Si tu as l’occasion…(2)

En même temps que je commandais sur recyclivre, j’en profitais pour tester un autre site de vente de livres d’occasion Momox.

Là aussi, j’ai préféré jeter un coup d’œil aux avis et retours sur le net étant donné que je n’en avais pas de mon entourage. A vrai dire, ils étaient plutôt mauvais mais cela concernait surtout la revente de livres. De ce que j’ai pu voir, les particuliers qui décidaient de se débarrasser de leurs livres faisaient face au même problème. Le premier envoi se passe toujours bien, Momox est satisfait donc les vendeurs sont heureux de percevoir leur argent en retour. Ce sont les envois suivant qui sont embêtant, si l’on réitère l’expérience. Plusieurs revendeurs se sont plaint d’envoyer à l’entreprise des livres dans un état impeccable ou quasi mais Momox trouvait toujours à redire sur l’état, ce que contestaient les propriétaires des livres. Et là, le site de leur laisser par le choix (ou un choix très restreint) de leur laisser les livres pour rien -Momox dit qu’il va s’en débarrasser mais beaucoup n’y croit pas-, soit les reprendre en échange de 15€ (je ne sais plus si c’est par livre n’ayant pas réussi le teste). L’entreprise étant en Allemagne, parait-il que son service client est déplorable, les interlocuteurs ne comprenant pas grand chose. Evidemment, beaucoup de revendeurs abandonnent finalement la partie et ne retrouvent pas leurs livres.

Dans le cas qui nous intéresse ici, il s’agit plutôt d’acheter des livres. Surtout que l’état des livres proposé va jusqu’à « comme neuf – à offrir », ce qui était encourageant. J’en ai donc profité pour compléter les collections non finies et celles que j’avais commandé sur recyclivre. Le site promettait une livraison entre 4 et 6 jours ouvrés. Une semaine plus tard, je n’avais toujours pas mes livres et je commençais à m’inquiéter. Il sont finalement arrivés 3-4 jours après ceux de recyclivre.

Premier bon point, ils sont arrivés dans une enveloppe matelassée. Les livres étaient bien empaquetés et de manière compacte.

Deuxième point, tous les livres étaient bien là. Pas un ne manque à l’appel et pas de livre de bibliothèque.

Troisième point, ils n’ont pas souffert du voyage et sont en excellent état, surtout ceux pris à un stade en dessous de « comme neuf ». SAUF QUE. (il y a toujours un mais) Parmi eux, 2 livres (mangas) commandés dans un état « à offrir » possédaient des signes manifeste d’usure (coin abîmés, trace de pliure et de déchirure sur la couverture) et surtout des traces de stylo sur la couverture. Navré mais c’est non. Deux fois que je commande des livres d’occasions, deux fois que certains livres arrivent dans un état autre que celui indiqué.

Tome présenté comme étant « à offrir ».
Je ne crois pas non.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et ai écrit au service après-vente en croisant les doigts. J’ai eu une réponse très rapidement, m’indiquant qu’ils étaient désolés et procédaient immédiatement au remboursement des livres abîmés. J’ai été surpris qu’ils ne m’aient pas demandé des photos ou de preuves de me dire mais comme le remboursement a été quasi immédiat je vais pas me plaindre.
Par contre, pas de remplacement de livres et je suis invité à repasser commande sur leur site. J’avoue avoir été dubitatif au niveau de la tournure de la réponse. Je ne savais pas si ils n’avaient pas les livres en stock mais m’indiquaient de passer commande sur le site si je voyais quelque chose d’autre qui m’intéressait ou si je devais repasser commande pour acheter les mêmes livres (même joueur joue encore).

BREF. Une expérience plus concluante que reclyclivre de part la qualité de l’envoi et des livres de manière générale mais un peu gâchée par le fait que j’ai une collection complétée mais avec des tomes trop disparates.
Moralité, je vais commander à nouveau les mangas en mauvais état mais cette fois-ci en neuf. En priant que je les trouve encore.

Si tu as l’occasion…

Ouh mais c’est qu’on frôlerait presque le surmenage avec tous ces articles…

Bon, je me dois d’avouer quelque chose. J’ai, comme beaucoup avant moi, une modeste collection de manga que j’entretien depuis plusieurs années. Parmi les objets que compose cette collection, beaucoup sont d’occasions. Il faut comprendre que mon budget ne me permets pas d’acheter beaucoup de livres et que malheureusement, je ne peux pas acheter et soutenir toute les séries que je souhaite à l’heure de leur sortie. Qui puis est, les manga c’est plus qu’un loisir, c’est véritablement un budget. Il est fini le temps des manga à 4€5 ou 5€5, avec 20€ je m’achète 2, voir 3 manga tout au plus (j’ai dépensé 50€ pour 4 manga la dernière fois). De plus, les séries que j’apprécie sont chers, parce que ce sont des séries qui visent un public plus mature qui j’imagine doit avoir plus de moyens (MOUAHAHAHA). De ce fait, pour toutes ces raisons (manque d’argent, cher, BD plus dispo), j’achète régulièrement en occasion.

De manière générale, je préfère flâner dans les boutiques à la recherche de la perle rare (le numéro ou la série manquante). Ca me permet de constater l’état dans lequel se trouve la BD et aussi de voir si le revendeur essaie pas de me vendre la dite BD à des prix défiant toute concurrence. C’est pas rare de tomber sur le net sur des volumes de manga recherchés par les connaisseurs vendus autour de la centaine d’euros, voire plus. Sérieusement qui va acheter ça ?

J’ai déjà eu l’occasion de tester l’occasion sur des sites comme amazon ou rakuten, sans soucis. Dernièrement, j’ai voulu tester d’autres boutiques dont recyclivre.

Le principe de recyclivre me brossait dans le sens du poil, l’impression de faire une bonne action et de plus écolo. Bref tout bénéf. J’avais quelques connaissances qui avaient acheté chez eux et avaient été satisfait du résultat.
Déjà, les prix sont attractifs puisque le montant de base est de 3€99 (jamais plus bas, mais peut aller plus haut…beaucoup plus haut) et que la livraison est gratuite. J’ai donc pu acheter une dizaine de BD pour une quarantaine d’euros. Il faut savoir que dans le lot des livres/mangas proposés certains sont indiqués comme étant des ouvrages de bibliothèques. Généralement, je préfère éviter de les prendre mais parfois on a pas trop le choix, comme on dit, faute de grives…
Un autre point, les ouvrages du site sont classés en 3 catégories : acceptable, bon état, très bon état (pas de comme neuf). Là aussi, je fais en sorte de prendre le mieux malgré le fait que je ne puisse pas constater moi-même l’état des objets que j’achète. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais moyen…que j’avais raison.

Mon colis a mis 6 jours pour arriver. J’avoue avoir été étonné de l’emballage. En général, quand je commande des livres, ils arrivent au choix dans une enveloppe matelassée ou parfaitement coincé dans une boîte en carton ou emballés dans quelque chose de protecteur. Ici rien. Juste une enveloppe plastique. Etant donné le soin dont la poste ou certains livreurs font preuves autant dire que j’ai manqué l’arrêt cardiaque. Là les livres avaient eu le temps de bien marquer l’enveloppe et de percer des trous dans les angles. Les dégâts à l’intérieur étaient moins pire qu’imaginés.

Seconde surprise, je me retrouve avec la méthode sociologique de Emile Durkheim que je n’ai absolument pas commandé. Alors je n’ai rien contre Durkheim et le livre ne dépaillera pas au côté du Suicide dans ma biblio mais tout de même. Evidemment, qui dit livre en plus, dit aussi livre en moins. Ce cher mimile avait donc pris la place d’un manga, qui après vérification avait le même numéro de référence. J’ai fait remonter en haut lieu. Bien sûr le manga commandé n’est plus dispo, à la place on m’a proposé un avoir. On ne m’a rien demandé concernant le livre « non voulu ». J’imagine qu’il va falloir que je trouve une place à mimile.

Troisième surprise, des mangas commandés en état « acceptable », se sont révélés être plutôt en bon état. A part le papier jauni, RAS. Par contre, des mangas présentés comme étant en bon état ou en très bon état n’avaient clairement pas ce statut. Autant j’accepte les pages jaunies (usure naturelle), les couvertures un peu salies (ça arrive) mais les jaquettes aux coins abîmés dont certaines déchirées, non. Donc ça fait chier.
De plus, j’ai bien fait attention lors de mon achat de ne pas prendre de livres qui auraient appartenu à une bibliothèque (excepté un). Problème, lors de la réception il y avait deux livres issus de bibliothèques. Le soucis est que, à part l’état des livres, on ne peut pas vérifier s’ils viennent d’une bibli ou pas quand on regarde sa facture. J’ai quand même l’impression que c’est eux qui se sont plantés mais malheureusement je ne peux pas vérifier.

En parallèle, j’ai aussi remarqué une chose. J’avais repéré un manga qui m’intéressait sur le site de recyclivre mais dont le prix était un peu élevé par rapport à celui que je m’étais fixé. J’ai donc décidé de ne pas le prendre. Je le retrouve par la suite 2€ moins cher sur le site de rakuten (livraison gratuite) vendu par….je vous laisse deviner…recyclivre. J’avoue être un peu déstabilisé de retrouver le même article à des prix différents alors que c’est le même organisme derrière la vente.

Conclusion, j’ai testé et je ne suis pas entièrement convaincu. Je ne pense pas retenter dans l’immédiat.

La rose de Versailles, suite et fin ?

Lorsque Kana a annoncé la publication de la suite de La rose de Versailles, j’avoue avoir été partagée entre joie et appréhension. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur l’utilité d’une « suite » 40 ans après la fin de la publication, tout en sachant que l’autrice, Riyoko Ikeda, avait lâché le crayon et la plume pour se reconvertir vers une carrière musicale.

Sa venue à Angoulême, il y a quelques années, démontrée qu’elle n’avait jamais complètement tourné la page et était toujours prompt à évoquer sa carrière et ses œuvres.
Néanmoins, La rose de Versailles était une oeuvre conclue et terminée sans fin ouverte. La dernière édition en date fut publiée chez nous en deux gros pavés, avec un troisième en bonus qui possédait un ton plus bon enfant et humoristique, en partie dû à la nièce de Oscar : Loulou. Un dernier tome qui se lisait sans déplaisir et dont le ton changeait radicalement des drames vécus par les personnages précédemment. C’était aussi l’occasion de finir sur une note plus joyeuse et optimiste.

Une suite utile ?

A partir de là que vaut ce quatrième tome et où se situe-t-il ? Le contexte nous est donné rapidement en introduction, quand Ryoko Ikeda explique qu’il est question d’histoires qu’elle a toujours souhaitaient racontées. Il s’agit là d’un élément commun à chaque auteur, vouloir raconter les petites histoires qui ont accompagné la grande, nous dire ce que sont devenus tous ces personnages (secondaires) auxquelles nous nous sommes attachés.
Oscar et André ne sont donc plus au centre de l’attention, leur histoire ayant été racontée, de même pour Marie-Antoinette. Néanmoins, ces derniers restent présent puisqu’ils nous aient montré comment ceux-ci ont marqué la vie des personnes qu’ils ont pu côtoyer. A l’exception d’une histoire qui revient sur les conflits d’Oscar, oscillant entre son statut de femme du XVIIIe et de militaire. Ainsi donc, nous verrons Girodelle, Axel de Fersen et sa sœur, les parents d’Oscar, Rosalie et Bernard, Alain, ou encore Marie-Thérèse de France. tous ces personnages s’entrecroisent et se mêlent à la grande Histoire qui parfois les dépasse.

Un style graphique reconnaissable

Au niveau du style, je dirais que l’on sent toujours la pâte « old school », néanmoins, j’ai pu constater à la première lecture que le style de l’autrice avait changé. Loin d’être maladroit, je dirais qu’il est plus pausé, plus fin, plus précis. Il y a moins cet effet froufrouteux et 70′ que l’on pouvait ressentir dans l’oeuvre d’époque (ça a aussi son charme). Je dirais également que la mise en page est plus carrée. Là où, dans ces précédents travaux, notamment Très cher frère, chaque page était une recherche graphique qui mettait en avant les sentiments des personnages et les exacerbés, ici l’ensemble est beaucoup plus sobre. Les cases sont moins déstructurées, les décors plus présents et fournis. Les personnages pleurent toujours mais de manière digne, discrète. Si la lecture est toujours plaisante, on sent moins l’ardeur de la passion romantique qui animait les personnages. Fini également les petites scénettes humoristiques et les petits effets de styles de l’époque. Même Loulou, qui en était pourtant l’essence même, passe aux cribles de la maturité sans se départir de son franc parler. Certaines scènes sont mêmes reprises mais offrent un sentiment plus nostalgique et mélancolique.
J’avoue avoir eu cependant quelques difficultés, à certains moments, pour différencier les personnages (entre le Général de Jarjayes jeune et François 1er, à part les sourcils….), les dames notamment arborant souvent les mêmes toilettes et coiffures. Il reste néanmoins un petit côté Candy lorsque nous voyons Marie-Antoinette jeune.

Si l’on revient sur la jeunesse et le parcours de certains et certaines, comme Girodelle et les parents d’Oscar (où d’ailleurs on apprend que sa mère est affiliée au peintre De La Tour -Georges pas Quentin-), une grande partie de l’histoire se déroule après celle principale dans les tumultes de la terreur et l’arrivée de Napoléon.
J’ajouterais également que l’Histoire est également plus présente. De son poids, elle écrase les personnages qui sont ballottés par elles. Les souverains, les dirigeants, les guerres s’enchaînent sans qu’aucun n’ait vraiment d’emprise dessus. Des personnages comme Marie-Thérèse, le père d’Oscar ou encore Axel de Fersen subissent les événements et les conséquences de décisions qui ont été prises pour eux ou indépendamment d’eux. L’autrice prend néanmoins toujours soin d’insérer le contexte historique avec des personnages dont elle ne peut guère réinventer la vie.
Le drame n’est cependant jamais loin et certains personnages s’en iront vers la mort sans que l’on puisse rien pour eux.

Que dire donc pour conclure ? Ce quatrième tome, qui regroupe toutes les histoires publiées entre 2013 et 2018, n’était pas une suite attendue. D’ailleurs, il ne s’agit pas à proprement parler d’une suite et je serais plus enclin à qualifier ce tome de nostalgique que de purement fan service (au contraire du troisième tome). Toutefois, ce fut une belle surprise venue d’une oeuvre qui a garder tout son charme et sa force. Elle est sans doute plus assagie, mais La rose de Versailles est comme le bon vin qui se bonifie avec le temps. C’est donc un tome que j’apprécie et qui fait vibrer la fibre nostalgique et mon amour des « vieux » shojos, d’autant plus qu’il n’est pas certain que nous ayons le plaisir de voir Riyoko Ikeda dessiner à nouveau.

L’hiver est enfin arrivé.

Pour cette fois, nous allons laisser les jeux vidéos de côté pour parler série. En particulier une incontournable qui aura marqué le paysage audiovisuel et qui entre dans sa phase finale. Tout le monde aura déjà deviné de qui je vais parler : Game of Thrones (évidemment).

Tout d’abord je tiens à préciser que je ne suis pas spécialement fan ce de la série. Entendons nous bien, quand j’emploie ici le mot fan, c’est dans un sens absolu. Je n’ai pas regardé les épisodes de la série le jour de leur sortie, je n’ai pas les DVD chez moi, ni même les livres que je n’ai pas lu (ou presque), je ne glane pas la moindre infos sur son sujet sur internet (enfin dans un sens si, mais un sens spécifique), je ne commente pas les épisodes sur les réseaux sociaux. Cependant, ça ne veut pas dire que je déteste la série au contraire, je l’apprécie mais pas au point de pester ou de pleurer devant mon écran pour chaque mort que je trouve injuste. Si j’en parle c’est parce qu’étant donné qu’elle se termine bientôt, il me semblait important, d’une certaine manière, de revenir dessus. Parce qu’il n’y aura plus de dernière fois. Parce qu’on attendra plus la derrière saison fiévreusement. Quelque chose se clos.

Pour en revenir à la genèse de mon histoire avec la série, il faut revenir au temps jadis de la saison 1. J’ai entamé la série la première saison terminée. Compte tenu de l’engouement qu’avais suscité la série, j’avais décidé d’y jeter un œil par des moyens quelque peu détournés sur mon écran d’ordi pendant l’été. Il me semble que je ne suis pas allée au bout de la S1 car coupée dans mon élan. Et généralement, j’ai du mal à reprendre par la suite. J’avais trouvé le tout intéressant, pourtant ça n’avait pas vraiment été un déclencheur car je n’ai pas regardé les saisons suivantes, jusqu’à ce que…jusqu’à ce que j’aille passé quelques jours chez une amie qui, elle, avait les DVD de la série de la S1 à la S3 (les seules officiellement sorties à l’époque). J’ai donc englouti deux saisons, plus la quatrième qui venait de s’achever. J’ai regardé la S4 avec une qualité d’image correcte mais sous-titrée avec les pieds. Ceci m’ayant d’ailleurs permis de voir que le sous-titrage est un vrai métier et qu’il n’est pas chose aisée. Et de mettre à contribution mes connaissances de la langue de Jane Austen. J’ai donc avalé quasiment 30 épisodes d’une traite. Ce qui ne gênait d’ailleurs pas ma logeuse, qui avait un œil sur moi, attendant de voir ma réaction devant un certain mariage en rouge et une part de tourte avalée de travers.

Et comme j’ai des tendances monomaniaques, c’est à dire que quand un sujet m’intéresse je peux disserter dessus pendant des semaines et lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet, j’ai donc noyée ma pote sous un flot de trucs relatifs à GOT. Outre le fait que j’ai du me faire violence pour éviter de trop la saouler, je me suis lancée dans une quête du savoir (défaut du chercheur). Je me suis donc mise à lire tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet : wiki en tout genre pour connaitre les moindre recoins de Westeros et des personnages, théories en tout genre, différences entre les livres et la série, inspirations, analyse des personnages, analyse de la réception de la série. Et ça tombait bien puisque le phénomène GOT a permis – me semble t-il- de mettre en avant l’analyse sérielle, le transmédia et la critique de la réception.

Je différencie ma monomanie envers GOT, de celle d’un fan car ce n’est pas pour moi une envie ou un plaisir mais un besoin vital. Voyez ça comme du gavage. Tant que je n’ai pas étanché ma soif d’informations, quelles qu’elles soient, je ne peux trouver la paix (et le sommeil). Tant pis si je me spoile à mort. Pour remédier à cela, mon amie me passe les livres. Mais pas les premiers, non, mais ceux relatifs à la S4. Et comme, encore une fois, je ne fais rien comme tout le monde, je ne lis pas le livre d’une traite mais en faisant des va et viens entre les pages. Cela m’a permis de revenir sur certaines scènes emblématiques et de les voir sous un tout nouvel angle. En effet, les descriptions entre les deux supports sont différents. Le livre et l’écriture de Martin permet de développer plus en profondeur la psychologie (à supposer qu’il en est une) et les pensées des personnages auquel le lecteur a accès, ce qui n’est pas le cas de la série. De plus, les livres sont beaucoup plus crus sur certains aspects et parfois abscons dans les descriptions. Pour ce dernier point, je pencherais plus pour le style de l’auteur. En effet, j’ai pu avoir accès à d’autres de ces écrits traduit en français et j’avoue ne pas avoir été happé comme j’ai pu l’être par d’autres écrivains de fantasy. Ceci dit, de souvenir, le style est moins lourd et ampoulé que des auteurs plus anciens (je te regarde Tolkien). Bref.


Le fait d’avoir accès aux deux supports permets d’étendre la compréhension de cette univers qui prend des saveurs et des tournures différentes. J’emploie ici un exemple qui m’a marqué : la relation Tyrion/Shae. Evidemment, je fais ceci de mémoire, enfin des mémoires des conclusions que j’avais eu en analysant cette relation sur les deux supports. Dans le livre, la relation établie est définie sur une relation affectueuse qui n’a rien de romantique et qui entretenu par l’argent. Si Shae possède un certain attachement à notre nain préféré, il me semble qu’il est clairement posé que si une meilleure opportunité se présentait à elle, elle la saisirait. Elle ne le cache pas et Tyrion le sait. Sa trahison ne vient donc pas de nul part et agit comme quelque chose qu’il était possible d’anticiper. C’est une possibilité logique qui fait tout de même mal à l’un des personnages qui, malgré le fait qu’il est conscience que cela pouvait arriver, imaginait qu’il y avait plus entre eux. On retrouve quelque chose de classique dans cette homme bafoué par la femme qu’il aime. Classique mais efficace.
La version TV s’emploie à rendre le tout plus romantique (Shae peut se montrer jalouse, elle a de l’affection pour Sansa) et dénuée d’intérêt (« true love » comme attesté par Varys). Ce qui avait rendu mon visionnage de la trahison désagréable parce que, comme beaucoup, je m’étais attachée à Shae et à ce couple. Ce n’est pas juste déplaisant pour Tyrion, ça l’est aussi pour moi spectateur. Mais au delà de l’affectif que j’ai pour un/des personnages, c’était pénible car illogique. Je ne comprenais pas ici les raisons qui avait poussé ce personnage à agir de la sorte.
Il faudrait donc, après que tout soit terminé, que je relise les livres de manière approfondie. Cela permet quelque part de prolonger l’aventure.

La version TV reste tout de même le support le plus proéminent. Puisque la plupart des références que l’on peut voir circuler ça et là viennent directement de la série et non des livres (sauf si c’est Shakespeare). Néanmoins, sans avoir même sans avoir vu la série Tv pendant plusieurs années, j’ai tout de même réussi à comprendre certaines références et jeux de mots qui font les bonheurs des réseaux sociaux pendant un temps.

J’avoue, celle-ci j’ai du regarder pour comprendre. (Même si j’avais ma petite idée)

Et puis, je suis finalement rentrée chez moi et je n’ai plus touché à GOT. Ça ne m’avait pas particulièrement titillé, même en regardant mes amis anglophones pleurer ou commenter vigoureusement chaque épisode (surtout les fans de Jon Snow). J’ai vu des « Hold the door » dessinée sur les boutons de portes des ascenseurs de ma fac, j’ai capté les différentes références balancées ça et là dans d’autres séries, mais ça n’a pas relancé mon intérêt pour la série. Bien que j’avais un peu peur de l’effet netflix & co, cette effet qui fait que quand tu n’as pas regardé une série dont tout le monde parle tu es hors du coup. Il y avait aussi le fait évident que je n’avais pas le temps et pas de vacances (6 ans sans vacances tout de même).

J’avais un peu peur que mes journées ressemblent un peu à ça.

L’annonce imminente de la fin m’a donc poussé de ma retraite, par curiosité et par envie de reprendre une aventure là où je l’avais laissé. Ce n’est pas chose aisé, quand on a laissé s’écoulé autant de temps. Mais certains personnages et leurs relations ne s’oublient pas. J’ai donc commencé à regardé la S6 (oui je ne fais jamais rien dans l’ordre). Je n’étais pas perdu mais je n’ai pas eu ce frisson attendu des retrouvailles. Je n’ai pas été émue devant certaines morts comme certains l’ont été, à dire vrai il y avait un certain ennui. C’est le problème de GOT, on s’habitue à la mort et on commence à connaître le fonctionnement, ce qui rend le tout prévisible. Certains personnages sont donc évacués alors qu’ils auraient mérité un meilleur traitement (je pense à toi Osha).

Mais voilà, le moteur diesel que je suis s’est mis en route et mon intérêt est ravivé. Je me retrouve donc à arpenter Isidore et HAL qui m’explique pourquoi GOT est un cas clinique, un monde en crise, un voyage imaginaire vers d’autres mondes. Certains tentent de comprendre l’engouement, ce miracle de HBO et de la fantasy. Arrivera-t-on à reproduire pareil phénomène ? Des séries de qualités il y en a c’est certain. Mais y aura-t-il un autre GOT ?

Il est certain que HBO produit des séries de qualités. GOT a réussi à dépasser les Sopranos pourtant emblématique. Y aura-t-il une autre série capable de surpasser celle-ci ? A l’heure où la consommation de série évolue à cause de nouvelles plateformes, le fait de devoir regarder religieusement les épisodes de GOT chaque semaine et avoir le loisir de disserter dessus en attendant le suivant est un supplice plaisant. J’en ai vu clamer par exemple que Netflix ferait une erreur en ne diffusant pas cette dernière saison chez eux. Je doute que cela soit la politique de Netflix dont l’évaluation des qualités d’une série se joue sur un plan très particulier. Peut-être trouverons nous sous peu des intégrales de la série mais en attendant il faut se satisfaire d’autres adaptations.
Mais y aura-t-il une ou d’autre séries qui auront ce même état de grâce auprès du public alors que les épisodes sont balancés par pack de 12 et oubliés une fois visionnés ? On en revient à ce point qui me taraude, pourquoi cette série plutôt qu’une autre ? Il y a une flopée de personnages, bien trop nombreux pour qu’on arrive à se souvenir de tous, et qui meurt avec une facilité déconcertante, de la politiques et des magouilles qu’il est parfois difficile de suivre le fil de qui est avec et contre qui. Des éléments qui, généralement, déplaisent au public. Il y a toujours la saison de trop, ou celle parti trop tôt, ou encore des inégalités, des répétitions entre chacune d’entre elles. Des personnages et des sous intrigues inutiles ou sous exploités. Peut être que GOT évite tout ça ou que la série dans sa globalité fait que ces possibles défauts soient moins voyant. Peut-être que dans quelques années, on nous parlera de GOT comme d’une série moyenne ou sympa et qu’on ne critiquera qu’en évoquant ses défauts comme lorsque les générations actuelles parlent de Friends ou de Sex and the city.

Pour l’instant, j’observe tout ce petit monde se préparer et faire le décompte. Mais au fond en regardant cette série je m’y suis plongée pour de vrai, même en sachant ce qui allait arriver. Mais voilà, c’est le début de la fin.
La musique de GOT va me manquer, entendre son générique va me manquer, regarder les petits détails qui changent dans le générique va me manquer, ses personnages vont me manquer, mais plus que tout disserter de manière plus ou moins philosophique sur le fond de la série et saouler les gens avec va me manquer.

Pour l’instant, je vois juste les gens se préparer comme si nous allions vivre un événement historique. Les festins se préparent de outre Atlantique pendant qu’ici les gens veillent du fond de leurs lits ou canapé.
Moi aussi à mon tour, je vais tenter d’être dans le coup une derrière fois. Sans doute pour dire j’y étais et plus tard, revenir avec nostalgie dessus, afin d’en expliquer le pourquoi.

Thimbleweed Park

Nous allons encore nous plonger dans le monde des jeux vidéos d’aventure type point & clic. Vous en avez marre ? Moi pas.

Thimbleweed Park est jeu dont j’entendais beaucoup parler et en bien, ce qui a donc attisé ma curiosité. Cependant, j’avais décidé de ne pas me pencher trop sur le jeu afin de me garder la surprise le jour où j’aurais l’occasion d’y jouer. Et comme vous vous en doutez (sinon on ne serez pas là), ce jour est arrivé. Pour le coup je remercie l’existence d’Epic Game qui met à disposition gratuitement certains jeux pour une durée limitée, ce qui m’a permis d’acquérir le jeu en question. Je me suis donc lancé dans Thimbleweed Park.

L’équipe au complet.

Je pense l’avoir déjà dit mais j’aime énormément les jeux d’aventures et les point & click. Ils font partie des jeux sur PC qui ont marqué mon adolescence (enfin surtout les jeux Sierra). Pour être honnête j’ai surtout connu ceux typés « cartoon » (King Quest 7, Torin Passage) où les énigmes reposaient beaucoup sur l’assemblage d’objets (à regarder sous toutes les coutures) et apporter le bon objet à la bonne personne pour faire avancer l’intrigue, les actions se faisant plus ou moins automatiquement. Je n’ai donc pas connu ceux qui proposaient tout un panel de verbes d’actions, tout en scrutant chaque pixel de l’écran pour vérifier s’il n’y avait pas quelque chose à déclencher.
Imaginez donc un peu ma tête quand j’ai vu que Thimbleweed park faisait partie de ces jeux là que je pensais révolus. Il s’agit d’un parti pris totalement voulu, tant tout respire cette époque là dans le jeu. Entre salle d’arcade, téléphone à pièces, cartouche du jeu E.T, polaroid, etc…tout sent la nostalgie. Il n’y a qu’à voir la maison familiale de Delores, c’est celle de Maniac Manson (il en est d’ailleurs clairement fait mention dans le jeu), tout comme le design des personnages vient clairement de là. L’interface c’est Maniac Mansion.

Personne n’a trouvé le temps de réparer ces escaliers depuis plus de 20 ans.

Mais bref revenons à l’histoire pour celles et ceux qui débarqueraient.

L’histoire donc…

Elle est assez simple puisque au début du jeu vous voyez un homme se faire tuer. Son cadavre est retrouvé peu de temps après et c’est aux deux agents fédéraux Ray, cynique et pas ravie d’être là, et Reyes, le jeune et fringuant bleu, que revient d’élucider ce crime. En parallèle, nous apprenons la mort récente de Chuck, héros de la ville, ancien patron d’une usine de fabrication d’oreillers reconverti dans la création de machines qui pullulent dans la ville.

Sur le jeu en lui-même…

Nous commençons donc par une enquête classique avec une liste de choses à faire et deux personnages à manipuler. D’autres personnages jouables viendront par la suite rejoindre l’équipe, pour se retrouver à pas moins de 5. Ce qui est assez pratique pour se déplacer dans des endroits où d’autres n’ont pas accès et comprendre certains points de l’histoire.

On remarquera également que, si il faut se faire se rencontrer les personnages pour échanger des objets (les transvaser d’un inventaire à un autre façon Resonance), ce n’est pas le cas des informations -sauf certains éléments-. Par exemple, si un personnage X a connaissance d’un numéro de téléphone, je peux le faire exécuter par un personnage Y qui pourtant n’est pas censé détenir cette information.

Au début du jeu, il vous sera demandé de choisir entre 2 modes : casu et difficile. Le premier propose une expérience du jeu simplifié, dans le sens où certains lieux et interactions ne seront pas disponibles. Ce mode est pour les personnes qui débutent en jeux d’aventures ou tout simplement qui n’ont pas envie de se pendre la tête trop longtemps. Personnellement, j’ai pris le mode casu, tout simplement parce que compte tenu de mon emploi du temps changeant et parfois chargé, j’avais envie de le finir rapidement et de pas laisser des mois s’écouler entre deux parties. En général, ça a tendance à casser mon expérience du jeu car je ne me rappelle plus de ce que j’ai pu faire et où je me suis arrêté.
Le mode casu a ses détracteurs pour qui cela gâche l’intégralité du titre qui deviendrait une simple balade de santé. Ça n’a pas gâché mon expérience du jeu qui a duré en moyenne 5-6h. Je ne suis pas la seule personne qui ait pris ce mode et l’ait trouvé agréable à jouer. Par contre, ça serait mentir de ne pas dire que ça se sent par moment, surtout sur la fin, que certains éléments ont été simplifiés pour récupérer plus aisément certains objets. Dans l’ensemble, je n’ai pas eu de difficulté majeure, sans doute parce que je suis habitué à ce type de jeu, j’ai trouvé le tout assez intuitif. Un personnage te dit quelque chose entre deux lignes de dialogues, aussi débile et random que ça puisse sembler, tu sais que ça va servir. Il y a bien eu un ou deux blocages après avoir avoir fait les éléments demandés sur la liste et ensuite ne pas quoi savoir quoi faire après pour que le scénario bouge.
En mode difficile, il faudrait apparemment rajouté 10-15h de jeu en plus, de quoi donner envie de s’y replonger, surtout quand les résolutions de puzzles différent.

Ransome, l’atout charme du jeu.

Le jeu n’est pas dépourvu d’humour, entre Ransome le clown qui passe son temps à insulter tout le monde, l’agent Ray complètement blasée, les soeurs pigeons, l’homme pizza…le jeu est blindé de trucs débiles et insolites tout en dégageant une atmosphère particulière de mystère. Sans oublier que les personnages s’amusent à briser régulièrement le 4ème mur en plaisantant par exemple sur le fait qu’ils ne puissent pas mourir car ils sont dans un jeu d’aventure (quoique…) ou que le cadavre commence à méchamment pixeliser. Le jeu s’amuse aussi à taquiner le joueur en lui faisant ramasser des objets dont il n’aura aucune utilité ou pour le plaisir de collectionner des bouts de pixel sans intérêt.
Et c’est là que commence le hic du jeu, si je puis dire, c’est que dès que j’ai vu ces petites choses, j’ai su de suite où le jeu voulait m’emmener. Dès lors, pas vraiment de grosse surprise sur la fin, pas plus que sur l’ensemble du scénario au final. Si vous connaissez « Le monde de Sophie« , vous voyez venir les grosses ficelles de l’histoire (la philo en moins) et ça commence à sentir le réchauffer. Sans avoir avoir joué au secret de Monkey Island (on ne tape pas, merci), on comprend rapidement ce que le jeu essaie de dire. Quand le générique défile -passage assez drôle dans ce qu’il indique- et que nous voyons le nom de Ron Gilbert à l’origine de Maniac Mansion et Monkey Island, tout est dit. Thimbleweed park est clairement un mélange des deux jeux précédent avec les capacités graphiques actuelles surfant sur la vague nostalgique.
A la fin de ma partie, il restait toutefois quelques mystères à éclaircir et il me reste donc à vérifier si le mode difficile les résous. Il semblerait néanmoins que tout ne soit pas aussi simple car les joueurs élaborent de nombreuses théories sur certains points de l’intrigue.

Et tout commence avec un mec bleu.

Faut-il avoir joué aux précédent jeux de Ron Gilbert pour apprécier Thimbleweed Park ? Non clairement pas. Je pense cependant que les amateurs du genre et les nostalgiques se raviront de trouver les clins d’œil éparpillés ça et là. Néanmoins, ça se sent que par moment le jeu revient sur ces prédécesseurs, en tant que joueur il y a la sensation que quelque chose nous échappe.
Je conseille tout de même vivement le jeu car je ne l’ai pas lâché de bout en bout -à ma grande surprise- même si la fin m’a quelque peu déçue. Il ne me reste plus qu’à le faire dans l’autre mode pour de nouveaux challenges et revivre l’expérience Thimbleweed Park.

Les trésors de l’animation oubliés : le prince casse-noisette

Après plusieurs mois d’absence, dû à un emploi du temps chargé, beaucoup de fatigue et de flemme qui suivait, je souffle un peu la poussière pour donner un peu de vie à ce blog.

Beaucoup de choses à dire qui mériterait un petit billet chacune mais ça serait très délicat. Toutefois commençons, non dans l’ordre, mais par être de saison. Chaque année en période des fêtes la télé se remplie de films et téléfilm de noël contenant le terme « NOEL » dans lequel on apprend que le père noël a au choix : une fille, un fils ou encore besoin d’un avocat. Que les êtres chers reviennent vous rendre visite pendant les fêtes, que c’est le moment de régler tout vos problèmes, de tomber ou retomber amoureux, et de voir des fantômes s’incruster dans votre vie pour venir vous faire la morale. Passons. Bien que je soupçonne qu’on puisse attraper le diabète rien qu’en regardant ces trucs doucereux, ça ne sera pas notre sujet. Pas plus que les traditionnels films Astérix qui sont aussi diffuser au Québec pendant les fêtes sachez le ! Non nous allons évoquer quelque chose de plus universellement connu et de moins guimauve (quoique), toujours présent pour les noël blanc : casse-noisette.

Je nous ferais pas l’affront de parler du ballet, ni de l’histoire en détails, ni des musiques qui sont, je le pense, assez présents dans l’imaginaire collectif. Si j’en parle c’est que dernièrement est sorti au cinéma « Casse-noisette et les quatre royaumes » -dont le titre m’évoque très fortement une série comme le dixième royaume qui passait au temps des fêtes-. Autant la bande annonce m’avait vendu du rêve, de la féerie, des acteurs que j’aime bien autant j’ai eu un film passable tellement il est prévisible, bourré de choses non expliquées, non cohérentes avec des personnages creux, inutiles ou sous exploités. On avait pourtant le noël blanc anglais fin de siècle, les automates, les décors de théâtre, le rappel au ballet (même avec une danseuse bodybuildée en tutu qui casse un peu l’effet de grâce et de volupté), la musique, les beaux costumes et Matthew McFadyen triste. Mais voilà, je n’ai jamais réussi à entrer dans le film comme bons nombres de spectateurs et de critiques qui sont ressortis assez tiède du visionnage.

Pour le coup, je vais parler d’un dessin animé des années 90 que j’avais oublié jusqu’à ce qu’il resurgisse de nul part et me fasse dire « Ah mais oui ! Je me souviens ! » : Le prince casse-noisettes. Il s’agit d’un film canadien de Paul  Schibli sorti en 1990. Aujourd’hui Paul Schibli se concentre surtout sur son travail d’artiste peintre autour d’œuvres ayant pour thème les fleurs et les paysages (avis qui n’engage que moi, si je me rends bien compte du travail fourni à la réalisation de ces œuvres, elles ne sont cependant pas très intéressante sur le plan artistique). Il a également écrit et illustrer un livre pour enfant : Monsters Don’t Count. Bref. Les années 90 donc. Paul Schibli sort un film d’animation qui reprend le conte de Hoffmann et le ballet de Tchaïkovski, ce dernier sert de bande son au film.

Nous retrouvons donc Clara et son jeune frère Fritz qui attendent Noël avec des étoiles pleins les yeux en s’imaginant ce qu’il y aura au pied du sapin. Il neige, l’immense sapin est magnifiquement décoré, le traditionnel animal de compagnie mignon de film pour enfant (un chat) est présent, la famille est bienveillante, tout le monde est heureux. Clara est une jeune fille enjouée et bien éduquée qui aime s’amuser et rêve d’être danseuse. Elle jalouse tout de même sa sœur, et se rêve d’être plus grande, tout en étant heureuse de recevoir ce qui sera peut être sa dernière poupée. Le film reprend donc ce passage un peu délicat de l’enfance vers l’âge adulte (ou du moins l’adolescence).

Dans l’ensemble le film respecte le conte tout en modifiant certains passages et ajoute quelques touches d’humour. Ici l’accent est mis sur les jouets (poupées et soldats) plus que sur d’autres personnages comme la fée dragée (qui n’apparaît même pas).

Le ballet est évoqué au travers de Clara qui rêve de devenir danseuse et effectue quelque pas. Elle se permet même de pousser la chansonnette au milieu du film (« Si tu pouvais »). Il y a tout de même quelques passages d’actions dans lequel Clara est présente et pourtant elle disparaît bizarrement de la scène (la 1ère bataille avec les souris).

Le roi des souris a un air de Ratigan dans sa folie meurtrière (mais en moins effrayant toutefois) de Basil détective privé, avec un physique à la Brutus de Brisby et le secret de Nimh. Certaines morts peuvent être assez violentes, notamment sur le plan visuelle surtout pour des enfants (le fait de revoir celle de la reine des souris m’a fait quelque chose).

La version française est très sympathique et pour les aficionados de la VF, on reconnaîtra Gerard Hernandez, Barbara Tissier, Georges Caudron. En VO, casse-noisette est doublé par Kiefer Sutherland, ce qui lui donne une voix plus grave et adulte que la VF mais ça passe. Par contre, il y a une sorte de mélange dans le doublage de casse-noisettes puisqu’à certains moments la voix semble être clairement celle de Luq Hamet et non celle de Georges Caudron. Ce n’est parfois pas gênant pour des petites phrases mais à d’autres  moments ça sonne très étrange. Luq Hamet a une voix beaucoup plus jeune qui colle mieux au personnage, à mon sens.

Avec mon regard d’adulte, je pourrais juste regretter le fameux et éculé « tout n’était qu’un rêve » du scénario ou que le monde merveilleux des jouets n’apparaissent qu’à la toute fin. La plus grande partie de l’histoire se déroule dans le salon.

Dans l’ensemble, le film a plutôt bien vieilli et est toujours agréable à regarder.  Les personnages secondaires sont tous différents. On aurait pu craindre, par exemple, que les invités se ressemblent mais que nenni. L’animation est fluide, surtout pour un film qui a plus de 20 ans. Il passe aisément les années sans rougir et se conserve plutôt bien, c’est donc un plaisir de le (re)découvrir. Par contre, il est relativement court  pour un long métrage (1h10 générique inclus). Toutefois, pour ce qu’il y a raconter, ça suffit amplement à mon sens, 20 minutes de plus auraient été un allongement non nécessaire à l’intrigue.

En conclusion je dirais que si vous avez l’occasion, regardez-le ou proposez-le à des enfants, ça reste un visionnage agréable pendant les fêtes.

Le fil de la vie

Après quelques mois d’absence, je reviens vers ce blog pour parler film. Il y a quelque temps déjà, j’avais lancé une rubrique sur les films d’animation oubliés ou presque (Chat c’est Paris, La dernière licorne, les films d’animations russes, etc.) mais qui méritent qu’on y jettent un œil.

Aujourd’hui je vais donc évoquer un film que j’avais malheureusement raté à sa sortie et dont il est difficile d’avoir des informations. Entendez par là, que si vous tapez son titre dans votre moteur de recherche peu de choses en sortirons et que je vous souhaite bien du courage pour trouver une version DVD avec du français dedans.

Je vais donc parler du film « Le fil de la vie« , de son vrai nom « strings », (moins poétique mais tout aussi évocateur) sorti en 2005 chez nous. Ce film a donc plus de 10 ans (déjà!).

Je tiens à en parler pour deux choses : la première c’est qu’il est -il me semble- un peu passé aux oubliettes et qu’il mérite un peu plus de reconnaissance, la seconde pour sa technique d’animation.

L’affiche est quelque peu mensongère : Zita n’est pas l’héroïne et il n’est pas question d’épée

J’avais déjà écrit un billet à chaud après mon visionnage de la série Thunderbolt Fantasy (qui a eu droit à un film et aura une seconde saison mais j’y reviendrai dans un prochain billet) qui utilisait des marionnettes, ce qui avait engendré un débat sur le fait de savoir si c’était de l’animation ou non. Ici, nous nous retrouvons peu ou prou avec la même choses : des marionnettes. Sauf qu’ici leur fonctionnement est un peu différent puisqu’elles ont des fils. C’est à la fois la force et la faiblesse du film mais j’y reviendrai. Mais d’abord un peu plus de détail sur le film en lui même.

Il s’agit donc d’un film d’animation sorti en 2005 en France avec une version française -que je n’ai malheureusement pas pu voir- et réalisé par Anders Ronnow-Klarlund. C’est une coproduction danoise, norvégienne, suédoise et britannique.

L’histoire débute au moment où le roi s’apprête à s’ôter la vie. Avant cela, il écrit une lettre à son fils Hal afin de lui expliquer son geste, ainsi que de le mettre en garde contre son oncle Nezo et l’acolyte de celui-ci, Ghrak. Il lui demande également de prendre soin de sa sœur Jhinna et de rétablir la paix entre leur peuple et les Zeriths. Malheureusement, Nezo trouve la lettre et fait passer le suicide en assassinat commis par leurs ennemis, lançant le fils dans une quête vengeresse pendant qu’il prend le pouvoir et déclare la guerre aux Zeriths.

L’intrigue du film est en somme très classique et aura un arrière goût de déjà vu. Néanmoins, c’est aussi cette inspiration des classiques gréco-romain (trahison, meurtre, vengeance, amour, rédemption, etc.) qui font aussi partie de son charme. L’histoire amène une certaine esthétique antique dans les décors, l’atmosphère et les tenus des personnages.

L’autre point fort et d’intégrer ces fameux fils qui servent à faire évoluer les marionnettes comme de véritable éléments de l’intrigue. C’est grâce à elles que les personnages vivent et bougent, et les protagonistes en sont conscients. Couper son fil de vie c’est mourir, de même que couper le fil d’une articulation revient à une amputation – remplacer un membre revient à prendre celui de quelqu’un dont les fils ne seraient pas coupés-. Le film arrive à construire, avec plus ou moins de cohérence, tout un univers autour des fils. Etant donné que les fils montent jusqu’au ciel, sans qu’on en voit la fin, les personnages croient en une forme de force divine qui les relient tous les un aux autres (« je commence là où tu finis »). Ces fils ne semblant pas avoir de fin, une porte fortifiée n’est donc pas nécessaire pour protéger la ville, une simple barre placée en hauteur suffit -puisque les gens ne peuvent passer en dessous-. Il en va de même pour les prisons : les gens sont confinés dans les interstices d’une grille. Les naissances sont aussi des moments particulier puisque comme il s’agit de marionnettes, les nouveaux nés sont sculptés dans le bois avant que des fils ne se détachent de la mère pour ensuite être relier manuellement au corps. De part leurs corps aux pièces remplaçables, il y a un commerce d’esclaves qui servent à la fois de main d’oeuvre comme de pièces de rechange.

Toutefois quelques questions subsistent : comment les hommes de Ghrak n’arrivent-ils pas à trouver les Zériths alors même qu’il est possible de repérer les gens grâce à leurs fils ? Comment se fait-il que les personnages puissent se noyer alors même qu’ils sont fait de bois (ça flotte) et qu’ils ne semblent pas avoir besoin de respirer (un bébé n’a ni nez, ni bouche par exemple) ? Comment peuvent-ils traverser des grottes ? Pourquoi avoir des toits et des murs ?  De même, je trouve un peu idiot d’aller mettre le feu à une forêt alors que votre corps est en bois et que vos fils prennent feu comme de la paille…

Du détail certes, qui ne m’ont pas empêchée d’apprécier le film.

De très beaux effets de lumière et des environnements variés

Les mouvements des personnages sont très fluides et harmonieux, on est loin des sentinelles de l’espace ou de team america. Il y a juste les scènes de combats qui manquent parfois de dynamisme et on peut se perdre visuellement à cause des nombreux fils. Les marionnettes partagent quelques points communs avec celles de Thunderbolt fantasy, à savoir que l’essence de leur expressivité faciale se résume surtout aux clignements des yeux. Personnellement ça ne me dérange pas puisque l’empathie passe par le mouvement et le doublage. Cependant, j’ai pu voir des commentaires de personnes que cela gêné pour l’immersion. Parlons-en du doublage, en version anglaise on retrouve du beau linge avec James McAvoy dans le rôle de Hal, Derek Jacobi (Feodor Atkine en VF) dans celui de Nezo, Ian Hart en Ghrak ou encore David Harewood en Erito.

Le film ne souffrent d’aucun temps mort et aurait mérité selon moi d’un peu plus de temps -le film fait 1h30- pour permettre de plus développer ses personnages qui restent très basiques. Cette impression d’aller droit au but sans traîner à aussi ses inconvénients puisqu’on comprend rapidement ce qui va se passer et les relations se font et se défont très vites (Hal et Zita). Jhinna sert majoritairement à apporter les éléments poétiques du film et aurait mérité un peu plus que d’être une jeune fille à sauver. De même tout le passage dans le désert aurait mérité d’être plus long et développé. Surtout le moment où Hal retrouve l’esclave à qui il a pris la main, puisque le héros le qualifiera plus tard d’ami à qui il fait une promesse alors que rien n’est montré en ce sens.

Pour conclure, Le fil de la vie est un film qui mérite qu’on s’y intéresse. Il est certes classique dans le fond et avec les défauts inhérents à ce genre de production mais change de ce qu’on a l’habitude de voir. De plus, il possède une belle mise en scène et de très belles musiques qui s’accordent parfaitement avec l’univers aux accents de tragédie antique.

Il est possible de voir le film gratuitement et en toute légalité sur le site médiathèque numérique, après inscription à la plateforme. Toutefois, le film n’est disponible qu’en version anglaise sous titrée français et qu’il n’est pas disponible en HD.