L’hiver est enfin arrivé.

Pour cette fois, nous allons laisser les jeux vidéos de côté pour parler série. En particulier une incontournable qui aura marqué le paysage audiovisuel et qui entre dans sa phase finale. Tout le monde aura déjà deviné de qui je vais parler : Game of Thrones (évidemment).

Tout d’abord je tiens à préciser que je ne suis pas spécialement fan ce de la série. Entendons nous bien, quand j’emploie ici le mot fan, c’est dans un sens absolu. Je n’ai pas regardé les épisodes de la série le jour de leur sortie, je n’ai pas les DVD chez moi, ni même les livres que je n’ai pas lu (ou presque), je ne glane pas la moindre infos sur son sujet sur internet (enfin dans un sens si, mais un sens spécifique), je ne commente pas les épisodes sur les réseaux sociaux. Cependant, ça ne veut pas dire que je déteste la série au contraire, je l’apprécie mais pas au point de pester ou de pleurer devant mon écran pour chaque mort que je trouve injuste. Si j’en parle c’est parce qu’étant donné qu’elle se termine bientôt, il me semblait important, d’une certaine manière, de revenir dessus. Parce qu’il n’y aura plus de dernière fois. Parce qu’on attendra plus la derrière saison fiévreusement. Quelque chose se clos.

Pour en revenir à la genèse de mon histoire avec la série, il faut revenir au temps jadis de la saison 1. J’ai entamé la série la première saison terminée. Compte tenu de l’engouement qu’avais suscité la série, j’avais décidé d’y jeter un œil par des moyens quelque peu détournés sur mon écran d’ordi pendant l’été. Il me semble que je ne suis pas allée au bout de la S1 car coupée dans mon élan. Et généralement, j’ai du mal à reprendre par la suite. J’avais trouvé le tout intéressant, pourtant ça n’avait pas vraiment été un déclencheur car je n’ai pas regardé les saisons suivantes, jusqu’à ce que…jusqu’à ce que j’aille passé quelques jours chez une amie qui, elle, avait les DVD de la série de la S1 à la S3 (les seules officiellement sorties à l’époque). J’ai donc englouti deux saisons, plus la quatrième qui venait de s’achever. J’ai regardé la S4 avec une qualité d’image correcte mais sous-titrée avec les pieds. Ceci m’ayant d’ailleurs permis de voir que le sous-titrage est un vrai métier et qu’il n’est pas chose aisée. Et de mettre à contribution mes connaissances de la langue de Jane Austen. J’ai donc avalé quasiment 30 épisodes d’une traite. Ce qui ne gênait d’ailleurs pas ma logeuse, qui avait un œil sur moi, attendant de voir ma réaction devant un certain mariage en rouge et une part de tourte avalée de travers.

Et comme j’ai des tendances monomaniaques, c’est à dire que quand un sujet m’intéresse je peux disserter dessus pendant des semaines et lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet, j’ai donc noyée ma pote sous un flot de trucs relatifs à GOT. Outre le fait que j’ai du me faire violence pour éviter de trop la saouler, je me suis lancée dans une quête du savoir (défaut du chercheur). Je me suis donc mise à lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet : wiki en tout genre pour connaitre les moindre recoins de Westeros et des personnages, théories en tout genre, différences entre les livres et la série, inspirations, analyse des personnages, analyse de la réception de la série. Et ça tombait bien puisque le phénomène GOT a permis – me semble t-il- de mettre en avant l’analyse sérielle, le transmédia et la critique de la réception.

Je différencie ma monomanie envers GOT, de celle d’un fan car ce n’est pas pour moi une envie ou un plaisir mais un besoin vital. Voyez ça comme du gavage. Tant que je n’ai pas étanché ma soif d’informations, quelles qu’elles soient, je ne peux trouver la paix (et le sommeil). Tant pis si je me spoile à mort. Pour remédier à cela, mon amie me passe les livres. Mais pas les premiers, non, mais ceux relatifs à la S4. Et comme, encore une fois, je ne fais rien comme tout le monde, je ne lis pas le livre d’une traite mais en faisant des va et viens entre les pages. Cela m’a permis de revenir sur certaines scènes emblématiques et de les voir sous un tout nouvel angle. En effet, les descriptions entre les deux supports sont différents. Le livre et l’écriture de Martin permet de développer plus en profondeur la psychologie (à supposer qu’il en est une) et les pensées des personnages auquel le lecteur a accès, ce qui n’est pas le cas de la série. De plus, les livres sont beaucoup plus crus sur certains aspects et parfois abscons dans les descriptions. Pour ce dernier point, je pencherais plus pour le style de l’auteur. En effet, j’ai pu avoir accès à d’autres de ces écrits traduit en français et j’avoue ne pas avoir été happé comme j’ai pu l’être par d’autres écrivains de fantasy. Ceci dit, de souvenir, le style est moins lourd et ampoulé que des auteurs plus anciens (je te regarde Tolkien). Bref.


Le fait d’avoir accès aux deux supports permets d’étendre la compréhension de cette univers qui prend des saveurs et des tournures différentes. J’emploie ici un exemple qui m’a marqué : la relation Tyrion/Shae. Evidemment, je fais ceci de mémoire, enfin des mémoires des conclusions que j’avais eu en analysant cette relation sur les deux supports. Dans le livre, la relation établie est définie sur une relation affectueuse qui n’a rien de romantique et qui entretenu par l’argent. Si Shae possède un certain attachement à notre nain préféré, il me semble qu’il est clairement posé que si une meilleure opportunité se présentait à elle, elle la saisirait. Elle ne le cache pas et Tyrion le sait. Sa trahison ne vient donc pas de nul part et agit comme quelque chose qu’il était possible d’anticiper. C’est une possibilité logique qui fait tout de même mal à l’un des personnages qui, malgré le fait qu’il est conscience que cela pouvait arriver, imaginait qu’il y avait plus entre eux. On retrouve quelque chose de classique dans cette homme bafoué par la femme qu’il aime. Classique mais efficace.
La version TV s’emploie à rendre le tout plus romantique (Shae peut se montrer jalouse, elle a de l’affection pour Sansa) et dénuée d’intérêt (« true love » comme attesté par Varys). Ce qui avait rendu mon visionnage de la trahison désagréable parce que, comme beaucoup, je m’étais attachée à Shae et à ce couple. Ce n’est pas juste déplaisant pour Tyrion, ça l’est aussi pour moi spectateur. Mais au delà de l’affectif que j’ai pour un/des personnages, c’était pénible car illogique. Je ne comprenais pas ici les raisons qui avait poussé ce personnage à agir de la sorte.
Il faudrait donc, après que tout soit terminé, que je relise les livres de manière approfondie. Cela permet quelque part de prolonger l’aventure.

La version TV reste tout de même le support le plus proéminent. Puisque la plupart des références que l’on peut voir circuler ça et là viennent directement de la série et non des livres (sauf si c’est Shakespeare). Néanmoins, sans avoir même sans avoir vu la série Tv pendant plusieurs années, j’ai tout de même réussi à comprendre certaines références et jeux de mots qui font les bonheurs des réseaux sociaux pendant un temps.

J’avoue, celle-ci j’ai du regarder pour comprendre. (Même si j’avais ma petite idée)

Et puis, je suis finalement rentrée chez moi et je n’ai plus touché à GOT. Ça ne m’avait pas particulièrement titillé, même en regardant mes amis anglophones pleurer ou commenter vigoureusement chaque épisode (surtout les fans de Jon Snow). J’ai vu des « Hold the door » dessinée sur les boutons de portes des ascenseurs de ma fac, j’ai capté les différentes références balancées ça et là dans d’autres séries, mais ça n’a pas relancé mon intérêt pour la série. Bien que j’avais un peu peur de l’effet netflix & co, cette effet qui fait que quand tu n’as pas regardé une série dont tout le monde parle tu es hors du coup. Il y avait aussi le fait évident que je n’avais pas le temps et pas de vacances (6 ans sans vacances tout de même).

J’avais un peu peur que mes journées ressemblent un peu à ça.

L’annonce imminente de la fin m’a donc poussé de ma retraite, par curiosité et par envie de reprendre une aventure là où je l’avais laissé. Ce n’est pas chose aisé, quand on a laissé s’écoulé autant de temps. Mais certains personnages et leurs relations ne s’oublient pas. J’ai donc commencé à regardé la S6 (oui je ne fais jamais rien dans l’ordre). Je n’étais pas perdu mais je n’ai pas eu ce frisson attendu des retrouvailles. Je n’ai pas été émue devant certaines morts comme certains l’ont été, à dire vrai il y avait un certain ennui. C’est le problème de GOT, on s’habitue à la mort et on commence à connaître le fonctionnement, ce qui rend le tout prévisible. Certains personnages sont donc évacués alors qu’ils auraient mérité un meilleur traitement (je pense à toi Osha).

Mais voilà, le moteur diesel que je suis s’est mis en route et mon intérêt est ravivé. Je me retrouve donc à arpenter Isidore et HAL qui m’explique pourquoi GOT est un cas clinique, un monde en crise, un voyage imaginaire vers d’autres mondes. Certains tentent de comprendre l’engouement, ce miracle de HBO et de la fantasy. Arrivera-t-on à reproduire pareil phénomène ? Des séries de qualités il y en a c’est certain. Mais y aura-t-il un autre GOT ?

Il est certain que HBO produit des séries de qualités. GOT a réussi à dépasser les Sopranos pourtant emblématique. Y aura-t-il une autre série capable de surpasser celle-ci ? A l’heure où la consommation de série évolue à cause de nouvelles plateformes, le fait de devoir regarder religieusement les épisodes de GOT chaque semaine et avoir le loisir de disserter dessus en attendant le suivant est un supplice plaisant. J’en ai vu clamer par exemple que Netflix ferait une erreur en ne diffusant pas cette dernière saison chez eux. Je doute que cela soit la politique de Netflix dont l’évaluation des qualités d’une série se joue sur un plan très particulier. Peut-être trouverons nous sous peu des intégrales de la série mais en attendant il faut se satisfaire d’autres adaptations.
Mais y aura-t-il une ou d’autre séries qui auront ce même état de grâce auprès du public alors que les épisodes sont balancés par pack de 12 et oubliés une fois visionnés ? On en revient à ce point qui me taraude, pourquoi cette série plutôt qu’une autre ? Il y a une flopée de personnages, bien trop nombreux pour qu’on arrive à se souvenir de tous, et qui meurt avec une facilité déconcertante, de la politiques et des magouilles qu’il est parfois difficile de suivre le fil de qui est avec et contre qui. Des éléments qui, généralement, déplaisent au public. Il y a toujours la saison de trop, ou celle parti trop tôt, ou encore des inégalités, des répétitions entre chacune d’entre elles. Des personnages et des sous intrigues inutiles ou sous exploités. Peut être que GOT évite tout ça ou que la série dans sa globalité fait que ces possibles défauts soient moins voyant. Peut-être que dans quelques années, on nous parlera de GOT comme d’une série moyenne ou sympa et qu’on ne critiquera qu’en évoquant ses défauts comme lorsque les générations actuelles parlent de Friends ou de Sex and the city.

Pour l’instant, j’observe tout ce petit monde se préparer et faire le décompte. Mais au fond en regardant cette série je m’y suis plongée pour de vrai, même en sachant ce qui allait arriver. Mais voilà, c’est le début de la fin.
La musique de GOT va me manquer, entendre son générique va me manquer, regarder les petits détails qui changent dans le générique va me manquer, ses personnages vont me manquer, mais plus que tout disserter de manière plus ou moins philosophique sur le fond de la série et saouler les gens avec va me manquer.

Pour l’instant, je vois juste les gens se préparer comme si nous allions vivre un événement historique. Les festins se préparent de outre Atlantique pendant qu’ici les gens veillent du fond de leurs lits ou canapé.
Moi aussi à mon tour, je vais tenter d’être dans le coup une derrière fois. Sans doute pour dire j’y étais et plus tard, revenir avec nostalgie dessus, afin d’en expliquer le pourquoi.

Thimbleweed Park

Nous allons encore nous plonger dans le monde des jeux vidéos d’aventure type point & clic. Vous en avez marre ? Moi pas.

Thimbleweed Park est jeu dont j’entendais beaucoup parler et en bien, ce qui a donc attisé ma curiosité. Cependant, j’avais décidé de ne pas me pencher trop sur le jeu afin de me garder la surprise le jour où j’aurais l’occasion d’y jouer. Et comme vous vous en doutez (sinon on ne serez pas là), ce jour est arrivé. Pour le coup je remercie l’existence d’Epic Game qui met à disposition gratuitement certains jeux pour une durée limitée, ce qui m’a permis d’acquérir le jeu en question. Je me suis donc lancé dans Thimbleweed Park.

L’équipe au complet.

Je pense l’avoir déjà dit mais j’aime énormément les jeux d’aventures et les point & click. Ils font partie des jeux sur PC qui ont marqué mon adolescence (enfin surtout les jeux Sierra). Pour être honnête j’ai surtout connu ceux typés « cartoon » (King Quest 7, Torin Passage) où les énigmes reposaient beaucoup sur l’assemblage d’objets (à regarder sous toutes les coutures) et apporter le bon objet à la bonne personne pour faire avancer l’intrigue, les actions se faisant plus ou moins automatiquement. Je n’ai donc pas connu ceux qui proposaient tout un panel de verbes d’actions, tout en scrutant chaque pixel de l’écran pour vérifier s’il n’y avait pas quelque chose à déclencher.
Imaginez donc un peu ma tête quand j’ai vu que Thimbleweed park faisait partie de ces jeux là que je pensais révolus. Il s’agit d’un parti pris totalement voulu, tant tout respire cette époque là dans le jeu. Entre salle d’arcade, téléphone à pièces, cartouche du jeu E.T, polaroid, etc…tout sent la nostalgie. Il n’y a qu’à voir la maison familiale de Delores, c’est celle de Maniac Manson (il en est d’ailleurs clairement fait mention dans le jeu), tout comme le design des personnages vient clairement de là. L’interface c’est Maniac Mansion.

Personne n’a trouvé le temps de réparer ces escaliers depuis plus de 20 ans.

Mais bref revenons à l’histoire pour celles et ceux qui débarqueraient.

L’histoire donc…

Elle est assez simple puisque au début du jeu vous voyez un homme se faire tuer. Son cadavre est retrouvé peu de temps après et c’est aux deux agents fédéraux Ray, cynique et pas ravie d’être là, et Reyes, le jeune et fringuant bleu, que revient d’élucider ce crime. En parallèle, nous apprenons la mort récente de Chuck, héros de la ville, ancien patron d’une usine de fabrication d’oreillers reconverti dans la création de machines qui pullulent dans la ville.

Sur le jeu en lui-même…

Nous commençons donc par une enquête classique avec une liste de choses à faire et deux personnages à manipuler. D’autres personnages jouables viendront par la suite rejoindre l’équipe, pour se retrouver à pas moins de 5. Ce qui est assez pratique pour se déplacer dans des endroits où d’autres n’ont pas accès et comprendre certains points de l’histoire.

On remarquera également que, si il faut se faire se rencontrer les personnages pour échanger des objets (les transvaser d’un inventaire à un autre façon Resonance), ce n’est pas le cas des informations -sauf certains éléments-. Par exemple, si un personnage X a connaissance d’un numéro de téléphone, je peux le faire exécuter par un personnage Y qui pourtant n’est pas censé détenir cette information.

Au début du jeu, il vous sera demandé de choisir entre 2 modes : casu et difficile. Le premier propose une expérience du jeu simplifié, dans le sens où certains lieux et interactions ne seront pas disponibles. Ce mode est pour les personnes qui débutent en jeux d’aventures ou tout simplement qui n’ont pas envie de se pendre la tête trop longtemps. Personnellement, j’ai pris le mode casu, tout simplement parce que compte tenu de mon emploi du temps changeant et parfois chargé, j’avais envie de le finir rapidement et de pas laisser des mois s’écouler entre deux parties. En général, ça a tendance à casser mon expérience du jeu car je ne me rappelle plus de ce que j’ai pu faire et où je me suis arrêté.
Le mode casu a ses détracteurs pour qui cela gâche l’intégralité du titre qui deviendrait une simple balade de santé. Ça n’a pas gâché mon expérience du jeu qui a duré en moyenne 5-6h. Je ne suis pas la seule personne qui ait pris ce mode et l’ait trouvé agréable à jouer. Par contre, ça serait mentir de ne pas dire que ça se sent par moment, surtout sur la fin, que certains éléments ont été simplifiés pour récupérer plus aisément certains objets. Dans l’ensemble, je n’ai pas eu de difficulté majeure, sans doute parce que je suis habitué à ce type de jeu, j’ai trouvé le tout assez intuitif. Un personnage te dit quelque chose entre deux lignes de dialogues, aussi débile et random que ça puisse sembler, tu sais que ça va servir. Il y a bien eu un ou deux blocages après avoir avoir fait les éléments demandés sur la liste et ensuite ne pas quoi savoir quoi faire après pour que le scénario bouge.
En mode difficile, il faudrait apparemment rajouté 10-15h de jeu en plus, de quoi donner envie de s’y replonger, surtout quand les résolutions de puzzles différent.

Ransome, l’atout charme du jeu.

Le jeu n’est pas dépourvu d’humour, entre Ransome le clown qui passe son temps à insulter tout le monde, l’agent Ray complètement blasée, les soeurs pigeons, l’homme pizza…le jeu est blindé de trucs débiles et insolites tout en dégageant une atmosphère particulière de mystère. Sans oublier que les personnages s’amusent à briser régulièrement le 4ème mur en plaisantant par exemple sur le fait qu’ils ne puissent pas mourir car ils sont dans un jeu d’aventure (quoique…) ou que le cadavre commence à méchamment pixeliser. Le jeu s’amuse aussi à taquiner le joueur en lui faisant ramasser des objets dont il n’aura aucune utilité ou pour le plaisir de collectionner des bouts de pixel sans intérêt.
Et c’est là que commence le hic du jeu, si je puis dire, c’est que dès que j’ai vu ces petites choses, j’ai su de suite où le jeu voulait m’emmener. Dès lors, pas vraiment de grosse surprise sur la fin, pas plus que sur l’ensemble du scénario au final. Si vous connaissez « Le monde de Sophie« , vous voyez venir les grosses ficelles de l’histoire (la philo en moins) et ça commence à sentir le réchauffer. Sans avoir avoir joué au secret de Monkey Island (on ne tape pas, merci), on comprend rapidement ce que le jeu essaie de dire. Quand le générique défile -passage assez drôle dans ce qu’il indique- et que nous voyons le nom de Ron Gilbert à l’origine de Maniac Mansion et Monkey Island, tout est dit. Thimbleweed park est clairement un mélange des deux jeux précédent avec les capacités graphiques actuelles surfant sur la vague nostalgique.
A la fin de ma partie, il restait toutefois quelques mystères à éclaircir et il me reste donc à vérifier si le mode difficile les résous. Il semblerait néanmoins que tout ne soit pas aussi simple car les joueurs élaborent de nombreuses théories sur certains points de l’intrigue.

Et tout commence avec un mec bleu.

Faut-il avoir joué aux précédent jeux de Ron Gilbert pour apprécier Thimbleweed Park ? Non clairement pas. Je pense cependant que les amateurs du genre et les nostalgiques se raviront de trouver les clins d’œil éparpillés ça et là. Néanmoins, ça se sent que par moment le jeu revient sur ces prédécesseurs, en tant que joueur il y a la sensation que quelque chose nous échappe.
Je conseille tout de même vivement le jeu car je ne l’ai pas lâché de bout en bout -à ma grande surprise- même si la fin m’a quelque peu déçue. Il ne me reste plus qu’à le faire dans l’autre mode pour de nouveaux challenges et revivre l’expérience Thimbleweed Park.

Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse se recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

Le fil de la vie

Après quelques mois d’absence, je reviens vers ce blog pour parler film. Il y a quelque temps déjà, j’avais lancé une rubrique sur les films d’animation oubliés ou presque (Chat c’est Paris, La dernière licorne, les films d’animations russes, etc.) mais qui méritent qu’on y jettent un œil.

Aujourd’hui je vais donc évoquer un film que j’avais malheureusement raté à sa sortie et dont il est difficile d’avoir des informations. Entendez par là, que si vous tapez son titre dans votre moteur de recherche peu de choses en sortirons et que je vous souhaite bien du courage pour trouver une version DVD avec du français dedans.

Je vais donc parler du film « Le fil de la vie« , de son vrai nom « strings », (moins poétique mais tout aussi évocateur) sorti en 2005 chez nous. Ce film a donc plus de 10 ans (déjà!).

Je tiens à en parler pour deux choses : la première c’est qu’il est -il me semble- un peu passé aux oubliettes et qu’il mérite un peu plus de reconnaissance, la seconde pour sa technique d’animation.

L’affiche est quelque peu mensongère : Zita n’est pas l’héroïne et il n’est pas question d’épée

J’avais déjà écrit un billet à chaud après mon visionnage de la série Thunderbolt Fantasy (qui a eu droit à un film et aura une seconde saison mais j’y reviendrai dans un prochain billet) qui utilisait des marionnettes, ce qui avait engendré un débat sur le fait de savoir si c’était de l’animation ou non. Ici, nous nous retrouvons peu ou prou avec la même choses : des marionnettes. Sauf qu’ici leur fonctionnement est un peu différent puisqu’elles ont des fils. C’est à la fois la force et la faiblesse du film mais j’y reviendrai. Mais d’abord un peu plus de détail sur le film en lui même.

Il s’agit donc d’un film d’animation sorti en 2005 en France avec une version française -que je n’ai malheureusement pas pu voir- et réalisé par Anders Ronnow-Klarlund. C’est une coproduction danoise, norvégienne, suédoise et britannique.

L’histoire débute au moment où le roi s’apprête à s’ôter la vie. Avant cela, il écrit une lettre à son fils Hal afin de lui expliquer son geste, ainsi que de le mettre en garde contre son oncle Nezo et l’acolyte de celui-ci, Ghrak. Il lui demande également de prendre soin de sa sœur Jhinna et de rétablir la paix entre leur peuple et les Zeriths. Malheureusement, Nezo trouve la lettre et fait passer le suicide en assassinat commis par leurs ennemis, lançant le fils dans une quête vengeresse pendant qu’il prend le pouvoir et déclare la guerre aux Zeriths.

L’intrigue du film est en somme très classique et aura un arrière goût de déjà vu. Néanmoins, c’est aussi cette inspiration des classiques gréco-romain (trahison, meurtre, vengeance, amour, rédemption, etc.) qui font aussi partie de son charme. L’histoire amène une certaine esthétique antique dans les décors, l’atmosphère et les tenus des personnages.

L’autre point fort et d’intégrer ces fameux fils qui servent à faire évoluer les marionnettes comme de véritable éléments de l’intrigue. C’est grâce à elles que les personnages vivent et bougent, et les protagonistes en sont conscients. Couper son fil de vie c’est mourir, de même que couper le fil d’une articulation revient à une amputation – remplacer un membre revient à prendre celui de quelqu’un dont les fils ne seraient pas coupés-. Le film arrive à construire, avec plus ou moins de cohérence, tout un univers autour des fils. Etant donné que les fils montent jusqu’au ciel, sans qu’on en voit la fin, les personnages croient en une forme de force divine qui les relient tous les un aux autres (« je commence là où tu finis »). Ces fils ne semblant pas avoir de fin, une porte fortifiée n’est donc pas nécessaire pour protéger la ville, une simple barre placée en hauteur suffit -puisque les gens ne peuvent passer en dessous-. Il en va de même pour les prisons : les gens sont confinés dans les interstices d’une grille. Les naissances sont aussi des moments particulier puisque comme il s’agit de marionnettes, les nouveaux nés sont sculptés dans le bois avant que des fils ne se détachent de la mère pour ensuite être relier manuellement au corps. De part leurs corps aux pièces remplaçables, il y a un commerce d’esclaves qui servent à la fois de main d’oeuvre comme de pièces de rechange.

Toutefois quelques questions subsistent : comment les hommes de Ghrak n’arrivent-ils pas à trouver les Zériths alors même qu’il est possible de repérer les gens grâce à leurs fils ? Comment se fait-il que les personnages puissent se noyer alors même qu’ils sont fait de bois (ça flotte) et qu’ils ne semblent pas avoir besoin de respirer (un bébé n’a ni nez, ni bouche par exemple) ? Comment peuvent-ils traverser des grottes ? Pourquoi avoir des toits et des murs ?  De même, je trouve un peu idiot d’aller mettre le feu à une forêt alors que votre corps est en bois et que vos fils prennent feu comme de la paille…

Du détail certes, qui ne m’ont pas empêchée d’apprécier le film.

De très beaux effets de lumière et des environnements variés

Les mouvements des personnages sont très fluides et harmonieux, on est loin des sentinelles de l’espace ou de team america. Il y a juste les scènes de combats qui manquent parfois de dynamisme et on peut se perdre visuellement à cause des nombreux fils. Les marionnettes partagent quelques points communs avec celles de Thunderbolt fantasy, à savoir que l’essence de leur expressivité faciale se résume surtout aux clignements des yeux. Personnellement ça ne me dérange pas puisque l’empathie passe par le mouvement et le doublage. Cependant, j’ai pu voir des commentaires de personnes que cela gêné pour l’immersion. Parlons-en du doublage, en version anglaise on retrouve du beau linge avec James McAvoy dans le rôle de Hal, Derek Jacobi (Feodor Atkine en VF) dans celui de Nezo, Ian Hart en Ghrak ou encore David Harewood en Erito.

Le film ne souffrent d’aucun temps mort et aurait mérité selon moi d’un peu plus de temps -le film fait 1h30- pour permettre de plus développer ses personnages qui restent très basiques. Cette impression d’aller droit au but sans traîner à aussi ses inconvénients puisqu’on comprend rapidement ce qui va se passer et les relations se font et se défont très vites (Hal et Zita). Jhinna sert majoritairement à apporter les éléments poétiques du film et aurait mérité un peu plus que d’être une jeune fille à sauver. De même tout le passage dans le désert aurait mérité d’être plus long et développé. Surtout le moment où Hal retrouve l’esclave à qui il a pris la main, puisque le héros le qualifiera plus tard d’ami à qui il fait une promesse alors que rien n’est montré en ce sens.

Pour conclure, Le fil de la vie est un film qui mérite qu’on s’y intéresse. Il est certes classique dans le fond et avec les défauts inhérents à ce genre de production mais change de ce qu’on a l’habitude de voir. De plus, il possède une belle mise en scène et de très belles musiques qui s’accordent parfaitement avec l’univers aux accents de tragédie antique.

Il est possible de voir le film gratuitement et en toute légalité sur le site médiathèque numérique, après inscription à la plateforme. Toutefois, le film n’est disponible qu’en version anglaise sous titrée français et qu’il n’est pas disponible en HD.

Herald : a period drama

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un jeu qui -à l’heure où j’écris ces lignes- n’est pas terminé. J’entend par là  que sur les 4 livres prévus qui composent le jeu, seul les deux premiers sont sortis.

J’ai connu Herald sur steam et l’ensemble me plaisait bien, j’ai attendu une promo pour me le procurer. Il s’agit d’un jeu indépendant développé par Wispfire, un studio néerlandais, et sortie en 2017. Il est classé dans la catégorie point&click mais lorgne pas mal vers le visual novel.

Moi qui aime les point&click et les period drama, le jeu avait déjà une bonne base pour me séduire.

Bref de quoi ça parle…

Herald est le nom du bateau sur lequel le héros que vous incarné, Devan Rensburg, vient de s’embarquait en tant que marin pour aller vers les colonies en l’an de grâce 1857. En effet, le jeu nous propose un XIXe alternatif dans lequel le Protectorat  (qu’on peut assimiler à l’empire britannique) gouverne une grande partie du monde dont les colonies indiennes.

L’histoire commence après qu’on vous ait sauvé de la noyade, vous vous retrouvez nez à nez avec La Rani, une femme qui vous interroge sur votre passé au sein du protectorat mais également sur le déroulement des événements sur le Herald. Vous allez donc vous replonger, à l’aide de votre journal de bord, dans vos mésaventures sur le bateau, les personnes que vous avez rencontrés, les choses que vous avez faites (ou pas)….

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Différentes expressions de notre héros que nous pouvons voir à travers le jeu -j’ai un faible pour la mine boudeuse-. Même si personnellement j’ai plus eu la sensation de le voir surpris/effrayé une majorité du temps.

Il faut également savoir que Devan, bien qu’ayant grandi sous l’égide du protectorat, est un enfant adopté issu des colonies. Sa mère serait des Indes alors que son père viendrait du protectorat. Il est donc la somme d’un mélange culturel et devra sans doute faire un choix entre sa patrie d’adoption et celle qui l’a vue naître.

Le cœur du jeu en plus de l’aventure et d’évoquer les problèmes de racisme (entre autres) inhérent à l’époque. Il est ici assez subtile entre les remarques que vous pourriez avoir sur votre place à tenir. Nous en avons l’exemple avec Aaron Ludlow -le second officier et la personne qui vous a recruté- qui vous indique que, malgré les années passées, les promotions se font attendre et qu’il n’atteindra sans doute jamais certains hauts postes compte tenu de ses origines, etc…sans parler de l’histoire de La Rani ou encore de Daniel, un des chefs cuistots. La place de la femme est aussi évoquée dans une société où l’on attend d’elles rien de moins que de se montrer vertueuses et distinguées.

Il y est également fait mention à mots couverts de pédophilie, quoique ce dernier point fait débat. Sans trop spoiler, le comportement/relation entre deux personnages peut être sujet à plusieurs interprétations. Personnellement, de ce que j’ai pu constater en jouant c’est que l’un des personnages essayait d’avoir une relation affective d’ordre paternel -parfois lourde et maladroite- avec une personne qui manifestement n’en veut pas et accessoirement semble en vouloir à la terre entière.

Le studio a d’ailleurs apporté un grand soin au doublage des différents personnages qui en disent long sur leur personnalité, leur culture et leurs origines. Il est très agréable d’entendre ces divers accents : anglais, indien, jamaïcain, brésilien

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages, mais de ce que j’ai pu voir, Ludlow semble être le moins apprécié à cause de son comportement qualifié souvent « d’idiot » par les joueurs. Cependant, plusieurs choses prennent sens au regard des révélations à la fin du livre II. J’en suis même devenu à me demander si Caleb n’était pas au courant depuis le départ, aux vues de certaines remarques…

Il n’y pas réellement de méchant dans le jeu car même Morton, aussi désagréable qu’il puisse être avec son air de méchant Disney, possède des points sensibles. Il s’agit plus de notre capacité en tant que joueur à savoir jouer de ses relations pour se faire des amis et/ou des ennemis des personnes à bord.

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La mystérieuse Rani à qui vous contait votre histoire. La fin du livre II vous laisse le soin de choisir si vous souhaitez être dans son camps ou non.

Sur le jeu

Les deux premiers livres sont très courts (3/4h max) et le livre I n’est pas très intéressant. Il vous permet juste de vous familiariser avec le jeu et ses différents personnages. Le II a son lot de rebondissement et de mystères. Compte tenu de la fin du II, j’attends beaucoup de la suite et les choix pour Devan s’annoncent difficiles.

Globalement le jeu est assez simple : pas d’inventaire, pas de tâches ardues ou d’énigmes à vous retourner le cerveau -c’est simple il n’y a pas-. L’important se trouve surtout dans les dialogues et les interactions avec les personnages. Dans une conversation, chaque fois que ce sera au tour de Devan il aura le choix entre plusieurs réponses. Si certains choix se ressemblent ou mènent à la même conclusion, d’autres seront décisif pour la suite du jeu concernant le destin de certains personnages. Mais comme j’ai pu le lire de la part des auteurs, ce n’est pas tant les choix de Devan qui seront important que la réaction des autres personnages face à ces choix. Il y a donc un petit côté walking dead puisque vos choix ont des conséquences pour la suite de l’intrigue. A la différence que vous n’êtes pas limité dans le temps pour faire ces choix mais vous pouvez mûrement les réfléchir. Le héros peut donc s’impliquer d’avantage dans les problèmes des autres, se montrer à l’écoute et diplomate ou au contraire se rebeller contre l’ordre établie, faire en sorte qu’on ne lui marche pas sur les pieds, voire provoquer les incidents. Le personnage de Devan n’est pas pour autant dépourvu de personnalité, c’est un garçon intelligent et cultivé comme le montre sa grande connaissance des objets sur le Herald.

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Exemple de choix multiples. J’aime beaucoup l’aspect journal de bord donné à la boîte de dialogues.

Néanmoins, le seul reproche qu’on pourrait faire au jeu c’est son côté linéaire. On ne s’éparpille pas en différentes sous intrigues puisqu’en général nous avons une chose à faire à la fois et le jeu nous conduit en ligne droite pour y parvenir. Certaines pièces ne s’ouvriront donc que lorsque que cela sera nécessaire.

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Le mélancolique Daniel au passé amoureux tragique.

Comme je le disais en amont, le studio a fourni de gros effort concernant l’immersion dans le jeu. Outre les voix, c’est aussi tout l’univers de la marine qui nous est dévoilé :  détails du navire, son plan et une encyclopédie à compléter en fouillant un peu partout sur les objets cliquables histoire d’avoir un petit topo dessus.

L’autre gros effort concerne l’ambiance et le réalisme des personnages. Si les costumes des membres d’équipage font effectivement référence à la marine britannique, Tabatha et Morton tiennent plus des hollandais du XVIIe. Il en va de même avec le Herald qui apparemment serait plus du XVIIIe que du XIXe. Certains personnages ont été créés à partir de personnes réelles telle La Rani qui est directement inspirée de Lakshmi Bai. Evidemment, tout ceci est voulu mais on pourrait néanmoins trouver l’ensemble ambiguë. Pour un jeu qui souhaite parler de colonialisme, tout en rendant l’ensemble historiquement inclassable, c’est étrange. Idem concernant l’identité culturelle face au multiculturalisme. Quoique en même temps, l’univers nous semble familier, tout en étant étrange, nous sommes donc entre deux mondes un peu comme certains personnages.

A part cela, le grand point fort vient des personnages ou du moins des illustrations de ceux-ci pendant les dialogues. En effet, ils ne sont pas statiques. Nous les voyons respirer, cligner des yeux, sourire, soupirer, se mettre en colère, être étonné…On est loin des yeux qui roulent de droite à gauche de chez Cinders. Cela donne un vrai plus aux personnages qui les rend vivant. Apparemment, les créateurs ont utilisé le programme Live2D qui permet de rendre un effet 3D aux illustrations 2D, sans avoir besoin de passer par la conception d’un modèle 3D ou d’animer image par image. Programme utilisé d’ailleurs par plusieurs jeux japonais : fire emblem, yumeiro cast, akiba beat, black rose valkyrie…notamment pendant les phases de dialogues.

Cependant le jeu n’est pas exempte de défauts et, à part le côté linéaire, il a été critiqué pour ses arrières plans 3D. Si ces derniers sont plutôt lumineux et colorés, la 3D est assez anguleuse et m’a donné un effet un peu « old school ». Au départ, les personnages, notamment leurs proportions, m’ont paru étranges, comme leur façon de se déplacer un peu raide mais j’ai fini par m’y faire.

Après la caméra n’est pas toujours agréable. On tient plus de la « CCTV camera » comme l’a fait remarquer quelqu’un . Les angles sont souvent pris de haut et de biais et n’aident parfois pas à avoir une bonne visibilité des pièces étroites du bateau.

Sinon, la musique est plutôt discrète mais agréable. Il y a juste la chanson de Tabatha qui reste en tête.

Pour conclure

J’ai essayé d’en dire le moins possible au sujet de l’histoire, des choix et des révélations. Dans l’ensemble Herald a reçu des critiques plutôt positives ainsi que plusieurs nominations et prix comme jeu indépendant.

En plus de la qualité artistique, il y a un mon sens une vrai volonté de raconter quelque chose d’important de la part des auteurs. Car, bien que l’histoire se déroule au XIXe, les questions autour de l’identité et l’héritage culturelles, les problèmes sociaux, le racisme sont toujours d’actualité.

Globalement Herald a period drama est un jeu très agréable dont j’attends la suite avec impatience. Malheureusement, ça ne sera pas pour de suite puisque les développeurs ont annoncé que le jeu ne s’était pas vendu comme ils l’espéraient et que par conséquent ils travailleraient sur Herald quand le temps et l’argent le leur permettaient. En espérant que le studio et le jeu ne subissent pas le même sort que Lostwood avec Leviathan.

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Gray Matter : entre science et magie

Le point& click a toujours été une catégorie de jeux vidéos que j’apprécie, autant pour les univers visuels qu’ils peuvent apporter que le temps à passer à se creuser la cervelle devant certaines énigmes.
Je venais de finir toute une série de jeu dans le genre (7) quand je décidais de me lancer dans Gray Matter. J’avais vu plusieurs fois ce dernier sur la plateforme steam et bien que n’ayant jamais entendu parler de ce jeu, je décidais d’en faire l’acquisition. J’avoue que le jeu est resté quelque temps dans les cartons avant de me lancer dans l’aventure. Après une quinzaine d’heures passées dessus -que je n’ai pas vu filer-, l’expérience s’avère concluante même si j’aurais quelques reproches.

Comme je l’expliquais en amont, je n’avais jamais entendu parler de ce titre avant de tomber par hasard dessus. Il faut dire que je ne me tenais pas au fait de l’actualité dans le monde du jeu d’aventure et du point&click. Apparemment ce qui a surtout attiré l’œil de connaisseurs, c’est qu’à la barre de ce jeu se tient Jane Jensen responsable de la saga des Gabriel Knight (auquel j’ai pu un peu toucher). Il semblerait que certains joueurs attendaient le retour de la dame comme le messie.

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De quoi ça parle ?
Nous suivons les aventures de Sam Everett, jeune femme apprentie magicienne, en route pour Londres afin d’entrer dans un club de magiciens très sélect et secret : le Daedalus club. Sauf que par le hasard des choses, elle se trompe de route et tombe en panne pas loin du manoir d’un certain Dr David Styles. Elle tombe sur la futur assistante de ce dernier qui fuit les lieux et décide de prendre sa place le temps de se retourner. Sam, en plus de travailler désormais pour le mystérieux docteur, doit résoudre des énigmes laisser par le Daedalus Club pour pouvoir entrer chez eux.
Sauf que d’étranges événements commencent à se produire sur le campus de l’université après qu’elle ait recruté plusieurs étudiants pour une expérience du Dr Styles.
Le but du jeu sera donc de résoudre à la fois les bizarreries du campus et les énigmes du Daedalus en incarnant à tour de rôle Sam et David.

Choix intéressant entre une Sam magicienne mais qui croit qu’il y a toujours une explication rationnelle et un David neurobiologiste reconnu mais qui, lui, croit au paranormal.

 

Que dire de Gray Matter ?
Il s’agit globalement pour moi d’une agréable surprise avec un univers et des personnages intéressants. J’ai beaucoup apprécié le soin apporté aux décors du jeu, vraiment très lumineux et qui me rappelaient un peu ceux de Black Mirror (le jeu, pas la série TV), notamment le grand manoir mais en moins sinistre cependant. Je regrette d’ailleurs qu’on ne puisse pas visiter plus de pièces. A part ça, l’espace des pièces dans ce château me semble disproportionné. Sérieux la cave est plus grande que le manoir et on pourrait installer un bowling dans les couloirs !
Certains angles de vues ne sont pas agréables pour chercher/repérer et on peut passer à côté d’éléments, quand d’autres plans sont un peu forcés niveau contre plongée (l’entrée du parc).

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Les différentes vues d’Oxford sont agréables, bien que je n’ai pas souvenir de ces endroits précis dans la ville et de rues beaucoup plus bondées. Le jeu est aussi parsemé de petites références : Harry Potter (on est à Oxford!), Alice au pays des merveilles (on est à Oxford bis!), sans oublier Gabriel Knight et sa créatrice.
Le choix des cinématiques comme des peintures animées ou typées « visual novel » a aussi ses qualités et défauts. Certaines scènes sont très agréables à regarder et vieilliront sans doute mieux qu’une 3D de l’époque mais rendent le tout parfois confus (j’ai cru que l’assistante c’était fait enlever alors qu’elle a juste fui) dans les actions et donne par moment l’impression d’un ensemble un peu pauvre. Si le visage de Sam reste le même dans toutes les séquences où elle apparaît, ce n’est pas toujours le cas de David qui un coup parait plus jeune, plus vieux, plus fin ou plus carré. D’ailleurs, j’ai eu du mal à m’habituer à sa voix. Certes c’est sensé être le docteur mystérieux avec une voix profonde et grave, mais sans doute un peu trop…je trouvais que si la voix correspondait aux critères, elle lui allait assez mal. Sans parler des personnages secondaires, « le club des agneaux », dont la plupart n’ont pas grand chose à voir avec leur version 3D moche (coucou Harvey!).
En parlant de 3D, les créateurs du jeu ont eu l’idée de mettre le visage animé des personnages dans la boîte de dialogue chaque fois que ceci disent quelques choses. En soi ça n’a rien de condamnable, seulement ces têtes 3D sont affreuses et font peur. Il aurait mieux valu mettre des illustrations animées ou travaillées.
L’animation des personnages n’est pas forcément au top dans certaines scènes : ils effectuent des actions que l’on ne voit pas (Sam qui mange son petit déjeuner tout en restant debout devant la porte).

Au niveau de la musique, sans être marquante elle est agréable et sied bien au jeu. Le reproche que je pourrais lui faire est que parfois les voix des personnages sont couvertes par la musique ou le son ambiant mais il y a les sous-titres pour palier à ça. C’est un problème que je retrouve souvent dans les point& click que j’ai fait dernièrement, notamment Black Mirror.

Au final il y a peu de véritables énigmes ou puzzles, peu d’objets à combiner et les choix de dialogues n’influencent en rien la suite.
Les énigmes du Daedelus club que doit résoudre Sam ne sont pas compliquées, sauf celles de la fin au club. En général, le plus handicapant c’est que je connaissais la réponse finale mais qu’avant d’y accéder il fallait passer par toutes les étapes. Tant que celles-ci ne sont pas résolues vous ne pouvez pas débloquer l’énigme finale.

L’intégration de tours de magie est une bonne idée même si je trouve que parfois la réalisation des tours fait un peu grossière et qu’il n’y ait pas possibilité de combiner plusieurs tours ou d’en apprendre de nouveaux (hors ceux du livret). Surtout quand on voit les tours de Sam lors de son show qui sont d’un tout autre niveau. La réalisation des tours par étapes est agréable en début de jeu pour bien comprendre les termes et arriver à ses fins mais gêne un peu sur la fin. Après ça reste une question de goût.

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Ce que je trouve vraiment dommageable en revanche c’est les personnages peu développés. Certes on alterne entre Sam et David, ce qui permet de mieux les connaître. On en apprend plus sur le passé de David et l’amour qu’il voue à sa défunte femme Laura lorsqu’il essaie de recréer les moments qu’ils ont passé ensemble. Pour Sam, on comprend son enthousiasme pour la magie mais finalement peu sur sa vie d’avant. Détail amusant c’est l’écran de chargement qui nous donne des infos sur elle. Non ce qui est vraiment dommage c’est au sujet du club des agneaux. Sam est chargée de recruter des étudiants pour une expérience scientifique. Chacun d’entre eux est un peu cliché : la bimbo fille à papa, le garçon timide dans les jupes de sa mère, la fille romantique coincée, le lourdaud, le scientifique rationnel.

*attention ce qui suit contient des spoilers*
En tant que Sam, on interagie finalement assez peu avec eux en dehors de l’expérience, on a pas de long dialogue pour en apprendre plus sur eux. Le seul moment qui permet d’en apprendre d’avantage, c’est quand on visite leurs chambres. Ce qui est d’autant plus dommage qu’à plusieurs reprises dans le jeu, ils diront qu’ils sont les amis de Sam et qu’ils sont là pour l’aider (alors que chacun était prêt à accuser l’autre). Rappelons que le tout le jeu se déroule seulement sur quelques jours -même si nous n’avons pas vraiment d’indices temporel-. Ce qui fait que certains passages sont mal traités : Sam ne se sent pas vraiment concernée alors qu’elle vient de faire perdre son boulot à Malik ou lorsqu’elle accuse Harvey sans vergogne par exemple.
Sam sera d’ailleurs présentée comme une jeune femme brillante, dégourdie, au dessus de la moyenne alors que pendant toute l’enquête elle tire des conclusions hâtives, menace ouvertement et parfois avec des preuves faiblardes et questionne peu habilement les suspects.

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De plus, certains passages flous ou laissés en suspend sont indiqués comme « véridique » dans les critiques : le fait que se soit Angela qui aurait tué Laura alors que je n’ai pas souvenir que quoi que se soit l’indique dans le jeu.
Comme j’ai du mal à comprendre « l’amour » d’Angela pour David, qu’elle soit furieuse qu’il ait refusé de l’aider ok, qu’elle soit obsédé par lui et ses recherches pourquoi pas, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi et comment elle en est venue à vouloir prendre la place de sa femme.
Le fait que certains disent que c’est Angela qui aurait sans le vouloir tué son père avec ses pouvoirs me laisse dubitative…sans doute parce que je trouve la fin quelque peu précipitée. En effet, le passé d’Angela, son père, les pouvoirs de ceux-ci ne sont jamais vraiment développés. Tout s’enchaîne très vite sur la fin, certaines conclusions ne m’ont pas parues évidentes et les problèmes de David ne sont pas réglés (je doute qu’il ait tourné la page avec sa femme).
En ce qui concerne le « coupable » des événements, comme nous avons suivi en parallèle Sam et David qui ont enquêté chacun à leur manière, nous avons deux résolutions différentes. Autant celle de David fait sens avec son passé, et j’avoue ne pas très bien comprendre pourquoi une fois qu’il voit qui et quoi n’est pas « normal » il n’agit pas, autant je ne comprends pas très bien comment Sam fait le lien avec la personne responsable (juste en voyant la photo d’Enigma ?).
On ne sait pas non plus pourquoi Helene a des seringues dans sa chambre (est-ce que c’est vraiment de la drogue ?), Sam qui enquêtait pour David ne lui a pas remis les photos de la piscine, comment Helena a réussi à rentrer dans le Daedelus club alors que Sam a du faire tout un parcours du combattant pour y parvenir ? etc…plein de petites choses qui font tiquer même si elles n’ont pas d’importance dans le scénario.
Sans oublier l’histoire d’amour…qui se sentait venir à des km. Notre héroïne commence à passer du « Dr Styles » à « David » et devient hyper protectrice à son égard, veut plus que tout résoudre le mystère pour lui et est convaincue que quelqu’un lui en veut …On peut comprendre que Sam soit touchée par la détresse de quelqu’un qui a perdu un être cher, qu’elle commence à se sentir impliquée dans les recherches de Styles mais au final tout ce qu’elle sait de lui, c’est pas grand chose. Elle a finalement eu peu de contact et de conversation avec ce dernier, tout ce qu’elle connait de lui c’est par les autres : le directeur de la fac, les infos de la bibliothèque, Malik, la femme en charge du manoir….normal qu’elle se monte des films toute seule alors que la cuisinière la met en garde sur le fait qu’elle ne sait pas grand chose de Styles.
En parlant de ce dernier, outre le fan service à son encontre (ce qui n’est que justice quand on voit la démarche de Sam en parallèle), c’est un vieux garçon avant l’heure, un vieux ronchon de 35 balais qui rouspète plus qu’il ne mort. Certes il y a du cliché en lui : homme devenu amer suite à la mort de sa bien aimé qui a en réalité un cœur d’or sous une attitude de vieux con. Nous le voyons évoluer pour sortir de l’enfermement de son labo et aller se confronter un peu plus au monde. La seule grande révélation à son sujet -mais qu’on sentait venir- vient de son visage et du fait d’avoir transposé les souffrances de Laura et sa culpabilité d’avoir survécu sur sa façon de se percevoir.
On peut supposer que Styles a commencé à s’attacher à Sam, malgré des accusations hâtives à son encontre, de l’avoir virée comme une malpropre et de jamais s’être excusé auprès d’elle. Certes, il avait le droit d’être en colère qu’elle ait menti sur le fait d’être étudiante et d’avoir été envoyé par la fac mais en même temps, je n’ai pas souvenir qu’il s’en souciait, voire qu’il se soit intéressé un minimum à elle. De plus, elle n’a jamais menti sur le reste (à supposer qu’il ait demandé quoi que se soit) donc l’un dans l’autre…

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Au final, malgré tout ce que je cite, Gray matter est un jeu sympathique qui laisse sur un bon souvenir. Il n’est pas trop prise de tête, a des décors et une musique agréable et possède une fin qui a fait débat (fiancée de Frankenstein).
J’espère juste une suite pour continuer de voir évoluer le duo Sam/David dans des enquêtes ayant trait au paranormal.

Check please

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Aujourd’hui je vais parler d’un  webcomic que j’apprécie (pour changer) dont le titre est : check please !*applaudissement*  Plus sérieusement, si j’en parle ce n’est pas uniquement parce que c’est un sympathique comic mais aussi parce qu’il fait marcher le transmedia storytelling, mais j’y reviendrai. Commençons par le début : de quoi ça parle ?

Check please ! est donc un webcomic sur tumblr (mais qui a désormais son site) écrit et dessiné par Ngozi Ukazu. Dans cette série nous suivons Eric Bittle, aka Bitty, aka Bits, lors de ses 4 années à l’université (fictive) de Samwell  à Samwell dans le Massachusetts et surtout au sein de l’équipe universitaire de hockey. Globalement, ça va parler sport, amitié, amour et cuisine.

 

Avant ça, l’autrice

Pour parler de l’auteuse je dois dire que je connaissais rien d’elle avant de tomber sur Check Please. Ce que je sais d’elle vient quasi uniquement du tumblr où elle précise être d’origine nigérienne, avoir été diplômée de Yale en 2013 et qu’elle a un Master of Fine Art en art séquentiel (en BD quoi…) du Savannah College of Art and Design. Même si Check Please ! parle de  hockey, Ngozi, de son propre aveux, ne sait pas en faire -elle ne sait pas patiner- et n’était en rien spécialiste avant de commencer l’histoire (sauf si on considère ses recherches pour Hardy). Faut-il être fan de hockey pour lire ce comic ? Heureusement non, l’histoire se lit sans peine. Le lecteur à droit à quelques explications sur certaines pratiques qui tournent autour du monde du hockey (le concours des plus belles paires de fesses ! Très important!). Donc si vous aimez le hockey ou si vous vous y connaissez, cela ne peut qu’augmenter votre plaisir de lecture dès qu’on évoquera la NLH (ou vous pourrez noter les erreurs de l’auteure…).
Avant de créer Check Please !, l’autrice avait écrit une courte fiction en 15 pages, jamais finit (Ngozi ne sait d’ailleurs pas si elle la finira un jour), intitulée Hardy (toujours trouvable) que l’on peut considérer comme les prémisses de Check Please. L’histoire se passe toujours à Samwell dans l’équipe de hockey mais les personnages y sont complètement différents, bien que l’on puisse voir certaines caractéristiques  qui se retrouveront chez les personnages de Check Please !. C’est surtout à cette période que l’auteuse c’est intéressée au hockey et a avalé tout ce qu’elle a pu trouver sur le sujet. Hardy est d’abord différent car ce n’est que du texte mais la différence se ressent aussi dans l’atmosphère dégagée, beaucoup plus anxiogène et homophobique que ne l’est sa version 2.0. Mais comme je l’ai lu à plusieurs reprises : sans Hardy (qui est aussi le nom du personnage principal) pas de Eric Bittle. Les deux personnages sont aux antipodes mais la création de l’un a permis la maturation de l’autre et la volonté de créer ce comic.
L’autre point à souligner, c’est la forme du texte en elle même. Un format scénario avec des indications sur les personnages, leurs actions, les plans voulus…un peu comme si nous étions au cinéma. Une volonté de mise en scène que l’on retrouve également dans Check Please avec l’effet « face caméra », les ralentis (enfin surtout un ralenti), les choix de cadrages, les découpages de scènes…

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Pour en revenir à l’histoire…
Nous allons suivre le personnage principal, Eric donc, à travers ses 4 années de collège (pas le collège français hein). Ce qu’il faut savoir sur Eric, c’est qu’avant d’entrée dans l’équipe de hockey de Samwell, il était champion de patinage artistique et a été capitaine de son équipe de hockey dans le sud (et qu’il adore cuisiner…surtout des pies). Seulement voilà, malgré un talent certain sur la glace, il est rapide et précis, jouer avec une équipe de jeunes hommes plus grands et plus costauds n’est pas une mince affaire surtout que le hockey peut être un sport violent. Jusqu’à présent Bitty avait toujours pu échapper au « checking », technique de hockey qui consiste à désarçonner l’adversaire en possession du palet et le sort du jeu. D’où le titre du comics. La première année de Bitty va donc d’être de surmonter sa peur et son angoisse du contact physique pour pouvoir pleinement faire partie de l’équipe alors que certains membres, notamment le capitaine Jack Zimmermman, ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de ce freluquet, qui, pour eux, n’a rien à faire sur la glace. C’est donc une première lecture que l’on peut faire de ce comics : comment faire ses preuves dans un sport « viril » alors que l’on est gaulé comme une crevette ?
Le comic ne s’arrête pas là puisque le lecteur apprend rapidement que Bitty est gay. Il faut dire que Bitty adore faire la cuisine (il parle même au four qu’il a appelé Betsy !) surtout les pies, pies EVERYWHERE, est tout le temps fourré sur les réseaux sociaux (mais j’y reviendrai j’ai dit), adore la pop musique, chante Beyoncé sous la douche, décide de remettre de l’ordre dans cette porcherie pour garçons qu’est « The Haus » (là où les divers membres de l’équipe de Hockey résident), est conseiller vestimentaire pour l’équipe lors de grande occasion, crée les goodies de l’équipe (avec des minies pies !!), etc…je pourrais presque dire que l’auteuse pousse au cliché. Cette partie a son importance car même si l’histoire se passe de nos jours, il s’agit aussi pour Bitty de s’assumer, d’être pleinement lui même et d’être accepter par les autres surtout quand on pratique un sport réputé assez machiste. Et puis il y a aussi en filigrane les relations humaines et les histoires d’amuuuur.
Pour être honnête l’orientation sexuel ne Bitty n’est pas importante en soi, ce n’est pas ce qui le défini principalement dans le groupe, et les révélations sur ses préférences n’ont pas d’incidence majeur sur le scénario. Pour preuve, quand il l’annonce à Ransom et Holster, qui lui cherchent désespéramment un rencard, ça ne changent rien à leur plan, de plus ce passage ne fait pas partie du scénario principal (contrairement à la première fois où il l’annonce tout haut à Shitty) mais est juste une image annexe trouvable sur le tumblr. Bien que la question de l’homosexualité (comment vivre au grand jour, comment être un sportif professionnel et assumer ouvertement son homosexualité) sera remise plusieurs fois sur le devant de la scène à partir d’un certain moment du comics, elle ne fait pas tout le comics. Mais tout cela rejoins des questionnements et des problématiques plus « globales » comme le fait de gérer une relation longue distance, gérer une relation avec une « star »….

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Passons aux autres personnages sans qui check please ne serait pas check please… évidemment une équipe de hockey possède plusieurs membres mais le webcomic se contente de n’en développer que quelques uns (et les oubliés viendront se manifester d’une manière assez comique).

Jack Zimmermann aka Jack. Le capitaine de l’équipe de hockey de Samwell. Il est important d’en parler car la personnalité de Jack va évoluer au fur et à mesure, ses problèmes faisant partie de l’histoire. Jack a des « daddy »s issues » comme on dit. C’est le fils d’un ancien champion de hockey dont il essaie de suivre les traces et a donc un lourd héritage à supporter (en plus c’est le portrait cracher de son père version jeune). Jack c’est l’archétype du mec marié à son boulot : il vit hockey, il pense hockey, il respire hockey. Toute sa vie tourne quasiment autour de ce sport, ce qui fait que ses centres d’intérêts sont limités (bon il aime la seconde guerre mondiale…avec un major en histoire c’est normal aussi) et qu’il est une quiche en ce qui concerne la pop culture. A priori, il n’est pas quelqu’un de très amical, ni très social (il n’est pas très porté sur l’alcool et les soirées), ce qui lui vaut le surnom de « robot ».  Il est pro, s’entraîne comme un dingue, et prend ce sport très au sérieux. Pour lui, l’université de Samwell est l’occasion de faire ses preuves et de rentrer à la NLH, alors voir Bitty débarquer dans son équipe ne lui fait pas plaisir car ça risque de gâcher toutes ses chances. Leur relation de départ est assez houleuse, Jack ne cachant pas son animosité envers Bitty. Néanmoins, ce n’est pas quelqu’un de méchant. Il est très exigeant envers les autres mais surtout envers lui même. Sa relation avec Bitty est importante et nous allons la voir évoluer au fil du temps, pas forcément directement à travers les vlogs de Bitty mais aussi en arrière plan lorsque l’autrice met en éclairage certains personnages. Et c’est aussi en ça que Check please est intéressant, car même si nous faisons des bons dans le temps, l’auteuse ne lâche pas ses personnages et ses cases fourmillent de détails qui en disent longs.
J’avoue que je n’aimais pas spécialement Jack au départ, pas forcément à cause de son attitude mais surtout à cause de son design. J’ai une sainte horreur des yeux qui tombent c’est plus fort que moi…c’est également le seul personnage à avoir des pupilles et parfois il donne l’impression de regarder dans le vide. Bref pour moi c’était une tête à claque. Heureusement c’est passé…un peu.

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B. »Shitty » Knight aka Shitty. Je ne sais pas trop par où commencer… Shitty c’est un personnage qui a de la présence alors qu’il n’est même pas au premier plan et qui mériterait une BD pour lui tout seul. A première vu, on se retrouve avec un moustachu (il en prend grand soin de sa pornstache) aux allures de bûcheron qui jure, aime faire la fête, fume pas mal (et pas du tabac), souvent stone et à poil (oui shitty est très à l’aise avec son corps). Sauf que s’arrêtait à cela ce serait rater tout un autre versant du personnage. Shitty est un bon joueur sans être exceptionnel, c’est surtout un bon copain, quelqu’un qui écoute, ne juge pas, intelligent, très cultivé, qui s’intéresse à tout un tas de choses, c’est le seul du groupe à avoir un double major ( s’il avait pu, il en aurait pris un 3ème). C’est le seul personnage masculin que j’ai vu, pour l’instant, impliqué dans les questions de genres et qui se définit comme féministe. Shitty c’est simple, on aimerait l’avoir comme pote, c’est déconne assurée mais pas que. On sent qu’il est possible d’avoir de looooongues conversations passionnantes avec lui. Citer Shitty sans Lardo ça serait aussi oublier une partie importante. Quand les autres joueurs parlent de Lardo, on se dit qu’on affaire à un bonhomme, un « vrai » et au final c’est un petit bout de bonne femme qui débarque. Lardo n’apparaît pas au début du comic mais est importante dans le sens où c’est la manager de l’équipe. Un peu comme dans Haikyuu, elle ne pratique pas le sport qu’elle encadre et on sait pas trop en quoi consiste exactement son rôle de manager mais c’est un des rares éléments féminins régulier du webcomic, alors autant le noter. Sa dynamique avec Shitty est juste magique.  Elle ne parle pas beaucoup mais a aussi une certaine présence. Je suis partagée entre voir ce « couple » comme une super paire de bros (c’est la plus « bro » de tout les « bros » de moins d’1m) ou deux personnes qui n’osent aller plus loin (cf Lardo lors de son exposition de fin d’année). Le comic se chargera de répondre plus ou moins à cette épineuse question…
A part ça, Shitty prend un malin plaisir à ne pas répondre aux questions concernant son vrai prénom et surtout d’où lui vient ce surnom. Mais au final on s’en fout, sans ça Shitty ne serait pas Shitty (à cause de lui j’ai du Miley Cyrus dans la tête…wrecking ball!)

Et enfin la crème de la crème… je ne pouvais pas évoquer check please sans parler d’eux : Ransom et Holster ! Des bros, des vrais de vrais, des partenaires à vie, jamais l’un sans l’autre. C’est juste un plaisir de les voir déblatérer de tout et de rien. C’est une vrai alchimie qui fait plaisir à voir. Ils sont aussi cons que sérieux avec chacun une personnalité bien distincte qui se complète avec l’autre. Ils interviennent régulièrement dans une sorte de side comic explicatif sur le vocabulaire du monde du hockey, toujours ludique avec de la bonne humeur. Pour le coup, rien que pour eux je vous encourage à lire Check please et à voir par vous même, si vous êtes en mal de bromance.

Il y a bien sur d’autre personnages, je ne pourrais pas tous les citer évidemment (le reste du casting est restreint, certains on ne les voit que très peu), comme Chowder que j’apprécie pour ça bonne humeur et son « sourire d’enfer ».

 

Le transmedia storytelling

Je vais enfin aborder un point qui me semble central dans Check please et que j’évoque depuis le début : Le transmedia storytelling (Il y a même eu un MOOC sur le sujet).

Bon déjà, je vais commencer par définir ce que c’est pour ceux qui ne savent pas (les autres vous pouvez passer au paragraphe suivant). Alors grosso modo, le mot transmedia storytelling a été amené par Henry Jenkins en 2003. Il le définit comme suit :

“un processus à travers lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur plusieurs plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée”

Pour donner des exemples, le premier qui me vient en tête est celui de The Matrix. The Matrix (pour ceux qui sortiraient d’un sac de congélation) est une trilogie de films se passant dans un futur dystopique où les machines ont pris le pouvoir. En plus de ces films, vient « Animatrix » qui regroupaient plusieurs courts métrages d’animation permettant de compléter l’univers et d’apporter des réponses à certains passages présent dans les films (et qui à l’époque m’avait fait tilté parce que j’avais l’impression d’avoir raté des épisodes). Les deux se complétaient (film et série d’animation). C’est un peu le même principe qui c’est retrouvé avec certaines séries comme Heroes qui se complétait avec les comics en ligne, Lost et ses jeux de pistes…je suis sûre que vous avez quelques exemples en têtes.

Check Please n’a évidemment pas le monopole de cette pratique. J’ai croisé plusieurs webcomics qui laissaient la part belle à leurs personnages en leurs créant des blogs, twitter ou autres réseaux sociaux fictifs. Seulement dans les cas rencontrés, cela n’affecte en rien l’histoire principale. Les personnages se contentent de répondre à des questions de fans,  de reposter des choses qu’ils aiment, en gros on en apprend plus sur les personnages et leurs goûts mais ça s’arrête globalement là. Check please prend un autre niveau. Déjà un seul twitter, celui de Bittle, régulièrement envahie par ses co-équipiers. Tous répondent à des questions réelles posées par des gens comme vous et moi, ce qui rejoint les cas précédents. Les followers fictifs du twitter deviennent alors réels puisque c’est vous et moi qui posons ces questions. Seulement, à part Johnson, aucun n’agit comme s’il était un personnage. De plus, le twitter de Bittle est animé comme le ferait quelqu’un qui utilise twitter régulièrement. C’est simple, Bitty commente sa vie quotidienne, poste des photos de ses amis, commente, re-twitte et tout ça en temps réel (alors que certains blogs de persos ne sont plus mis à jours pendant des semaines, voire des mois). Si bien que l’on en oublie que c’est un personnage.
De plus, les interactions sur twitter permettent d’en apprendre plus sur les personnages mais aussi des événements cités ou qui se sont déroulés entre deux interludes. Nous pouvons y voir les soirées de la bande, ainsi que d’autres personnages comme la copine de Chowder…Ici le twitter est un complément du vlog fictif que tient Bitty. En effet, l’histoire de Check Please démarre au moment au notre héros s’adresse à ses followers via un vlog (fictif). Le premier panel dessiné de chaque entrée est donc, les 3/4 du temps, Bitty s’adressant directement à nous, face caméra et nous faisant un rapide résumé de sa vie à Samwell, des derniers événements, de ses impressions…les panneaux suivant se contentant de développer ce qu’il nous raconte en nous l’illustrant – alors que nous ne sommes pas supposés voir – et inclus en ce sens diverses choses comme des sauts dans le temps, des raccourcis… Bitty nous raconte certains événements important de l’histoire principale mais pas tous et surtout c’est raconté de son point de vue.
Pour donner un exemple concret : Le 6ème vlog de sa seconde année (Sophomore) à Samwell intitulé « WGSS120 / HIST376: Women, Food, & American Culture« . Ici Bitty nous raconte un peu sa vie en classe en dehors du hockey et comment il s’est retrouvé dans le même cours de cuisine que son capitaine Jack. Nous avons d’un côté les images qui défilent avec des encarts de textes rectangulaires (ce que Bitty dit aux personnes suivant son vlog) et de l’autre, les images présentes nous montrent ce qui s’est réellement passé et qui voient une interprétation toute différente. Quand à la fin Bitty nous parle de sa vie amoureuse et nous dit qu’il vaut mieux pour un gay de ne jamais tomber amoureux d’un garçon hétéro, si nous étions de simple « viewers », pour nous il parlerait d’une généralité, d’un conseil qu’il donne, hors en tant que lecteur, nous savons ce qu’il en est réellement et cela renforce l’impact, l’empathie et la peine que l’on peut ressentir pour le personnage à ce moment là.
Pour dire l’importance du twitter de Bitty qui n’est pas là comme simple accessoire : l’auteure a décidé de le passer en mode privé car il contient désormais des spoilers sur ce qui se passe ou va se passer. Elle le remettra en public après un certain temps et des passages importants de l’histoire passé, puisque l’histoire se déroule en temps réelle sur 4 ans. L’histoire se terminera en 2017, une fois que Bitty aura fini ses études. A l’instant où je vous parle, il vient de finir sa seconde année.

Je tiens également à évoquer toute la fanbase de ce webcomic. Quand on lit Check Please, on ne s’en rend pas forcément compte mais cet oeuvre brasse un public assez important. Il suffit de voir le nombre de fanfiction qui circule sur AO3, soit plus de 5400 fanfics…. c’est juste énorme. De même que le Kicktstarter lancé pour l’édition papier de la 2nd année des aventures de Bitty et son équipe a récolté pas moins de 398 520 $ dont 100 000$ en seulement 1 heure.

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le 4ème mur
Ah ce fameux brisage de 4ème mur….je ne vous ferai pas une comparaison à la dead pool mais en plus de ce qui a été dit plus haut, rajoutez la destruction de ce mur. Oui, je vous ai dit que les personnages agissaient comme de vrais personnes et n’avaient pas consciences d’êtres des personnages. C’est oublié Johnson ! Johnson est un personnage que l’on ne voit pas, où juste de très loin, de dos, en arrière plan…en réalité il s’agit du gardien de but de l’équipe de hockey avant que Chowder ne prenne sa place. C’est le seul à être conscient de son statut de personnage et surtout de personnage insignifiant qui va se faire remplacer par un nouveau venu sous peu. Il semble aussi être au courant de ce qui va se passer dans le comics et des projets de l’auteure. C’est peut être pour ça qu’il a donné sa chambre à Bitty en partant car elle est pile en face de celle de Jack….Il est pragmatique mais pas cynique, bizarre pour les autres, il déclare même que briser le 4ème mur est un de ses hobbies et à l’air de prendre les choses « à la cool » de manière très philosophique. Ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé l' »existential goalie ». Bien qu’il soit conscient de ce qu’il est, ça ne l’empêche pas d’avoir une vie et un background (une copine et des ambitions). Sa présence, bien que brève, apporte un peu d’humour et de fraîcheur. D’ailleurs, il enverra à Chowder, qui le remplace désormais, une lettre contenant une pilule rouge et une bleu en référence à The Matrix. Pour le coup on ne sait pas si c’est un trait d’humour ou s’il propose réellement à Chowder la possibilité d’avoir conscience de son statut de personnage. Il permet aussi de nous rappeler que, aussi bien écrit et touchant que soit ces personnages, ils ne restent que des personnages à qui on donne un semblant de vie et avec lesquels on nous fait croire qu’ils vivent en dehors du comics. Johnson permet de prendre un peu de recul sur tout ça, est-ce qu’en savoir plus sur un personnage fictif nous rend plus proche de lui ? c’est en cela que le personnage est intéressant et mérite ça place parce qu’il pousse le questionnement loin et permet une nouvelle lecture du webcomic.
Ceci dit mes propos sont à nuancer étant donner que Ransom et Holster ont leur propre comic dans lequel tout est scripté et dans lequel donc ils jouent un rôle.

 

Un peu de surnaturel

Cela peut paraître incongru mais oui il y a des éléments surnaturels. Il s’agit des fantômes de Jenny et Mandy qui hantent the Haus. Toujours fourrées ensemble, si bien que l’on ne sait pas qui est qui. C’est comme cela que nous apprenons que the Haus, avant d’être le QG et dortoir de l’équipe de hockey, était une sororité (Theta Alpha Theta) à laquelle appartenaient les deux fantômes. D’ailleurs, ça semble assez logique puisque le bâtiment se trouve au beau milieu de tout un tas de confréries. Les raisons du décès de Jenny et Mandy sont assez obscures et je doute qu’on le sache un jour. Quoiqu’il en soit, il semble que leur mort soit la raison de l’abandon du bâtiment pendant 10 ans avant d’être racheté par l’équipe de hockey.
Bien que personnes ne puissent les voir, enfin techniquement car elles peuvent apparaître sur les photos, elles aiment bien se faire remarquer. Leur hobby est d’embêter Ransom (qui ne croit pas aux fantômes), voire de le rendre complètement chèvre et accessoirement de le mater sous la douche. Ces deux personnages n’ont aucune incidence sur l’histoire et sont plus là pour donner un peu d’humour ainsi que remonter le quota féminin (ceci dit pour le peu qu’on les voit…). Ransom est leur victime préférée mais ce n’est pas la seule, après elles aiment bien regarder des romcom avec Holster ou écouter de la musique avec Bitty. Nos deux acolytes auraient pu, même avec leurs brèves apparitions, casser l’ambiance du récit avec cette entrée du surnaturel mais au final ça ajoute au charme. Ce n’est pas très présent, nous pouvons y croire ou non et puis ça apporte là aussi une petite touche d’humour.

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Au final pourquoi je parle de cette série… j’avoue que j’ai rencontré check please à plusieurs reprises lors de pérégrinations de blogs en blogs, je tombais régulièrement dessus. Pourtant, j’ai eu du mal à rentrer dedans à la fois par flemme mais aussi face au format proposé. En effet, lorsqu’on tombe sur le tumblr de check please, la mise en page et agencement des diverses pages changent de ce que j’ai eu l’habitude de voir. J’avais du mal avec l’effet vlog et je me retrouvais avec une certaine frustration d’avoir loupée des épisodes ou qu’il manquait des choses entre chaque chapitre. Puis je ne sais comment, j’ai eu le déclic. Je me suis posée et j’ai décidé de m’y atteler. Depuis, j’explore le tumblr de fond en comble pour trouver ce que je peux car ce dernier fourmille de petites choses : commentaires de l’auteure, réponses des personnages, points sur certains passages, anecdotes, détails sur les décors…on peut même trouver le plan du campus universitaire ou le plan de the Haus. Bref, il y a de quoi faire pour compléter votre soif d’en savoir plus sur l’univers et l’ambiance de check please afin de la rendre plus crédible.
Au final des matchs de hockey vous n’en verrez pas ou peu mais vous pouvez tâter des ambiances d’avant et d’après matchs.
Ce qui me plait également, c’est que j’ai l’impression de retrouver certaines ambiances vécues. Je pense que c’est la première fois que des personnages sonnent « vrais ». J’ai déjà plusieurs comics/webcomics où les personnages ont des caractères et des réactions réalistes avec lesquels on peut s’identifier ou qui à nos yeux sonnent juste parce que nous avons éventuellement vécus ça. Dans le cas de check please, je ne me suis jamais retrouvée dans les situations des personnages, aucun ne me ressemble spécifiquement et pourtant, ils sonnent « vrais ». Sans doute parce qu’on ne sait rien d’eux, ou pas grand chose et que nous pouvons imaginer tout le reste, que l’on suit une époque importante de leur vie sans être trop focalisés dessus, que l’on ne retrouve avec des petits trucs du quotidien. Il n’y a pas de grande envolée, pas de grande aventure… juste des potes et du hockey et c’est à nous de combler les vides entre les vlogs avec le twitter en imaginant les images et le calquant sur nos années universitaires. Je dirais que c’est un ensemble de petites choses chez Check please qui réveille ma madeleine de Proust, que c’est l’ambiance globale qui a un air de vécu. Ngozi arrive à créer un univers qui nous fait oublier parfois que ce sont des personnages qui évoluent dans un univers fictif.

 

Bref, je ne peux que vous conseiller de lire et de vous immerger dans check please. Je ne vous garantie pas le coup de foudre, il se peut même que vous n’accrochiez pas mais je pense que ça serait dommage ne passer à côté d’un webcomic qui vaut le détour. Pour ma part, j’attends impatiemment la suite et je pense que quand le comic se finira je serai à la fois triste mais aussi comblée d’avoir passée un aussi bon moment.

 

Et vive Tango \o/

ps : toutes les images proviennent du tumblr de l’artiste ainsi que du kick starter (et bien sur je n’en suis pas propriétaire)