier sorti sur le site manga news, et à un article interressant sur l’ijime sur celui d’animeland, je me suis lancée dans l’introspection d’un manga qui me tient à coeur, et que je lis actuellement. Je veux parler de Life.

Life c’est un manga, plus exactement un shojo manga en 20 tomes, dont 9 sortis actuellemet en France chez Kurokawa.
Certes on retrouve le merveilleux univers du lycée, avec ses lycéens populaires, ses premiers de la classe, les grands émois de jeunes filles en fleur, et la grande vague de l’amitié indéfectible.
C’est justement sur une histoire d’amitié que Life commence, deux amies encore au collège, qui n’ont pour rêve que d’entrée dans le même lycée, réputé de préférence. Après plusieurs pages nous étalant la bonne humeur, et les belles promesses d’amitié éternelle, une ombre se profile au tableau. Ayumu l’héroïne de l’histoire est loin d’être une tête de classe comme son amie Shino à qui elle demande de l’aide, seulement voilà la tendance s’inverse et le drame se produit. C’est Ayumu qui est reçut et non Shino. En moins de deux la belle amitié éclate, et Shino lui vomit sa rancœur à la figure.
Ce qui aurait dû commencer comme un nouveau départ s’avère plein d’amertume. Se sentant coupable Ayumu commence à se mutiler à coup de cutter pour expier ses fautes, comprendre la douleur de son amie mais aussi soulager la sienne.
Puis arrive Manami, jolie jeune fille populaire, aux premiers abords superficiels et un peu cruche, qui n’a à la bouche que son chéri, le beau et populaire Katsumi. Ayumu commence à remonter la pente, jurant une nouvelle et belle amitié avec la nouvelle venue qui a crue en elle. Mais est ce une bonne chose ?

Comme je le disais, Life remplie son quota shojo lycéen, mais à la différence de nous pondre une énième cruche au grand cœur amoureuse éconduit du connard populaire du lycée, c’est une longue décente aux enfers vers l’ijime qui commence pour l’héroïne.
Ce n’est pas la première fois que dans un manga une héroïne se fasse martyriser, que se soit par la bande de pestes jalouses de son amitié avec le beau gosse populaire, ou qu’elle traverse moults épreuves pour enfin arriver au bonheur. L’ijime lui même étant apparu dans d’autres mangas (GTO par ex). Seulement c’est la 1ere fois que je vois un manga n’ayant pour thème que ça. Forcement ça fait tâche au milieu d’autres titres bonbons.
Voir l’héroïne se taillader les poignets est déjà assez dur en soi, mais le pire est à venir. Si les premiers tomes posent les bases réalistes de violence lycéenne, plus on avance plus la surenchères de violence fait son apparition. Ca peut paraître trop, mais l’auteur nous montre jusqu’où ça peut aller dans la course à la violence gratuite, la haine, la vengeance et la folie.

L’auteur Keiko Suenobu,a a déjà fait un premier essai avec Vitamin, un one-shot paru en France, si la base de l’histoire est différence, le résultat est le même en accélérer .
Dans Vitamin, nous avons une jeune et jolie héroïne, qui forme une couple pur, parfait et populaire avec son chéri. Chéri pas aussi propret qui le laisse paraître, avec qu’une seule idée en tête, faire ça vite et bien à l’abri des regards chaque fois que l’envie lui en prend, malgré les réticences de l’héroïne. Et ce qui devait arriver, arriva… ils se firent chopper en pleine action, mais l’histoire ne retiendra que la fille. Dès le lendemain la rumeur fuse, sa belle image vole en éclat : c’est une chaudasse, une salope. Vite larguée par son copain qui ne veut rien à voir affaire avec ça, la voilà mise au banc.
On y retrouve les mêmes ingrédients que dans life : isolement, charmant mots gravé sur le bureau ou étalé au tableau, que l’héroïne doit effacer au plus vite avant l’arrivé des profs, avec les mains de préférence, puisque la brosse est gentiment cachée, moqueries en tout genre, remarques désobligeantes, vol de chaussures, dégradations de ses affaires, j’en passe et des meilleures… tout en lui répétant qu’elle n’a pas sa place ici, et que le monde se porterai mieux sans elle.
Charmant tableau du lycée.

On peut donc voir en Vitamin un préquel de Life à quelques différences prêt.
Dans les deux cas, on se concentre aussi à la vie hors lycée, notamment l’intimité des héros, la relation avec les parents. Parents bien évidemment qui ne sont pas au courant de ce qui se passe.
Dans Life, la vie d’Ayumu se compose d’un père absent, et d’une mère n’ayant d’yeux que pour sa cadette, tellement plus douée que sa sœur, passant à côté des signaux que lui envoie sa fille.
Dans Vitamin, les parents se heurtent au silence de leur fille, on sent leur incompréhension, essayant de faire au mieux, ils tâtonnent, ils peinent face à leur fille qui vomie dès les portent de la maison franchies ou quand on lui parle de lycée.
Keiko Suenobu montre aussi le rôle joué par les parents. Parents qui n’ont parfois qu’une idée en tête : la réussite. La fierté que leur enfant soit dans les meilleurs établissements, qu’ils se doivent d’avoir les meilleurs notes, aucune liberté de leur est accordé à moins d’être les meilleurs à l’instar de Paradise Kiss.
Si bien qu’ils passent complètement à côté, ne voient rien, n’écoutent rien. Pas étonnant que leurs enfants ne leurs disent rien à supposer qu’ils écoutent.

Le professorat n’est pas en reste. Dans Life, certains sont parfaitement conscient de ce qui se passe mais préfèrent fermer les yeux, quand d’autres ni complètement cette réalité. On est dans un lycée réputé voyons ! Comment une telle chose pourrait être faisable ?
Ca va jusqu’à museler les élèves pour éviter de tâcher la réputation de l’école.
Quand Ayumu cherche de l’aide auprès de ses profs, on évoque juste un problème de communication avec la partie adverse, quand on ne la regarde pas avec condescendance en lui rétorquant que c’est vilain de mentir.
Et quand d’autre cherche à l’aider en mettant les deux pieds dans le plat, les persécutions redouble auprès de la fayote.
Que faire dans ces cas là ? Si on en fait rien ça continue, si on agit ça redouble.
On s’aperçoit rapidement que l’ijime ne se cantonne pas aux élèves mais est aussi bien présent dans le milieu professionnel.

Je prend aussi le partie de dire qu’Ayumu c’est elle même mise dans cette situation de victime qu’elle a écrit en gros sur le front. Elle s’imagine coupable et réagit en tant que tel. S’éloignant des autres, se mettant à l’écart, ne pas s’impliquer, elle ne s’estime pas digne d’être amie avec qui que se soit, et qu’elle mérite ce qui lui arrive.
On est loin de l’héroïne au grand cœur ayant pour but d’aider tout le monde. Ayumu veut éviter les problèmes, c’est justement en ne prenant pas partie, en décidant de se taire, que ceux ci lui arrive en plein dans la face. L’intention est louable : celle de plus souffrir, que se soit autrui ou elle même. Mais cela apparaît comme une faiblesse, un manque de confiance en soi. Elle sera donc testé par ses nouvelles amies pour montrer qu’elle est bien dans le « bon » camp.

Keiko Suenobu dévoile le cercle infernal de la persécution, si bien qu’on la soupçonne d’en avoir aussi été victime.
Il n’y a pas que ceux qui agresse directement l’héroïne qui sont coupable, mais bien toute la classe.
Entre ceux qui ferment les yeux s’estimant chanceux de ne pas être à sa place, ceux qui participent au défoulement collectif estimant qu’ils ne font rien de mal à part s’amuser un peu, ceux qui plaignent Ayumu dans son dos mais ne viennent pas pour autant l’aider. C’est une masse compacte qui écrase l’héroïne.
Quand un élève décide enfin de se lever pour montrer son ras le bol, la masse suit. Il suffit finalement de pas grand chose, encore faut il le faire…
Heureusement Ayumu n’est pas Princesse Sarah. Si elle ne tombe pas non plus dans le cercle vicieux de la vengeance, elle ne pardonne pas pour autant ceux qui viennent tout mielleux la voir avec un simple désolé.

Les personnages de Life on tous une double facette souvent peu reluisante. N’importe qui peut devenir bourreau ou victime du jour au lendemain, parfois même les deux à la fois. Certain trouve un salut à la pression par le sadisme et la violence.

Life donne un portrait peu reluisant du lycée. J’en ai fait une description assez noire, mais il ne faut pas le bouder ! Le dessin très shojo, parfois maladroit des premiers volumes, laisse place à une grande palette d’émotions autant pour les personnages que le lecteur, la narration est elle même très bien faite.
Life est un manga qui m’a prit au cœur, on a la rage au tripes devant l’injustice, et le cercle infernal dans lequel Ayumu se débat seule ou presque. J’ai eu envie de cogner, mordre sans pouvoir rien y faire. C’est un manga prenant, frustrant, j’ai été très touché .

Life a quand même une lueur d’espoir. Vitamin nous parlait de trouver une passion, quelque chose qui nous motive et de s’y accrocher. Dans life c’est l’amitié, celle qui se développe entre Ayumu et Hatori, jeune fille étrange quelque peut en marge du reste de la classe. Hatori ne se cache pas, en impose, dérange, elle est la lueur d’Ayumu, son espoir, celle qui l’a réconforte. Cependant ce n’est pas la solution de facilité, elle n’est pas celle qui vient à la rescousse et sauve Ayumu par de grandes et belles phrase. Souvent absente, c’est Ayumu seule qui devra trouver le courage en elle même de faire face, mais c’est Hatori qui lui a donné l’espoir de ne pas laisser tomber.

Life c’est aussi un drama, qui reprend la première dizaine de volumes en changeant quelques points.
Déjà Ayumu ne s’automutile plus, ce qui est quand même un des thèmes fort du manga, l’aspect sexuel a été revu version soft, comme certains sévices pour ne pas choquer.
Certaines relation changent entre les personnages, quand d’autres nous sont introduit plus tôt ce qui est un bon point. Par contre Manami fait peste dès le départ.
Dans l’ensemble les acteurs ont le physique des personnages qu’ils interprètent (excepte Katsumi que j’ai trouvé très moche, plus manipulateur, on a moins d’empathie pour le perso et son histoire).
On accentue la culpabilité d’Ayumu part le fait que Shino est voulu se suicider suite aux ratages de ses examens, ou encore qu’elle même se trouvait en position de bourreau dans son nouveau lycée en laissant une de ses nouvelles amies se faire martyriser. La fin quand a elle reste ouverte. Mais je n’ai pu m’empêcher d’être d’accord avec Manami : tout le monde est coupable ! Et si elle doit s’agenouiller pour s’excuser, les autres devraient aussi y passer.
En somme sympa à regarder, peut être un peu trop de belle phrases, mais garde en tête le cercle vicieux qu’est la violence et la persécution, sans égalé l’intensité procuré par le manga.

Il y a aussi se manque de communication, dû à la honte. Seul, sali, souillé, sans personne qui vous écoute, on est tenté de commettre le pire.
Si la jeunesse japonaise règle le problème par le suicide, celle américaine le fait à coup de fusil.
On retrouve la notion de bizutage dans toutes les sociétés. Rite de passage pour montrer qu’on est digne d’appartenir au groupe. On en retrouve fréquemment dans les grandes écoles. Quand j’étais plus jeune, le sujet du bizutage revenait régulièrement à la TV, si c’était amusant et sans conséquences ça pouvait vite déraper. Je me souviens entre autre d’une jeune fille en sous vêtement à quatre pattes, les yeux bandés, au dessus d’un seau à contenance douteuse dans lequel elle devait plonger la tête.

Tout ça pour dire que l’on parle de l’ijime au japon, certes c’est moche, ça va loin, et c’est grave, mais les autres sociétés dites moderne sont loin d’être clean elles aussi.
Véhiculé par les teenage movies, les castes sociales du lycée des US sont loin d’être clichés : la cheerleader qui sort avec le footballeur populaire qui aime s’en prendre au pauvres petits nerds Les lycées façon Daria ça existe. Pour être aller dans ces lycées (certes pas longtemps) qui ont la taille d’un campus universitaire, où tout le monde il est beau et gentil où tout le monde il est ami, avec un sourire colgate extra blancheur collé sur la face, il suffit de gratter un peur le vernis et les paillettes pour voir la superficialité de la chose. Ca se poursuit même à la fac, avec toutes ses sociétés alpha/beta/gamma où sont allés papa/maman et où tu te dois de rentrer sous peine d’être un raté.
En France on pourrait se dire qu’on est loin de tout ça ! Que neni ! J’ai vu des profs prendre des élèves comme têtes de turc, montré du doigt devant tout une classe qui glousse, c’est humiliant. Des profs qui sous prétexte que vous êtes différent, vous donne des bons gratis direction le psy pour corriger ce qui ne vas pas chez vous. Vas y enfonce le clou qui dépasse. Des groupes d’élèves qui s’en aucune raison s’en prennent à un camarade tout seul, juste pour le plaisir de se foutre de sa gueule et de le malmener un peu. Que peut –on faire quand on est seul face à plusieurs ? Quand on a aucun amis pour vous réconforter ?
Le lycée, le collège, c’est un univers étouffant. Il suffit d’avoir une étiquette collée sur la tête, et tu es catalogué, il est très difficile de changer, d’évoluer alors. On tombe aussi dans des lycées, véritable usines à la course pour le meilleur pourcentage de réussite au bac, le développement personnel et individuel c’est accessoire. Passe ton bac d’abord !

En somme Life est un manga qui sort du lot, qui s’il est dur, n’en reste pas moins inintéressant, et ne peut laisser insensible.

4 réflexions sur “life is shit

  1. C’est Za’ 😉
    J’ai vu le drama seulement et j’ai beaucoup aimé. Ca fait peur quand même (le coup des aiguilles brrrr), je sais que ce genre de comportement est très fréquent dans les classes (j’en ai moi-même fait les frais) mais je me demande si dans la réalité c’est poussé autant à l’extrême :s (dans ce cas ça ferait vraiment très peur !!!)
    En tout cas, au vu de ta critique, je pense me procurer le manga 😀

    • Re: C’est Za’ 😉
      C’est vrai que le coup des aiguilles, voir même de la serpillère, sont horrible ! Le drama reste correct, mais mieux vaut le voir avant de lire le manga qui reste bien plus affreux (à mon avis). Par ex la scène entre Katsumi et Ayumu quand elle se retrouve chez lui attaché, dans la version manga non seulement elle a moins de vêtements mais en plus elle a tellement peur qu’elle se pisse dessus, ça vire à l’humiliation totale, voir au viol psychologique.
      D’après l’article d’animeland, ça va loin, mais de moi même je pourrai pas dire si c’est aussi extrême au japon. Je fais en sorte d’espèrer que non.
      En tout les cas contente que ç t’es donné envie ^^
      (malgrès l’horreur)

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